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“Mon” Eupen Musik Marathon 2019

Trois rendez-vous musicaux sur la même journée, ça ne m’arrive pas souvent. Je me demande même si ça m’est déjà arrivé. Pour le Musik Marathon d’Eupen, organisé par Sunergia, J’ai un premier set à 14h45 à la Gosperstrasse, au numéro 30, le second au Marktplatz à 16h15 et pour finir une interview et deux morceaux en live avec interview à la BRF.

Je suis tombé sur ce “plan” par un navetteur que je croise régulièrement dans le train pour Bruxelles. On a parlé guitare, puis le bouche-à-oreille et quelques échanges de mails, et j’étais booké. Ce festival est visiblement une machine bien rodée, et le professionnalisme de mes interlocuteurs est très agréable. Tout est clair. 

Premier set à Eupen, je suis à la rue !

Il faudra que je me souvienne pour une prochaine fois que ce n’est pas parce qu’il y a un marché sur une place à Eupen que c’est forcément la place du marché.  Du coup je me suis garé un peu trop loin. Je pars à pied avec ma Lovely Roadie, la guitare et la sono. J’ai rendez-vous avec Rebecca (que j’ai envie d’appeler Sandra) qui sera mon “officier de liaison” avec l”organisation.  Mon premier set a lieu sous l’auvent en béton d’un magasin de fleurs.  Pendant qu’un des techniciens bricole les câbles pour me fournir du courant, on équilibre les pieds d’enceintes pour ne pas qu’elles basculent sur le trottoir en pente. Coordination avec les techniciens, bouteilles d’eau, cales en bois pour équilibrer la sono, Rebecca est sympa et très efficace.

David van Lochem – Musik Marathon Eupen 2019

Pendant ce temps, ma Lovely Roadie rapproche la voiture dans la zone de parking. Oui, il y a même des places réservées  pour les artistes ! Quel bonheur.

Dans ces conditions, ça se passe bien, le set commence sous une légère éclaircie. La lèvre en béton de la devanture me renvoie un peu de son ce qui brouille un peu l’écoute du retour, mais ça reste gérable.

C’est parti !

Actuellement, je joue un carré de quatre morceaux en début de set : “Have a Beer” un morceau acoustic-rock énergique pour occuper l’espace et le temps, “404 Rag” plus dans la veine picking traditionnel, “Boys don’t cry” un arrangement d’un succès de The Cure pour jouer un “truc connu” et enfin “Entre chien et Loup” un morceau avec une ambiance plus calme. Avec ces 4 morceaux je brosse une sorte de panorama cohérent mais varié de mon univers musical.

Il pleut légèrement sur Eupen à la fin du set, mais pas de quoi décourager le public qui m’écoute attentivement, même pour les morceaux plus calmes. Des vieilles connaissances viennent me saluer, mais comment reconnaître un camarade de classe qu’on n’a plus vu depuis au moins 30 ans ! J’aimerais savoir ce qu’ils deviennent, mais je dois démonter pour aller jouer ailleurs après un petit trajet à pied vers la (vraie) place du marché.

David van Lochem – Musik Marathon Eupen 2019

J’aimerais dire “après moi le déluge”, mais ce fut pendant, pas après

Le groupe qui jouait avant moi n’a pas encore tout à fait vidé la scène, mais rien de bien grave. Le montage est plus rapide que la première fois maintenant que le plan de scène est défini. Grande joie et petit trac supplémentaire, le spécialiste belge de la guitare acoustique fingerpicking, Jacques Stotzem et son épouse son venus assister au concert.

David van Lochem – Musik Marathon Eupen 2019

Jouer devant son maître et ami, ce n’est pas rien. Un autre endroit, mais une même setlist, pour des questions d’efficacité. Tout est monté et réglé, le son est bon, on est parti. Le petit stress supplémentaire est bon à prendre, je me sens rempli d’une bonne énergie. Ça joue. Je suis bien. J’ai même une très très jeune fan qui a l’air fascinée par la guitare.

