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CITES et Dalbergia, suite et fin pour les instruments

Dalbergia latifolia

Dalbergia latifolia, un bois visé par la CITES

En 2017, la modification des règlements de la Convention sur le commerce des espèces menacées (Convention on International Trade in Endangered Species of wild fauna and flora ou “CITES”) concernant les bois issus des espèces de Dalbergia et de trois  espèces de Guibourtia avait jeté un petit vent de panique chez les luthiers, les importateurs d’instruments et les musiciens amenés à traverser les frontières intra ou extra-européennes. Certains craignaient un effet négatif pour le marché des instruments. D’autres parlaient d’une tempête dans un verre d’eau, la plupart se plaignaient du surcroit de travail administratif.

Un surcroit de travail (inutile ?)

Depuis lors les administrations en charge des autorisations étaient inondées de demandes de régularisation d’instruments “sans papiers”.

Mais, constatation est faite que ce sont des volumes négligeables au vu du marché mondial. Les bois sont souvent issus de stocks (ou d’instruments) posés depuis des décennies. Dans l’ensemble le marché des instruments de musique est un marché où la traçabilité est correcte. Dés lors, plusieurs communiqués de clarification ont été émis depuis pour rassurer le marché.

Et finalement lors de la dernières COP de la Cites, le point “instrument de musique” a été tranché !

Rétropédalage de la CITES !

A partir du 26 novembre 2019, le règlement de la CITES vient d’être adapté comme suit :

1) Les instruments de musique comprenant des parties en bois de Dalbergia (hormis Dalbergia nigra) et/ou en bois d’une des trois espèces de Guibourtia sont définitivement exclus de la protection. Ils ne seront plus soumis aux obligations de la CITES. Cette dérogation existait déjà pour des transactions non commerciales (ex. musiciens se rendant avec leurs instruments dans des pays tiers pour une tournée) mais est à présent étendue aux activités commerciales. Il ne faudra donc plus aucun document CITES pour autoriser l’importation ou l’exportation commerciale ou non commerciale d’instruments de musique comportant des bois de ces espèces vers ou hors de l’UE. De même la vente de ces instruments de musique dans l’UE ne comportera plus aucune obligation de traçabilité exigée par la réglementation CITES (facture ou déclaration de cession lors de transactions commerciales).

2) De même, les produits finis (ex sculpture ou écrin de montre) comprenant des parties en bois de Dalbergia (hormis Dalbergia nigra) et/ou en bois d’une des trois espèces de Guibourtia sont eux-aussi définitivement exclus de la protection CITES et ne seront plus soumis aux obligations de la CITES … pour autant que le poids total de ces parties ne dépassent pas 10 kg au total par envoi. Ex. un envoi comprenant 6 écrins de montre en bois de Guibourtia demeusei de 1kg 200 gr chaque (au total 7 kg 200 gr) pourra être importé de Suisse dans l’UE sans documents CITES mais si l’envoi comprend 10 écrins de montre de ce même bois et poids (au total 12 kg) alors l’envoi ne pourra être importé de Suisse dans l’UE qu’avec des documents CITES (certificat de réexportation CITES suisse et permis d’importation CITES de l’Etat membre de destination).

Couac ou prise de conscience ?

Néanmoins ceci permet de prendre conscience de la préciosité de certaines ressources naturelles comme le bois. De nombreux fabricants et luthiers se sont lancés à la recherche d’alternatives. Du bois plus local et plus durable pour remplacer les essences exotiques menacées. Si les stocks existent depuis des décennies, ils se réduisent malgré tout. Les instruments doivent être remplacés. Et le bois sur pied de qualité se fait rare. 

Des questions ?

Si vous avez des questions n’hésitez pas à contacter (pour la Belgique) : cites@health.fgov.be

Guichet électronique pour les demandes de documents CITES et informations sur la
règlementation CITES en Belgique : www.citesenbelgique.be

Faut-il dire “fingerstyle” ou “fingerpicking” ?

la 6 cordes ...

