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Assurer son instrument de musique en Belgique ?

Les instruments de musique ont de la valeur. Il y a bien entendu la valeur sentimentale, impossible à chiffrer. Mais pour le professionnel, il y a également une valeur économique. Outre la valeur d’achat, il y a également la perte de revenus due à l’interruption de l’activité suite à l’immobilisation, la dégradation ou le vol de l’outil de travail. Quand j’ai acquis ma Martin OM21, je m’étais renseigné (en vain) sur les possibilités pour la faire assurer. Juste au cas où un voleur me la transformerait en air-guitar.

Vu la nature des relations qui lient un organisateur et un musicien, je doute fort que les assurances du premier interviennent pour le matériel du second. Je n’avais rien trouvé à l’époque. J’avais fait un billet sur quelques conseils de prévention. Mais que faire si le pire arrive ?

Assurer sa guitare en voyage et sur scène

Assurer sa guitare en voyage et sur scène

Trouvé !

Rendons à César ce qui est à César ! C’est via une interview publiée sur le site “La Chaîne Guitare” que j’ai découvert cette société d’assurance avec une branche spécialisée dans les instruments de musique. Il me restait à vérifier si on pouvait être assuré en résidant hors de France. Si j’en crois un échange de Tweets, c’est bien le cas.

Une assurance sur mesure pour les musiciens ?

L’air de rien, on finit par accumuler un joli montant en instruments et matériel au fil du temps.  Les voleurs apprécient ce matériel car il est facile à transporter et à revendre. Ce serait dommage de se retrouver avec une perte économique sèche. Sans parler de l’incapacité de remplir ses obligations contractuelles, suite à un vol ou un accident. 

J’ai parcouru leur offre, et ça m’a l’air bien foutu. D’après le site de Verspieren, vous êtes couverts en Europe ou dans le reste du monde pour les trajets en transports publics ou privés, les concerts, les répétitions, les stages, les conservatoires ainsi qu’au domicile.

La protection couvre le vol et la tentative de vol (y compris dans un véhicule, en option, si j’ai bien lu), la perte, les incendies, les explosions, les attentats, les dégâts des eaux, le vandalisme et même le bris accidentel.

Même le vol dans un véhicule !

L’assurance couvre le montant de la dépréciation subie par l’instrument après sinistre, les frais de déplacement pour l’acheminement de l’instrument endommagé chez le réparateur et sa récupération et les frais de location d’un instrument de remplacement.

Assez logiquement, il n’y a pas d’application de taux de vétusté, hors matériel de sono. Une Fender de 1960 aura plutôt pris de la valeur avec les années. Ils proposent des tarifs pro mais également des tarifs amateurs Des réductions sont prévues pour les adhérents à la fédération FUSE (Fédération des Usagers du spectacle enseigné) ou pour les élèves de conservatoires adhérents. Ils proposent également 10%  de réduction avec une solution de géotraçage (France et Europe) pour votre instrument.

Une offre intéressante !

Je n’ai pas (encore ?) souscrit d’offre chez eux, ni pu tester leurs services. Leur site propose un simulateur de tarifs. Par exemple, une assurance pour ma Martin OM21  avec vol en véhicule pour l’Europe me reviendrait environ à 79 € par an. Tout tarif d’assurance est évidemment  à analyser au cas par cas.

Si votre instrument vous tient à coeur, ou si sa perte vous causerait un préjudice financier important, que ce soit votre gagne-pain ou non, la question d’assurer ou non votre instrument de musique mérite d’être posée. C’est aussi l’occasion de faire l’inventaire de votre matériel, de le documenter et de rassembler photos descriptives et factures, numéros de série dans un lieu sûr, au cas où.

Assurance contre le vol au domicile !

Assurance contre le vol au domicile !

Note : Ce billet n’est pas sponsorisé et je ne suis lié d’aucune manière avec la société Verspieren. Si vous connaissez d’autres offres d’assurances de ce type, n’hésitez pas à me laisser un commentaire.

Talent : 10 choses qui n’en nécessitent pas

Je ne sais pas trop d’où sort cette liste des 10 choses qui ne nécessitent pas de talent, mais je suis tombé dessus quelques fois en surfant sur le net. J’ai même trouvé une image illustrant parfaitement le propos, c’est dire. J’enfonce sans doute des portes ouvertes, mais je vous en livre ma version, adaptée des versions en anglais que j’ai pu lire ici et là.

1. Soyez ponctuels

Bon, il est clair que si vous êtes à l’heure dans ce métier, il vous arrivera d’attendre ceux qui ne le sont pas. Mais être à l’heure, c’est anticiper certains problèmes et en prévenir d’autres. Il n’y a rien de pire que de manquer de temps pour prendre ses marques avant de jouer. Les minutes les plus proches du début du concert sont les plus précieuses pour la concentration et le confort, autant ne pas gaspiller votre talent avec des soucis … de dernière minute.