David van Lochem – Musik Marathon Eupen 2019

Vers le dernier tiers du set, le ciel nous tombe sur la tête. Un déluge biblique s’abat sur Eupen. Au début la tente sous laquelle je joue tient bon. Le public s’est réfugié contre les façades des maisons en face et continue à me soutenir courageusement. Mais l’eau se met à dévaler le trottoir menaçant de noyer mes pédales d’effet. Je les pousse du pied pour les mettre à l’abri. Je demande à ma Roadie de jeter mon manteau sur la table de mixage pour la préserver des gouttes. Mais quand des grosses gouttes ont commencé à percer le tissu de la toile de tente, je dois bien me résoudre à jeter l’éponge (!) une dizaine de minutes avant la fin du set. 

Je remballe le matériel “dans son jus”, littéralement.

C’est le bon moment pour boire un verre avec les amis, mais les bars sont pris d’assaut. C’est presque impossible d’entrer. Finalement, la pluie ayant diminué on se pose sous une tonnelle en terrasse en retirant les coussins mouillés des chaises.  J’ai un œil sur mon verre, un autre sur la montre pour ne pas rater le dernier rendez-vous de la journée.

Premier live en radio pour moi 

Le programme pour terminer :  un morceau live, une interview (en allemand !) et un second morceau en live pour conclure.  Pour moi, c’est une première de passer en live, guitare à la main à la radio (hormis la diffusion d’un concert sur une radio locale). J’ai déjà eu le plaisir d’être interviewé par la BRF et d’être reçu sur 48FM pour annoncer des concerts. 

L’accueil à la BRF est sympa. Ils ont réussi à créer un espace chaleureux et calme au milieu du festival. Un tapis au sol et un fauteuil confortable au fond pour recevoir les invités. Petit soundcheck  en vitesse et réglage du retour.

David van Lochem - Musik Marathon Eupen 2019

David van Lochem – Musik Marathon Eupen 2019

Le flash info, un décrochage en live vers une autre scène et puis c’est à moi. Pour mon plus grand plaisir je recroise Katt, une des animatrices de la BRF dont nous avions fait la connaissance lors de notre voyage de noce. Le monde est petit, mais le temps passe vite, sept ans déjà ! Elle s’occupe du live sur Facebook pendant le festival.

Deux morceaux séparés par une interview

Je commence par “Have a Beer” histoire d’envoyer la patate sur les ondes. Ce que je n’avais pas prévu c’est que le public eupenois allait entrer dans la tente pour m’écouter jouer. Du coup, avec le tapis et la toile qui absorbent le son,  mon retour est un peu faible, mais ça va aller. Et, contrairement à un chanteur, je n’ai pas de main libre pour faire signe qu’on m’augmente mon retour. 

A peine la dernière note jouée, le présentateur me tend son micro et la première question fuse. L’exercice est un petit défi, surtout en allemand, mais je pense m’en sortir. Je me rends compte en m’écoutant le lendemain qu’en voulant faire “des phrases à propos de la musique et de la poésie”, je me suis emmêlé les pinceaux un bref instant. La prochaine fois, K.I.S.S. (Keep It Simple Stupid).

David van Lochem – Musik Marathon Eupen 2019

Je termine avec “Entre Chien et Loup” pour donner un aperçu d’une autre facette plus calme de mon répertoire aux auditeurs. Dernière note, regard vers l’animateur qui enchaîne. Fini. On débriefe autour d’une bière, j’ai fait le plein de photos et de vidéos. Et un live  en plus, c’est tout bon pour la promo !

L’after

L’adrénaline retombe, et j’ai un grand coup de pompe. On se “requinque” en mangeant une “crasse” comme on dit à Liège. Ce sera un très bon effiloché de porc sauce bbq fumée avec des rösti. On mangera sainement un autre jour. J’aurais aimé aller retrouver Jacques et son épouse pour (re)boire un verre, mais il est temps de rentrer pour libérer notre “ado-sitter”. 

David van Lochem – Musik Marathon Eupen 2019

Je quitte Eupen avec le sentiment du devoir accompli et un petit regret de ne pas avoir pu finir mon set complet à cause de la pluie battante.  La journée n’est pas terminée : il reste à déballer le matériel pour le sécher. Je passe tous mes câbles dans un essuie, et je les checke vite fait au testeur.

David van Lochem - Musik Marathon Eupen 2019

David van Lochem – Musik Marathon Eupen 2019

Ensuite je vérifie mes pédales d’effet qui ont pris un bain.  Avant, je pense à retirer les batteries avant de les poser au chaud sur ma chaudière. La table de mixage a l’air ok, je la mets à sécher également.

