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Bandhelper, mon héros silencieux

Je me rends compte que depuis toutes ces années, je ne vous ai jamais parlé d’un logiciel que j’utilise pourtant régulièrement : Bandhelper. Je l’utilise pourtant depuis septembre 2017. BandHelper est un service basé sur le cloud et accompagné d’applications mobiles conçues pour réduire la charge organisationnelle pour les musiciens. Il sert de référentiel pour l’ensemble de votre répertoire, de votre emploi du temps, de vos contacts et de vos informations financières. Il facilite le partage avec d’autres. 

Bandhelper

Bandhelper

BandHelper est un logiciel conçu pour faciliter la gestion des activités liées à la musique. Il propose une variété de fonctionnalités destinées à simplifier la planification, la communication et l’organisation des tâches liées à la vie musicale d’un groupe.

Les fonctionnalités clés de BandHelper

  1. Gestion des répertoires : BandHelper permet de créer des listes de chansons, de gérer le répertoire musical d’un groupe, d’ajouter des informations sur les accords, les paroles et les arrangements.
  2. Planification des répétitions : Les membres du groupe peuvent planifier et coordonner les répétitions en utilisant le calendrier intégré. Cela facilite la communication des horaires et des lieux de répétition.
  3. Gestion des tâches : BandHelper propose un système de gestion des tâches pour assigner et suivre les responsabilités au sein du groupe. Cela peut inclure des tâches liées à la logistique des concerts, à la promotion, etc.
  4. Calendrier des événements : Pour planifier les concerts, les enregistrements en studio et d’autres engagements, BandHelper dispose d’un calendrier intégré. Les membres du groupe peuvent ainsi avoir une vision d’ensemble des activités à venir.
  5. Communication interne : La plateforme propose des outils de communication interne, comme des forums de discussion, des annonces et des fonctionnalités de messagerie pour que les membres du groupe puissent échanger des informations importantes.
  6. Gestion des finances : BandHelper propose également des fonctionnalités pour suivre les finances du groupe, notamment les revenus des concerts et les dépenses associées.
  7. Catalogue de matériel : Il permet de gérer le matériel du groupe, enregistrant les détails sur les instruments, les équipements audio et les configurations de scène.
  8. Applications mobiles : BandHelper est souvent disponible sous forme d’application mobile, ce qui permet aux membres du groupe d’accéder facilement aux informations et de rester connectés, même en déplacement.
  9. Intégration avec d’autres outils : Il peut être compatible avec d’autres logiciels ou services, tels que les applications de feuilles de route (setlists), les outils de gestion de tâches ou les plateformes de diffusion en continu.

Mon usage perso de Bandhelper

En ce qui me concerne, j’ai des projets variés mêlant guitare, chant et ukulele. Avec mon projet solo, des projets d’enregistrement ou de lives sur Internet, le projet Contes et Guitare, des duos occasionnels avec d’autres musiciens ou chanteurs, la gestion du répertoire et des répétitions peut parfois être un vrai casse-tête.

C’est l’usage principal que je fais de Bandhelper. Je garde ainsi une archive de tout ce que je joue pour créer des playlists adaptées à chaque contexte. Les morceaux sont classés par type (cover, compo, arrangement). Chaque playlist garde des infos utiles comme le métronome, le nom du compositeur. Cela me permet d’équilibrer mon set entre les compos et les covers. Je peux aussi surveiller la dynamique de set pour ne pas tomber dans un creux de ballades. Ou me lancer dans un enchaînement dynamique trop énergivore. Accessoirement, c’est aussi plus facile pour faire mes déclarations à la Sabam.

Bandhelper setlist

Bandhelper setlist

J’en profite également pour stocker les paroles des chansons et les accords (ou la tonalité). Je gagne un temps considérable quand je repêche un morceau tombé dans l’oubli pendant quelques mois.

J’imprime ma setlist pour les répets ou pour le concert. Je peux l’afficher au studio ou la consulter sur mon téléphone ou mon iPad.

Bandhelper setlist

Bandhelper setlist

Je reconnais que les fonctions de gestion de groupe et d’autres fonctions très avancées me sont moins utiles. Mais pour l’usage permanent que j’en fais rien que pour la gestion du répertoire de tous mes projets, je lui donne un 9/10 sur l’échelle de piments.

Les tarifs

Pour un artiste solo, ça reste très abordable et c’est rapidement amorti. Les prix viennent d’augmenter en 2024. Mais tout augmente mon bon monsieur, dire que j’ai connu la bière à 25 francs.

