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La tête de la guitare

La tête d’une guitare est à mes yeux une des parties méconnues de l’instrument. Pourtant elle est au carrefour d’un ensemble de préoccupations essentielles dans la construction et la pratique : le son, la justesse, la stabilité mécanique, la jouabilité et … le look.

Souvent on aime ou on déteste une guitare pour la forme de sa tête, en ignorant les autres facteurs entrant en jeu. D’ailleurs quand on parcourt l’évolution historique des guitares, on se rend compte que si les formes des corps répondent manifestement à des impératifs de maniabilité, de poids et d’accessibilité, la tête semble servir uniquement de signature visuelle aux marques pour se démarquer (!) des concurrents. Au point que certaines têtes sont devenues légendaires et reconnaissables au premier coup d’oeil. Mais ce n’est pas si simple.

Pouvez-vous reconnaître ces marques ?

Certaines marques de guitare se reconnaissent immédiatement à la forme de leur tête.

La tête de la guitare, un carrefour de contraintes

La tête de la guitare héberge les mécaniques, et reçoit les cordes après le sillet de tête. On pourrait penser de manière simpliste que le meilleur trajet est celui qui permet aux cordes d’avoir le moins de points de friction ou d’angle par rapport au manche, soit une ligne droite. Il n’en est rien.

Pour transmettre efficacement l’énergie de la vibration à l’instrument, tenir l’accordage et être confortable à jouer, la corde doit pouvoir à la fois être installée fermement dans l’encoche du sillet, pouvoir coulisser quand on accorde la guitare en tournant les mécaniques, mais aussi rester en place si on fait un bend. La tête doit parfois héberger une trappe d’accès au truss rod et un logo. Elle ne doit pas être trop lourde pour ne pas déséquilibrer l’instrument.

Le compromis

Il s’agit pour le luthier de trouver un équilibre acceptable entre la position des divers éléments, les angles et points de friction. L’importance de cette friction dépend de la tension de la corde. Mais aussi de l’angle que fait la tête avec le manche, de l’angle que fait la corde verticalement au niveau du sillet et de l’angle que la corde fait en sortant du sillet vers la mécanique. Un mauvais angle au niveau du sillet ou à l’arrivée de la corde sur la bobine de la mécanique pourra rendre l’accordage difficile et favorisera la casse des cordes.

tête et sillet
tête et sillet

Penche la tête, t’entendras mieux

Une solution pour caler les cordes dans le sillet est d’incliner la tête par rapport au manche. Ce angle ira jusqu’à 90° pour un luth. Chaque fabricant à son angle de préférence. Guild aime faire bouillir son angle à 4°, Martin va pour 11°, tandis que Gibson va jusqu’à 14° ou 17° selon les modèles.

Mais la construction en devient un peu plus complexe et plus couteuse en bois. Cela crée une zone rigide du point de vue de la transmission des vibrations de la corde le long du manche. Paradoxalement, cette zone devient plus fragile d’un point de vue mécanique. Les fractures de la jonction tête-manche chez Gibson sont connues. Au point que certains prétendent (pour rire) qu’une Gibson vintage qui n’aurait pas été réparée ne peut être qu’une copie. Pour éviter la fracture, les fabricants ajoutent parfois une petite épaisseur en forme de losange ou de quartier de lune à cet endroit pour le renforcer.

La tribu des têtes plates

tête plate
tête plate

D’autres solutions existent. Ajourer la tête permet également de faire descendre l’angle des cordes après le sillet. Pour certains, la tête ajourée est le meilleur compromis entre l’angle des cordes et la transmission mécanique des vibrations. Pour d’autres, la tête plus légère transmet moins d’énergie. Mais comme une guitare à tête ajourée présente souvent d’autres caractéristiques. Par exemple la jonction manche-caise à la case 12. Cela rend la comparaison est difficile. Les tenants de chaque camp avancent des arguments de sonorité, de sustain et de solidité. Le débat est loin d’être clos sur ce sujet, et de nombreuses variantes existent.

Vibration sympathique ? Pas vraiment !

La partie de la corde qui se trouve entre le sillet et la mécanique n’est pas “morte”. Elle peut vibrer par sympathie avec le reste de la corde ou l’instrument. Cette vibration métallique aigue n’est pas la bienvenue. Certains guitaristes utilisent des sourdines pour étouffer les cordes de la tête quand ils jouent amplifiés ou quand ils s’enregistrent. Sur les têtes qui n’ont pas un angle descendant très marqué, on trouve parfois un petit pontet pour caler les cordes les plus longues. Cela aide à les appuyer au fond des encoches du sillet tout en évitant qu’elles ne vibrent.

Et le bois ?

