Rentrée scolaire : commencer la musique ?

La rentrée scolaire est l’occasion d’inscrire ses enfants (ou soi-même) à des activités diverses, sportives ou culturelles. Et pourquoi pas faire de la musique ? D’après une étude, environ 70% des musiciens commencent la musique avant 15 ans (mais n’hésitez pas à faire partie des 30%).

Apprendre la musique est une belle aventure.  Mais avant de se lancer, il y a des questions à se poser.

cours de musique

Rentrée scolaire … en musique ?

Pourquoi vouloir apprendre la musique à ses enfants ?

Pour certains parents c’est un rêve de jeunesse qu’ils n’ont pas pu accomplir. La faute à un manque de moyens ou d’intérêt de la part de leur famille. Pour d’autres, la musique fait partie du développement d’un être humain accompli. Pour d’autres encore, la musique fait partie de leur vie. Elle imprègne la vie familiale et apprendre la musique sonne comme une évidence. 

Faire de la musique c’est s’ouvrir aux émotions et communiquer avec les autres. C’est apprendre une forme de discipline qui vaut largement celle du sport et des études, le plaisir en plus. 

L’apprentissage de la musique est accessible à toutes et à tous, sans distinction d’âge, de sexe, de culture, ou de religion. Avec peu de moyens on peut atteindre de grandes choses. 

Et si il n’aime pas, ou si il arrête à l’adolescence ?

A condition d’avoir choisi la bonne orientation musicale, et en évitant de surinvestir dans le matériel,  il n’aura pas de regrets à avoir. Au moins il aura essayé et aura une compréhension basique de ce que sont la musique et la pratique d’un instrument. Il aura peut-être ainsi les clés pour comprendre et respecter le travail des musiciens qu’on décrit souvent comme paresseux et vains. 

En 1997, sur les 40% de la population pratiquant un instrument, seulement 18% poursuivaient l’activité au delà l’adolescence, en 2008 ce pourcentage était de 32%. Selon les mêmes statistiques, toutes les générations confondues, plus de la moitié des anciens musiciens (53%°) ont arrêté entre 15 et 24 ans, un sur cinq ayant abandonné avant d’être parvenu à l’âge de 15 ans.

Mais en même temps, ce n’est qu’un cap à passer : lorsqu’on a pratiqué jeune un instrument de musique – nous dit la même étude – si le cap de l’installation dans la vie adulte est passé, les musiciens amateurs restent dans la majorité des cas longtemps fidèles à leur instrument et « contribuent plus que les amateurs des autres secteurs artistiques, à faire de la musique l’activité de toute une vie », beaucoup plus que les amateurs de théâtre ou de la danse, par exemple.

Quelle filière choisir à la rentrée ?

En musique, rien n’est obligatoire. Il n’est pas obligatoire de commencer par une guitare classique avant de faire de l’électrique. Il n’est pas obligatoire d’apprendre le solfège. Mais commencer par un apprentissage structuré, en maitrisant l’écriture et la lecture musicale commune à tous les instruments présente des avantages non négligeables. C’est aussi la seule filière qui donne accès à un diplôme et à un titre pédagogique reconnu.

J’ai encore l’image de mon prof de solfège, un vieux bonhomme sec comme un raisin de Corinthe, à qui je tendais mon cahier en tremblant. Il ponctuait son apprentissage de coups de latte pour le « soin à l’écriture » ou « respect du rythme ». Pas étonnant que j’en suis resté là, après la troisième gifle. A l’heure actuelle, il existe des cours pour enfants qui mêlent jeux, plaisir et apprentissage structuré. La pédagogie musicale a évolué en bien. Voilà au moins une chose qui n’était pas mieux avant.

D’autre part, si votre enfant veut faire de la guitare électrique, que vous l’inscrivez à l’académie à la rentrée, mais qu’il ne reste de la place en classe d’instrument que pour jouer de la clarinette, vous compliquez le maintien de sa motivation (à moins qu’il se découvre un talent multi-instrumentiste).

Au final, la filière se décidera aussi en fonction des goûts musicaux et de l’objectif visé. 

Cours collectif ou professeur particulier ?

