La pire prestation des J.O. de Pyeongchang

Voilà un palmarès déjà connu. Les médias ont déjà décerné la médaille d’or de la pire prestation des jeux olympiques de Pyeongchang à Elizabeth Swaney une américaine représentant la Hongrie aux J.O. dans la compétition de ski freestyle half-pipe. Une prestation sans prise de risque et sans panache, à l’image de sa qualification. Elizabeth Swaney a assuré sa place dans les sites de buzz, les bêtisiers et autres sites dédiés au #fail de toutes sortes pour un moment. Si certains sportifs ont souri en soulignant l’aspect ouvert des jeux olympiques, d’autres athlètes étaient un peu crispés sur la question. 

On se souvient également du nageur originaire de Guinée-équatoriale dont la modeste prestation en solo aux J.O. de 2000 avait été fort remarquée. Mais la prestation du nageur tenait plus du manque de moyens que de la recherche systématique du plus petit commun dénominateur comme l’aura été la qualification de cette bien ambitieuse sportive.

Mais quel rapport avec la musique ? Avant de répondre, je vous invite à revoir les meilleurs moments de cette compétition … plutôt que les pires.

Sportifs et musiciens, même combats ?

La vie des musiciens professionnels, pour ce que j’en sais vu de loin, s’apparente pas mal à celle des sportifs de haut-niveau. Beaucoup de voyages entrecoupés de moment où il faut donner le meilleur de soi-même. Des moments de calme et de solitude alternant avec l’intensité de prestations publiques. Découvrir sans cesse de nouveaux endroits et des conditions inédites (modestement pour moi, la découverte d’une yourte). Les relations publiques, la promotion et les entraînements, qu’on appelle répétitions pour les musiciens. En essayant de ne pas penser au coup de fatigue, la maladie ou la blessure qui compromettraient un agenda millimétré.

Mais la crispation de certains athlètes des J.O. devant cette performance un peu surréaliste peut également être mise en regard du sentiment des musiciens qui font de leur mieux pour donner le meilleur d’eux-mêmes.  Ils voient consternés que des sites, y compris des sites musicaux, cèdent au click-bait (prononcez « click-bête ») de la pire reprise de …, ou de la chute d’un guitariste méconnu et complètement ivre dans la fosse d’orchestre. 

Popularité ou reconnaissance ?

Quelqu’un qui joue le thème de Pulp Fiction avec un mixer sur sa guitare atteint le demi million de vues. Je me dis que si je balançais 4 ukulele dans une bétonneuse pour jouir de leur bruyante destruction, je ferai sans doute un bref carton sur le net. Le tout pour un investissement d’une centaine d’euros et de quelques heures de mon temps. Une quinzaine d’euros par ukulele plus la location d’une bétonneuse pour quelques heures. Bien moins de temps et d’argent qu’il n’en faut pour pouvoir assurer un concert décent. On serait plus proche de la performance artistique que musicale, mais ça pourrait marcher. 

Le modèle économique des médias sociaux qui ne rémunère que la popularité n’arrange rien. L’approche télé-crochet de la musique qui recherche des stars séduisantes et populaires fausse le tableau. Quand certains osent affirmer sans sourciller à ces heures de grande audience où le prêt à penser tient boutique que les artistes le deviennent par le choix d’un plan B, après l’échec supposé de leur absorption par la masse laborieuse des gens qui ont un métier réputé honnête. Et si l’échec était plutôt le manque de place et de reconnaissance des métiers artistiques ?

Reste à savoir si on recherche la notoriété et la popularité ou une certaine reconnaissance.

La reconnaissance, ce miroir

La reconnaissance professionnelle ou le respect du statut social sont érodés de nos jours. La part belle est faite à la reconnaissance sociale. On est par ce qu’on est, pas parce qu’on est né ou par ce qu’on a réalisé.  L’ordre, la hiérarchie, les rituels honorifiques ont cédé la place à l’horizontalité de la société, l’autonomie et la réalisation personnelle. En chemin, les manifestations de reconnaissances ont perdu de leur sens. Les cérémonies de reconnaissance et de remise d’Awards et de statuettes sonnent un peu creux. On reverra la pire prestation des J.O. a maintes reprises. Je doute que les meilleurs jouissent cet honneur.