Le bois de la tête est souvent le même que celui du manche. Quand il n’est pas fait d’une seule pièce, les luthiers alignent parfois le grain du bois entre le manche et la tête. Cela permet d’améliorer les propriétés mécaniques et sonores de la liaison et d’éviter la casse. Souvent l’avant de la tête est recouvert d’une plaque décorative. A en croire la plupart des fabricants elle ne semble guère influencer le son.

J’en profite pour vous renvoyer vers un billet listant toutes les positions mettant votre guitare et sa tête en danger, comme le carrousel de la mort.

le carroussel de la mort
le caroussel de la mort ou comment predre la tête

Vlogueur ? Voici un autre rig (un vrai)

La parenthèse …gger ou gueur

Nos amis anglophones écrivent “blog, blogger, vlog, vlogger”. Du coup, en français on croise un peu de tout : vlogueur, vlogger, vloggeur, vloggueur. Depuis mes débuts de “blogueur”, j’ai choisi mon camp et opté pour la graphie blogueur. Elle me semble naturelle, facile à féminiser, sans ambiguïté pour la prononciation et construite autour d’un modèle connu (blague, blagueur, blagueuse). Elle n’introduit pas de nouveauté inutile. En suivant ce parti pris sans doute parfaitement arbitraire, ce sera donc vlog et vlogueur pour moi. Merci pour votre attention.

Pour le vlogueur, Shoulderpod, un désign brut et classe

La semaine passée je vous ai parlé d’un petit rig à base d’éléments Manfrotto que je voyais plutôt comme un petit studio pour vloguer depuis un endroit fixe en “face caméra”. Voici maintenant la configuration pour le vlogueur mobile avec son smartphone. J’avoue, j’ai eu un coup de coeur pour le design et les matériaux très classe utilisés par Shoulderpod. C’est une entreprise basée à Barcelone qui offre des solutions pour la photo et la vidéo à base de smartphones. Leur système modulaire m’a séduit d’autant plus qu’ils s’engagent à fournir les accessoires, mais aussi les pièces détachées en cas de casse. Du coup ce n’est pas donné, mais c’est à voir comme un investissement.

The Grip – G1

G1 Grip – pour caler le smartphone (image source : Shoulderpod)

Le système est construit autour d’une pince universelle pour smartphone. La pince plutôt large s’accommode très bien de mon smartphone, même avec l’épaisseur supplémentaire du battery pack (à tester si vous avez une énorme coque). La mise en place est un peu plus longue qu’avec une pince à ressort, puisqu’il faut dévisser et revisser la pince autour du smartphone (sans forcer).

Évidemment, il faut veiller à ne pas coincer les boutons du téléphone sous la pince. Avec les iPhones, cela donne un décentrage qui m’inquiétait un peu, mais grâce aux larges mâchoires et au caoutchouc antidérapant, le smartphone ne bougera pas. La pince peut tenir des objets de 48 mm à 93 mm. La pince G1 peut servir de petit support de voyage pour placer le smartphone en portrait ou en paysage. Mais dans cette configuration, on ne pourra pas vraiment l’incliner. Mieux vaut alors l’utiliser avec un petit trépied de table.


G1 Grip – pour caler le smartphone (image source : Shoulderpod)

La pince est dotée d’un pas de vis standard qui vous permettra de la fixer sur un trépied. Le même pas de vis sert à assembler son rig modulaire.

Des poignées, des rails, des supports à accessoires et des disques intercalaires

Où le système devient carrément génial c’est qu’on peut monter et démonter le tout pour choisir sa configuration pour n’emporter que le strict nécessaire. Voilà qui est utile pour un vlogueur qui souhaite voyager léger. Le système le plus simple se compose de la pince G1, d’une poignée H1, d’une dragonne W1. Il permet de tenir son smartphone de manière stable et sure (… et horizontale pour des vidéos de qualité !).

La qualité des matériaux et la finition se démarquent à l’oeil et à la prise en main.

S2 – The Handle Grip – pour le vlogueur en déplacement


S2 – (image source : Shoulderpod)


La configuration de base !

R2 – The Pocket Rig – pour le vidéaste


R2 – (image source : Shoulderpod)

Grâce à un rail, et un sabot de fixation de type pince pour flash (cold shoe) vous pouvez ajouter un microphone ou un éclairage d’appoint à votre poignée. Les disques intercalaires ont des vis qui traversent les rails et permettent de relier les éléments entre eux. La friction est bien réglée et on sent rapidement quand les pièces sont ajustées.

X1 – The Pro Rig – pour le réalisateur ou le journaliste


X1 – (image source : Shoulderpod)

Un micro, une lampe, deux poignées pour une prise en main ultra-stable, c’est le bateau amiral de la marque. Une solution pour la création de vidéos et le journalisme mobile.

