J’avais un don, et puis j’ai eu quinze ans

Petite larmichette du matin avec la chanson Baker d’Aimee Carter. Cette chanson parle du talent qu’on ressent, enfant, quand, porté par tout son entourage, on croit le monde trop petit pour contenir tout ce qu’on voudrait réaliser. Et on ne doute pas un seul instant que tout est possible par la seule force de la volonté associée au don qu’on pense naturellement posséder.

Il était une fois, j’étais pâtissière
Et tout le monde était impressionné
Mais je n’avais pas besoin d’être approuvée, car je savais déjà que j’étais la meilleure
Tout ce que je faisais était un chef-d’œuvre
Tout avait un goût divin
Mais malheureusement, j’ai eu sept ans

Que dirais-je à mon jeune moi de 15 ans ?

Bon, je pense que là j'ai plutôt 17 ans, mais vous avez l'idée...

Bon, je pense que là j’ai plutôt 17 ans, mais vous avez l’idée… bien porter la moustache, c’est aussi un don.

Tu as un don, prouve-le et travaille, p’tit con !

Oui, je ne serais pas tendre avec mon moi jeune, il le mérite. Je me suis beaucoup contenté de jouer « pas trop mal » les premières mesures de beaucoup de trucs. Ma vitesse et ma facilité à apprendre étaient ce qui me définissait. Je voulais impressionner. On me disait que j’étais « doué » et c’était largement assez.

Je me souviens de mon premier Everest, le morceau « Bermuda Triangle Exit » que je voulais absolument jouer en entier. Quand j’y suis parvenu, j’ai ressenti une fierté toute différente, parce que je ne l’avais pas fait pour impressionner, mais parce que je voulais jouer ce morceau.

Jacques a dit, Jacques n’a pas dit !

Écoute ton maître. Fais attention aux raccourcis. N’y va pas « au talent ».

  • zapper une basse “parce que ça passe quand même”
  • changer un doigté pour quelque chose de plus confortable
  • bricoler une version “à peu près”

Sur le moment, ça marche. Tu joues plus vite, tu te sens progresser… mais c’est une illusion.

Parce qu’un jour, tu vas te retrouver bloqué. Là, tu vas devoir revenir en arrière, déconstruire ce que tu as appris, et réapprendre correctement. Ça, c’est mille fois plus frustrant que de prendre le bon chemin dès le départ.

Sers-toi des outils !

Tu crois que jouer de la guitare, c’est juste “toi et ton instrument”.
Mais en réalité, tu as plein d’alliés — et tu ne les utilises pas assez.

  • métronome, toujours
  • travaille en boucle les passages difficiles au lieu de rejouer le morceau entier
  • utilise un accordeur (toujours… vraiment toujours)

Même les pros utilisent ces outils. Ce n’est pas de la triche, c’est du travail intelligent.

Alors, arrête de jouer “au feeling” tout le temps.

Un jour tu découvriras des outils super :

  • te filmer pour voir ce que tu fais vraiment (spoiler : ce n’est jamais exactement ce que tu crois)
  • ralentir les morceaux avec une app

Structure un peu ta pratique et tu vas progresser beaucoup plus vite que tu ne l’imagines.

T’as un don ? Vraiment ?

À 18 ans, tu vas te poser la question : « Est-ce que j’ai du talent ? Est-ce que je suis fait pour la musique ? »
Tu vas regarder d’autres guitaristes, et certains vont te sembler… naturels. Fluides. Comme si tout était facile pour eux. Et toi, à côté, tu galères. 

Alors tu vas te dire : “eux ont un don… moi non.” Mais laisse-moi te dire un truc que tu ne comprends pas encore : le “don”, c’est souvent juste des heures que tu ne vois pas.

Ce que tu prends pour du talent, c’est :

  • quelqu’un qui a répété lentement pendant des semaines
  • quelqu’un qui a corrigé ses erreurs au lieu de les ignorer

C’est construit. Note après note. Jour après jour.

Et toi aussi, tu peux y arriver. Pas parce que tu es “doué”… mais parce que tu es prêt à faire le travail. Peut-être que je me donnerais la petite pichenette dans le dos qui m’a manqué pour vraiment y croire à cet âge là. Mais bon, ce n’était pas l’ambiance « mange la vache enragée et affronte le monde », c’était plutôt « voilà ton steak avec des frites et range ta chambre ».