Paradoxalement une reconnaissance globale et indifférenciée sera ressentie comme une forme de mépris, voire de manipulation. Pire, l’attente exprimée d’un désir de reconnaissance sera contradictoire avec le désir d’autonomie et d’indépendance affiché. C’est sans doute une des raisons pour laquelle tant d’artistes refusent les prix qu’ils méritent pourtant amplement. Le refus de l’éloge devient souhaitable pour se sentir respectable. L’argent pourtant nécessaire pourrait même ternir la reconnaissance par la suspicion de compromission qu’il véhicule. 

Dans une société d’anonymes, le succès finalement a perdu son rôle de créateur d’identité. Dans un tel contexte, on valorise moins la prestation parfaite et régulière pour se focaliser naturellement sur la prestation anecdotique et remarquable. Et le reste ne serait que jalousie.

Mais bon, je m’égare un peu dans la philo à deux balles là …

Ok, mais en pratique, on fait quoi ?

On écoute des jolies choses simples faites avec le goût de la chose bien par de talentueux et lointains inconnus. On admire également les athlètes des J.O. qui ont bataillé ferme pour le droit d’affronter les meilleurs. Et on arrête de cliquer sur n’importe quel vidéo idiote qui entretient la médiocratie. On arrête aussi de regarder bétisiers, talk-shows crétins et florilèges du buzz qui entretiennent l’idiocracie.

N’oublions pas de bien choisir nos héros. Comme ces deux là, qui « ont l’air d’avoir bien bon » comme on dit chez nous. Je sais, je parle comme un vieux con. Je suis même un vieux con grippé qui regarde les J.O. dans fauteuil.

Peace.

Contes & guitare à la yourte – compte rendu

On avait rendez-vous cet après-midi pour un « contes & guitare » à la yourte de l’asbl du théâtre de l’être à Saint-Nicolas. Ca fait un moment qu’on a plus eu l’occasion de jouer dans cette formule avec mon ami Rumelin, le conteur. J’aime beaucoup ce concept parce que chaque « contes & guitare » est différent. 

C’était à gauche ?

Après un étrange gymkhana dans les rues de Saint-Nicolas fourvoyé par mon « G-P-Biesse » comme on dirait à Liège, j’aperçois du coin de l’oeil une petite pancarte blanche qui se balance au vent : « L’après-midi des rêveurs ». On est enfin arrivés. En suivant un petit sentier entre les jardins, nous arrivons à la yourte en contrebas. Visiblement c’est une yourte nature. (Oui, je ne me lasse jamais des jeux de mots vaseux.)

Contes & guitare à la yourte

Contes & guitare à la yourte

Ce qui me fascine avec les yourtes c’est qu’elles ont toujours l’air petites vue du dehors et puis beaucoup plus grande vue du dedans. Je passe brièvement par la maison de « DoroT » où je retrouve Christophe dit Rumelin attablé devant un beau poivron farci qui me fait regretter d’avoir mangé avant de quitter la maison. Je me contenterai d’un verre d’eau. On rejoint ensuite la yourte et j’installe le matériel. Ici, on se déchausse pour entrer. Matelas, coussins et fauteuils sont alignés le long de la paroi et le petit poêle trône au milieu, comme il se doit.

Passe moi le sel !

Aujourd’hui nous tournons sur les épices, le sel, les condiments, le café, le chocolat, le thé. A chaque conte répond un morceau de musique, assorti sans être redondant. Musique et conte vivent leur propre vie, et se déploient côte à côte.

Contes & guitare à la yourte

Contes & guitare à la yourte

Le spectacle débute par quelques morceaux de musique, le temps que tout le monde prenne place. Puis nous plongeons dans une atmosphère propice aux contes et à la rêverie avec mon morceau « Caravansérail ». Rumelin prend la suite avec un conte.

