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Musique commerciale, ça ne veut rien dire

L’artiste doit-il être cet être malingre tourmenté en guenilles qui vit de passion et d’eau fraîche ? Comment payer le matos et les factures. Dans ma série « ça ne veut rien dire », après « guitare sèche » attaquons-nous à l’expression « musique commerciale ». Pourquoi serait-ce péjoratif ? Est-ce que c’est nul uniquement parce que ça se vend ? Est-ce que c’est nul parce que c’est fait pour se vendre efficacement ?

Quelques rares exemples de musique non-commerciale 

La musique exercée seul, dans le cercle familial ou entre amis. Le cours de musique à l’école. Quand un ami des mariés pousse la chansonette au mariage. Même le récital d’une école de musique qui visera à attirer de nouveaux élèves pourra être considéré comme commercial. C’est tout ce qui me vient à l’esprit. S’il y a une transaction ou un troc (repas ou boisson), même un échange de notoriété ou de visibilité, on est dans une démarche entâchée de l’infamie de la vénalité.

Tout le reste est à vendre

Pour commencer, la grande majorité des musiques sont commerciales puisqu’elles ont un but : percevoir un cachet, vendre des CDs, des places de concerts et éventuellement du merch. Même une cover sur Youtube qui générera des revenus publicitaires sera de la musique commerciale. Même un artiste de rue qui fait passer le chapeau est dans une démarche commerciale. 

Artiste non-commercial (ou pas)

Après avoir établi une niche aussi petite soit-elle et un public, la démarche de chercher à séduire ce public pourra être vue comme commerciale. Après-tout, rares sont les artistes qui tournent le dos à leur public en changeant radicalement leur approche. Quelques exemples me viennent à l’esprit comme Neil Young, ou Prince. Par nature, l’artiste fera tout pour séduire. En dehors de l’art conceptuel, séduire est dans l’ADN de l’Art. Même provoquer volontairement le dégoût ou le rejet peut-être une démarche visant à séduire un certain public plus critique et plus cérébral.

Une question d’intention avant tout ?

Si on veut affiner un peu, ce qui distingue la musique commerciale de son alter ego non-commercial, ce sera l’intention au cours de la création. Car, si dans votre processus créatif, vous appliquez des trucs et des formules pour rendre votre musique efficace et digeste, si vous formatez votre musique pour coller à votre genre, aussi petite soit votre niche musicale, vous êtes dans la musique commerciale. Même si ce n’est pas délibéré, qui n’y est pas, peu ou prou ?

A l’opposé, on trouvera l’innovation et la prise de risque, ainsi que la rupture par rapport à ce que le public attend. Souvent, il y a un équilibre à trouver entre les deux. Parce que d’autre part, appliquer une formule et l’essorer jusqu’à la nausée conduira inmanquablement l’artiste et son public à l’ennui. N’en appliquer aucune pourrait rendre votre musique incompréhensible pour le public. C’est difficile d’échapper au couplet-refrain ou à l’intro « efficace » ou au rouleau compresseur de double pédale de grosse claire attendu. Par contre, le solo de saxophone, on peut s’en passer de nos jours, qui oserait encore ?

Ca se corse !

Evidemment, c’est plus compliqué quand on se penche sur les supports de diffusion ou les programmations. Certaines radios ou télévision sont « trop commerciales ». En effet, elles ne passent que ce qui se vend, permettant par ailleurs d’en vendre davantage. Si anciennement certains DJ de radio ou certains présentateurs avaient à coeur d’oser dénicher des perles, c’est un passé révolu.

Même les plateformes de crowdfunding musical promettant égalité et démocratie se sont illustrées en mal en poussant certains poulains au détriment d’autres, toujours sacrifiés sur l’autel de la rentabilité.

Une forme de snobisme ?

Je les écoutais avant qu’ils ne fassent de la musique commerciale. Après le premier album, ils sont devenus trop commerciaux. 

Je ressens souvent (à tort ?) une forme de snobisme dans le rejet de la musique « trop » commerciale. Soit parce qu’on regrette le temps où on faisait partie de l’élite rare qui aimait un artiste émergent et jouissait d’un contact privilégié avec lui (cf. la musique dans les stades), soit parce qu’on regarde les millions brassés par la musique mainstream depuis sa propre niche musicale apparemment désoeuvrée.

Mais moi, il y n’a rien qui m’impressionne vraiment, sauf peut-être… un beau chapeau.

Fedora, l’exploratrice

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