Gravity VARI-G 5 : un stand pour 5 guitares

Le Gravity VARI-G 5, un stand 5 guitares aussi pratique que stylé

Si, comme moi, tu passes beaucoup de temps en studio ou dans ton coin guitare à la maison, tu sais à quel point il est important d’avoir tes instruments à portée de main… sans pour autant les laisser traîner n’importe où, ou risquer l’accident bête qui se termine par une tête cassée ou une éclisse fendue. J’ai récemment mis la main (et les guitares) sur le Gravity VARI-G 5, un stand capable d’accueillir jusqu’à cinq guitares. Voilà ce que j’en pense après quelques jours d’utilisation.

Gravity VARI-G 5 (image Gravity)

Gravity VARI-G 5 (image Gravity)

Montage : plus simple que bonjour*

Le montage est ultra-facile. En quelques minutes, c’est plié, sans prise de tête. Mention spéciale au petit tournevis marrant fourni, en forme de poignée de serrage de pied de micro. Le grip caoutchouté donne une bonne prise, même si la poignée est petite. Un clin d’œil sympa pour les musiciens. Pas indispensable, mais franchement amusant, et ça donne tout de suite une touche ludique à l’assemblage sans perdre de temps à trouver le bon tournevis.

Gravity VARI-G 5

Gravity VARI-G 5

(* je sais qu’on dit « simple comme bonjour », mais visiblement pour certains ça n’a pas l’air si simple.)

Design : sobre, avec une touche flashy

Le stand est principalement noir, avec des accents vert fluo sur certaines parties : le logo de la marque, et quelques détails sur les joints et protections. Si tu préfères un look plus discret, des joints toriques noirs sont fournis pour remplacer les éléments verts. Perso, j’aime bien ce petit côté coloré — ça change un peu du tout noir, surtout dans un studio souvent un peu sombre. 

Qualité de fabrication : du solide… ou presque

Dans l’ensemble, la structure est solide et stable, même avec cinq guitares dessus (acoustiques et électriques mélangées). Les guitares sont protégées par des tubes recouverts de mousse dans le bas et des entretoises qui tiennent le manche en haut. Les entretoises peuvent être retirées ou déplacées pour s’adapter à la largeur de différents instruments. Elles tiennent fermement sur les tubes et ne bougeront que si on le souhaite. L’angle est bien pensé pour que la guitare soit stable sans être difficile à saisir.

Gravity VARI-G 5 (image Gravity)

Gravity VARI-G 5 (image Gravity)

On peut le replier pour gagner de la place quand il ne sert pas, même si je le conçois plus comme installé en permanence pendant mes phases créatives ou mes sessions de répétition.

Gravity VARI-G 5 (image Gravity)

Gravity VARI-G 5 (image Gravity)

En revanche, la peinture semble un peu fragile : après quelques manipulations, j’ai noté de petites marques, surtout autour des zones de vissage. Rien de dramatique, mais à garder en tête si tu es maniaque sur l’esthétique. J’aurais pu être un peu plus délicat pendant le montage, si j’avais su. Mais ^personnellement, je considère le matériel comme un outil, qui peut présenter des marques d’utilisation.

Ergonomie : les guitares toujours prêtes

C’est là que le VARI-G 5 brille vraiment : en studio, c’est hyper pratique. Les instruments sont bien espacés, faciles à attraper, et bien maintenus. Le contact avec les guitares se fait via des mousses douces, qui ne risquent pas de rayer les vernis. Aucun souci non plus avec les formes un peu particulières : une parlour, une jumbo, une Tele, une folk à pan coupé, tout passe sans forcer.

En résumé :

Points forts Points faibles
Montage facile et rapide Peinture un peu fragile
Stable même chargé  
Détails de design personnalisables  
Format compact pour 5 guitares  
Tournevis original inclus  

Ma conclusion

Le Gravity VARI-G 5 est un excellent choix pour les musiciens qui veulent un stand pratique, modulaire, et au look un peu original sans tomber dans le kitsch. Il fait bien le job, il est stable, bien pensé, et c’est un vrai gain de confort pour un espace de travail ou un coin guitare à la maison. 

Sur l’échelle de piments, ça vaut un 7/10 – solide, pratique, et avec juste ce qu’il faut de fun. Il perd un point pour le revêtement un peu sensible aux griffes.

L’exigence est un plaisir différé (de 2025 à 2026)

David van Lochem au studio

David van Lochem

Cette phrase entendue au détour d’une vidéo m’a marquée : « L’exigence est un plaisir différé. »

Elle s’applique tellement bien au fingerpicking, où chaque note, chaque mouvement du poignet, chaque silence même, demandent à être poli, repoli, affiné. La technique et la musicalité n’y sont jamais acquises d’emblée. Il faut du temps pour que les doigts trouvent leur place, que le rythme devienne naturel, que le morceau “respire” vraiment. Mais, lorsqu’on atteint enfin ce point d’équilibre, ce moment où le jeu devient fluide, expressif, vivant, le plaisir ressenti est d’autant plus fort qu’il a été conquis patiemment.