Un jour, tu joueras devant des gens. Prépare-toi.

Concert à Limelette

Même si aujourd’hui, tu joues seul dans ta chambre, porte fermée, sans oser trop faire de bruit… ça ne restera pas comme ça. Un jour, quelqu’un va te dire : “Vas-y, joue un truc.” Puis un jour tu joueras en enchaînant les trucs. Et jouer devant quelqu’un, c’est une autre compétence. Et ça, tu dois t’y préparer.

Commence petit :

  • joue devant un ami
  • enregistre-toi comme si c’était une performance
  • joue sans t’arrêter, même si tu fais une erreur

Parce que sur le moment, tu ne pourras pas recommencer. Tu devras continuer, garder le rythme, sauver le morceau.

Mais bonne nouvelle : ça s’apprend. Plus tu t’exposes, plus ça devient naturel. Et un jour, tu prendras même du plaisir à jouer devant d’autres.

Alors ne reste pas caché trop longtemps. Ton jeu et tes compositions méritent d’être entendus.

Ah oui, une dernière chose, avant que j’oublie, ne monte pas sur une scène ce soir-là dans un bar à Virton, sans savoir ce que tu vas jouer. Ça va te traumatiser un bon moment.

Mais je ne pense pas que je lui dirai que la guitare lui fera rencontrer sa future femme. J’ai peur que ça ne brise le naturel de la rencontre de nos deux âmes sœurs.

 

Entrer dans la lumière… et manquer de relief.

Vous l’avez peut-être remarqué : l’image des films et des séries a changé. Pas juste un peu. Radicalement. Aujourd’hui, les visages sont souvent éclairés de face, de manière uniforme, presque clinique. Plus d’ombres marquées, plus d’ombre sur un profil. De la lumière partout. Pas de contrastes sculptés.

Résultat ? Des visages parfaitement visibles… mais étrangement sans relief. Comme dans un spot publicitaire où le soleil ne vient de nulle part tout en étant partout et où les fenêtres baignent la pièce d’une lumière sans ombre à 360 degrés. C’est clinique, voire chirurgical.

Ma maigre expérience de vidéaste et de photographe m’a mis dans l’œil une sensibilité à cette évolution. Au point que parfois je peine à m’immerger totalement dans certaines productions récentes. C’est un sujet à débat, j’en conviens.

La lumière : le clair obscur et l'éclairage pleine face (image générée par IA).

La lumière : le clair-obscur et l’éclairage pleine face (image générée par IA).

Quand la lumière racontait quelque chose

Avant, la lumière n’était pas là uniquement pour “voir” les acteurs et leur plastique. Elle servait à raconter. Dans le cinéma classique, ou même encore dans les années 90–2000, l’éclairage jouait avec les ombres. Un visage pouvait être à moitié plongé dans le noir. La lumière sculptait une ride, une pommette, un regard.

On parle parfois de “lumière Rembrandt” (inspirée du peintre Rembrandt), avec ce triangle lumineux sur la joue opposée à la source. Ce genre de technique donnait du volume, de la tension, du mystère. Du clair-obscur tranché au modelé plus délicat, la lumière était un langage. Les silhouettes se détachaient parfois sur un fond lumineux. Il arrivait qu’un visage en ombre chinoise nimbé de la fumée d’une cigarette habite toute une scène de sa présence.

Aujourd’hui ? On éclaire tout. Partout. Tout le temps à 360°, comme une salle d’opération.

La tyrannie de la visibilité parfaite

Les acteurs sont désormais souvent éclairés pleine face, avec des sources larges et diffuses. Pas d’ombre dure, pas de contraste violent. C’est flatteur, oui. Ça gomme les défauts. Ça passe bien sur tous les écrans, du smartphone à la télé 4K mal calibrée du salon.

Mais ça tue aussi quelque chose : la profondeur. Un visage éclairé de manière identique des deux côtés perd son modelé. Il devient une surface. L’émotion passe moins par les volumes, plus par le jeu pur… et parfois, ça ne suffit pas.

Des visages pâles dans un monde à la lumière désaturée

Autre évolution : la couleur. On est passé d’images chaudes, parfois saturées, à une esthétique plus froide, plus neutre, voire carrément désaturée. Les teintes chair deviennent plus pâles, presque poudrées. Les contrastes de couleur s’effacent. Tout semble un peu… aseptisé. Exit aussi, l’esthétique des films allemands ou anglais avec leur éclairage tirant vers le vert tungstène avec des touches jaune-orangé en accent. 

