Reprendre après une interruption forcée

Même les plus passionnés sont parfois contraints à observer une interruption temporaire de leur pratique musicale. Maladie, blessure, grossesse, période de stress professionnel intense, vacances ou période d’examens, quelle que soit la raison pour laquelle vous avez dû vous arrêter, il faut reprendre progressivement en écoutant son corps.

Reprendre après une Interruption forcée

Reprendre après une Interruption forcée

Pour ma part, un bref séjour au ski suivi de la grippe et de son cortège de complications viennent de me mettre au repos pour plus d’une semaine.

Dans un monde idéal, il faut pratiquer son instrument tous les jours, de manière régulière, qualitative et intensive.

Si je ne répète pas un jour, je l’entends !
Si je ne répète pas deux jours, ma femme l’entend !
Si je ne répète pas trois jours, le public l’entend !
Yehudi Menuhin

Comme l’adepte du footing, un musicien doit entretenir régulièrement sa dynamique musculaire, sa précision et son endurance. Le musicien doit également entretenir sa mémoire.

Après une interruption, il ne faut surtout pas reprendre simplement sa pratique là où on l’a laissée, sous peine de souffrir ou pire, ne pas prendre de plaisir à jouer. S’il s’agit d’une blessure résultant de la pratique de l’instrument, il faut être particulièrement vigilant.

Avant toute chose, il faut finir de se soigner, acter sa guérison et repartir du bon pied en réinstaurant son hygiène de vie habituelle (ou une meilleure !): manger sainement, faire du sport, s’aérer. Si une blessure résulte d’une mauvaise pratique de l’instrument, il convient de mettre en place les corrections nécessaires. Par exemple, vous devrez être particulièrement attentif à votre posture, corriger les problèmes de longueur de sangle, de hauteur de siège, de position de lutrin, de tirant de cordes. Soignez le confort de votre tenue, hydratez-vous et respirez. Choisissez le bon moment et soignez l’endroit où vous allez pratique, un minimum de ménage et de rangement s’impose, pour un minimum de distraction et un maximum de plaisir.

Commencez par une séance d’étirements et concentrez-vous sur touts les sensations que votre posture provoque. Ne négligez pas les échauffements et jouez quelques morceaux faciles pour retrouver vos sensations de jeu et votre plaisir de jouer. Reprenez au métronome, en adaptant le tempo si nécessaire. Soulagez votre mémoire en retournant temporairement vers vos partitions. Fractionnez votre répétition si vous n’avez pas encore l’endurance pour une séance complète.

Surtout ne bâclez pas la musicalité ou la technique, les mauvaises habitudes s’installent vite. Vous devez également retrouver votre niveau d’exigence. Soyez indulgents avec votre corps, mais intransigeant pour la musique.

Commencez en douceur et arrêtez-vous en douceur avec quelques morceaux faciles et des étirements.

Allez, on s’y remet ?

Rangez les mouchoirs … voici des nouvelles !

Petit silence radio « imposé » par une semaine de ski (c’est la saison), suivi d’une semaine de grippe (c’est de saison aussi) !

Mouchoirs et guitares

Mouchoirs et guitares

Voici donc quelques nouvelles toutes fraîches.

  • Pour commencer, Jacques Stotzem publie progressivement les vidéos que j’ai montées pour lui et je me réjouis de lire vos réactions a chaque sortie, même si sa musique pèse bien plus lourd que mon activité de vidéaste occasionnel. Vous pouvez jeter un œil, et surtout une oreille par ici.

Au moment où la tournée belge pour la promotion de « To Rory – an acoustic tribute to Rory Gallagher » touche à sa fin, l’inclassable Jacques Stotzem reçoit une sorte de Grammy award belge (toutes proportions gardées), l’Octave d’honneur 2016. Je suis content pour lui, son style musical et sa carrière atypique lui permettent trop rarement d’accéder aux honneurs qu’il mérite. Il contribue autant à faire connaître la guitare en Belgique qu’il ne contribue à faire connaître la Belgique dans les pays qui aiment la guitare.

