Et si on jetait un coup d’oeil dans la guitare ?

L'intérieur d'une guitare ... n'est pas aussi vide qu'il y paraît !

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, au milieu de votre guitare il y a un trou ! (Si à l’endroit du trou, vous rencontrez toutes sortes de machins en métal, il s’agit sans doute d’une guitare électrique, et je ne peux rien pour vous). Un trou, comme c’est étrange, alors, pourquoi ne pas y jeter un oeil ?

Regarder dans une guitare donne des informations essentielles.

Le bord du trou vous indiquera si la table est massive ou laminée. Si le fil du bois plonge le long du bord en suivant la courbure, c’est du bois massif. Si le fil est interrompu, c’est du laminé.

Cela permet également de se faire une idée de la qualité des bois et des finitions (par exemple lors de l’achat d’une guitare), en effet, des marques de décoloration, des taches de colle ou de vernis, des coups de ciseaux à bois, des éclats révèlent un manque de soin lors de la construction. Si votre guitare est vernie dans une couleur foncée, vous pourrez également vous faire une idée des bois utilisés.

C’est souvent sans impact sur le son, mais peut être révélateur d’autres soucis. Pas mal de problèmes sont visibles de l’intérieur: fissures, barrages décollés, vis desserrées pour un manche vissé, préampli ou batterie de préampli mal vissée ou mal positionnée. Vous pouvez également vérifier que les chevilles de vos cordes sont bien positionnées, et que les extrémités des cordes n’ont pas commencé à tailler la route dans le dessous de votre chevalet.

dégâts sous le chevalet ...

Comment regarder dans sa guitare ?

Si vous avez un parent ou ami dentiste, essayez de lui emprunter un miroir de dentiste (attention, les modèles grossissants ne permettent pas de voir grand chose à cause de la distance). Le plus simple est de récupérer un miroir plat ou légèrement grossissant dans un poudrier ou un étui de fard à paupières et de le coller sur un support qui lui fasse un manche suffisamment long. Le miroir sera idéalement un peu plus petit que votre rosace (sinon il ne rentre pas !). Plus grand, il ne rentre pas, trop petit, vous en verrez rien.

Il suffit de glisser le miroir entre deux cordes, pas besoin de démonter les cordes (au contraire, vous pourrez vérifier leur accrochage au chevalet) ,  En tenant le miroir d’une main, et une petite lampe de poche de l’autre, vous pourrez faire un petit tour à 360° d’exploration dans la guitare.

Capodastre G7th Newport, la bentley des capos ?

capodastre G7th Newport

On tous déjà rêvé d’avoir un index comme une barre de métal pour tenir tous les barrés d’une chanson sans se fatiguer. On a tous parfois eu besoin d’ajuster la tonalité d’une chanson pour pouvoir chanter dans une tonalité confortable.

Le capodastre est l’outil qu’il nous faut.

Je m’en sers peu à vrai dire … juste dans les cas cités en introduction et parfois pour chercher des sons décalés sur ma guitare. Mettre un capo présente quelques inconvénients:

> c’est pénible à mettre

> c’est pénible à ajuster

> ça change le son de la guitare

> ça désaccorde la guitare

> ça laisse des marques sur le manche

Depuis le développement du premier G7th Performance capo, la firme cherche à développer le capodastre ultime. La Bentley du capo*, plus cher, mais qualitatif et classe.

Les objectifs poursuivis sont:

  • ajustement rapide avec un minimum de force
  • encombrement réduit
  • design
  • confort

Le contrat est largement rempli et l’objet est très épuré, le métal est très doux au toucher, et les caoutchoucs sont qualitatifs. Le déplacement latéral de la partie frettante est nul. J’ai constaté que l’ajustement de la pression permet de respecter le timbre de l’instrument en donnant la pression adéquate, c’est tout bénéfice pour leu jey

En gros, j’en veux bien un, même si je m’en sers pas, pour décorer et montrer au monde entier que j’aime ma guitare suffisamment pour ne pas l’étrangler ou la pincer avec des objets de torture indignes d’elle. Le prix ? Un peu moins de 30 euros, mais la classe, c’est priceless. 

* si le G7th est la Bentley des capos, Björn Borg, c’est la Bentley du slip, qu’on se le dise …

Pour rappel, il existe plusieurs types de fixation. Lire la suite

Quatrième édition des rencontres Ukélé sur Meuse – 13/11/11 – l’An Vert – Liège

Petit test du Fishman Loudbox mini

Fishman Loudbox mini.

Je vous ai déjà parlé du Loudbox mini quand j’avais passé en revue sa fiche technique. Ce soir, j’ai branché ma guitare dessus et j’ai joué.