David van Lochem – Musik Marathon Eupen 2019

Je vais attendre un jour avant de re-brancher le tout. Pendant le concert, j’ai eu un petit craquement sur un des contacts, je démonte l’embase du jack qui avait un peu de jeu et je la remonte. Tout fonctionne. Le matos a survécu. Restent à faire les déclarations Sabam et autres petites tâches administratives.

Après cette magnifique journée remplie de rencontres et de musique, j’ai la banane pour un bon moment. Et faim d’encore jouer … alors, qui veut me booker ?

Numark DJ2GO2 : DJ monte le son

Bientôt trois semaines sans mon PC principal qui m’a lâché au bout de six ans. Le nouveau était arrivé, mais un souci pendant le transport a nécessité un retour par le SAV. Je ronge mon frein en jouant au DJ avec mes appareils mobiles  iPhone et iPad et une petite mixette Numark DJ2GO2.

Sur un coup de tête, je me suis offert une mixette DJ pour mon IPad. Pas que je veuille soudain me lancer dans le DJ-ing, mais j’aime encore bien pendant les soirées entre amis tomber à bras raccourcis et manches relevées sur la playlist qui tourne sur un ordi pour ambiancer un peu la soirée. Quand j’étais ado on a “animé” quelques soirées avec des amis et ça reste un souvenir amusé.

Bref, c’est pour jouer, donc j’ai acheté un jouet, c’est logique. Mais le faire avec un ordinateur m’a toujours un peu frustré parce qu’il me manquait des petites fonctions utiles et rien ne vaut d’avoir des vrais boutons.

Le briefing

Une petite mixette avec un budget rikiki (moins de 100 €) pour me permettre de gérer la sélection des pistes, les tempos, les départs et arrêts, le niveau relatif des pistes individuelles et un crossfader. Pouvoir préécouter les pistes est important. Elle doit pouvoir accéder à Spotify et iTunes. En plus d’un ordinateur elle doit pouvoir communiquer avec mon iPad où je fais joujou depuis un moment avec le très suffisant logiciel DJay d’Algoriddim. Les trucs dont j’ai pas grand chose à foutre : les samples “klaxon”, le scratch.

J’ai écumé les tests et les forums pour jeter mon dévolu sur la Numark DJ2GO2. J’ai hésité avec l’Hercules Starlight, mais je n’ai jamais réussi à déterminer de manière non équivoque si elle tournerait avec mon iPad. Son avantage était d’avoir un mode “vinyl” pour les jog wheels et des filtres coupe-bas, son défaut était de ne pas avoir de molette de sélection de pistes.

Évidemment on trouve mieux, plus grand, plus pro, plus solide, plus cher. Une partie de moi rêverait sans doute d’un système complet. Mais au pire, ça peut se louer.

Numark DJ2GO2

Numark DJ2GO2

Déballage de la Numark DJ2GO2

Un emballage full carton, un bon point pour l’environnement (acheter ce genre de gadgets l’est moins). Dans la boite : la mixette, un cable USB, un cable minijack stéréo vers cinch, un mode d’emploi symbolique, un carton avec la procédure pour télécharger une version light de Serato DJ et des stickers “Numark”. J’adore les stickers, j’en colle partout sur mes flight cases. L’appareil est très petit et très léger. La réalisation est sérieuse, mais ça reste un jouet. Bonne nouvelle : les courses des boutons sont agréables, sans jeu excessif. Certains se sont plaint de la dureté des potentiomètres, mais personnellement je préfère.

Numark DJ2GO2

Numark DJ2GO2

Premières impressions et petits soucis d’alimentation

Faute d’un PC qui fonctionne, je n’ai testé la Numark DJ2GO2 que sur mon iPad et sur mon iPhone. Ces deux appareils mobiles ne peuvent pas alimenter la mixette. Il faut impérativement utiliser un adapteur USB alimenté comme l’USB 3 lightning adapter d’Apple. L’alimentation est vraiment un point critique. Au début, je recevais un message que “l’accessoire DJ2GO2 ne peut pas être utilisé car il consomme trop de courant”. J’ai failli le remballer. Mais sur mon iPhone tout fonctionnait. Et même plutôt bien. Mais je me voyais mal jouer avec l’écran rikiki du téléphone. Même si au final, ça pourrait dépanner. Mais en changeant la bloc prise de la source d’alimentation vers l’adapteur, tout est rentré dans l’ordre. Ironiquement c’est avec un bloc prise générique que ça fonctionne, celui de chez Apple me donnant un message d’erreur.