Suite au placement malencontreux de la prise lightning de mon iPhone, je sechais un peu pour trouver comment assembler un rig qui me permette d’utiliser à la fois le microphone Rode VideoMic Me-L dans le port lightning et un éclairage d’appoint. J’ai écrit au support (très réactif) et ils ont pu me suggérer un assemblage qui fonctionne.

Verdict

La modularité, le design intelligent, les matériaux de qualité, le support réactif, tout me plaît ! Je l’aime d’amour et je lui donne un bon 9/10 !

Et promis, dés la semaine prochaine, on reparle guitare et musique !

Un petit rig pour vloguer ?

On ne sait jamais quand le besoin ou l’envie de créer du contenu va frapper. Que ce soit pour des vidéos, des vlogs ou du contenu YouTube, les smartphones récents permettent d’obtenir des résultats impressionnants voire professionnels. Mais pour tirer le meilleur de son smartphone, il faut savoir s’entourer ou entourer son smartphone des accesoires qui vont bien. Et c’est là que la notion de “rig” intervient.

Mais c’est quoi un rig ?

Je n’ai pas vraiment trouvé de traduction satisfaisante. En gros, c’est un support, une plateforme, bref un truc qui tient des trucs ensemble. Un rig pour smartphone sera généralement constitué d’une pince pour tenir le smartphone (en position horizontale de préférence), d’une poignée qui pourra servir de pied. Le pied permet de poserle téléphone tandis que la poignée permet les plans classiques pris en marchant, caméra pointée vers soi. Un bon rig propose divers porte-accessoires. Les accessoires les plus courants seront des microphones et des éclairages d’appoint.

On trouve des systèmes prévus pour des tournages pro avec d’imposantes cages métalliques. mais à mon avis cela dépasse l’usage et le budget des créateurs qui cherchent à communiquer à propos de leur contenu de manière simple et efficace. Deux systèmes ont retenu mon attention : un classique pour une installation fixe facilement transportable à base d’accessoires Manfrotto, et l’élégant Shoulderpod pour le terrain, dont je vous parlerai dans un second billet.

Un studio vidéo mobile et compact sur une base “Manfrotto”

On n’est pas dans le rig à proprement parler puisque j’envisage d’utiliser les éléments séparément avec deux pieds et des mini-éclairages à disposer à distance. Il s’agit plutôt d’une sorte de mini-studio vidéo.

Le pied

Ca fait un moment que les mini-trépieds de la gamme Pixi me font de l’oeil. Je les trouvais “mignons” mais j’avais un peu peur du côté “plastique”.

Le déballage m’a rassuré immédiatement. C’est du costaud et le plastique a un toucher très agréable. La rotule-ball se bloque bien et la manipulation avec le seul bouton siglé du logo Manfrotto est précise.

En position repliée, le trépied dont l’ergonomie est très bien pensée sert de poignée.

J’en avais commandé un second pour un très bon prix, mais c’était de toute évidence une contrefaçon. Il était trop léger, le mécanisme imprécis et rugueux, un patin en caoutchouc absent sous un des trois pieds. Je l’ai renvoyé. Bref, méfiez-vous des vendeurs tiers sur les boutiques en ligne.

La pince

Même constat de solidité pour la pince à smartphone. Elle présente deux pas de vis pour se fixer dans deux positions différentes. A l’arrière un petit pied se déploie pour tenir le téléphone en position inclinée.

Mon seul regret est que la pince manque d’un peu profondeur pour tenir vraiment fermement mon iPhone 6s avec le battery case. Solution : ne pas faire le foufou ou mettre le téléphone tout nu dans la pince. Apparemment il existe un autre modèle de pince plus universel chez Manfrotto mais je ne pas réussi à mettre la main dessus.

Les accessoires

Manfrotto propose également des petits éclairages d’appoint. J’ai opté pour les petites Lumimuse LED. Elles sont déjà un peu datées par rapport à des modèles plus récents et se trouvent encore à des tarifs intéressants. Ces lampes peuvent se fixer sur une griffe porte-flash ou sur un trépied gràce à un filetage. Elles se rechargent par USB et elles ont trois positions pour l’éclairage : faible, moyen et fort. Dans l’emballage on trouve également un porte-filtre et des filtres qui permettent de diffuser et de réchauffer la lumière émise.

Manfrotto Lumimmuse 3 et 6 Leds

Craignant un manque de puissance, j’avais d’abord opté pour une Lumimuse à 6 Leds. Mais le modèle à 3 Leds est déjà presque trop puissant pour vloguer bras tendu. Par contre pour s’éclairer à moyenne distance, éclairer une personne interviewée ou une zone entre 1 et 3 mètres, elles sont parfaites.

C’est plutôt puissant pour des petites lampes !

Là aussi j’avais d’abord opté pour une chinoiserie vraiment pas chère, mais elle est règlable entre 95 et 100%, beaucoup trop puissante. Mais elle se nourrit de piles AA, ce qui est plutot un avantage et elle porte à 5 m.