Au niveau des professeurs particuliers, on trouve de tout, à tous les niveaux et à tous les tarifs. De l’amateur qui veut arrondir ses fins de mois au professionnel qui veut … arrondir ses fins de mois. Parfois les cours sont donnés chez le professeur, parfois il accepte de se déplacer à domicile, ce qui est un avantage avec les jeunes enfants. En général la passion pour l’instrument est un bon indicateur pour choisir son prof. Avec un prof particulier, la souplesse des horaires est un avantage. Mais c’est aussi un inconvénient si on est d’une nature encline à reporter ses rendez-vous. Si des places sont disponibles, vous n’êtes pas liés à la rentrée pour vous inscrire et débuter. On les déniche facilement via les petites annonces et on en trouve partout, à la ville comme à la campagne.

Pour la guitare notamment, certaines structures et certains magasins de musique organisent des petits cours collectifs à des tarifs intéressants. Le (petit) cours collectif aide à progresser en groupe et permet également des rencontres musicales intéressantes. Le mieux est de faire jouer le bouche à oreilles pour recueillir des témoignages sur le degré de satisfaction des élèves. Ces structures organisent parfois des stages d’initiation ou de perfectionnement qui permettent de condenser sur un weekend plusieurs heures de cours. Une expérience intense qui doit se digérer par le travail pendant les mois qui suivront.

 

Soirée d’accueil au CC Dison (crédit photo: Pivi Molinghen)

Les académies ont su dépoussiérer leur image. Elles proposent souvent d’aborder des musiques actuelles au sein de leur cursus avec des professeurs diplômés. Attention, certaines académies très prisées ont des listes d’attente. Il faut parfois s’inscrire bien avant la rentrée pour espérer trouver une place. 

Quelle que soit la filière choisie, le travail bien organisé sera la clé des progrès.

Que faut il acheter pour la rentrée ?

Cela ne sert à rien de se ruer dès la rentrée scolaire pour acheter le plus superbe instrument du magasin. De nos jours, on trouve du bon matériel abordable pour débuter. Il faut aussi faire la peau aux mythes autour de l’apprentissage. En investissant peu mais bien, vous pourrez éventuellement ajuster le tir en changeant d’instrument au gré des progrès et des envies, quand votre petite tête blonde deviendra un adolescent Mozart en herbe (qui fait rire).

Évitez les guitares acoustiques noires. C’est laid, le vernis épais empêche la résonnance de la guitare et enfin on voit toutes les traces de doigt. Non, je blague, faites ce que vous voulez.

Si vous savez où votre enfant ira pour apprendre la musique, faites vous conseiller par son futur prof ou par le magasin de musique pour acheter le minimum décent. Si vos moyens sont réduits, n’hésitez pas à consulter le marché de l’occasion. 

Et moi et moi et moi ?

Enfant, je n’ai pas accroché aux très secs cours de solfège. Je cherchais de l’émotion, je voulais jouer d’un instrument sans attendre un an.  Comme tous les enfants, je voulais un résultat gratifiant rapide.

Je n’ai pas trouvé grâce aux yeux de la petite chorale de mon village. Ils en faisaient des tonnes et transformaient tout en sirop poisseux. J’ai eu le tort de confier mon opinion sur la question au « Herr Kapellmeister » qui était aussi mon instituteur d’école primaire. S’en est suivi une exclusion à vie, sur le champ.  Ce dégoût pour le sucre et mon incapacité à ne pas donner mon avis me sont restés, à croire que le bon goût et le mauvais caractère se forment tôt dans l’enfance.

J’ai suivi, puis donné des cours particuliers pendant quelques années et j’aimais suivre les progrès de mes élèves appliqués. Je m’efforçais de transmettre ce que moi-même j’avais appris. Mais le manque de sérieux de certains, tant au niveau du travail que des présences était agaçant.

J’ai suivi comme élève, puis donné cours de fingerpicking au CC Dison pendant quelques années et le fait de faire partie d’une structure organisée était un vrai bénéfice à la fois pour l’élève et l’enseignant. J’ai aussi rencontré des gens très sympas et intéressants en côtoyant les autres profs. L’aspect difficile était de concilier au sein d’un groupe les niveaux différents et les aspirations parfois diamétralement opposées des élèves.

Mon expérience à moi n’est évidemment qu’un exemple anecdotique parmi des milliers d’autres. J’ai toujours été attiré par la musique. Et j’en fais, finalement c’est tout ce qui compte.

Bonne rentrée scolaire à tous !