USB3 Lightning adapter de chez Apple

USB3 Lightning adapter de chez Apple

Premiers mixages

Maintenant que la mixette fonctionne, je me félicité d’avoir choisi un modèle avec une molette pour naviguer dans les playlists. C’est plutôt intuitif, on tourne, on clique avec le bouton et un bouton permet de charger les morceaux vers la platine 1 ou 2.

Numark DJ2GO2

Numark DJ2GO2

Je l’utilise avec DJay d’Algoriddm, je n’ai pas pris la peine d’installer Serato DJ. Le mapping midi est parfait, tout fonctionne. Les boutons rotatifs activent les faders dans le logiciel. L’inverse n’est pas vrai puisque les boutons ne sont motorisés. Mais un simple contact avec le bouton permet de reprendre le contrôle.

Numark DJ2GO2

Numark DJ2GO2

 

En puriste, je voulais avoir la prétention de ne pas abuser du bouton SYNC. Dans le temps on calait les BPM au casque en lançant le vinyl à la main tout en jouant du fader. Honnêtement, j’aime toujours l’idée, mais un appareil aussi petit, la course minuscule des curseurs et boutons rend l’exercice presque impossible. Les jog wheels ont le mérite d’exister sans être d’une précision extraordinaire  D’autant qu’il faut encore que je “sente” les retards au démarrage ou à l’arrêt pour maîtriser les mixes à main levée. Mais si enchaîner les morceaux est une partie de l’art du DJ, ça ne suffit pas, le choix des morceaux et le moment du mec est l’autre mamelle de sa muse. Et là par contre c’est juste parfait.

Alors, cette mixette ?

On prépare des playlists, on sélectionne les pistes avec la molette, on place des points de cue et on mixe. La mixette est équipée d’une carte son indépendante, qui permet l’indispensable préécoute au casque. Finalement l’écran de l’iPad sert peu et c’est tant mieux. Malgré son poids plume, la Numark DJ2GO2 ne bouge pas quand on s’en sert.

Pour mon usage très basique elle fait sens, et je m’amuse. Que demander de plus ? Peut-être une fête avec les potes pour la tester “en vrai”.

Les coups, les griffes et l’usure, c’est la vie

Une belle guitare qui fut aimée et jouée avec passion et intensité finira tôt ou tard par montrer quelques traces de cet amour sous forme de coups ou de griffes. Mais si elles sont de bois, nous ne le sommes pas. Certains guitaristes aiment les guitares marquées par le temps, d’autres se font des cheveux blancs pour le moindre coup ou la plus petite griffe. Certains fabricants vont même jusqu’à proposer des guitares neuves “reliqued” qui copient l’usure de modèles légendaires. J’avoue que je ne suis pas convaincu par le procédé qui manque un peu d’âme .

Coups, griffes et usure, c'est la vie !

Coups, griffes et usure, c’est la vie !

L’usure ce n’est pas de la casse

Évidemment, l’usure ce n’est pas la casse : fissures sur l’éclisse, bris de manche ou de mécanique sont des événements traumatisant qui affectent l’intégrité de l’instrument et qui nécessitent des réparations pour garantir sa survie. J’ai vu de véritables miracles comme la guitare Beneteau de Don Ross fortement endommagée lors d’un trajet en avion et réparée.

Source. : Don Ross sur Facebook

J’ai vu également une Taylor faire un vol plané hors d’un Gigbag mal fermé porté en sac à dos, s’écraser violemment sur le bas de la caisse et se retrouver avec deux éclisses détruites. Là aussi la réparation semblait tenir du miracle. Mais l’instrument a survécu. Et c’est sans compter les innombrables décapitations de Gibsons.

Dans des cas aussi extrêmes, la question est de faire la part des choses entre la valeur monétaire, affective, historique et musicale de l’instrument … et le coût de la réparation. N’hésitez pas à consulter mon guide des 10 bons  moyens pour casser sa guitare pour éviter ça ou à utiliser une des positions listées ici si c’est vraiment ce que vous souhaitez. 