Je précise que je n’ai pas de lien commercial avec ce produit que j’utilise en payant comme tout autre quidam. Ceci n’est pas un post sponsorisé.

Bandhelper pricing

Bandhelper pricing

 

Mes trucs contre le trac – Jean-Félix Lalanne

Tout d’abord, si ce petit livret à propos du trac s’est retrouvé dans mon panier d’achats Amazon, c’est pour deux raisons. Tout d’abord, J-F Lalanne est un excellent musicien dont l’intelligence entrepreneuriale transpire dans les projets qu’il endosse. Ensuite, plus bêtement, parce que l’image de la couverture m’a fait marrer.

Mes trucs contre le trac - Jean-Félix Lalanne

Mes trucs contre le trac – Jean-Félix Lalanne

J’ai repensé au temps des pochettes de disque façon BD de Marcel Dadi. Je n’ai pas pu trouver qui a fait ces illustrations, soit c’est J-F Lalanne lui-même, soit elles ne sont pas signées. Peut-être avec un petit coup de main d’une IA. De nos jours, qui sait ?

Au-delà des illustrations, c’est le contenu qui m’a évidemment intéressé. Le trac est un sujet qui revient souvent sur la table avec mes élèves. Certains élèves ont même peur de jouer devant moi pendant le cours. C’est toujours bien de donner de l’eau au moulin de mes conseils. Voire d’avoir sous la main ce genre de livre à prêter. 

Je ne vais évidemment pas déflorer le contenu du livre. C’est bien construit, bien chapitré. Tout se lit avec plaisir. Les conseils sont variés et vont au-delà du simple “yaka”. L’intérieur est également illustré en couleur. Sur une soixantaine de pages, l’auteur explique ce qu’est le trac, le bon trac et le mauvais trace. Il explique comment se préparer et comment y faire face ?

Pour qui est ce livre ?

Personnellement, j’aime bien en savoir plus sur l’aspect mental et psychologique de la pratique de la musique. Vu de l’intérieur, en quelques sorte. Et ce livre remplit le contrat promis. Certes, il n’y a pas de recette miracle, mais il y a des recettes !

Je pense que le musicien, le prof et l’élève confrontés au trac peuvent retirer quelque chose de ce livret. C’est un ajout utile dans la bibliothèque du musicien ou du prof. De toute évidence, si vous n’êtes pas sujet au trac, vous n’en aurez pas besoin. (“Vous verrez, ça viendra avec le talent” –  disait Sarah Bernhardt). De même, si vous ne comptez pas jouer en public, passez votre chemin. A moins que vous n’ayez envie de comprendre le phénomène du trac, qui reste intriguant.

MARTIN SC-28E, une guitare qui fera date

En ce début d’année 2024, dans le plus grand secret, j’ai eu le plaisir de poser les yeux et les doigts sur une Martin SC-28E, une guitare dont il n’existait au moment où j’écrivais ces lignes que trois exemplaires au monde, dont un seul en Europe. Parfois, on lève un sourcil et l’on se dit « chouette du nouveau ». Et parfois, on lève les deux sourcils et l’on se dit qu’il pourrait s’agir d’un bond de géant vers l’avenir de la conception des guitares acoustiques. Je pense qu’avec la Martin SC-28E, la firme américaine signe un modèle innovant, sans tourner le dos à sa longue tradition de constructeur de guitares acoustiques.

Martin SC-28E

Martin SC-28E

Qui de mieux que Jacques Stotzem, spécialiste belge incontesté de la guitare acoustique et ambassadeur de la marque Martin pour représenter ce modèle en Europe ? Quoi de mieux qu’un guitariste qui alterne les passages rock les plus dynamiques avec des balades incroyablement nuancées pour la tester aux limites ? Qui de mieux qu’un ami de longue date pour m’en donner un avant-goût en primeur ?

What’s in a name ?

Après l’avoir prise en main brièvement, je pensais que SC signifiait « super confort ». Ça pourrait être le cas, mais évidemment l’origine de son nom de code est plus sérieuse que ça.

Au sein de la gamme « Road Series », Martin développe des instruments qui sont des outils taillés pour les guitaristes qui parcourent la scène. Pour ces instruments fabriqués au Mexique, l’accent est mis sur la fiabilité, la jouabilité et le confort. Le tout dans un budget plutôt abordable. C’est dans cette gamme et dans cet esprit qu’est tout d’abord née l’intrigante Martin SC-13E, une guitare au corps élégamment penché, évoquant un S. La lettre S s’ajoute ainsi à la liste des codes pour les types de corps (OOO, OM, D, etc.).