Places We Have Been de J. Stotzem, le making-of de la vidéo

Le prochain CD de Jacques Stotzem, « Places We Have Been » sort en septembre. Jacques Stotzem m’a invité à réaliser un trailer pour la promotion de son album. Ca devient presque une habitude, tout en restant un plaisir immense et un honneur.  Ca me donne également l’opportunité de découvrir les morceaux du nouvel album en primeur. Spoiler alert : il est vraiment chouette.

"Places We Have Been" - Jacques Stotzem

« Places We Have Been » – Jacques Stotzem

Pour moi c’est aussi l’occasion d’assouvir mon vilain pêché : déballer mon petit matos. C’est d’autant plus agréable quand je ne dois m’occuper que du côté pile et pas du côté face (caméra). 

Les préparatifs

Cette fois, pour me faciliter la tâche j’ai emprunté une seconde caméra Panasonic Lumix FZ 2000, identique à celle que je possède déjà. Les mélanges de caméras trop différentes sont une horreur à gérer au moment du montage, surtout quand on travaille sur des plans coordonnés d’un même sujet. Même avec deux caméras identiques, l’éclairage peut créer des différences dans le rendu de l’image. Une petite charte de gris avec une mire couleur (qui fait le maximum) vient bien à point dans ce cas. Certaines choses peuvent paraître des gadgets inutiles vu de loin, mais pouvoir corriger les couleurs avec une telle charte et pouvoir aligner l’image avec le son à l’aide d’un clap sont un précieux gain de temps. Sans parler de l’indispensable petit moniteur de contrôle pour vérifier le cadrage et la mise au point.

Mon petit matos pour le trailer de "Places We Have Been" - Jacques Stotzem

Mon petit matos pour le trailer de « Places We Have Been » – Jacques Stotzem

J’ai passé un bon moment à réfléchir à l’avance à mes réglages pour ne pas avoir à prendre des décisions techniques le jour du tournage. Le plan retenu est de filmer en « 4K » (UHD) avec l’intention de faire le montage final en HD 1080, histoire d’avoir un peu de marge de (re)cadrage. Mes réglages ont été testés, documentés, approuvés  et sauvegardés pour éviter les gaffes dans le rush du moment.

Se mettre à l’abri des mauvaises surprises c’est aussi prévoir des batteries en nombre suffisant pour tout le matos et surtout de ne pas oublier de les charger la veille !

Initialement l’idée était de percher le micro, mais finalement on a opté pour le plan B en plaçant simplement un petit micro devant la guitare. Simplement signifie quand même quelques minutes de tâtonnement pour trouver le « sweet spot », la meilleure position sans trop compromettre l’image. 

Le jour du tournage

Le lieu de tournage choisi par Jacques est « la villa sauvage« . C’est une belle et grande bâtisse datant de 1872. Nichée dans une impasse le long de la Vesdre,  elle a longtemps été inoccupée avant d’être restaurée et transformée en maison d’hôte. Elle héberge aussi des événements, des expos, une salle de séminaires et des ateliers d’artistes.

La villa sauvage (Verviers)

La villa sauvage (Verviers)

Finalement, tout au long de la réflexion et du tournage nous avons simplifié, élagué, raccourci, ce qui est en général un signe de bonne santé pour un projet. Même au montage nous avons encore supprimé des choses. Du coup, nous n’avons utilisé qu’une fraction de ce que j’avais emporté. Mais l’essentiel n’est pas de tout utiliser mais d’avoir ce qui est nécessaire. Comme le dit le principe de la gestion de projet : K-I-S-S : Keep It Simple Stupid.

"Places We Have Been" - Jacques Stotzem

Tournage « Places We Have Been » – Jacques Stotzem

(Two) Places we have been

Deux emplacements ont retenu notre attention : une veranda baignée de lumière, et un espace plus intime devant un magnifique miroir ancien. Les grands espaces intérieurs décorés sobrement et lumineux se prêtent idéalement à notre projet.

Pendant un instant nous avons envisagé de filmer en extérieur. Mais sur une vidéo plutôt courte avec peu de plans alternatifs entre les prises principales, la cohérence visuelle et narrative aurait explosé.

"Places We Have Been" - Jacques Stotzem

« Places We Have Been » – Jacques Stotzem

Une mappemonde ancienne appartenant à Jacques, et la pochette de l’album où figure cette même mappemonde, serviront de plans de transition entre les deux ambiances. La prise unique en multicaméra est vraiment la bonne idée. Il a suffi ensuite de filmer quelques angles alternatifs pour avoir une image cohérente et facile à monter.