Une guitare jouée en fingerpicking ou en fingerstyle ?

Sur la toile, je tombe régulièrement sur le débat autour de la définition du “fingerstyle” et du “fingerpicking”.  Le problème est qu’on essaie de trouver un mot qui désigne à la fois une technique de jeu de la main droite et un style. Cela amène beaucoup de confusion. A mon tour de tenter de “trancher” la question.

Retour aux sources

C’est assez amusant de voir des francophones se déchirer autour de la définition d’un mot … anglais. Les anglophones et les germanophones ont l’air de moins se prendre le chou avec tout ça. Si on retourne à la définition anglaise originelle (par exemple celle de Wikipedia qui est le résultat d’un certain consensus) et qu’on la traduit, voici ce qu’on lit.

La guitare fingerstyle est la technique qui consiste à jouer de la guitare en pinçant les cordes directement avec le bout des doigts, les ongles ou les pics attachés aux doigts, par opposition au flatpicking (notes individuelles avec un seul plectre, ou médiateur). Le terme “fingerstyle” est un peu mal choisi, car il est présent dans plusieurs genres et styles de musique différents, mais surtout parce qu’il implique des techniques complètement différente, et pas seulement un “style” de jeu, surtout pour la main du guitariste.

Donc quel que soit le type de cordes ou le style de musique joué, tout ce qui n’est pas du “strumming” ou du “flatpicking” est … du “fingerstyle”. . Avec ce terme, on ne peut pas se tromper. Du moment qu’on prend garde à ne pas l’utiliser pour un guitariste classique qui pourrait se vexer. D’ailleurs j’ai participé à des stages de “fingerstyle” tout au long de ces années. Les cours étaient ouvert aux pratiquants de tout style joué avec les doigts, y compris des guitaristes classiques.

… et le fingerpicking ?

Le terme “fingerpicking” ou “picking” est plutôt réservé au picking sous forme de patterns rythmiques qui va du Blues et du ragtime (Piedmong picking – qu’on distingue du Delta Blues plus libre au niveau du jeu de basse) au Travis picking, à la Dadi.  Pour marquer une certaine liberté avec la forme primitive du picking, certains parlent de “modern fingerpicking” ou “modern picking” quand ils s’affranchissent des patterns rythmiques pour jouer des choses plus modernes. Si on utilise parfois le terme “picking” pour désigner l’ensemble du “fingerstyle” c’est parce que le picking blues et rage est souvent sur le trajet du début de l’apprentissage. Le style historique contient en effet les indispensables fondamentaux de l’indépendance des doigts de la main droite. C’est aussi la raison pour laquelle la conférence de Jacques Stotzem s’intitulait fort correctement “Fingerpicking roots“. 

On laisse parfois tomber le “finger” pour garder “picking”. Après tout, on ne va pas piquer les cordes avec une fourchette. Comme le picking est le monde des reprises et des emprunts certains disent que c’est aussi l’art de “piquer” les morceaux des autres.

Fingerpicking my way (photo: Simon Horsch)

Fingerpicking my way (photo: Simon Horsch)

Il reste ensuite à ajouter un qualificatif pour préciser un peu : percussif, jazz, latin, folk, oriental, instrumental (la liste est infinie). Dans certains styles, comme le classique, le qualificatif prend le pas sur le reste. On parle de guitare classique tout court. Par contre jouer de la guitare jazz serait réducteur. En effet, on ne pourrait pas distinguer la guitare fingerstyle jazz du flatpicking jazz. 

Et moi et moi et moi ?

Donc moi je joue du “modern acoustic instrumental fingerstyle steelstring picking”. Je mettrai ça dans la prochaine version de mon dossier de presse ! Ou pas !

La question c’est “est-ce que c’est vraiment ça le plus important” … car comme disait ce bon William (Shakespeare) :

Ce que nous appelons rose, sous un autre nom, sentirait aussi bon. 

David van Lochem – modern acoustic instrumental fingerstyle steelstring picking – en concert.

