Sueur : quand la guitare colle à la peau (suite)

Avec les températures caniculaires de saison, jouer de la guitare sans coller à sa guitare peut s’avérer compliqué. Comme expliqué dans l’article précédent, Quand la guitare te colle à la peau !, des solutions simples existent. Aujourd’hui je me penche sur une autre solution pour garder la sueur sous contrôle.

Porte boisson Gravity

Rien de plus banal qu’un porte-boisson pour pied de micro ou pour lutrin, et pourtant je n’en avais pas encore. Loin des clichés rock’n’roll sur le fait de s’enquiller des bières sur scène, s’hydrater est important. Lors du dernier Contes et Guitare à Plombières, je me suis un peu laissé piéger par la soif. En buvant régulièrement, votre sueur sera moins abondante et plus saine. 

Je peux évidemment poser ma boisson à terre, mais se pencher est rarement élégant sur scène (surtout dos au public, foi de beau-fils de plombier). En plus, lors des changements d’instruments les câbles ont tendance à faire choir mon à-boire.

Toujours prêt pour un raffraichissement à portée de main. Pour moins de sueur et une sueur plus saine.

Toujours prêt pour un rafraîchissement à portée de main. Pour moins de sueur et une sueur plus saine.

J’ai opté pour le Gravity parce que je suis déjà équipé de pieds de micro de cette marque et que j’aime les petits accents verts sur les serrages (c’est mon côté fashion-victim).

Le plastique moulé plutôt épais fait bonne impression, il est suffisamment large pour insérer et extraire une canette de boisson ou une bouteille sans effort.

Bonne idée de la part du fabricant, la pince peut être fixée horizontalement ou verticalement pour faire face à toutes les situations. Mais le serrage nécessite une petite clé Allen (non fournie) qui sera plus compliquée à dénicher en backstage qu’un tournevis en croix. Mais on ne changera sans doute pas l’orientation de cette pince tous les jours.

Même si par nature il n’est pas follement excitant, je le trouve beau et pratique. Ca vaut un 8/10 sur l’échelle de piments.

 

Note : Je l’ai acheté avec mon argent et je ne suis pas sponsorisé pour vous en parler.

Quand la guitare te colle à la peau !

Il fait bien chaud ces jours ci. Même si nous ne sommes pas tous égaux dans l’effort, difficile de ne pas transpirer quand on joue. Résultat : la guitare qui colle au bras droit, la manche qui colle à la main gauche, un manche poissé et des cordes qui s’oxydent plus vite.

Voici 5 conseils pour faire face à ce problème, en répet et en concert :

Lavez vos mains !

Lavez vos mains avant de commencer à jouer. Tous les jours nos mains accumulent de la saleté, sécrètent de l’huile et de la sueur. Ce mélange se colle aux cordes et au manche. Autant se débarasser d’un maximum de saleté, d’huile et de sueur avant même de toucher la guitare. Tout ce qui ne se colle pas à la guitare ne devra pas être enlevé. (Dois-je vraiment ajouter de vous laver tout court et de vous habiller en fonction de la météo ?)

Avant l'entretien des guitares, l'entretien des mains

Avant l’entretien des guitares, l’entretien des mains !

Utilisez des cordes résistantes à l’oxydation !

Les cordes ont tendance à perdre plus rapidement leur sonorité sous l’influence de la transpiration. Certaines personnes sont de véritables tueurs de cordes. Utiliser des cordes enduites ou traitées contre l’oxydation vous donnera un délai supplémentaire avant de devoir les changer. Avant elles étaient rares et chères, maintenant il en existe pour tous les goûts.

Cordes

Il y a des cordes pour tous les goûts !

Protégez l’instrument !

Essuyez vos mains en cours de répet. Placez un petit chiffon sous votre coude droit pour protéger l’éclisse et la table. Cette sensation d’avoir l’avant-bras collé à la guitare est horrible, surtout quand vous devez déplacer votre poignet pour passer du picking au strumming par exemple. Il existe des manchettes qui protégent également vos muscles et vos nerfs contre le pincement dû au bord de l’instrument. 

Essuyez l’instrument !

Avant de ranger l’instrument, passez un chiffon doux et sec sur le manche, les cordes, la table et le dos de la guitare. Cela évitera aux résidus des sueur de se fixer sur le vernis. Cela facilitera le prochain entretien et diminuera la couche de colle qui cherchera à lier votre peau au vernis.

… accroche à ton cœur, un morceau de chiffon route ♪♫

D’autres astuces ?

Je ne suis pas un grand fan des talcs et autres matières qui donneront plus de substance à votre sueur. Mais si c’est possible un ventilateur vous fera le plus grand bien. Gérer votre stress et votre effort vous permettra de jouer plus détendu et de transpirer moins. Boire beaucoup vous aidera à rester en bonne forme et en bonne santé, et rendra également votre transpiration plus saine.