Cette guitare m’intrigue depuis un moment. Si je n’ai pas pu l’essayer, les extraits sonores entendus et les bois durs choisis tendaient à m’évoquer un son clair, brillant, claquant. Parfait pour trancher dans un mix, mais manquant peut-être un brin d’équilibre sonore et d’un solide bas-médium pour le fingerpicking instrumental solo. Mais l’intérêt pour ces modèles montre qu’il existe un public pour des guitares atypiques, un public qui ne craint pas l’innovation. Dans sa nouvelle mouture, elle sort des Road Series et va jouer dans la cour des grandes. Cette fois, il s’agit d’une guitare fabriquée à Nazareth (USA).

La Martin SC-28E

Le modèle que j’ai sous les yeux est une Martin SC-28E, soit une guitare arborant la nouvelle forme en S. Elle comporte une table en épicéa, dos et éclisses en palissandre indien, une touche en ébène, avec un cutaway sans talon derrière. Les finitions sont celles d’une 28. Elle est équipée d’une amplification électro-acoustique (un LR Baggs Anthem ou Fishman Aura VT). L’arrière de la tête comporte un élégant diamant de renfort dont la transition avec le manche fin est très réussie. Le chevalet en ébène présente un joli profil arrondi, moderne et de bon goût. La guitare est équipée de mécaniques Grover ouvertes. Les cordes de première monte sont des cordes Martin Luxe KOVAR Une trousse à outils et un hardshell case sont fournis.

Martin-SC-28E

Martin-SC-28E

Pourquoi innover ?

Certains voient la firme Martin comme un constructeur à la recherche du Graal perdu de la qualité des instruments d’avant-guerre. Parfois je me dis que si ces instruments anciens sont le prétendu sommet de l’Art de la fabrication, pourquoi chercher encore ?

La guitare acoustique a toujours été un compromis entre sonorité et jouabilité, entre solidité mécanique et réponse à la dynamique du jeu. Les guitares sont comme un arc à flèche luttant contre la tension des cordes. Cette tension finit par altérer la forme de la guitare : les tables se bombent, les manches ont besoin d’être réajustés laborieusement (neck reset) pour garder une action praticable dans le temps. Si les modèles anciens sont si rares, c’est aussi parce que de nombreuses guitares n’ont pas résisté à l’épreuve du temps. D’autres sont devenues des pièces de musée ou de collection, injouables.

Toute tradition a commencé par être une innovation, parfois radicale. On peut également voir l’histoire de la marque Martin comme une succession d’innovations révolutionnaires ayant conduit, par exemple, à la naissance des Dreadnoughts ou des OM. Des innovations largement clonées et imitées par d’autres, dans des proportions parfois gênantes.

Alors, quelles sont les innovations à se mettre sous les doigts avec la Martin SC-28E ?

Quelles innovations avec la Martin SC-28E ?

Tout d’abord la première chose qui frappe, c’est évidemment la forme en S. C’est une guitare en italique (un bold move de la part de Martin, haha). En étendant un peu la partie basse de la caisse, cette forme permet de donner du volume, du sustain et de la rondeur au son. Mais la partie de la caisse située sous le coude reste dans des proportions confortables. Comme si l’éclisse haute était celle d’une OM et que celle du bas tendait vers les proportions d’une Grand Auditorium.

Martin-SC-28E

Martin-SC-28E

L’intérieur de la guitare présente un bracing en X centré et visible au centre de la rosace, le « Tone Tension X Brace ». Grâce à la forme asymétrique du corps, le bracing est optimisé pour chaque registre sonore. Côté aigu, il est « scalloped » (échancré), alors que du côté des basses, il est tapered (taillé en pente douce) pour accommoder idéalement les longueurs d’ondes différentes des notes.

Martin-SC-28E

Martin-SC-28E

Un manche follement confortable

Le manche de la guitare, parfaitement accessible, présente un profil identique sur toute sa longueur. Il est parfaitement jouable jusque dans les positions les plus hautes. Imaginez pouvoir jouer un C barré à la 12e case sans devoir décaler le pouce à l’endroit du talon ! Ce manche est équipé d’un tross-rod en carbone. La jonction entre le manche et la caisse se fait au niveau de la 13e case. Cela peut surprendre, mais c’est tout à coup beaucoup moins important. L’absence de talon fait que le manche est tout simplement une grande ligne droite jusqu’à des positions dont on se demandait parfois pourquoi on avait pris la peine d’y poser des frettes.