Le premier coup c’est le plus dur à digérer !

Mais pour ce qui est des griffes et des petit coups, comme pour une voiture, la plus dure c’est la première fois. On a beau prendre les devants, remettre sa guitare dans le coffre, faire attention aux boutons et ceintures, tôt ou tard, ça arrivera. Quand la première cicatrice de la vie marque l’instrument quasi neuf. Quand la marque ne s’efface plus d’un coup de chiffon, c’est que la guitare a commencé à vivre. Je finis par ne pas aimer avoir une guitare neuve toute lisse et brillante, par peur de la première griffe.

On peut souhaiter que ça arrive lors d’un bon concert ou d’une chouette session. C’est classe de se dire : c’est arrivé au studio quand je me suis relevé après la dernière prise de <…>. Ce sera d’autant plus facile d’y repenser. Le mieux c’est de faire les coups soi-même, c’est plus facile à digérer. J’avoue qu’il en est de ma guitare comme de mes brosses à dents, je ne les prête pas. Mais quand cela arrive, il y a ce petit deuil à faire : le choc, la colère, la négociation, la dépression et puis l’acceptation. On relativise: c’est un outil, ce n’est que du bois. Pour certains, la réparation suit l’étape de négociation.

Laisser exploser la passion et y laisser du bois !

Le mieux qu’on puisse faire c’est de le prendre avec philosophe. Le pire serait de se retenir de jouer par peur d’abîmer l’instrument. J’ai connu des parents d’élèves qui craignaient tellement pour l’instrument que leur enfant pouvait à peine en jouer du bout des doigts. Mais pour le reste, il faut se rendre à l’évidence, ça fait partie de l’existence même d’une guitare.

D’un point de vue mécanique, les guitares acoustiques sont un assemblage dynamique paradoxal. Le compromis entre la tension, l’élasticité et la rigidité les condamnent à mort dés la naissance. Pratiquement condamnées à donner le meilleur d’elle-même avant de perdre leur voix et de s’éteindre. Les collectionneurs me contrediront, mais je parle musique, pas argent. Pour prolonger leur carrière au delà de la décoration, souvent elles devront subir un démontage et un réajustement pour reprendre vie. Et ces restaurations leur feront perdre leur valeur historique. 

Alors autant les faire sonner et en jouer avec intensité. Pendant que nos cœurs battent, nos fronts suent, nos doigts saignent, notre cœur pleure … et nos guitares s’usent. Mais il n’y a rien de plus beau que de vieillir ensemble avec passion.

Les tests et les posts sponsorisés ? Tous des vendus ?

Si vous êtes lecteur régulier de mon site, vous savez que j’aime parler de matériel. La plupart du temps c’est du matériel que j’achète moi-même. Tout simplement parce que j’en ai besoin – “non, tu en as envie” nuancera ma Lovely Roadie. De temps à autre, je reçois du matériel de la part d’un magasin ou d’un fabricant pour le tester. “A cheval donné on ne regarde pas les dents”, dit le proverbe. Alors comment conserver une certaine éthique dans ces circonstances ? Un cadeau ne vaut-il pas le quart d’heure de publicité rémunéré ? Il m’est arrivé, naïvement, de demander à des fabricants de pouvoir tester du matos. Sur un malentendu ça pouvait peut-être marcher, mais bien entendu, … ça n’a jamais marché.

Le besoin, le budget et l’exigence

En général, j’essaie de me documenter au maximum. Et je me focalise sur les aspects techniques et pratiques. Une pièce d’équipement n’est jamais parfaite, et le compromis se fait souvent entre le budget et l’exigence de qualité. Dans mes tests j’essaie de ne jamais oublier la question du budget initial et du prix par rapport au service rendu. 

C’est moi qui établis le casting des tests en fonction d’un besoin spécifique que j’ai ou que j’identifie. Je serais embarrassé de recevoir du matériel dont l’utilité ne me paraît pas claire. Ou pire,  pour lequel je ne dispose pas de compétences pour émettre un avis. Dans ces circonstances, il est évident pour moi que si  le matériel testé ne me convient pas, je le renvoie pour tester autre chose. Dés lors, il y a peu de tests négatifs.