2. Ayez une bonne éthique de travail

Avoir une attitude positive et respectueuse vis-à-vis de vos partenaires d’un soir et du public. Soignez vos interactions et vos attitudes. Ne critiquez pas vos collègues ou les organisateurs gratuitement (ou alors faites vous payer, la critique est un métier). 

Quand je vois malgré tout la  “patience” de Pierre Bachelet avec François l’Embrouille qui le pousse à bout dans cette caméra cachée. Il continue à vouloir tirer le meilleur de la situation catastrophique. Avec pour objectif de faire son boulot du mieux possible, pour le public. Malgré la colère, il refuse de critiquer ouvertement l’artiste (un nouveau talent plutôt médiocre) qu’on lui inflige en première partie, regrettant de ne pas avoir été prévenu. 

3. Ne ménagez pas vos efforts

Il n’y a rien de pire pour un musicien que de se reposer sur une routine et de jouer sur des plans trop bien établis, enfoncé dans l’ornière. Beaucoup de grandes stars ont des shows immenses et tellement rodés que le public en est déçu. Et les artifices usés pour humaniser la chose sonnent parfois faux. Je pense me souvenir que Tommy Emmanuel par exemple ne décide jamais à l’avance de l’ordre des morceaux pour garder une certaine fraîcheur. Chaque date doit être spéciale à vos yeux. 

4. Roulez à l’énergie propre

Quoi de plus pénible qu’un concert où l’artiste se débat avec l’alcool ou la drogue. Je sais que le mythe du sex, drugs and rock’n’roll a la vie dure. Mais la plupart des grands noms du rock sortaient de cure de désintox pour aller en studio ou étaient derrière leur optimum créatif. Il suffit de voir le calvaire raconté par les musiciens et les techniciens vivant en studio ou sur scène avec une épave défoncée. Souvent, en dehors de quelques phénix, l’album de la décadence était aussi le dernier. Bon, ça peut arriver de ne pas être au top de la forme, mais évitez ceci :

5. Langage, langage du corps, hygiène

Ce qui restera de vous sera souvent la première impression que vous avez donné. Le respect des autres se marque dans mille petits détails. En ce y compris, être propre sur soi et ne pas sentir mauvais. Parlez correctement aux gens en toutes circonstances. Avoir une attitude bienveillante à l’égard des personnes que vous côtoyez, dans la mesure du possible. On peut être exigeant sans être hautain. L’humour et la vanne ou les petites blagues sont sans doute les bienvenues, mais avec modération et sens du timing. La communication est la clé.

6. Écouter est aussi un talent

Le corollaire du point précédent c’est d’apprendre à écouter. Vous avez vos certitudes et vos arguments (et je ne suis pas en reste). Soyez prêts à discuter des options techniques ou scéniques qui vous sont proposées. Donnez une chance aux idées. Si vous n’avez pas le temps ou l’envie, communiquez simplement votre opinion sur le sujet. Si un changement est inévitable, essayez de l’accepter avec grâce.

7. Gardez la passion intacte

Ce n’est pas toujours évident, mais avivez la passion en permanence. Défendez votre projet, votre univers. Gardez à l’esprit qu’on ne peut pas plaire à tout le monde (ce serait même plutôt un mauvais signe). Apprenez à analyser la critique:  qui, qui dit quoi, pourquoi et comment utiliser cette critique ? Gérez la dépression post-performance (post-coïtum).

8. Faites en plutôt plus

Soyez exigeant et généreux. Cette générosité peut se marquer de nombreuses façons. Un ou plusieurs rappels (si cela n’a pas d’impact sur le timing de la soirée), une demande spéciale du public, une annonce à faire passer. Se rendre disponible pendant le break et après le concert pour rencontrer les gens et répondre à leurs questions et écouter leurs critiques. Il suffit de lire ce que le public pense des artistes qui arrivent tard, écourtent leur concert avant de disparaître, cachet en poche.

9. Faites toujours de votre mieux !

Aujourd’hui, grâce à YouTube et aux smartphones, il n’y a pas de concerts sans importance. Chaque instant peut être mis en ligne. Vous pourriez être devant dix personnes dans une taverne dans le cul du monde, mais si vous faites quelque chose de grand ou de nul et que quelqu’un le filme, le monde entier peut le voir, et vous n’avez aucun contrôle sur ça.

10.  Soyez prêts !

C’est mon dada, mais il faut être prêt physiquement, mentalement et techniquement. Du musicien à l’instrument, tout concourt à un bon concert. J’ai toujours détesté jouer avec un collègue qui dénoue un écheveau de noeuds pour trouver le bon câble pendant le soundcheck. Ou devoir dépanner le chanteur qui a oublié son micro au local.