De mon côté, le prochain test de matos s’annonce passionnant pour moi, et je l’espère pour vous.

D’une part parce que, pour la première fois, je vais réaliser un test en partenariat avec un (gros) revendeur de matériel musical francophone. D’autre part, parce que le matériel à tester est une pièce d’équipement très prometteuse, un outil moderne et performant parfaitement nécessaire et en phase avec le vécu du musicien, quel que soit son style, qu’il soit soliste ou en groupe.

Le matériel est en route et les idées se bousculent déjà dans ma tête pour les articles et vidéos du test.

Parallèlement, entre deux mouchoirs, j’ai commencé à rédiger quelques lignes sur d’autres artistes, une collaboration pour un projet spécial qui sortira bien plus tard dans l’année, mais qui nécessite pas du recul et des recherches.

Voilà en ce qui concerne LA musique. Beaucoup de collaborations inspirantes en cours ou à venir.

Concernant MA musique, les pourparlers pour les concerts en 2016 continuent et j’espère pouvoir vous confirmer quelques dates rapidement.

Notez déjà que dans un mois, le 18 mars, je joue à la Taverne des Arts à Liège.

 

Waves CLA unplugged, l’ingé son en minute-soupe

217824_533818929969282_598676546_n.jpgLe Waves CLA unplugged est un plugin qui promet de mettre sous un seul toit tout ce dont vous avez besoin pour mixer les guitares, les bouzoukis, les ukuleles, les pianos, les percussions et les autres instruments acoustiques qu’il vous plaira de lui soumettre.

CLA, ce sont les initiales de Chris-Lord Age, un ingénieur du son américain. Il a signé le son de l’album de James « Living in America », la BO de Rocky IV, la BO de Prince’s pour Batman, l’album de Joe Cocker’s Unchain My Heart, l’album de Carly Simon’s Coming Around Again, ainsi que des remixes de « La Isla Bonita » de Madonna, des Rolling Stones avec « Too Much Blood » et de Bruce Springsteen pour « Dancing in the Dark », « Cover Me », et « Born in the U.S.A. ». On va dire que sa street-crédibilté est « ok ».

En collaboration avec Waves, il a mis son savoir-faire et son goût pour la compression dans une modélisation de ses processeurs préférés dans le CLA-Unplugged. Il y a aussi apposé ses initiales en échange d’une somme qu’on imagine conséquente.

Trêve de persiflage, analysons le plugin.

Quand on dispose d’une bonne prise de son de guitare (ou d’un autre instrument) tout ce dont on a besoin c’est de régler les basses, les aigus, de compresser, d’appliquer une ou deux reverbs. Au lieu de devoir recourir à plusieurs effets empilés, le plugin CLA unplugged se propose de regrouper tout que dont vous avez besoin, avec une chaîne de traitement limpide. Dans l’ordre : fader pour niveau d’entrée avec un indicateur de niveau, surmonté de deux boutons pour régler le pre-delay des reverbs, ensuite un fader pour égaliser les basses, un pour les aigus, ensuite la compression, une réverbération étroite, une plus large et un delay pour finir par le contrôle du niveau de sortie. Chaque fader dispose de trois positions en haut qui définissent la couleur ou l’intensité de l’effet, avec des préréglages très utilisables.

Waves Ltd. CLA Unplugged

Waves Ltd. CLA Unplugged

Mon avis:

La force de ce plugin est aussi sa faiblesse. Il permet d’assurer le minimum syndical si vous aimez la couleur imposée par les préréglages du plugin. Je l’ai trouvé très convaincant pour polir le son d’une vidéo ou d’une prise de son en vitesse. Si on n’est pas satisfait du rendu sonore proposé, on a pas d’autre choix que de recourir au savant mélange de plugins individuels et de leur foultitude de paramètres. Dans un mix, il fera très bien son boulot, mais le trouve peut-être un peu coloré pour une utilisation sur une guitare solo (bien que tous les goûts soient dans la nature).