"Places We Have Been" - Jacques Stotzem

« Places We Have Been » – Jacques Stotzem

Avec un nouvel ordinateur qui a avalé et digéré les gros fichiers comme un Hobbit mange son petit-déjeuner, le montage s’est passé sans soucis. Mon ordinateur n’a pas planté une seule fois, on se croirait presque sur Mac.

Le résultat final

Voilà, je vous laisse découvrir le fruit de notre travail , et surtout la musique de Jacques Stotzem qui figure sur l’album « Places we have been » qui sort en septembre, et dont je vous reparlerai en détail.

 

Godox SL60W : éclairage vidéo

Godox SL60W

Godox SL60W

Bon, comme je suis un être très cohérent, juste après m’être interrogé sur la pertinence de me « disperser » dans la vidéo, j’ai acheté une nouvelle lampe.

Je zieutais les Aputure 120D, mais dans les 7-800 € c’était un peu cher. Cher pour mon budget, mais aussi pour mon usage. La Godox SL60W se trouve en ligne aux alentours de 130 €. Comme toujours, il n’y a pas de miracles et on en a pour son argent. Tour du propriétaire.

Soyons lucides : un vrai pro dira que c’est de la merde, un amateur dira que c’est trop cher. Un amateur qui se veut éclairé (!) dira « Bah, pourquoi pas, je peux p’t’être apprendre des trucs  ?! ».

Pourquoi encore une nouvelle lampe ?

Une question légitime posée par ma Lovely Roadie ! Actuellement je dispose de deux bacs à lumière (bons marchés) qui sont efficaces pour éclairer une pièce. Ils diffusent une lumière stable et utile. Mais c’est un peu tout ou rien. Il faut du recul et pas mal d’ajustements pour obtenir un éclairage agréable.

J’utilise souvent l’éclairage indirect en les faisant rebondir sur les murs ou le sol comme ici lors du tournage du trailer pour l’album « The Way To Go » de Jacques Stotzem.

Trailer vidéo : les angles de prise de vue

Trailer vidéo : les angles de prise de vue

Pour mon dernier « tournage » pour le prochain album de Jacques Stotzem (qui sort en fin d’année), je m’étais servi d’un panneau LED dimmable que j’avais emprunté. On ne le voit pas sur l’image, il est hors-champ, mais il m’a aidé à uniformiser l’éclairage dans la pièce. C’est un progrès de pouvoir réduire l’intensité lumineuse, mais le panneau plat envoie de la lumière partout. J’aurais aimé concentrer la lumière un peu. Pour une ambiance de jour c’est parfait. Pour des choses plus intimistes ou une ambiance claire-obscure maîtrisée c’est moins pertinent.Le cahier des charges 

J’aimerais avoir une lampe que je puisse dimmer, mais également accessoiriser avec des parapluies, des réflecteurs, et surtout avec un réflecteur en nid d’abeille pour pouvoir concentrer la lumière sur mon sujet. L’idée serait de pouvoir sculpter la matière lumineuse, par exemple en gardant le fond moins éclairé, pour obtenir un sujet mieux mis en valeur. Et si je trouve un bon moyen pour éviter les reflets sur les lunettes et la guitare, je gagnerais un temps précieux.

Pourquoi la Godox SL60W ?

Essentiellement pour son prix et les tests honnêtes mais plutôt positifs que j’ai vus sur le net.

Techniquement, c’est une grosse LED montée sur un radiateur sous lequel se trouve un ventilateur. Le corps de la lampe est métallique et ne chauffe pas. Elle pèse environ 2.4 kilos et malgré la présence de plastique, la prise en main reste rassurante. La poignée qui sert à ajuster l’inclinaison est longue ce qui facilité le serrage.

Elle délivre une lumière blanche (avec une très légère teinte magenta/vert). La température de couleur (fixe) est donnée à 5600±300KC. L’index colorimétrique est de >95R ce qui signifie une colorimétrie correcte, mais pas parfaite. Elle délivre 4100 Lux à 1 m à 100%. 