Escapade musicale à Virton – Stage de Toussaint

Ce weekend de Toussaint était pour moi l’occasion, primo, de refuser de répondre à mes mails professionnels le weekend (faut pas pousser bobonne dans les orties), deuxio d’aller m’évader à Virton pour une parenthèse musicale au stage de la Toussaint de l’asbl Musique acoustique. Pour une fois je n’irai pas à la piscine parce que “j’ai musique” et pas l’inverse. Pour ceux qui n’ont pas le courage de lire : c’était top, une organisation nickel, on a bien bossé et j’ai ramené un paquet de notes à relire et à rejouer.

Le minimum vital pour bien bosser sur place …

35 ans de fingerpicking et 33 ans de stages à Virton

Malheureusement je n’ai pas fait tous les stages de Virton. Ce serait trop beau. J’arrive doucement (?) à l’âge où je vais avoir plus d’anniversaires à fêter que de nouveautés à découvrir.  C’est aussi l’âge où les dates, les “nombre de fois” deviennent plus lointain et flous et où une erreur de plus ou moins un an devient statistiquement anecdotique.

Je ne sais toujours pas si le trou du cul de la Belgique est poilu, mais maintenant on sait ce qu’il sent 🙂 Certes, on n’est pas venu pour se prendre le chou, mais … ça pue un peu le chou à Virton.  Apparemment les gens du cru ne la sentent plus et ils n’y sont pour rien, mais cette légère odeur de chou bouilli est tenace. La faute à une usine de transformation de cellulose. Heureusement l’entreprise en est bien consciente et travaille sur la résolution du problème. Rendez-vous en 2020 pour voir si ça sent la rose ou encore mieux, si ça ne sent rien. Mais la région est jolie et très verte, on ne peut pas tout avoir. Je suis rentré avec une vague envie de manger une choucroute, ce qui est un moindre mal, finalement. 

Pour profiter de l’ambiance au max, et optimiser le ratio trajets et logistique familiale à une seule voiture, je pars déjà vendredi. C’est l’accueil des stagiaires et un repas “tartines” en auberge espagnole à la belge où chacun (sauf moi qui avais oublié) a apporté un fromage, une salaison ou du vin. L’ambiance est détendue, mais tout le monde est un peu fatigué, à commencer par moi.

Exceptionnellement la musique ne fera par résonner les murs de l’ISF de Virton ce soir. Un Orval (ou deux) et puis au lit.

Au boulot !

Cette année j’ai hésité à m’inscrire au cours d’Ukulélé, histoire d’apprendre à jouer des cet instrument au lieu de faire semblant comme un charlatan de guitariste. J’avais aussi vaguement envie d’aller taper du cajon, maintenant que j’en ai un. Mais la perspective de ne pas jouer de guitare m’a semblé trop frustrante. Direction donc le cours de “finger” avec Stéphane Wertz. Les autres choix sont le chant, la guitare rythmique, la guitare Jazz, l’harmonica, la contrebasse et la, mandoline.

Après un bref discours matinal et les détails pratiques, c’est parti. Cette année, il n’y a pas trop d’inscrits, ce qui donne une bonne latitude au niveau du programme et un suivi un peu plus individualisé. 

Stephane Wertz

Stéphane Wertz

Le programme (on n’a pas chômé sur ces deux journées) :

  • Clouds, une compo avec des hammer-on “crapuleux” pour travailler précision et indépendance,
  • un blues traditionnel Walkin’ Blues de Son House pour nous rappeler le visage de nos pères,
  • une ambitieuse adaptation de Country un morceau de Keith Jarrett,
  • un peu de latin-jazz avec The Girl of Ipanema auquel j’avais réussi à échapper toutes ces années,
  • Sodade, cette nostalgie cap-verdienne dont l’esprit est apparemment impossible à traduire avec un mot français,
  • et enfin Moonriver ce joli bonbon qui fait partie de la BO du film “Breakfast at Tiffany’s”.