C’est là que se manifeste sans doute le second, et sans doute le plus gros défaut de ce plugin: il ne vous apprend rien sur ce qui se passe sous son capot derrière les quelques faders et sous les aplats de couleurs de son prédéfinies.

En gros, ce genre de plugins, c’est comme la soupe minute, ce n’est pas mauvais, voire parfois plutôt bon, mais c’est moins bon que du fait maison, et surtout ça n’apprend pas à cuisiner les produits frais. Mais ça dépanne très bien pour un résultat très correct. A avoir dans sa boîte à outils si on peut l’avoir pas cher (Waves fait continuellement des promos sur ces plugins).

Chanter en tapant sur le Sol (et le Si)

Quand j’écoute des chanteurs qui s’accompagnent à la guitare, notamment dans les télé-crochets comme The Voice, je suis régulièrement frappé par la monotonie de l’accompagnement. Il est temps de nuancer tout cela.

Nuancer la main droite

Nuancer la main droite

Une intro sympa, premier couplet ok, ensuite à partir du premier refrain on est à fond jusqu’à  la fin de la chanson, avec parfois un outro un peu plus soft. Un seul rythme, à fond les ballons, toute la chanson, et parfois pire, pour toutes les chansons. Cela exprime sans doute la passion et l’engagement du chanteur, mais un peu de nuance ne fait pas de mal. Souvent, la guitare même est jouée aux limites de celle qu’elle peut encaisser, ça ferraille de partout sur les premiers temps des accords ouverts.

C’est le résultat d’une technique d’attaque particulière ou la main droite prend toutes les cordes mais sous un angle qui attaque particulièrement les cordes de Sol (G), de Si (B) et de Mi aigu (e). Manque de chance, dans les tonalités les plus courantes pour le chant, de nombreux accords en première position ont des notes en commun, et au lieu de percevoir la variété des accords, on entend ce continuum de notes: Mi, Sol, Si, Do. L’arpège, au lieu de donner de l’air, fait ressortir encore plus ces notes. Quand c’est un jeu aux doigts, l’index plus puissant que le majeur tend également à souligner toujours les mêmes notes.

C’est vite agaçant et l’écoute se fatigue d’autant plus vite. Pour tenter de rompre la monotonie, on joue avec un capo, mais la main droite continue son jeu obstiné ad nauseam, martelant les mêmes notes à travers le morceau.

Le matériel et l’amplification n’aident pas toujours, car pas mal de micros magnétiques sont plus sensibles à certaines notes en raison du rapport entre la masse de la corde et sa fréquence de vibration. Et le spectre médium est renforcé par les micros piézoélectriques, ce qui donne un son nasillard dans les fréquences les plus fatigantes pour l’oreille humaine.

Que faire ?

  • Admettre que ce n’est pas un « style de jeu » mais une faute de goût et une erreur technique (Hey, les ados, sst’à vous que je cause).
  • Convaincre par la beauté et l’émotion, plus que par la force.
  • Prendre des cordes moins dures.
  • Chercher d’autres rythmes de main droite, comme on cherche d’autres accords.
  • Se nourrir d’accords fermés et de renversements et ne surtout pas hésiter à changer de doigté pour un même accord dans un même morceau (si si, c’est permis !).
  • Repenser à sa setlist en fonction de la variété sonore de la guitare également, pas uniquement en fonction des thèmes abordés par les chansons.
  • Oser les hammer-on et les pulling-off qui aèrent le jeu.
  • Oser le silence et les syncopes.
  • Nuancer son attaque.
  • Jouer de l’égalisation, et de la compression pour mater les fréquences qui dépassent.
  • Travailler l’attaque de la main droite pour prendre toutes les cordes de manière égale.
  • Prendre conscience de son son en s’écoutant.

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