Mon bilan 2025 & mes résolutions 2026

La fin d’année approche, et comme le veut une certaine tradition (et une volonté d’honnêteté avec moi-même), c’est le moment de faire le point. Un petit arrêt sur image, entre le travail quotidien et les projets de fond. 

Une année de constance et de recentrage

En 2025, j’ai continué à faire vivre ce site, à mon rythme. Quelques articles, des réflexions parfois techniques, parfois très personnelles. J’ai surtout voulu éviter de publier juste pour remplir. L’exigence, c’est aussi ça : faire moins, mais mieux.

J’ai pris plaisir à enseigner, à guider des élèves dans leurs découvertes musicales. C’est toujours fascinant de voir un déclic se produire, parfois après des semaines de travail. Ce sont des plaisirs rares mais profonds, qui n’arrivent que si l’on accepte de ne pas tout avoir tout de suite.

Et puis, il y a eu des renoncements. L’idée d’enregistrer certaines compositions a été mise de côté. Pas par paresse, mais parce que l’envie n’y était pas. Ce n’est pas grave. Choisir ses batailles, c’est aussi une forme d’exigence.

Une communauté fidèle et engagée

Le site n’a pas explosé en trafic (et ce n’est pas l’objectif), mais il a gardé un petit lectorat fidèle. Merci à vous, lectrices et lecteurs silencieux ou bavards, qui laissez parfois un mot, un mail, un commentaire. Merci aussi aux élèves qui reviennent, qui partagent leur chemin.

Vous me poussez à garder le cap, à chercher du sens dans ce que je fais ici.

2026 : cultiver l’exigence comme un art de vivre musical

Travailler un projet musical de fond

En 2026, j’aimerais structurer un vrai projet musical personnel. Peut-être un mini-récital solo, enregistré ou diffusé en ligne. Peut-être un petit recueil de compositions fingerstyle. Quelque chose avec une échéance, des étapes, et du sens.

Partager plus de pédagogie

Je réfléchis à une série de vidéos pédagogiques — pas des tutoriels à la chaîne, mais des progressions construites. Un défi technique par mois ? Une approche “petits pas” pour les motivé·es ? On verra. Mais là aussi : exigence avant abondance.

Écrire différemment

J’aimerais relancer une sorte de journal d’apprentissage. Pas pour “raconter ma vie”, mais pour documenter le chemin. Les doutes, les erreurs, les moments de grâce. Montrer que le plaisir vient souvent après l’effort, mais qu’il vaut la peine d’être attendu.

Approfondir

En 2026, je veux aussi apprendre pour moi : théorie, arrangements, dynamique, voicings… Je veux jouer moins, mais mieux. Lire plus, écouter plus, jouer plus lentement.

Conclusion : jouer, patienter, savourer

L’exigence n’est pas un carcan. C’est une manière de se respecter soi-même, de ne pas brader ce qu’on aime. Elle demande du temps, du recul, parfois du silence. Mais elle nous rend le plaisir plus intense, plus juste.

Alors en 2026, je continuerai à chercher ce plaisir différé. Celui qu’on savoure quand on a bien transpiré pour y arriver. Celui qui ne se partage pas toujours, mais qui se ressent dans chaque note bien posée.

Bonne fin d’année à toutes et tous. Merci d’être là.

Starac : les chevaux de guerre

Oui, je regarde la Starac

Parfois je me demande pourquoi je regarde, parfois je sais. La Starac c’est un rythme démentiel, des enjeux énormes, des jugements constants, et une exposition maximale… Mais quel fou ferait un show à l’américaine ou une comédie musicale avec quelques heures de préparation seulement ? Les stars se préparent pendant des mois et répètent en situation. Certes, l’imprévu existe et il faut avoir une certaine flexibilité, mais ça n’est pas la base du métier pour ce que j’en sais. C’est le sel sur la frite, pas l’essentiel du plat.

La Starac et les feux de la rampe

La Starac et les feux de la rampe

Une pâte feuilletée prend 3 heures à faire, vous en avez deux

On balance les élèves dans des situations intenables, comme dans les concours de cuisine où on attend l’impossible avec des moyens limités et un temps de préparation irréaliste. Résultat : parfois, ils s’en sortent. Parfois, ils craquent. Souvent, ils prennent des raccourcis, tombent dans de vieux travers ou perdent ce qu’ils avaient de singulier. Et puis sont jugés pour ça.