Contes & guitare à la yourte

Contes & guitare à la yourte

Impossible de ne pas penser à ma maman qui vient de nous quitter en jouant « Entre chien et loup ». La yourte a vraiment une belle acoustique feutrée et chaleureuse. J’aurais même pu jouer un chouïa moins fort. Il fait un peu chaud. Quand je pense que ma Lovely Roadie avait peur d’avoir froid, je me marre.

Pas de vidéo pour ce « contes & guitare »

On avait prévu de filmer, mais cette fois encore la caméra ne s’est pas montrée très coopérante. Dommage, l’ambiance était sympa, il me reste quelques secondes de-ci de-là. On filmera sans doute une autre fois. 

A la fin de la première partie, DoroT expose toutes les activités qui ont lieu à la yourte : spectacles, massages, conférences, le choix est vaste et varié et l’agenda bien rempli. Ca fait plaisir de voir qu’il existe encore des petits lieux motivés.

Après l’entracte où tartes et boissons sont proposés à prix modique au public, le spectacle reprend, encore une fois par quelques morceaux de musique. Le sel, puis le phényx … c’est toujours un plaisir d’écouter Rumelin nous emmener dans ses voyages de mots. Une audience réduite, bien installée dans un cadre confortable et chaleureux, le contexte est vraiment idéal. Je prends vraiment plaisir à sculpter les silences qui naissent après les notes de mes morceaux. 

Je suis presque surpris d’arriver au bout du programme établi. C’est encore une fois passé si vite. En rangeant le matériel, j’entends Rumelin qui débriefe avec quelques membres de l’assistance. Les retours ont l’air positifs. Moi en tout cas, j’ai passé un bon moment !

Vivement la prochaine !

L.R. Baggs Align : 4 pédales d’effet pour la guitare acoustique

L.R. Baggs présente une série de pédales dédiées à la guitare acoustique. J’avoue, encore une fois, c’est le look qui m’a séduit en premier. Un préampli, un EQ, une reverb et une DI. Elles arriveront dans le courant de l’année 2018.

On s’attend à un son chaleureux et studio-esque, conformément à ce que les produits LR Baggs proposent en général. Voilà de quoi combler la pointe de jalousie que vous aviez en regardant le pedalboard de vos amis guitaristes électriques. Moi même qui monte un pedalboard, je trouve l’idée séduisante.

L.R. Baggs Align, 4 spécialistes au chevet de votre son 

  • SESSION : saturation, compression à 3 bandes et gain
L.R. Baggs Align

L.R. Baggs Align

  • EQUALIZER : Eq à 6 bandes (85 Hz, 350 Hz, 700 Hz, 1.6 kHz, 4.8kHz et 10kHz), filtre passe-haut, inversion de phase, gain variable à 3 positions, notch
L.R. Baggs Align

L.R. Baggs Align

  • REVERB : reverb, decay, tone
L.R. Baggs Align

L.R. Baggs Align

  • ACTIVE DI : pad, ground lift, phase, mute
L.R. Baggs Align

L.R. Baggs Align

La pédale Session propose de retrouver la richesse harmonique et la pointe de saturation que les ingés aiment mettre sur une guitare acoustique, avec un compresseur multibande. Un EQ classique, une réverb dédiée, et pour terminer une DI pour envoyer un signal adapté vers la console. Toutes les pédales sauf la réverb sont analogiques et true-bypass. 

D’après L.R. Baggs, l’idée serait de permettre à chaque guitariste de vraiment customiser la chaîne d’effet. Pour les multi-instrumentistes, il devient possible en combinant plusieurs pédales identiques d’ajuster le son pour chaque instrument. 

Mon avis

Le design est classe, avec son imitation bois différente pour chaque pédale. Ceci dit, je suis un peu surpris par l’idée de décomposer en 4 pédales ce qu’ils proposaient dans leur préamplis et DI. Mais avec un préampli, EQ, une réverb et une DI, l’ensemble est une solution complète pour jouer et s’enregistrer. Les pédales sont annoncées à 179 $ (220 € chez nous) sauf la DI qui est annoncée à 159 $ (210€ chez nous). 