Martin-SC-28E

Martin-SC-28E

Mais la véritable innovation, le « Sure Align Linear Dovetail Neck Joint » se situe un peu cachée au niveau du talon du manche. Ou plutôt dans l’absence de celui-ci. La jonction manche-caisse est un système génialement simple, redoutablement difficile à expliquer. Le manche possède un système tenon-mortaise linéaire, situé dans l’axe du manche. Ceci permet son ajustement à l’aide de deux vis et d’un ingénieux système de « cassettes » qui servent à régler l’inclinaison du manche à l’aide d’outils simples (fournis). Fini les fastidieux « neck resets ».

Un manche aussi facile à jouer qu’à ajuster !

On desserre deux vis, on place la cassette avec l’écartement souhaité via la rosace, et on resserre. Les vis prennent dans un bloc en métal qui sert à bloquer la jonction. Le lien entre le manche et la caisse reste un vrai assemblage bois contre bois. De plus, les pas de vis ne risquent pas de s’éroder lors des réglages successifs. Je trouve toutefois que les points d’entrées des vis de réglages auraient pu être un peu plus esthétiques.

Martin-SC-28E

Martin-SC-28E

Les outils sont fournis dans une jolie petite pochette brodée d’un S pour rappeler la forme du corps de l’instrument. Pour voir le système à l’oeuvre, voici une vidéo du même système sur une Martin SC-13 :

https://vimeo.com/654620312

Un hardshell case high-tech

Martin accompagne la Martin SC-28E d’un nouvel étui, au profil plus moderne. La poignée plus large et mieux rembourrée fera plaisir aux voyageurs.

Martin-SC-28E

Martin-SC-28E

Et cet étui possède également son petit secret de technologie. Un hygromètre intégré au couvercle vous permettra de surveiller le taux d’humidité idéal pour votre guitare, directement depuis votre smartphone, via Bluetooth. Sympa.

Martin-SC-28E

Martin-SC-28E

Et ça joue ! Et ça sonne !

La Martin SC-28E est une guitare légère et incroyablement confortable. Ce n’est pas une sorte de gimmick high-tech. C’est un superbe instrument qui se met vraiment au service du jeu. Une fois l’étonnement passé, on oublierait presque son côté innovant. C’est indéniablement une Martin qui sonne comme une Martin. C’est là que la magie opère. Elle ne se destine pas à un type de musique particulier et fera sonner aussi bien un bon rag bien gras qu’une balade impressionniste en dentelle de notes.  

Le confort et l’accessibilité et la qualité de fabrication permettent vraiment de ne penser qu’à la note parfaite. Sur le modèle que j’ai eu en main, l’intonation est vraiment excellente.

La Martin SC-28E, une guitare pour qui ?

Si la Martin SC-13E a parfois été vantée et vendue comme une guitare acoustique pour les gens qui jouent de l’électrique, la Martin SC-28E est indéniablement un modèle destiné aux guitaristes acoustiques. Évidemment, avec des caractéristiques hypermodernes, cette guitare ne plaira pas à tout le monde au premier coup d’œil. Mais elle pourrait en surprendre plus d’un qui la prendrait en main pour l’essayer. Elle est bâtie pour les musiciens qui cherchent confort, accessibilité, jouabilité, fiabilité. Elle offre des possibilités de réglages simples dans leur travail sur et avant la scène.

Après la présentation officielle au NAMM, la Martin SC-28E va prendre son envol commercial. Je ne serais d’ailleurs pas étonné si elle y remporte un prix d’innovation. À propos de prix, je table sur un prix de vente entre 4000 et 5000 € en Europe.

D’ailleurs Jacques Stotzem est tellement emballé par ce modèle que vous allez pouvoir l’admirer en concert dans les prochains mois. Qui sait, peut-être avec de nouvelles compositions inspirées par l’étonnante accessibilité du manche dans les positions hautes.

Voici quelques dates pour découvrir cette guitare dans les mains de Jacques Stotzem

  • Samedi 17 février – Muziekhuis Souman (Hattemerbroek, NL)
  • Samedi 16 mars – Max Guitar (Den Haag, NL)
  • Samedi 23 mars – Dijkmans Muziek (Breda, NL)
  • Samedi 13 avril – Stars Music (Brussels, BE)
  • Samedi 4 mai – Omega Music (Mons, BE)

Tu regardes la Starac, touè ?

Quand je dis à des amis que je regarde la Starac je suis souvent confronté à une certaine incrédulité. Vous savez, le sourire en coin, un sourcil levé. Le fait que j’ai peu ou prou quelques prétentions musicales est, semble-t-il, même une circonstance aggravante. Mais tout d’abord, je fais ce que je veux, depuis toujours. Mais je me suis tout de même demandé ce que m’apportait ce spectacle de gladiateurs de la chanson.