La lumière et la couleur : deux salles, deux ambiances (image caricaturale générée par IA).

La lumière et la couleur : deux salles, deux ambiances (image caricaturale générée par IA).

La technique aurait surmonté certaines difficultés du passé ? Certains pointent du doigt l’éclairage LED. C’est tentant, mais simpliste. Les LED peuvent produire une lumière chaude, froide, dure ou douce. Il est vrai que les scènes de nuit ont été radicalement modifiées par l’éclairage LED. Elles sont neutres et plus jaune-bleu comme par le passé.

Mais le problème n’est pas l’outil, c’est l’intention derrière.

Des choix esthétiques… et industriels

Ce changement n’est pas un accident.

  • Les plateformes de streaming veulent une image lisible partout, même sur des petits écrans ou une tablette à l’écran rempli de reflets qu’on regarde distraitement sous un ciel clair
  • Les workflows numériques favorisent la cohérence et la rapidité
  • Les étalonnages sont pensés pour des écrans variés
  • Et accessoirement, personne ne veut que son acteur principal paraisse fatigué à l’écran. Au prix de la chirurgie esthétique, chaque centimètre carré de peau doit être rentabilisé.

Donc on éclaire plus, plus uniformément, plus “proprement”. Et, au passage, on perd une partie du langage visuel du cinéma. Même les rares zones d’ombre scénaristiques doivent maintenant être rendues explicites dans les dialogues pour les mal-comprennants.

Moins d’ombres, moins de mystère

L’ombre, c’est ce qui crée le doute, la tension, la profondeur. Quand tout est visible, tout est expliqué. Et quand tout est expliqué… il reste moins à ressentir. 

C’est un peu comme une guitare compressée à mort : chaque note est claire, parfaitement audible… mais la dynamique a disparu. Le relief aussi.

Un parallèle (osé ?) avec la musique

C’est exactement ce qui se produit en musique quand on compresse trop, quand on nettoie à l’excès, quand on cherche la perfection sonore au détriment du grain. Un son trop propre devient vite sans caractère. Une guitare sans aspérités finit par perdre sa voix. La lumière, comme le son, a besoin de respirer. Elle a besoin de zones plus sombres pour que les zones lumineuses existent vraiment.

Retrouver le relief

Il ne s’agit pas de dire que tout était mieux “avant”. Mais peut-être de rappeler que la technologie ne devrait jamais dicter seule l’esthétique. Entrer dans la lumière, oui. Mais pas au point d’effacer les reliefs, les contrastes, les zones d’ombre qui font toute la richesse d’un visage, d’un plan… ou d’un morceau de musique. J’aime certains réalisateurs qui osent encore plonger une armée dans le noir et ne l’éclairer qu’au moment des explosions, comme dans le Dune de Villeneuve, par exemple. Ou les lumières du film « Une bataille après l’autre » avec du grain et de l’ombre, des reflets et même de la poussière dans l’air.

Parce qu’au fond, que ce soit à l’image ou à la guitare, ce sont souvent les imperfections, le grain, le relief, les tensions et les contrastes qui rendent une œuvre plus vivante et plus proche de nous.

UPDATE : apparemment cette réflexion m’a sans doute été involontairement inspirée par un débat autour de la nouvelle série Harry Potter. L’ai-je vue dans mon fil, sur un site que je suis ? En tout cas, le plug était involontaire ou inconscient de ma part.

Le deuil du désir et le G.A.S.*

Je dois l’avouer : je suis un gadgetman. J’aime le matériel, j’aime le désir des accessoires. Pas seulement pour ce qu’ils permettent de faire, mais pour ce qu’il promettent. Les objets bien conçus, les accessoires précis, les outils très (trop ?) spécialisés ont sur moi un pouvoir particulier. Ils déclenchent quelque chose d’immédiat : une curiosité, un désir, une projection.

Je peux passer un temps déraisonnable à regarder un accessoire, à comparer les versions, à lire des avis, à examiner les photos comme si j’y cherchais un secret. La finition, les matériaux, l’ingéniosité du mécanisme… tout cela me parle. Un jour il sera mien et ce jour sera bien.