C’est tellement facile d’anticiper toutes ces choses, … et cela ne requiert aucun talent ! Et quand on y pense, cette liste est valable dans bien d’autres domaines que la musique.

No talent required

No talent required

 

AKG K702, nouveau casque audio

Mon casque AKG 240 MK II commence à être sérieusement fatigué à force de traîner sur mon bureau. J’ai déjà réparé l’arceau par le passé. Mais là, l’élasticité du bandeau de suspension est parti rejoindre le paradis des élasticités de bandeaux de suspension. Place à son remplaçant, le casque AKG K702.

AKG-K702

AKG-K702

Pourquoi AKG ?

Simple question de goût. J’aime bien les casques AKG : efficaces, propres et relativement neutres. Passé un certain prix, ce sont des casques avec une vocation “studio” ou “pro”. Leur design convient bien à ma grosse tête. J’aime bien leur look assez neutre. J’apprécie aussi le fait que le câble et les oreillettes puissent être remplacés, c’est toujours bon à prendre. Ils ne sont généralement pas trop chargés en basses, et le bas-médium reste propre. Ca convient plutôt bien au style de musique que j’écoute. Mais en contrepartie, ils ne flattent pas du tout la musique. Ils peuvent se révéler un peu fatiguant à la longue pour certains styles. Mais à choisir entre la fatigue occasionnée par un son sec et analytique et celle résultant d’un son trop fouillis avec des basses trop en avant, mon choix est fait.

Pourquoi le casque AKG K702 ?

Parce que c’est un upgrade vers le haut de gamme en termes de son, de design et de confort. Du moins sur le papier. Voyons ça de plus près.

Prise en main

Le packaging est sympa. Le casque est ultraléger. Le design est très classe. Les matériaux semblent qualitatifs. Le cuir et les petits rehauts en plastique gris sont de bon goût.

AKG K702

AKG K702

AKG K702

AKG K702

Une fois posé sur la tête, on sent à peine l’arceau. Les grandes oreillettes au toucher velours se posent délicatement autour des oreilles. Les branches de mes lunettes ne sont pas trop gênantes. Cette légèreté et cet appui délicat ont un prix : si je me mets à headbanger comme un fou, le casque finit par tomber de ma tête. Mais je ne compte pas secouer ma tête à longueur de journée.

AKG K702

AKG K702

Le casque est un casque ouvert, du coup l’isolation de et vers l’extérieur n’est pas optimale, mais ce n’est pas la vocation d’un tel casque.

Le son

Certains prétendent qu’il faut roder les casques pendant quelques heures. Pour les membranes … et le câble ! Je n’y crois pas, d’autant plus que, comme souvent avec les audiophiles, les argumentaires sont pour le moins ésotériques. Il y a un également un gros effet placébo d’habituation à une nouvelle image sonore et d’oubli de l’image mémorisée avec les casques antérieurs. Mais certains ont constaté des différences à la limite du mesurable.

La première chose qui m’a sauté aux … oreilles, c’est la spatialisation très vaste et confortable. Le confort physique s’accompagne d’un confort d’écoute avec pas mal d’air. La réponse dynamique est très bonne. L’ensemble du spectre sonore est rendu avec honnêteté et je découvre des détails dans certains morceaux pourtant écoutés des centaines de fois. Son de touches de piano, frottement d’archet, respiration, tous ces détails qui rendent la musique vivante et touchante sont rendus.

Je l’ai testé également avec le plugin Sonarworks True-Fi qui applique un profil spécifique à chaque casque avec une correction réglable pour compenser la perte d’audition liée à l’âge. Le résultat est très agréable et ramène un peu de basses dans le paysage sonore.

Le plus grand avantage de ce casque est aussi son défaut. Il est suffisamment précis pour rendre insupportable l’écoute d’albums mal mixés ou de mauvais MP3.

Allez c’est parti !

Forcément, un nouveau marteau cloue souvent mieux que l’ancien. Ce sentiment est d’autant plus vrai dans des domaines aussi subjectifs que l’écoute au casque. Mais le casque AKG K702 est beau, il est confortable et ce son bien spatialisé et détaillé est un pur bonheur.

AKG K702

AKG K702

Accords barrés, les doigtés alternatifs

Les accords barrés sont un gros cap à passer lors de l’apprentissage de la guitare. Ils sont une source de frustration et de découragement. Parfois ils sont la cause de l’abandon de l’instrument. J’avais déjà évoqué les bases du problème des barrés dans le billet “C’est mal barré !”. Je ne suis pas un adepte de la triche pour contourner l’obstacle, mais parfois ça fait du bien de reposer sa main dans un morceau avec beaucoup de barrés.