Godox SL60W

Godox SL60W

Godox SL60W

Godox SL60W

On peut piloter la lampe à l’arrière ou via une télécommande. On peut grouper plusieurs lampes pour les piloter en parallèle ou faire des groupes séparés (de mémoire, on dispose de banques de A àE et de numéros de 1 à 8 dans chaque banque, ce qui fait bien plus de possibilités qu’il ne m’en faudra jamais).

Godox SL60W

Godox SL60W

Les défauts 

Cette lampe a des défauts qui sont décrit largement sur le net. Apparemment certains de ces défauts varient d’une lampe à l’autre. Il ne faut pas hésiter à renvoyer une lampe pour en tester une autre. Les défauts marquants sont

  • une finition un peu légère pour un usage intense 
  • pas d’alimentation sur batterie
  • un léger bruit de ventilateur (un peu moins fort qu’un ordinateur portable)
  • des clignotements quand on dépasse des vitesse d’obturateur de 1/500s qui rendent son usage compliqué en photo
  • une télécommande asynchrone (si on fait un réglage sur la lampe, puis qu’on se sert de la télécommande, tous les réglages basculent vers les valeurs de la télécommande)
  • une luminosité qui la cantonne à des petits projets
  • une couleur à corriger légèrement en post-production

Mais ceci est compensé par une différence de prix de 500-600 € avec le premier concurrent direct.

Les avantages  

  • le prix (j’insiste)
  • une lumière intense et plutôt cohérente
  • une construction monobloc sans alimentation externe (pas de brique pendue à un fil) facile à emballer et transporter
  • fournie avec un diffuseur et un couvercle qui sert également de « snoot » pour créer un faisceau lumineux étroit.
  • une monture standard en dessous (« spigot ») pour les pieds d’éclairage, solide à première vue et facile à manipuler 
  • une monture standard devant la lampe (« Bowens ») pour les accessoires de modification d’éclairage 
  • une télécommande imparfaite, mais c’est une télécommande
Godox SL60W

Godox SL60W (la teinte bleutée est due à un filtre Instagram)

Niveau couleur, je n’ai rien constaté d’ingérable, juste une très légère teinte magenta/vert … à première vue. Mais ma méthode est loin d’être scientifique. On verra quand j’aurai des vrais rushes à traiter, surtout maintenant que Vegas Pro 17 a un outil décent pour le color grading.

Le bruit est vraiment faible, mon frigo est plus bruyant. Vivant dans un environnement rarement silencieux, je l’entends à peine. Les personnes qui utilisent des micros directionnels proches de la source sonore ne s’en plaignent pas. Au pire, un petit nettoyage du bruit blanc en post-prod reste envisageable.

J’attends de recevoir mon dôme avec nid d’abeille pour faire des tests approfondis pour me faire un avis définitif, mais il y a de quoi faire.

Godox SL60W

Godox SL60W

Godox SL60W

Godox SL60W

 

Jouer en public ou publier des morceaux en vidéo ?

Je publie rarement des vidéos de mes morceaux, faute de temps. Dernièrement j’ai publié la vidéo de Lùnasa, ce qui m’amène à quelques réflexions. Les occasions de jouer en public se font parfois rares. On pourrait penser que poster une vidéo de ses morceaux peut « faire l’affaire ». Pourtant les sentiments sont bien différents. Certains de nos jours se contentent d’une carrière sur le net, j’aurais du mal à m’en satisfaire.

Le temps passé

Si on ne tient pas compte du temps passé à répéter et à s’installer pour un concert, jouer des morceaux en public prend environ le temps de les présenter et de les jouer et de recueillir les éventuels applaudissements.

Se filmer nécessite des moyens plus importants et une installation conséquenteSi on veut « juste » une vidéo plus ambitieuse qu’un cadrage sans tête sur ou sous-exposé avec le son brut et souvent insatisfaisant d’un smartphone, il faut un peu matériel et de préparation. Toute cette installation prend la tête et consomme une énergie importante qui est perdue pour la musique. En concert on ne pense qu’à jouer le morceau. Évidemment, on peut faire plus simple, ou installer un studio fixe pour gagner du temps … si on a la place ou si on désire se consacrer uniquement aux morceaux postés en ligne. Ce n’est pas mon cas. Et puis j’avoue que j’aime jouer avec ce matériel. Mais je préfère m’en servir pour parler de matos.

fond de scène "boisé"

fond de scène « boisé »

Ce n’est pas par prétention pour mon image, mais je trouve qu’une vidéo floue ou mal éclairée, mal cadrée et un son mal fichu ne rendent pas vraiment justice à la musique. Il faut au moins que ce soit propre, bien que cette notion soit subjective. L’exception c’est la petite séquence en clin d’oeil, un partage en apprentissage, ou une vidéo live où il s’agit un souvenir d’un moment capté … dans l’instant présent, ce qui peut excuser l’un ou l’autre défaut visuel ou sonore. 