Et pour le microphone, je vous mets quoi ?

Le son du microphone intégré est fait pour téléphoner et limiter les perturbations dues aux sons environnants. Dés lors, si on s’éloigne du téléphone, le résultat sonore est rapidement quelque part entre très moyen et carrément inutilisable.

Je vous ai parlé des microphones Rode déjà. Ils occupent bien le bas du segment du marché avec des solutions variées et efficaces. Le VideoMicro (qui accompagne maintenant ma caméra Panasonic en permanence), le Videomic Me, avec un connecteur mini-jack TRRS, et le Videomic Me-L qui se connecte au port Lightning des iPhones. Si vous souhaitez vous focaliser plus sur votre voix, Rode propose également un micro cravate pour smartphones, le SmartLav+.

Ma config idéale ?

Ma configuration idéale serait d’avoir deux petits pieds Manfrotto Pixi. Un avec une pince pour tenir le smartphone, un autre avec un éclairage d’appoint Lumimuse 3 ou 6 Leds (en fonction des circonstances) avec un filtre chaud.

un éclairage d’appoint sur trépied

Malheureusement, j’ai du retourner un des pieds reçus qui était une contrefaçon grossière. Le téléphone serait équipé d’un Rode Videomic Me ou du SmartLav+ de la même marque. L’ensemble ferait un bon petit studio transportable facilement et rapidement mis en oeuvre.

Tout pour vloguer !

Quel usage ?

Une petite installation fixe sur une table, au bureau ou dans une chambre d’hotel avec éventuellement un peu de déplacement “calme” pour une petite vidéo Facebook face à la caméra.

Un exemple de configuration : deux trépieds, une pince pour smartphone, un éclairage d’appont et un microphone cravate.

Design et qualité, un bon 8/10 sur mon échelle de piment !

Buzz : les trucs que les artistes doivent arrêter en 2019

C’est parfois sincère, mais en 2019 c’est déjà-vu et revu. Et certains s’y prennent très mal pour faire du buzz bidon … et ça commence à se voir. Évidemment, dans un monde où les réseaux sociaux sont rois, il faut savoir jouer avec les codes pour choper du click, des vues et des écoutes . Après on me dira, peu importe si le buzz est là. Mais quel ennui !

Quand on nous prend pour des cons …

Faire monter sur scène un fan qui tient une pancarte et qui joue … super bien, comme par hasard.

Parfois c’est crédible, mais souvent c’est bidon … ça se passe quand même très souvent trop bien pour être le fruit du hasard. Mais pour le public sur place, c’est quand même sympa, C’est peut-être le plus authentique de tous parce qu’il faut quand même assurer une fois sur scène. Après ce genre de buzz à base de vidéos de concert un peu pourries, c’est moyen, même si ça fait rèver les gamins.

Allez, viens jouer avec nous !

Tomber par hasard sur un mec qui joue leur tube dans la rue.

… et qui a un second micro, que “ah ben ça, ça tombe bien” … parfois on a même droit à deux caméras pro et une perche pour le son, allons allons. Là on est
clairement dans l’imposture totale niveau buzz.

Surprise ? Vraiment ? Ou mise en scène our le buzz ?

Rencontrer le fils/frère/oncle/cousin d’un vieil ami/collègue et chanter avec lui.

Même si pour une raison que j’ignore l’exemple ci-dessous semble très authentique, parce que le plaisir est touchant. Buzz mérité, ou pas ? A vous de juger.

Bon, là en fait, j’aodre …

L’artiste connu qui joue incognito dans la rue ou dans le métro.

Bon, c’était sympa de démontrer que le contexte crée aussi l’aura de l’artiste, ou que le public ne saura pas reconnaître un grand violoniste classique si il joue dans le métro. Mais ça aussi, ça commence à faire un peu sketch. Parfois, il ne manque que les lunettes à moustache avec un faux nez. 

Cracher sur un groupe ou un artiste connu quand on est au creux de la vague … ou au début de sa promo.

Les disputes entre artistes montées en épingle dans la presse sont saoulantes et ne grandissent personne. Il y a des vrais spécialistes de ça. Pas de lien ici, on ne va pas faire de la pub à un des frères Gallagher non plus.

Et alors, un truc qui m’agace particulièrement : se plaindre d’avoir eu une adolescence artistique difficile, éloignée de la musique, avec des parents qui interdisaient la musique à la maison.

C’est une spécialité des télé-crochets ! Puis lâcher dans la même interview qu’on jouait dix heures par jour de toutes sortes d’instruments et qu’on allait voir des milliers de concerts. Ou comment avoir bouffé de la vache enragée, mais avec les bonnes frites mayonnaise préparées par maman.

Bon, allez, en 2019 on passe à autre chose !