David van Lochem au studio

David van Lochem au studio

(*) G.A.S. signifie Gear Acquisition Syndrome.
C’est un terme humoristique très répandu dans les milieux de passionnés — surtout chez les musiciens, les photographes, les amateurs de matériel audio, de couteaux, de vélo, d’informatique, etc.
Le Gear Acquisition Syndrome (G.A.S.) désigne la tendance à désirer, rechercher et acheter constamment du nouveau matériel, souvent avec l’idée que cet équipement va améliorer la pratique, les performances ou le plaisir… alors que ce n’est pas toujours le cas.

Actuellement dans ma liste il y a, entre autres :

  • l’inévitable paire de micros Neumann KM184,
  • un nouvel iPad,
  • une liseuse e-ink pour organiser mes partitions,
  • une autre guitare, évidemment,
  • une table de mixage SSL Six
  • un channel strip SSL
  • de quoi monter un autre pedalboard,
  • un sac de backliner avec des compartiments pour micros et cables.

Chaque objet porte une promesse

Dans ma tête, il y a toujours une petite histoire qui se construit : la version de moi-même qui l’utilise, le plaisir qu’il apportera, l’amélioration subtile qu’il produira. Le grand pas en avant vers un objectif élusif. L’objet n’est pas seulement un objet. Il est un futur possible. Le marketing aide un peu, bien sûr. Mais la vérité, c’est que je fais une grande partie du travail moi-même. 

Puis un jour, je craque. Après tout, je le mérite. Le clic. La commande. Le colis qui arrive. Et ce moment reste toujours particulier. On ouvre l’emballage avec un mélange d’excitation et de solennité. On découvre l’objet réel, enfin sorti du monde des images et des fiches techniques. On le touche, on l’observe, on l’essaie.

Au début, il y a une vraie satisfaction.

C’est beau. C’est bien fabriqué. Exactement ce qu’on imaginait. Et pourtant, presque instantanément , quelque chose se transforme. Pas une déception franche. Plutôt une petite mélancolie presque imperceptible. Car au moment précis où l’on possède l’objet, une chose disparaît : le désir.

Pendant tout le temps où je ne l’avais pas, l’accessoire vivait dans un espace imaginaire. Il était chargé de promesses, d’améliorations possibles, de plaisir anticipé. Il existait dans une forme d’attente. 

Georges Clemenceau avait une formule célèbre : « Le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier. » Il parlait de ce moment suspendu où tout est encore à venir. L’attente, l’anticipation, la tension délicieuse de ce qui n’est pas encore arrivé.

Les objets que l’on convoite vivent exactement dans cet escalier. Tant qu’on ne les possède pas, ils restent dans cet état de promesse. Et quand enfin on ouvre la porte… ils deviennent simplement réels.

Le moment de l’imposture

Il y a aussi ce moment curieux où l’on regarde l’objet et où l’on se demande si l’on est vraiment la personne qui devait l’acheter. C’est particulièrement vrai quand il est cher.

Je me suis déjà surpris à penser :
Est-ce que j’en avais vraiment besoin ?

Les accessoires coûteux portent souvent une dimension symbolique. Ils représentent une version idéalisée de nous-mêmes : plus compétente, plus sérieuse, plus passionnée. Et parfois l’écart entre cette version imaginée et la réalité se fait sentir. On se sent presque un peu imposteur face à son propre achat.

Le regret… et un peu de colère

Puis viennent les pensées silencieuses.

La version moins chère aurait peut-être suffi.
Est-ce que ça change vraiment quelque chose ?

Ce regret est rarement violent. Il est diffus, presque discret. Mais il s’accompagne parfois d’une émotion plus piquante : une légère colère contre soi-même. Pas une grande colère. Plutôt une irritation intérieure.

Comme si une petite voix disait :

Tu le savais .
Tu savais que la promesse était un peu exagérée.Tu savais que la nouveauté allait perdre rapidement de son éclat.Tu savais que l’objet ne transformerait rien d’essentiel.

Et pourtant tu as quand même voulu y croire.

Cette petite colère n’est pas seulement liée à l’argent dépensé. Elle vient aussi du sentiment d’avoir été complice de l’illusion. D’avoir participé volontairement à l’histoire que l’on savait, au fond, un peu embellie.