Je lis que le responsable de Paramount était là lors du prévisionnage du film et qu’il  a dit, « une chose est sûre, c’est qu’on va virer cette chanson ». Audrey Hepburn qui avait appris à chanter et jouer de la guitare rien que pour cette scène a eu envie de l’étriper sur le champ. Je me demande combien de pépites ont été oubliées parce qu’un encravaté dans une salle avait soudain l’impression de savoir distinguer ce qui était bon de ce qui ne l’était pas.

C’est notoire que je ne suis pas un grand fan de latin-jazz, mais bon, il est plus que temps que je me plonge dans ce vocabulaire musical aussi.  On n’apprend pas grand chose si on ne sort pas de l’ornière qu’on se creuse. Et les grilles sont fort séduisantes, j’avoue. Comment ne pas être motivé avec un prof attentif et généreux comme Stéphane. Il est venu avec une jolie guitare archtop qui réveille en moi des vagues désirs d’essayer d’autres instruments plus électriques, plus éclectiques.

Stephane Wertz

Stéphane Wertz “en action” à Virton

Vous avez trop chaud ou vous avez trop froid ?

Mon souvenir le plus lointain d’un stage est un froid de canard qui nous empêchait de jouer de la guitare, cette année il faisait carrément un peu trop chaud, surtout quand le soleil pointait ses rayons sur les classes.  En l’absence de vannes sur les radiateurs, difficile de régler quoi que ce soit. Du coup j’ai trouvé cet avis assez ironique.

Pas grand chose que les organisateurs puissent faire. J’ai le passé le weekend en t-shirt, ce qui n’est pas un drame. Les courants d’air qui ne manquaient heureusement pas étaient les bienvenus. C’est les frileux qui ont du être ravis, pour une fois. Dimanche, le soleil boudait, il pleuvait et la température a fini par chuter. On n’est jamais content.

Comme d’habitude la nourriture est irréprochable et servie avec le sourire, ce qui ne gâche rien. Les moments passés à table permettent de chouettes discussions en se mélangeant avec les autres instrumentistes et leurs professeurs.

Concert des stagiaires

Le samedi soir, c’est le traditionnel concert des stagiaires. Pendant la journée, la feuille d’inscription fait le tour des classes. C’est difficile de passer pour quelques morceaux entre les prestations d’autres stagiaires talentueux ou de profs bourrés de talent (et aussi très très professionnels). Je me sens fatigué, mais j’accepte de jouer un morceau, un seul. Je sais déjà que je vais jouer “Lunasa” ma dernière composition. Service minimum, en quelque sorte. Mais ça me fait plaisir de jouer. Et ça se passe plutôt pas mal.

Jusqu’au lendemain, je reçois pas mal de félicitations pour mon morceau. Ca fait plaisir, même si je n’oublie pas que les gens qui n’ont pas apprécié ne diront rien, ce qui biaise toujours la perception qu’on pourrait avoir de son propre talent.

L’inévitable parenthèse “matos” (qui ne va intéresser que moi)

J’ai profité du concert pour faire quelques tests avec “vieille” caméra Zoom Q8. Elle a longtemps été en réparation ce qui m’a empêché de la tester à fond.

C’est connu, elle souffre en basse lumière. Pire, la vidéo sous les projecteurs LED est souvent carrément inutilisable. Mais c’est un problème que je connais depuis ma mésaventure lors d’un tournage de vidéos pour Jacques Stotzem. Les petits capteurs des caméras souffrent déjà beaucoup du manque de lumière. De plus, les LED ne les nourrissent que d’une lumière avec un profil en peigne avec des bandes de fréquence étroites. Une catastrophe pour la vidéo.

L’image de la Zoom Q8, pas terrible.