Cent fois sur le métier, remettre son ouvrage

Quand on se filme, la tentation est grande de recommencer pour une note un peu écrasée. Lors de l’enregistrement de Lunasa, j’avais fait une version vraiment chouette, j’ai juste fait une petite erreur en inversant les harmoniques à la fin du morceau. Ca ne sonnait même pas si mal. C’est la vérification même de l’adage « L’expérience c’est de faire des fautes plus belles. ». J’étais très content de l’interprétation et de l’emotion par ailleurs. En live ce serait passé crème, mais pour une vidéo il fallait recommencer, parce que ce n’est pas ce que je voulais « dire ». 

Dans l’instant des morceaux

Quand je joue devant un public, le lien que je crée les gens dans le moment existe et m’aide à interpréter le morceau différemment (et souvent mieux, ou en tout cas ressenti comme tel) que quand je joue seul. Il est difficile de partager une émotion quand on est seul face à des spots et des caméras. Il faut se mettre dans le mood, ce qui n’est pas toujours facile.

Je me souviens avoir lu que le power-duo Rodrigo y Gabriella avait des soucis à retrouver le punch des concerts en studio et que l’enregistrement de leur premier album avait été laborieux. C’est, toutes proportions gardées, également mon cas.

David van Lochem – Musik Marathon Eupen 2019

La relation à l’interprétation de l’oeuvre pour un musicien est différente de celle d’un peintre, d’un photographe ou d’un vidéaste. Ces derniers créent et puis présentent l’oeuvre finie. En dehors de l’acte de composition, le musicien recrée son oeuvre à chaque fois qu’il joue ses morceaux en public. Le lien entre la création et le fruit de la création est instantané et gratifiant.

A la fin du concert, l’étui de guitare se referme sur le moment passé et il reste l’émotion pure, sans les attentes que les publications en ligne amènent. 

Les attentes 

Quand on se filme, vient le moment où il faut se demander si c’est « suffisant » pour être publié, malgré la somme des petites insatisfactions cumulées. Car il faut trouver l’adéquation entre l’effort et les moyens consentis pour les morceaux et le retour attendu. Surtout pour moi dont ce n’est pas le métier.

Quand c'est "goodenough"

Quand c’est « goodenough »Évidemment le tournage d’un clip scénarisé comme le magnifique clip des Suffocating minds est d’une toute autre nature. Le retentissement et le retour d’un tel moyen de promotion méritent les moyens mis en oeuvre. 

Mais grâce aux (ou plutôt à cause des) algorithmes des réseaux sociaux, la diffusion non sponsorisée de morceaux sur les réseaux sociaux aura un impact artificiellement limité. On reste sous les 3% de visibilité, alors même qu’on diffuse au sein des gens qui ont aimé une page. Cela amènera quelques dizaines de likes, un ou deux partages et quelques commentaires qu’on espère positifs. La durée de vie de la vidéo est très courte, quelques heures, pas plus d’une journée ou deux.

On cherche un peu de visibilité en postant à gauche et à droite. L’exercice est ingrat. On ne sait pas ce qu’il faut en attendre. Qu’est ce qu’un retour « suffisant » ? On se compare aux autres, à ce qu’on a réalisé déjà, on se mesure. Immanquablement on se pose des questions sur la qualité de ce qui a été produit. Visuellement évidemment, musicalement surtout. Il faut digérer ça.

Pire, si je mets de l’argent sur la promotion en ligne, j’ai la sensation de tricher, de tarifer l’appréciation de mes oeuvres, de me payer la claque. Je le conçois pour promouvoir un concert ou un album, moins pour la diffusion des morceaux. L’applaudissement a quelque chose de plus spontané, de plus organique et naturel.

Quand je joue en public je me dis toujours que je sais pourquoi je fais de la musique. Quand je poste une vidéo, il m’arrive de me dire « à quoi bon ? ».

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