Le mépris de la masse, le concours de talents

Outre le mépris que peut susciter un divertissement de masse comme la Starac, il y a la notion que l’art ne devrait pas être l’objet de concours. L’art, en tant que reflet de la diversité humaine, devrait s’épanouir dans la liberté et l’absence de contraintes. Les concours artistiques offrent des opportunités. Mais la question fondamentale persiste : l’art ne devrait-il pas être apprécié pour ce qu’il est, une expression personnelle, plutôt que d’être soumis à des évaluations comparatives ? Mais dans un monde d’offre et de demande et de déficit de l’attention généralisé, la concurrence pour un moment d’attention fait partie du jeu, hélas. 

L’essence même de l’art réside dans son caractère subjectif et dans la capacité de l’artiste à communiquer des émotions, des idées et des expériences personnelles. La mise en compétition de différentes œuvres d’art peut parfois détourner l’attention de cette expression personnelle, en faveur de critères souvent standardisés. Et je m’agace comme tout le monde quand le jeu est injuste parce que le public n’a rien compris (ou a de la merde dans les oreilles parce qu’il écoute avec les yeux). Mais parfois c’est aussi un coup de projecteur sur ce que le public aime.

De même, si je m’agace des jeux parfois cruels de la production, je suis bon public pour les prestations des académiciens. Ils sont souvent touchants dans leurs failles. Et vu les conditions dantesques qu’on leur impose parfois, leur parcours est admirable. Quand on pense que les grandes Stars ont des pistes vocales sous-mixées quand elles doivent danser. Quand on sait que chaque spectacle est préparé pendant des mois avant de tourner. Ici c’est deux ou trois journées de préparation, journées remplies d’activités diverses. Chapeau !

Mais pourquoi tu regardes, touè ?

Dans ce prisme, tout est pardonné quand au milieu de ce fatras, tout à coup une prestation touche. Il y a des moments musicalement beaux, d’abord parce qu’ils sont vrais. Et tout à coup on se rend compte que même les « stars » trébuchent tout à coup sur le fait de chanter une chanson, et une seule, en donnant tout sur un plateau. Et je trouve cette imperfection belle, parce que ça suscite des émotions, là où tant de musiques surproduites ne me procurent plus qu’une vague indifférence polie. 

Alors évidemment, ce spectacle est l’occasion de faire cancan et de débattre avec la famille et les amis. On dit du mal, beaucoup. Mais, je trouve également une source d’inspiration et de résilience inattendue en regardant ce programme. 

La StarAc réunit des participants aux parcours musicaux variés. Des chanteurs de pop aux interprètes de musique classique, en passant par des passionnés de rock. C’est une opportunité unique d’explorer différents genres musicaux. Une manière d’élargir l’horizon, de découvrir de nouvelles influences et d’enrichir leur propre palette artistique. C’est aussi une manière de rester connecté avec l’univers musical de mes élèves plus jeunes, qui n’écoutent pas forcément du Blues du Delta.

Les participants de la Star Academy suivent tout de même une formation artistique intensive qui couvre divers aspects de la musique, de la danse en passant par l’interprétation scénique. En observant ce processus d’apprentissage des participants, j’apprends des choses sur les techniques vocales, la présence scénique et la manière de se connecter avec le public. Pour moi dont l’expérience scénique est autodidacte, c’est intéressant. Je vois également comment les participants gèrent le stress et la pression. Apprendre à rester authentique et créatif sous les projecteurs est une compétence essentielle.

Les artistes invités qui interviennent dans la Star Academy offrent aux participants des conseils pratiques et des retours d’expérience. C’est aussi un coup d’œil derrière le rideau de cette industrie parfois opaque. Ces conseils peuvent s’avérer inestimables pour comprendre les défis de l’industrie musicale.

Alors, ouais, je regarde mouè…

En conclusion, bien que la StarAc soit un divertissement grand public, elle m’offre également une fenêtre unique sur le monde de la musique. De temps en temps, une presta fait mouche et me touche. J’en apprends sur la diversité musicale, la formation artistique intensive, la gestion du stress. Je me nourris indirectement des conseils d’experts.

Je sais que « les citations sont un substitut commode à l’intelligence » (W. Somerset Maugham), mais je ne résiste pas à l’envie de citer le grand Léonard Bernstein pour conclure :

Pour justement détester la musique moderne, il faut la connaître. Ainsi, on pourra la détester plus intelligemment. Ou bien, sait-on jamais, l’apprécier. Leonard Bernstein