La peur de la perte

Et il y a un autre paradoxe. Plus l’objet est précieux, plus on fait attention à lui. On le protège. On le manipule avec précaution. On craint la rayure, la chute, la perte. L’accessoire qui devait apporter du plaisir introduit aussi une nouvelle petite inquiétude. Il devient fragile non pas par sa matière, mais par la valeur qu’on lui attribue.

La machine du désir

Avec le temps, on comprend aussi que ce désir n’est pas un hasard. Il est soigneusement entretenu. Vouloir, avoir, vaguement décevoir et recommencer.

Les marques le savent très bien : il faut toujours une nouvelle version, une amélioration subtile, une innovation qui semble indispensable. Les comparatifs, les tests, les vidéos enthousiastes nourrissent l’impression qu’il existe toujours un petit peu mieux. Le modèle suivant. La génération suivante. L’accessoire qui fera enfin la différence.

Et comme je suis un gadgetman, je suis particulièrement sensible à cette mécanique. Parce qu’au fond, j’aime les objets pour ce qu’ils sont : des promesses matérielles. Mais le désir fonctionne comme un horizon. Dès qu’on l’atteint, il se déplace un peu plus loin. L’objet convoité devient simplement celui que l’on possède déjà.

Et un autre commence à briller dans l’escalier.

Apprivoiser l’objet

Heureusement, avec le temps, quelque chose s’apaise. L’objet perd son statut presque sacré. Il prend des marques. Il devient familier. On l’utilise sans trop y penser. Il cesse d’être une promesse. Il devient simplement un outil.  Et c’est peut-être à ce moment-là que la relation devient la plus honnête. Le désir initial disparaît. Il faut en faire le deuil. Parfois c’est réussi. Parfois l’objet se fond dans la boite à outils, attendant son heure sur l’étagère ou dans le fight-case. Cette heure ne viendra peut-être jamais.

Mais en échange, on gagne de temps à autre quelque chose de plus calme : le plaisir simple d’un objet que l’on utilise vraiment, débarrassé de toutes les histoires qu’on lui avait accrochées.

Guitar summit 2026, me voilà… enfin, bientôt.

Ma très bien inspirée Lovely Roadie vient de m’offrir des tickets pour le Guitar Summit 2026 (avec séjour sur place et tout, waw). En tant que passionné de guitare, cet événement était sur ma liste de choses à voir depuis un moment. Comme je parle allemand, la langue ne sera pas un problème (même si beaucoup de choses s’y passent en anglais). C’est à faire une fois dans sa vie au moins.

Guitar Summit 2025 (photo Joris Henke)

Guitar Summit 2025 (photo : Joris Henke – Guitar Summit)

C’est tout simplement l’un des plus grands événements européens consacrés à la guitare. Organisé chaque année au Rosengarten Mannheim, il rassemble pendant trois jours des artistes internationaux, des luthiers, des grandes marques, des pédagogues et des milliers de passionnés. Ce n’est ni un simple salon professionnel, ni uniquement un festival de concerts. C’est un lieu hybride où la guitare est abordée sous tous ses angles. On y assiste tant à de la performance qu’à la facture instrumentale, en passant par la pédagogie et l’innovation technologique.

La proposition sur papier…

Concrètement, on peut s’attendre à une programmation dense et variée. Des concerts sont proposés tout au long de l’événement. Cela permet de voir sur scène des guitaristes de haut niveau dans des styles très différents. Du fingerstyle, du jazz, du blues, du rock instrumental, de la fusion ou encore de la musique acoustique contemporaine. 

Au-delà des concerts, le cœur de l’expérience réside dans les masterclasses et ateliers. Les intervenants y détaillent leur approche technique et musicale. Ce sont des moments privilégiés où l’on peut comprendre la logique derrière le jeu d’un artiste, plutôt que de simplement en admirer la virtuosité. Une idée bien expliquée, une correction sur un détail technique ou une nouvelle façon d’aborder le rythme peuvent suffire à débloquer une progression qui stagnait depuis des mois.

L’espace d’exposition constitue un autre aspect majeur du Guitar Summit. Les visiteurs peuvent contempler, voire essayer des guitares, des modèles de grandes marques, comparer différentes formes de caisses, différents bois, tester des tirants de cordes, des micros pour acoustique ou des systèmes d’amplification. J’imagine et j’espère que la part belle est faite aux gadgets et aux innovations techniques qu’on peut regarder de plus près.