Un ventilateur peut faire des merveilles ...

Un ventilateur peut faire des merveilles …

« L’après » ou la routine d’après concert

Je vous parle beaucoup de « l’avant » et du « pendant » dans mes comptes-rendus. Mais que se passe-t-il après. Là aussi, j’aime avoir une petite routine qui permet de garder le contrôle et d’avoir du matériel en bon état, prêt à partir. Je le fais rarement le soir même, mais je m’y consacre souvent le lendemain au plus tard. J’en connais qui jettent le matos dans un coin et s’ouvrent une bière. Ce sont les mêmes qui dénoueront les câbles lors du prochain soundcheck ou quémanderont un câble ou une batterie auprès des autres musiciens. Ca peut arriver, n’en faisons pas une habitude.

Ca manque de discipline tout ça !

Après un concert, ça manque de discipline tout ça !

La checklist

  1. L’idéal c’est de tout bien ranger à la fin du concert, mais ce n’est pas toujours possible et rarement parfait, 
  2. je déballe et je vérifie tout,
  3. au début, je laisse les instruments dans les flight-cases pour éviter chutes et accidents pendant que je manipule les objets lourds et encombrants,
  4. je replie correctement et range tous les pieds (pied de sono et de micro, pieds d’instrument) pour faire de la place, 
  5. je relâche un peu les serrages des divers pieds à la main, ça ne sert à rien de tout laisser serré à fond au repos, ça évite que ça se bloque pour une prochaine fois,
  6. je range et j’inspecte la sono ou l’ampli et remet les potards à zéro,
  7. j’inspecte, je déroule et je roule correctement et range mes câbles, le fait de les passer dans la main permet de sentir si ils sont « croqués » par le transport, 
  8. je range micros et autres accessoires délicats à leur place (capodastres, onglets, etc.),
  9. je retire les piles des appareils pour éviter les fuites d’acide, souvent je laisse la pile dans l’étui ou l’emballage de l’appareil pour ne pas l’oublier et je la teste avant de partir pour une autre date,
  10. une fois l’espace bien dégagé, je sors les instruments, je les inspecte, je les nettoie sommairement,
  11. je réaccorde tous les instruments minutieusement, je n’aime pas laisser un instrument désaccordé au repos,
  12. j’en profite pour reconstituer des ensembles cohérents, comme par exemple ma sono complète ou ma malette complète pour les in-ears.
Tout est prêt à repartir !

Après: tout est prêt à repartir !

Les in-ears, prêt à partir

Après : les in-ears, prêt à partir

Tout est prêt pour partir sur une autre date ou relancer une répet. Sans devoir ranger, trier et chercher après ses jeunes.

La sono prête à repartir !

Après : la sono prête à repartir !

Alors, maniaque ou organisé ? La limite est floue… 

Après tout, c’est de cette manière qu’on tire le meilleur de son matos en termes de durée de vie. On garde un oeil sur l’usure pour anticiper réparations et remplacements. On s’évite pas mal des stress inutile pour des choses oubliées ou qui vous lacheront pendant le prochain soundcheck.

Contes & Guitare à Plombières

Retrouvailles en bonne et due forme avec mon vieux complice Rumelin pour un Contes & Guitare ce jeudi soir, à Plombières. Contes & Guitare est une formule chère à mon coeur, c’est un spectacle libre, qui vit son déroulement au gré de notre inspiration. Nous puisons dans nos répertoires personnels au fil de la soirée pour tisser une trame de contes et de morceaux de musique. La musique conte avec des notes, le conteur avec des mots, et chacun est dans la respiration de l’autre.

La semaine de tous les dangers

Malgré ma joie de retrouver une scène et un public, nous ne sommes pas passés loin de l’annulation. Lundi j’étais encore incertain. Le jardinage et la guitare ne font pas bon ménage. Maudit taille-haie ! Maudite tronçonneuse ! Les vibrations ont mis mes nerfs moteurs en vrac et ma main droite s’est retrouvée frappée de paresthésie. Une perte de toucher et un engourdissement généralisé. Repos et immobilisation par une orthèse en attendant que les fourmis dans les doigts retournent dans leur fourmilière. Je préfère de loin les papillons dans le ventre avec ma lovely roadie.

Heureusement les sensations sont revenues peu à peu. Mais j’ai perdu quelques jours de répets. Ils auraient pourtant été bien nécessaires pour jouer à Plombières après ces mois sans concerts.

Paresthésie passagère

Répétitions et un peu de blabla technique

Pour un spectacle conté en plein air, la sonorisation était nécessaire. C’est l’occasion de ressortir le Stagepass de chez Yamaha. Il est parfait pour le job. Exceptionnellement je vais répéter amplifié pour tester tout ça en situation réelle.