Sortir de sa zone de confort, oui. Mais la préparation, ce n’est pas du luxe ou du confort, c’est la base pour produire du beau, du juste, du durable. C’est se donner le temps de comprendre ce qu’on fait. Le talent, c’est une graine. Il faut du soin, du temps, et de bonnes conditions pour en tirer quelque chose. D’ailleurs on voit parfois une star reconnue faire un petit duo impromptu dans un show télévisé ou pour la fête de la musique, et le résultat est souvent moins qualitatif que ce à quoi elle nous habitue, malgré l’expérience, le talent et le pouvoir de dicter ses conditions.

Alors oui, les cours, les conseils, les moments de doute, ça, c’est l’aspect précieux de la Starac. Voir un.e élève apprendre à respirer juste, à affronter le regard du public, à trouver sa voix… c’est beau. Mais le côté concours permanent, l’élimination comme carburant, et les dramas recyclés pour faire de l’audience… c’est pas ça qui fait un artiste.

Certains artistes ne sont pas faits pour ce format de guerre éclair où chaque semaine, c’est un nouvel assaut. Il faut sortir de la tranchée, baïonnette au canon. Certains n’y arrivent pas, pas par manque de talent, mais parce que leur processus de création demande autre chose : de l’écoute, de la lenteur, du recul.

« Les concours, c’est pour les chevaux, pas pour les artistes. » – Bartók 

Le cheval de guerre, c’est l’animal dressé pour aller au front, obéir aux ordres, avancer coûte que coûte, peu importe le stress, le bruit, le sang, les coups. Il est choisi pour sa robustesse, sa discipline, son endurance. Il ne doute pas, il fonce. Et surtout : il est remplaçable.

Dans les concours comme la Starac, on attend parfois des artistes qu’ils fonctionnent comme ça. Qu’ils encaissent, performent et qu’ils soient prêts tout de suite, qu’ils « fassent le show » même s’ils sont à bout. On leur demande une disponibilité émotionnelle totale, une maîtrise technique instantanée, et une résistance au jugement permanent. Et on enchaîne les épreuves sans vraiment leur laisser le temps de digérer, d’apprendre en profondeur, de se construire.

Mais un.e artiste n’est pas un cheval de guerre. Un.e artiste doute, cherche, essaie, se plante, revient, recommence. Même si une tournée est sans doute éprouvante, qu’il faut tenir malgré la fatigue. Un artiste n’est pas quelqu’un qu’on envoie au front chaque semaine avec une nouvelle armure, une nouvelle arme, un nouveau champ de bataille, en espérant qu’il tienne bon et qu’il fasse sensation. Alors ça pousse, ça crie, ça belte, ça chiale et le public adore. Je suis parfois sidéré par les cris enthousiastes du public pour une note poussée (mais un peu fausse). Ou une belle hurlade juste, mais lisse et inexpressive comme le visage d’une actrice botoxée. De l’haltérophilie vocale de Star internationale à Las Vegas (« Hit the money note, baby »).

Puis, un moment de grâce, un académicien arrive au milieu de tout ça à m’arracher de l’émotion… et si on n’a pas de la pâte à crêpe dans les oreilles et le cœur, c’est ce moment dont on se souvient. Et parfois c’est même ce candidat ou cette candidate qui gagne ou qui tirera son épingle du jeu après avoir fini second.

La musique complice ou victime ?

La musique, c’est une alchimie fragile entre technique, émotion, personnalité, sens. Ça se cultive. Ça se protège aussi. Alors oui, certains artistes peuvent survivre à ce format et même briller à la Starac. Ainsi, quelquefois disparaître dans le fracas du silence quand la lumière s’éteint.

Former des artistes comme des chevaux de guerre, c’est pratique pour la télé. La musique et l’émotion ont besoin de place et de temps pour pousser, pas forcément d’un champ de bataille.

PFAS, PTFE et cordes de guitare : un cocktail pas rock’n’roll

Les cordes de guitare, on les choisit souvent pour leur son, leur confort sous les doigts, mais également leur durabilité. Ce qu’on regarde moins, c’est leur composition chimique. Pourtant, certaines d’entre elles contiennent ou sont fabriquées au départ de substances peu reluisantes. Les PFAS, une grande famille de composés synthétiques ultra-persistants dans l’environnement, parfois appelés « produits chimiques éternels ».

Cordes

Il y a des cordes pour tous les goûts.