 

Fishman Loudbox Mini Charge – mon avis

Avec le Fishman Loudbox Mini Charge, Fishman s’attaque au marché spécifique du busking et de la street performance.  Jusqu’ici on ne croisait que des amplis Roland, AER ou plus rarement Yamaha ur un coin de trottoir. Avec la qualité sonore et les solutions techniques qu’on connaît à la gamme Loudbox, voilà un très sérieux prétendant.

Loudbox Mini Charge Amplifier

Loudbox Mini Charge Amplifier

On retrouve la forme traditionnelle des amplis Loudbox. L’inclinaison du chassis permet une diffusion du son en évitant la réflexion directe contre le sol à proximité du diffuseur qui brouille l’écoute.

Les réglages

On trouve deux entrées, une dédiée à l’instrument, la seconde au micro. De gauche à droite on trouve un bouton d’inversion de phase, le gain d’entrée, le très efficace égaliseur low-Mid-High dont les fréquences sont optimisées pour la guitare acoustique. Une reverb dont le type est fixe. Un chorus complète la section effet. Pour le canal micro, on règle le gain d’entrée, les bases et les aigus et une reverb qui peut donc être réglée indépendamment du son guitare. Le Master volume complète le panneau de commandes.

Un bouton permet d’activer l’appairage Bluetooth (nouveauté), dont l’état peut être contrôlé visuellement grâce à une petite led. Divers indicateurs lumineux permettent de contrôler le niveau de la batterie.

Au dos il y a une entrée auxilliaire en mini-jack 3,5 mm et une sortie DI.

Loudbox Mini Charge Amplifier

Loudbox Mini Charge Amplifier

Les spécifications techniques

D’après la fiche technique du fabricant :

  • 60 Watts (108 dB SPL à un mètre)
  • un woofer de 6,5 pouces et un tweeter d’un pouce
  • autonomie de la batterie :  18 heures à volume réduit, 12 heures à volume moyen, 4 heures à plein volume
  • temps de recharge : 10 heures
  • Bluetooth 4.0
  • poids 9.6 kilos

La belle housse de transport qu’on voit dans la vidéo de promotion ci-dessous est (malheureusement ?) en option.

Mon avis sur le Fishman Loudbox Mini Charge

Évidemment, avec 60 Watts on est un peu en deçà de ce qu’on souhaiterait pour faire trembler les murs. Mais il se destine aux endroits sans mur. Pour sonoriser un coin de rue ou faire une animation musicale sans fil, il serait parfait. J’aurais aimé avoir un tel ampli à l’une ou l’autre occasion, comme la balade contée d’Halloween ou la balade gourmande d’Etalle où je jouais en extérieur.

Les quelques extraits sonores que j’ai pu entendre sur Internet indiquent qu’on retrouve bien le son typique des amplis Fishman avec une assise de basses solide, un bas médium contenu et des médiums aigus bien définis … A mon oreille, le son est peut-être un peu moins acoustiquement défini et brillant que sur l’ancienne série des Loudbox noirs qui restent mes préférés, esthétiquement aussi.

Le Bluetooth et l’entrée auxiliaire permettent d’ajouter un backing track en jouant.  Pour mon style de jeu, le chorus est dispensable et la reverb appropriée. Comme d’habitude, Fishman va à l’essentiel.

L’ampli coûtera environ 650 € en Europe (499 $) quand il sera disponible. Ce prix un peu élevé handicapera le Fishman Loudbox Charge par rapport aux concurrents directs déjà bien implantés sur le marché de l’amplificateur rechargeable. Mais quand on connaît la qualité proposée par Fishmann un test vaudrait la peine. Le prix va peut-être encore baisser ?

Sans l’avoir testé, en termes de désirabilité et d’utilité sur le terrain je lui donne un 8/10, malgré le prix plus élevé que les concurrents directs. Cette note est en partie dictée par la confiance que la marque m’inspire.

 

This website stores cookies on your computer. These cookies are used to provide a more personalized experience and to track your whereabouts around our website in compliance with the European General Data Protection Regulation. If you decide to to opt-out of any future tracking, a cookie will be setup in your browser to remember this choice for one year.

Accept or Deny