Pas tout à fait satisfait du son de la guitare en direct dans la table de mixage j’ai placé le Fishman PRO TONEDEQ AFX comme préampli et pédale d’effet sur le trajet du signal. De cette manière, je retrouve quasiment le son de mon ampli Fishman.

Mon ukulélé se contentera d’une entrée directe en Hi-Z dans la table. Il me reste un canal de libre pour le micro du conteur. Le plus dur restera de jongler avec les canaux avec et sans reverb et d’ajuster le niveau sur place.

Yamhah Stagepass 400

Yamhah Stagepass 400, taillé pour le job

J’en profite pour anticiper tous les petits détails qui énervent, comme retrouver le capo G7th pour la guitare (Lunasa) et celui pour mon ukulélé. Il n’y a que le déroulement du spectacle qui doit être libre dans le fond, mais la forme se veut un peu maîtrisée quand même. Et comme je ne sais pas trop quel morceau arrive quand, je dois pouvoir gèrer sans trop y penser.

Chaque chose à sa place, et on ne bouge plus.

Le seul imprévu c’est cette mouche obstinée qui vient me mordiller les mollets pendant mon ultime répét. De quoi devenir dingue. Chaque fois que j’arrête de jouer elle se soustrait à ma vue. Pour revenir me grignoter le creux du genou entre deux notes. Difficile d’aligner deux morceaux entiers dans ces conditions. J’espère que les insectes nous épargnerons à Plombières.

Champion de Tetris

Direction un des plus jolis coins de Belgique. Reste à faire rentrer les instruments, la sono complète, un grand conteur qui ne se laisse pas démonter, un volumineux musicien qui ne pliera pas devant l’adversité et ma lovely roadie dans la voiture. 

Mission accomplie, avec une roadie un peu comprimée sur le siège arrière. Ca me coûtera un massage.

La minute Tetris

La minute Tetris

Arrivés à Plombières

C’est quoi l’accueil parfait pour des artistes ? Une scène correcte, de l’électricité juste à côté, des boissons, un petit truc à manger et des sourires accueillants. Il y a même un petit food-truck. J’avais emporté mon sourire, mes tartines et une rallonge de 30 m, précautions inutiles. Le sourire suffira. Merci Plombières pour cet accueil impeccable sur le site minier.

Une jolie petite scène nous attend, avec un talus qui crée une sorte d’amphithéâtre naturel. L’installation et le soundcheck sont assez rapides. Et le public ne tarde pas à venir s’installer.

Et c’est parti !

Le mot d’introduction du spectacle et de la saison des « Jeudis festifs et musicaux » échoit à Madame Schyns, échevine de la culture de Plombières. 

Le mot d'introduction

Je commence par un classique de mes concerts, Have a Beer suivi d’Entre chien et loup. Ce dernier morceau permet de glisser doucement dans le monde imaginaire, vers le conte.

Note pour plus tard, ne plus mettre mon chiffon rouge là, c’est une sale habitude. Le morceau de chiffon rouge, accroche-le à ton coeur, pas à ton pied de micro.

Contes & Guitare à Plombières

Contes & Guitare à Plombières

Naturellement, Rumelin prend le relais. Impossible pour moi  de lister tous les morceaux joués. Grâce à notre complicité de longue date, tout s’enchaîne avec aisance. Je ne suis même pas sûr que le public perçoit encore que la trame du spectacle est librement improvisée. Pourtant c’est une chose que j’apprécie dans cette formule.

Contes & Guitare à Plombières

Contes & Guitare à Plombières

Après quelque chansons, ma gorge est bien sèche. J’ai oublié de demander à boire sur la scène. Je n’ai pas du tout envie de briser la magie de l’écoute avec un message platement technique au micro. J’essaie d’attirer discrètement l’attention de ma Roadie, mais elle n’a (forcément) d’oreilles que pour le conteur.

La soif devient obsédante et je finis par oublier mon propre morceau « Caravansérail », pourtant un autre pilier de mes concerts. Ai-je pensé à cette mouche qui m’a empêché de répéter ? La faute à la soif, au chien qui aboie, aux enfants qui courent dans la plaine de jeu, aux cyclistes qui passent, vraiment ? Non, tout simplement ma faute à moi qui n’ai pas pu répéter assez. Maudit taille-haie, maudite tronçonneuse. Signez la pétition pour plus de concerts, moins de jardinage !

Mais après un ultime conte du conteur, je rassemble mes esprits, retrouve le fil de mes cordes et termine par Caravansérail.

Merci !

Merci à Plombières pour l’organisation et l’accueil sans faute. Mes remerciements vont aussi au public qui a répondu présent. 

Voyez sur la page Facebook de la commune de Plombières pour la suite du programme  des jeudis festifs et musicaux :