Mais mon iPhone 6s ne fait guère mieux, les contours sont moins pixelisés et le lissage logiciel améliore un peu les choses, au détriment de la netteté. Mais le smartphone a l’avantage d’être toujours dans la poche …

Le son est toutefois plus complet, plus agréable pour la Zoom Q8 …

Avec mon iPhone 6s, pour comparer …

Dans une lumière “normale” ça reste bruité, mais utilisable pour documenter une soirée ou une jam. Mais avec tout le monde qui gratte à fond les ballons des accords parfois un peu aléatoire, c’était marrant, mais le souvenir est meilleur que l’enregistrement. Je vais vous épargner la vidéo 🙂

Jam d'après concert à Virton

Jam d’après concert à Virton

Le dimanche matin, le canard était toujours vivant*

L’aube brumeuse se lève sur Virton. J’ai dormi la fenêtre ouverte et je suis encore un peu dans les choux ! On a été dormir vers environ 5 Orvals du matin de la nouvelle heure. Mais je me sens plutôt frais pour affronter la dernière ligne droite des cours. Pour ne pas devoir remonter à la pause café, je remballe mes affaires avant de descendre.

A midi, je m’offre une cure pour lutter contre la déshydratation et les carences en vitamines et sels minéraux. C’est thérapeutique, je vous jure !

Cure de vitamines et de sels minéraux

A la reprise, Stéphane nous parle un peu de sa nouvelle guitare dont le son amplifié avec un joli timbre acoustique semble faire l’unanimité. C’est malin, maintenant j’ai envie d’une archtop.

Les harmonicistes de Thierry Crommen, nous offrent un petit happening bien sympa improvisé dans le couloir avec une version inspirante de “On Broadway”, si ma mémoire est bonne. 

Il est temps de quitter Virton pour regagner Liège. Content de retrouver ma Lovely Roadie pour lui raconter mes aventures. Je ne peux m’empêcher de lui avouer que je ferais bien le stage de Toussaint, ou pourquoi pas celui de Pâques pour mes 50 ans.

Oh merde, 50 ans, déjà ?

Zoom Q8 “Ca fait amateur …” – petite mise au point

Suite à ma vidéo de prise en main de l’enregistreur Zoom F1, certaines de mes vidéos plus anciennes ont refait surface. Hier, un commentateur commentait sur une vidéo consacrée à la Zoom Q8 “Ca fait amateur …”. Thank you, Captain obvious, c’est parfaitement exact. Et c’est loin d’être une insulte. Je pense qu’il faut une mise au point sur la philosophie du test de l’époque. Ca fait déjà plus de 3 ans et demi que je testais la caméra Zoom Q8 pour Bax Shop. Les vidéos de test et l’article ont eu leur petit succès et je peux dire sans me vanter que plusieurs personnes ont acheté cette caméra après avoir lu mes articles ou consulté mes vidéos. 

Seule ma vidéo avec la caméra Zoom Q8 “sur le terrain”, lors d’un concert de Seesayle s’était avérée plutôt décevante. Le petit capteur devait se débattre avec une lumière minimaliste, mal située (pile au dessus du visage) et un décor dans un camaieu de brun-rouge pas très photogénique (contrairement à Seesayle, qui l’est). Je n’aurais sans doute pas dû publier cette vidéo, et gratter plus avant dans les réglages. Mais au moins je mettais le doigt sur les limites du produit. En toute transparence, j’avais promis à l’époque de faire un retour sur mon expérience et d’autres tests après update du firmware en 2.0.

Comme me le rappelle, à juste titre, un abonné à ma chaîne YouTube,  je n’ai pas tenu cette promesse, … jusqu’à aujourd’hui.

La description du besoin … pour des amateurs

Il y a 3 ans, le cahier des charges du test était le suivant :

Qui sommes-nous ?

Des artistes qui souhaitons documenter notre travail, en répétition ou en live ou à des fins pédagogiques, avec des vidéos en autoproduction. Ces vidéos seront destinées à notre propre usage, à notre public et à des organisateurs. Des vidéos qui ont une qualité vidéo ET sonore satisfaisante, du matériel dont l’utilisation est facile et avec une post-production simple.

Que voulons-nous ?