Je ne filme et n’enregistre JAMAIS un ampli. Je trouve cet exercice stupide. En fonction du positionnement du micro, par rapport à l’ampli (qui a deux diffuseurs) ainsi que par rapport à la pièce, le rendu peut varier très fort. Et si je repasse derrière avec un Eq et un compresseur pour récupérer un son potable je fausse la donne.

Ma première critique concerne le look de cet ampli. Je ne l’aime pas, pas du tout (voilà, c’est dit). Il a un quelque chose de vieillot, on croirait un machin fait en Russie ou en Allemagne de l’Est à l’époque de la guerre froide. Simili cuir moka, panneau de commande café au lait, très lait, panneau avant en tissu couleur chocolat. Quand je l’ai ramené à la maison, ma femme a cru que j’avais récupéré une vieillerie chez quelqu’un.

Le poids à la prise en main rassure … c’est un petit costaud qui a l’air d’avoir de la carrure.

Le son a le caractère Fishman, indéniablement. Puissant, structuré et solide et très propre. On aime ou on n’aime pas, mais on le reconnait. La plupart des amplis de cette gamme soufflent comme un petit PC, ici, le souffle est à peine perceptible. Les règlages sont simplistes mais efficace, et j’ai trouvé rapidement un son de référence exploitable. J’ai quasiment joué avec un EQ plat, ce qui est plutôt bon signe. Si le son de base du micro de la guitare n’est pas équilibré, il sera bon de disposer d’un préampli avec EQ paramétrique pour tailler plus finement le son. D’usine, les basses ont l’air un peu poussées (du moins plus que sur le Loudbox 100), sans doute pour compenser la petite taille de l’ampli. Les effets sont tout à fait corrects et on peut doser chorus et reverb séparément pour une belle palette de sonorités. Le canal micro est du même tonneau, rien à redire, mais pas d’alimentation fantôme.

Question de réglage peut-être, mais de temps à autre, je sentais le son un peu à l’étroit dans cette petite boite. Peut-être parce que ce son est plus directionnel, très nettement en cône, ce qui ne serait gênant que dans une salle de taille moyenne à grande. Il chauffe un peu, mais rien d’inquiétant.

Mais pour 357 euros, il remplit son contrat.

En le comparant avec mon Loudbox 100 (qui coûte tout de même le double !), j’ai toutefois déploré toutes sortes de petites choses qui facilitent la vie sur scène.

Fishman Loudbox 100

Par ordre d’importance, j’ai tiqué sur:

  • pas de mute pour couper le son
  • pas de grille frontale en métal pour protéger le diffuseur (la scène et le transport, c’est pas le pays des bisounours)
  • pas filtre Notch contre le Larsen
  • pas de DI pre uniquement un mix post (impossibilité d’enregistrer un son direct en plus de se repiquer vers une sono)
  • pas d’alimentation fantôme pour l’entrée micro
  • des boutons légers, plus fins
  • pas de coins renforcés
  • un look pourri et une sensation générale moins « sérieuse » (ok, j’aime les amplis noirs)

Alors, il n’est pas cher et il est suffisamment puissant, à part son look, je n’ai pas de réel reproche vis à vis de cet ampli. Son prix le situe dans une gamme où se trouvent les premiers Roland, Fender et Marschall pour guitares acoustiques … et ce n’est pas un hasard. Ce qui me réjouit c’est de retrouver, dés le premier prix de la gamme, les qualités du son Fishman (ou ses défauts selon les détracteurs de la marque).

Mais pour quel usage ? Ampli de répétition, ampli de salon ? Ce sont des concepts qui paraissent étranges pour la guitare acoustique. Sans doute, grâce à son volume,  il est approprié pour un usage scénique occasionnel, pour des petites scènes, pour qui aime voyager léger et ne dispose que d’un budget serré. Je le vois bien dans des configurations simple de type songwriter, une voix, une guitare pour des concerts plus intimistes.

Je me dis que tôt ou tard le besoin de « plus » se fera sentir. Fishman a également décliné un nouveau Loudbox Artist … plus puissant et équipé comme le Loudbox 100 (mais avec une section d’effets dopée de flanger, delay et autres fantaisies), mais (hélas) … avec le même look (pourri) que le mini.

Conclusion: je garde mon Loudbox 100 ! Mais il fut une époque où j’aurais été ravi de trouver un ampli de ce prix. Par contre, je me demande si Fishman tentera un jour l’aventure d’un preampli DI bodybuildé, sur le modèle des D-Tar Mama Bear ou Tonebone ? Du point de vue de l’électronique, tous les éléments sont là.

Edit: si vous voulez le voir en action, voici la vidéo démo de chez Fishman, avec pas mal d’infos sur les réglages :