Je vais vous parler de techniques pour éviter le barré, mais aussi de doigtés alternatifs pour faire un barré traditionnel.

Les techniques pour se soulager la main et éviter les barrés

On peut varier les positions et les doigtés au cours d’un morceau pour ne pas trop souffrir et profiter de certains moment pour zapper les barrés. Les solutions à portée de main sont :

  • trouver un renversement d’accord pour faire un barré plus facile ou plus haut sur le manche, ou tout simplement pour soulager ses muscles en faisant un effort différent. De toute façon il est utile de connaitre toutes les variantes des barrés d’un accord sur le manche. C’est une bonne occasion pour se pencher sur un peu de théorie musicale (ou sur des outils comme le système CAGED).
D'autres barrés …
D’autres barrés …
  • jouer la basse (ou les basses) au pouce
  • laissser “tomber” la (ou les) corde(s) grave(s) pour ne barrer que le strict minimum nécessaire (Note : si la basse alternative diffère de la fondamentale de l’accord, elle sera souvent notée avec un “slash” par exemple F/C … soit un accord de Fa sur basse de Do. Attentions, cette notation est parfois confondue avec un changement rapide d’accord en cours de mesure)
  • laisser tomber la corde grave – et – la corde la plus aigue, pour se concentrer sur le coeur de l’accord
  • jouer des “accords” de puissance, qui ne contiennent que deux notes, la fondamentale et la quinte. Leur nom vient de leur sonorité puissante et carrée, mais un peu pauvre harmoniquement parfois.
Variations autour des accord de F sans barrés
Variations autour des accord de F sans barrés
Variations autour des accords de B sans barrés
Variations autour des accords de B sans barrés

La paresse c’est sympa, mais le son et la musique priment dans tous les cas. Il faudra absolument veiller à étouffer les cordes non frettées pour éviter d’ajouter des vibrations parasites qui risquent de donner un son sale ou mal maîtrisé à l’accord, surtout si on joue amplifié.

Certaines de ces techniques conviennent bien à l’accompagnement ou comme alternative dans un couplet ou un refrain. La couleur sonore de de ces accords est parfois très différente, il faut donc les utiliser à bon escient dans un morceau.

Les barrés traditionnels revisités

La difficulté pour faire des barrés ne provient pas toujours de la force et de la précision musculaire de l’index. Certains guitaristes éprouvent des difficultés à empiler tous leurs doigts dans des petits espaces. Là aussi des solutions existent. Elles ont l’avantage de moins soustraire de notes aux accords et donc de moins altérer la sonorité.

Pour les positions de type F, Bm ou assimilé

petit barré de deux cordes, inversion annulaire et petit doigt
petit barré de deux cordes, inversion annulaire et petit doigt
  • on peut simplement inverser l’empilement de l’annulaire et du petit doigt
  • on peut remplacer l’empilement de l’annulaire et du petit doigt par un barré de deux cordes,
mini-barré
mini-barré
  • ou en placant un seul doigt entre les deux cordes pour les fretter d’un seul doigt. Il faudra veiller soit à bien faire sonner la tierce de l’accord, soit veiller à bien l’étouffer
un doigt pour fretter deux cordes

Pour les positions de “type B”

Double barrés, doigté alternatif, double barré avec cordes étouffées
Double barrés, doigté alternatif, double barré avec cordes étouffées
  • on pourra barrer les 3 cordes de Re, Sol et Si avec un seul doigt, éventuellement en étouffant la corde la plus aigue si on peut se passer de cette note
Deux barrés pour le prix d'un
Deux barrés pour le prix d’un
  • on pourra utiliser un doigté alternatif en jouant dans l’ordre l’annulaire, majeur puis petit doigt. Ce doigté n’est pas si alternatif que ça, je connais des guitaristes, dont Jacques Stotzem je pense, qui jouent le La majeur comme ça.

Augmentez votre vocabulaire

Parfois un doigté sera plus favorable dans le contexte qui précède ou qui suit immédiatement. Il permettra de mieux lier une note ou de garder le son d’une corde plus longtemps.

Comme en toutes choses, il faut se montrer attentif à la musique avant tout. Le confort est important, mais il ne faut pas dénaturer un morceau pour le sacrifier sur l’autel du confort. Je fais souvent un parallèle entre les possibilités de doigtés et le choix de mots de vocabulaire dans un texte. On peut avoir des synonymes et préférer la sonorité d’un mot à celle d’un autre. Et tout comme pour le vocabulaire, je recommande de connaître plus d’une façon de faire les choses. Cela permet également d’élargir sa compréhension et la maitrise technique de l’instrument.

On ne sait jamais de quoi on peut avoir besoin ou ce qu’on peut découvrir de beau en empruntant d’autres chemins qui semblent plus étroits.