Une caméra compacte, solide et versatile, pour un budget raisonnable, qui nous permette de filmer en HD avec une sensibilité suffisante pour les éclairages de concert. Une caméra qui permette de capter le son ambiant et le son direct des instruments de manière qualitative.

A cette époque, aucun smartphone ne donnait accès à la HD. Les vidéos de concert avec les déformations du grand angle typique des GoPro étaient la norme (même si certains ne s’y sont jamais habitués). Les appareils photo ne filmaient pas plus de 30 minutes, impossible de filmer tout un concert. De manière générale, le son était oublié dans l’équation. Or aujourd’hui, tout comme il y a 3 ans, le son devrait être très important pour une vidéo musicale.

L’offre de la Zoom Q8

Ce que la Zoom Q8 offrait à l’époque c’est :

  • un budget raisonnable aux alentours des ~350 €
  • une prise de vue en HD de plus de 30 minutes (les appareils photo ne filment pas plus de 30 minutes – une limite liée à une taxe européenne)
  • une taille compacte compatible avec une présence sur scène
  • des accessoires de fixation compatibles avec la scène
  • une prise de son stéréo multipiste de qualité, intégrée à la caméra
  • la possibilité de connecter des câbles XLR pour ajouter des microphones ou repiquer le son d’une console ou d’un ampli directement
  • une manipulation facile pour un artiste seul en “setup and forget
  • un mode d’emploi accessible

Elle faisait donc en quelques sorte jeu égal avec les GoPro de l’époque, l’ouverture à la connectique et la qualité du son en plus. Pour vous en convaincre je vous renvoie à la vidéo de test du son avec Jacques Stotzem ci-dessous. 

D’autres vidéos ?

Si pour le concert de Seesayle, l’image était décevante, j’ai depuis utilisé la caméra Zoom Q8 pour d’autres vidéos. Des vidéos tout à fait satisfaisantes comme la conférence “Fingerpicking Roots” de Jacques Stotzem où je m’en suis servi en alternance avec une GoPro. Par sécurité, j’avais également mis en place mon enregistreur H5 (avec un limiteur actif sur la caméra et moins de gain et pas de limiteur sur l’enregistreur).

Conférence "Fingerpicking Roots" - Jacques Stotzem

Conférence “Fingerpicking Roots” – Jacques Stotzem

Ou pour la présentation de l’enregistreur Zoom H5

La grande différence entre ces vidéos et celle prise en concert, c’est la lumière. En basse lumière, le miracle n’a pas eu lieu. Sur de bonnes scènes avec un éclairage pro, l’image sera bonne. Dans le type d’endroit plus sombres où je me produis c’est plus compliqué. En répet ou pour une démo, la caméra sera à l’aise, en concert moins, à moins de jouer dans un endroit bien éclairé. Je le disais déjà il y a trois ans, ce ne sera sans doute pas la caméra de votre premier clip !

Anecdote : un jour, j’ai vu débarquer un pro pour filmer un concert, qui a tout simplement exigé que la salle reste allumée pour avoir une meilleure qualité d’image, malgré son matériel pro. Évidemment, avec des moyens pareils … 

Le progrès technique et l’évolution des désirs en 3 ans

Trois ans plus tard, la plupart des smartphones filment en HD, voire en 4K, mais avec un son correct sans plus. Les caméra d’action et les smartphones sont stabilisés. Les capteurs ont progressé, repoussant un peu les limites en basse lumière. Les déformations des grand-angles ne sont plus systématiques (certains ne s’y sont jamais habitués). Comme avant, les performances en basse lumière et un son correct ont un prix.

 Par contre beaucoup de monde continue à poster des vidéos avec un son parfois limite. Je suis étonné de l’importance que prend l’image, à croire qu’on fait de la musique pour les yeux. Je souhaite toujours ajouter à la plupart de mes vidéos une bonne prise de son en post-production, si c’est possible.