Des qualités indéniables…

Dans la grande famille des PFAS, on retrouve le PTFE, plus connu sous son petit nom commercial : le Teflon. Ce polymère fluoré est prisé dans de nombreuses industries pour sa résistance à la chaleur, son faible coefficient de friction, sa protection contre la corrosion et sa durabilité. C’est précisément pour ces raisons qu’il est utilisé comme revêtement sur certaines cordes de guitare en métal. Il sert notamment dans les séries haut de gamme censées durer plus longtemps, résister à la corrosion, et garder un toucher agréable.

… et leurs conséquences.

Mais ces qualités techniques ont un revers. Les PFAS, dont est issu le PTFE, posent des problèmes environnementaux et sanitaires. Ils sont extrêmement persistants : une fois libérés dans la nature, ils s’accumulent et ne se dégradent quasiment pas. Certaines études les lient à des troubles hormonaux, à des effets immunitaires, voire à des cancers. Même si une corde de guitare une fois fabriquée ne va sans doute pas te rendre malade, c’est le processus de production — et les rejets dans l’environnement — qui posent problème.

Le débat ne semble pas encore tout à fait tranché scientifiquement, ce qui n’empêche pas d’être vigilant. Le ratio coût/bénéfice (sanitaire et environnemental) doit idéalement viser à n’utiliser les substances préoccupantes que pour les applications essentielles.

Pour les cordes de guitare classique et de ukulélé, la situation est un peu différente des cordes acoustiques ou électriques. Ici, pas de métal enrobé, ni besoin de traitements anticorrosion aussi poussés. Mais certaines cordes — notamment les aigus en nylon — peuvent être fabriquées à partir de fluorocarbone, un type de polymère fluoré… qui entre dans la grande famille des PFAS. Ces cordes en fluorocarbone sont souvent vantées pour leur sonorité plus brillante et leur stabilité d’accordage, surtout pour le ukulélé.

Or, même si elles sont inertes une fois fabriquées, leur production repose sur des procédés chimiques impliquant des PFAS, avec les mêmes problématiques environnementales à la clé. Là encore, l’usage de ces matériaux semble discutable puisqu’il existe des alternatives en nylon ou en matériaux biosourcés. Pour les musiciens soucieux de l’impact écologique de leur instrument, mieux vaut donc se renseigner sur la composition exacte des cordes — car derrière un joli « nylon clear » peut très bien se cacher un fluoropolymère.

Plus de transparence ne ferait pas de mal

Certains fabricants, comme D’Addario, reconnaissent utiliser du PTFE dans certaines gammes (par exemple les cordes XS). Mais ils proposent d’autres séries sans fluoropolymères, comme les XT. La transparence commence à émerger, il faut s’en féliciter. Mais elle reste limitée, et l’information est rarement mise en avant sur les emballages. D’autres fabricants se réfugient derrière le secret industriel. Difficile donc, pour un musicien, de faire un choix éclairé s’il souhaite éviter les PFAS ou le PTFE.

Selon certaines associations qui militent pour une chimie plus propre, les fabricants avancent des arguments techniques pour justifier leur usage de PTFE, mais ces arguments sont peu convaincants dès lors qu’on prend un peu de recul : est-ce vraiment « essentiel » pour jouer de la guitare classique ou acoustique ? On peut en douter.

Si vous avez renoncé à votre poêle antiadhésive en Teflon, et suivi le feuilleton des PFAS dans l’eau de distribution de certaines communes belges, pourquoi ne pas être cohérent et réfléchir aussi à la composition de vos cordes de guitare ?

Pas de panique !

Il ne s’agit pas ici de céder à la « panique chimique », mais de prendre acte que les PFAS et le PTFE peuvent poser des questions écologiques et sanitaires. Leur usage dans un domaine aussi peu critique que les cordes de guitare mérite au moins d’être questionné.

Que faire ?

Quelques conseils pour éviter les PFAS et le PTFE dans tes cordes :

  • Évite les cordes « coated » ou « treated », en tout cas celles qui restent vagues sur les matériaux utilisés.
  • Privilégie les cordes non revêtues, surtout si tu joues régulièrement et que tu changes souvent.
  • Si tu veux du revêtement pour la durabilité, cherche des marques qui annoncent explicitement l’absence de PFAS en production et de PTFE dans le produit final. C’est aussi un bon moyen de faire pression sur le marché pour que les fabricants cherchent des alternatives moins problématiques.
  • Contacte les fabricants pour poser la question : certaines marques répondent franchement à la question.
  • Fais tourner l’info autour de toi : la pression des musiciens peut encourager l’industrie à chercher des alternatives.

En tant que guitariste, on est souvent à la recherche du bon son, du bon toucher… mais ça ne coûte rien de se demander ce qu’on met vraiment au bout de ses doigts. La musique n’a rien d’éternel – mais les produits chimiques qu’on utilise, eux, risquent de l’être.

Quelques liens