On peut attendre du Guitar Summit un véritable effet d’accélération. L’inspiration joue un rôle déterminant : voir ce qu’il est possible de faire avec une guitare élargit immédiatement l’horizon musical. On repart souvent avec des envie de matos, de nouvelles idées, des noms d’artistes ou des marques à suivre.

Plongée dans un univers consacré à la guitare

L’événement permet également de sortir de l’isolement dans lequel beaucoup de guitaristes évoluent. Les échanges informels avec d’autres musiciens sont souvent aussi enrichissants que les conférences officielles, car ils donnent accès à des retours d’expérience concrets et à des recommandations adaptées à son niveau.

Le Guitar Summit n’est pas seulement un lieu où l’on consomme du spectacle, mais un environnement où l’on observe, teste, analyse et échange. Pour un guitariste acoustique motivé, c’est une immersion complète dans l’univers de l’instrument. Si l’on s’y rend avec l’intention d’apprendre et de rester attentif aux détails — matériel, son, l’expérience peut réellement marquer un tournant dans son parcours musical.

Le programme s’articule généralement autour de plusieurs scènes fonctionnant en parallèle. On y trouve des concerts en soirée avec des artistes internationaux, des démonstrations en journée, et surtout un grand nombre de workshops et masterclasses. Ces ateliers ne sont pas que de simples démonstrations promotionnelles : beaucoup sont conçus comme de véritables sessions pédagogiques, parfois en groupes restreints, avec interaction directe. 

Ce que j’attends du Guitar Summit au vu des témoignages lus…

Les témoignages convergent sur plusieurs points. D’abord, la densité de l’événement impressionne. Certains visiteurs parlent d’un “trop-plein” positif : beaucoup de choix, parfois difficile de tout voir. Ensuite, la proximité avec les artistes est souvent citée comme un moment marquant. Pouvoir observer un guitariste confirmé expliquer son approche, change profondément la compréhension du jeu. Enfin, l’ambiance est régulièrement décrite comme bienveillante et stimulante, avec une forte dimension communautaire.

D’un point de vue technique, les éditions passées montrent que le Summit est un accélérateur de progression. Les ateliers permettent de comprendre pourquoi certaines choses “ne passent pas” dans son propre jeu. On y aborde des sujets variés : sonorisation, amplification, instrument et technique de jeu. Beaucoup de participants évoquent le fait d’être repartis avec un ou deux points techniques précis à travailler. Ce qui a débloqué leur progression.

Sur le plan musical, l’exposition à des styles variés élargit l’horizon. Même si l’on vient pour le fingerstyle acoustique, on découvre des approches issues du jazz, du groove moderne ou de la guitare électrique. De quoi enrichir son vocabulaire rythmique ou harmonique. Les retours d’expérience soulignent souvent cette ouverture : on repart avec une vision plus large de ce que l’instrument permet.

Enfin, un point revient fréquemment dans les retours : l’impact motivationnel. Voir des musiciens maîtriser leur instrument à un niveau élevé agit comme un révélateur. Cela peut être déstabilisant sur le moment. Mais, les témoignages montrent que cet effet se transforme rapidement en moteur de travail. Les visiteurs parlent d’un regain d’envie, d’objectifs plus clairs, et d’une discipline renouvelée dans leur pratique après l’événement.

En synthèse, l’analyse des programmes et des témoignages des éditions passées du Guitar Summit montre qu’il ne s’agit pas seulement d’un salon ou d’un festival, mais d’un environnement de découverte intensif.

Bien se préparer sera essentiel…

Pour un guitariste acoustique, on peut en attendre trois choses concrètes : une inspiration technique, un élargissement musical, et une forte stimulation de la motivation. Comme pour un festival musical, il faudra bien choisir ses scènes. La valeur réelle que je pourrai en retirer dépendra moins de la quantité de contenu que de la capacité à cibler les ateliers pertinents et à transformer l’inspiration en travail structuré une fois de retour chez soi. Je sais que je ressentirai sans doute un léger déséquilibre entre l’acoustique et l’électrique, mais au moins ce sera plus facile de cibler ce qui m’intéresse le plus.

Mais c’est dans tellement longtemps, j’ai hâte ! Je vais commencer par suivre Guitar Summit sur tous les réseaux pour me tenir au courant du programme. À coup sûr je vous débrieferai tout ça.