Parfois le choix est éminemment subjectif, comme pour les cordes Martin Retro qui ne m’ont pas plu mais dont j’ai décidé de vous parler, parce qu’elles pourraient vous plaire. 

Du “sommet” …

Jusqu’à présent, ma plus grosse collaboration a été un échange de matériel contre un test avec le vendeur en ligne www.bax-shop.be, notamment pour la caméra Zoom Q8. Ce fut une belle expérience professionnelle. Je choisissais moi-même le matériel à tester, après une (longue) étude du marché et acceptation de leur part. 

Je ne peux pas juger si l’expérience fut pertinente pour Bax, mais je sais, par les commentaires reçus, que mes vidéos ont fait vendre quelques caméras Zoom Q8 (8 ou 10 au minimum, pas forcément via le site de mon sponsor). Avec 4 articles et vidéos, de nombreuses interventions sur des forums ou dans les commentaires à gauche et à droite, je ne sais pas si pour moi-même l’exercice aura été rentable au sens financier, mais j’ai aimé et cela aura contribué à produire du contenu pertinent pour ma cible (aka “vous”). Cela m’aura également permis d’apprendre pas mal de choses sur le format vidéo.

… en passant par le SAV …

J’ai souvent été amené à donner des conseils techniques sur l’utilisation du matériel que j’avais testé. Ça prend du temps, mais pour moi ça fait partie du deal. Si on se proclame suffisamment “expert” pour donner un avis ou une recommandation, il faut assumer derrière. 

… jusqu’aux haters.

J’ai essuyé quelques critiques de déçus. J’ai subi quelques “agressions” virtuelles. Rien de bien grave, mais ce n’est pas plaisant. Dans un monde qui a élevé le fait de râler et de se plaindre en art de vivre, une critique positive est forcément suspecte et son auteur est forcément “vendu”. On m’a demandé si je travaillais pour telle ou telle marque. Pourtant j’ai toujours consciencieusement fait mention de la différence entre mes achats et mes sponsoring, pour des questions de transparence et d’honnêteté.

Si seulement c'était vrai !

Si seulement c’était vrai !

En ignorant les trolls, le plus souvent on pouvait classer les critiques en 4 catégories. Un budget inadéquat par rapport à l’exigence, une erreur de casting manifeste par rapport à un besoin, l’ignorance des avertissements sur certaines limitations du matériel ou un manque criant de compétence technique. 

Et maintenant ?

Après la fin de la parenthèse Bax, j’ai eu des petits tests sponsorisés pour du petit matériel et pas mal d’achats personnels. Le dernier test en date m’a surpris, parce que le fabricant de capodastres G7th m’a contacté (sur recommandation) pour tester leur dernier capodastre. Évidemment, en recevant ce magnifique capodastre customisé avec le logo de mon site, je me suis demandé ce que je ferais si il se révélait décevant à l’usage. J’étais décidé à le tester de la manière la plus neutre possible, même en blind-test avec ma Lovely Roadie. Et si il s’était révélé décevant j’en aurais avisé le fabricant, quitte à le renvoyer. Heureusement il n’en fut rien.

Et ça va la conscience, tu dors bien la nuit ?

Je n’en vis pas, je n’en fais pas un métier, du coup je peux m’en passer. Mais bien franchement, je suis content de pouvoir recevoir de temps en temps du matériel sans devoir tout acheter. Je teste toujours avec une certaine subjectivité puisque je juge par rapport à ma pratique et mon budget, mais avec sincérité. 

J’aimerais parfois que les liens vers les boutiques en ligne qu’il m’arrive de placer ou la monétisation des vidéos paie mon hébergement mais c’est loin d’être le cas. Je me fais plutôt virer de ces programmes auxquels j’ai adhéré par curiosité au début, faute d’une masse critique difficile à obtenir dans la niche “guitare acoustique instrumentale francophone”. 

Mais j’ai l’avantage de ne pas être dans un secteur aussi concurrentiel que celui des “jolies filles bien coiffées buvant un latté dans le bistro d’un hôtel classe”. Et je n’aime pas les latté.

On ne peut pas tout avoir.

Pfou, j’en ai déjà testé des trucs …