Zoom continue à proposer des caméras (Q4n, Q2-4K) intégrant des images moins déformées, un son de qualité et même la 4K. Ce sont toujours de bons outils pour les artistes qui souhaitent documenter leur travail. Seule la Q8 donne accès aux modules de microphones interchangeables de la marque. Zoom fait d’ailleurs partie de ces constructeurs qui n’abusent pas du mot “PRO” dans leur noms de produits, à juste titre.

Tout comme il y a 3 ans, pour se filmer de manière idéale, il faut un très bon appareil, un très bon objectif, un bon enregistreur numérique, de l’éclairage et un vidéaste. Tout comme il y a 3 ans, la plupart des appareils photos ne filment pas plus de 30 minutes.  On arrive rapidement dans des montants à 4 chiffres pour chacun des postes à pourvoir.

Tout le monde n’a pas les moyens ou le besoin d’investir autant. Se filmer soi-même reste un défi quand on est responsable de tout, y compris la musique. Comme avant, comparer des caméras “prosumer” avec du matos de pro avec un budget à 4 chiffres ne fait pas sens. Comme avant, les moyens des amateurs sont limités. Documenter son travail et faire sa promo devra se faire avec un budget restreint.

Mon évolution personnelle

Personnellement, j’ai investi dans de l’éclairage et des caméras hybrides plus adaptées au format vlog. La postproduction est facilitée parce que je ne dois plus recadrer l’image pour faire disparaître les déformations des bords qui sont datées. Mais je continue à utiliser la Zoom Q8 pour les répets ou documenter des jams, même si le recours au smartphone est souvent plus pratique et “suffit” pour un usage interne. J’utilise une ou deux caméras Lumix et un enregistreur externe ou le micro VideoMicro de Rode. Je me suis également offert une caméra Osmo Pocket pour vloguer mais je m’en suis encore (trop) peu servi.

Entre les vidéos de l’époque, le trailer de The Way to Go et le trailer que j’ai réalisé pour le dernier album de Jacques Stotzem, Places we have been, le budget a sans doute été multiplié par 5 ou 6. 

Je suis, je suis … un amateur enthousiaste revendiqué

En matière de technologies, les bonnes affaires n’existent pas vraiment. Il ya des gammes de prix : débutant, amateur, amateur enthousiaste, vidéaste pro, cinéaste. Parfois on tombe sur un amateur fortuné qui dispose d’un matériel de fou pour faire des vidéos. Ca arrive.

La caméra Zoom Q8 a été une étape importante dans mon rapport à la vidéo et au son dans la vidéo. Et elle peut encore l’être pour d’autres. En terme d’investissement je classerais les solutions dans des gammes de prix :

  • 0 € : votre smartphone si vous en avez déjà un
  • 100-150 € : microphone externe pour smartphone, stabilisateur pour smartphone 
  • 400-500 € : Caméra Zoom, Osmo Pocket avec accessoires 
  • 500-600 € : Smartphones et caméra d’action avec enregistreur ou micro externe
  • 600-1000 € : Caméra hybride avec enregistreur (ou un bon micro)
  • 2000-3000 € : caméra réflex d’entrée de gamme avec un bon objectif et un micro externe (filmant 30 minute maximum) ou un caméscope. Un peu d’éclairage.
  • 3000-3500 € :  tout ce qui précède en y ajoutant plus d’éclairage
  • 3500-6000 € et au-delà : le matériel pro …

Le résultat sera généralement à la hauteur de l’investissement et de vos compétences. Certains font des merveilles avec du moyen de gamme, j’ai vu de la merde faite avec du très bon matériel.

Évidemment, tout au long de cette échelle de prix vous pourrez faire appel à quelqu’un pour vous filmer. Du pote qui vous filmera avec son smartphone gratuitement au pro qui vous fera un clip plus ou moins pro. C’est un bon choix si vous souhaitez rester focalisés sur votre musique, mais ce sera un one-shot.

C’est peut-être un de mes regrets, cette impression de me disperser dans le son et la vidéo au détriment de ma musique.