Petit test du Fishman Loudbox mini

Fishman Loudbox mini.

Je vous ai déjà parlé du Loudbox mini quand j’avais passé en revue sa fiche technique. Ce soir, j’ai branché ma guitare dessus et j’ai joué.

Je ne filme et n’enregistre JAMAIS un ampli. Je trouve cet exercice stupide. En fonction du positionnement du micro, par rapport à l’ampli (qui a deux diffuseurs) ainsi que par rapport à la pièce, le rendu peut varier très fort. Et si je repasse derrière avec un Eq et un compresseur pour récupérer un son potable je fausse la donne.

Ma première critique concerne le look de cet ampli. Je ne l’aime pas, pas du tout (voilà, c’est dit). Il a un quelque chose de vieillot, on croirait un machin fait en Russie ou en Allemagne de l’Est à l’époque de la guerre froide. Simili cuir moka, panneau de commande café au lait, très lait, panneau avant en tissu couleur chocolat. Quand je l’ai ramené à la maison, ma femme a cru que j’avais récupéré une vieillerie chez quelqu’un.

Le poids à la prise en main rassure … c’est un petit costaud qui a l’air d’avoir de la carrure.

Le son a le caractère Fishman, indéniablement. Puissant, structuré et solide et très propre. On aime ou on n’aime pas, mais on le reconnait. La plupart des amplis de cette gamme soufflent comme un petit PC, ici, le souffle est à peine perceptible. Les règlages sont simplistes mais efficace, et j’ai trouvé rapidement un son de référence exploitable. J’ai quasiment joué avec un EQ plat, ce qui est plutôt bon signe. Si le son de base du micro de la guitare n’est pas équilibré, il sera bon de disposer d’un préampli avec EQ paramétrique pour tailler plus finement le son. D’usine, les basses ont l’air un peu poussées (du moins plus que sur le Loudbox 100), sans doute pour compenser la petite taille de l’ampli. Les effets sont tout à fait corrects et on peut doser chorus et reverb séparément pour une belle palette de sonorités. Le canal micro est du même tonneau, rien à redire, mais pas d’alimentation fantôme.

Question de réglage peut-être, mais de temps à autre, je sentais le son un peu à l’étroit dans cette petite boite. Peut-être parce que ce son est plus directionnel, très nettement en cône, ce qui ne serait gênant que dans une salle de taille moyenne à grande. Il chauffe un peu, mais rien d’inquiétant.

Mais pour 357 euros, il remplit son contrat.

En le comparant avec mon Loudbox 100 (qui coûte tout de même le double !), j’ai toutefois déploré toutes sortes de petites choses qui facilitent la vie sur scène.

Fishman Loudbox 100

Par ordre d’importance, j’ai tiqué sur:

  • pas de mute pour couper le son
  • pas de grille frontale en métal pour protéger le diffuseur (la scène et le transport, c’est pas le pays des bisounours)
  • pas filtre Notch contre le Larsen
  • pas de DI pre uniquement un mix post (impossibilité d’enregistrer un son direct en plus de se repiquer vers une sono)
  • pas d’alimentation fantôme pour l’entrée micro
  • des boutons légers, plus fins
  • pas de coins renforcés
  • un look pourri et une sensation générale moins « sérieuse » (ok, j’aime les amplis noirs)

Alors, il n’est pas cher et il est suffisamment puissant, à part son look, je n’ai pas de réel reproche vis à vis de cet ampli. Son prix le situe dans une gamme où se trouvent les premiers Roland, Fender et Marschall pour guitares acoustiques … et ce n’est pas un hasard. Ce qui me réjouit c’est de retrouver, dés le premier prix de la gamme, les qualités du son Fishman (ou ses défauts selon les détracteurs de la marque).

Mais pour quel usage ? Ampli de répétition, ampli de salon ? Ce sont des concepts qui paraissent étranges pour la guitare acoustique. Sans doute, grâce à son volume,  il est approprié pour un usage scénique occasionnel, pour des petites scènes, pour qui aime voyager léger et ne dispose que d’un budget serré. Je le vois bien dans des configurations simple de type songwriter, une voix, une guitare pour des concerts plus intimistes.

Je me dis que tôt ou tard le besoin de « plus » se fera sentir. Fishman a également décliné un nouveau Loudbox Artist … plus puissant et équipé comme le Loudbox 100 (mais avec une section d’effets dopée de flanger, delay et autres fantaisies), mais (hélas) … avec le même look (pourri) que le mini.

Conclusion: je garde mon Loudbox 100 ! Mais il fut une époque où j’aurais été ravi de trouver un ampli de ce prix. Par contre, je me demande si Fishman tentera un jour l’aventure d’un preampli DI bodybuildé, sur le modèle des D-Tar Mama Bear ou Tonebone ? Du point de vue de l’électronique, tous les éléments sont là.

Edit: si vous voulez le voir en action, voici la vidéo démo de chez Fishman, avec pas mal d’infos sur les réglages :

Et les guitares en bois durable ?

Martin OMCGTE Cherry

Je regardais une vidéo de Chris Martin IV, le directeur actuel de Martin guitar company. Je trouvais particulièrement intéressant qu’il se pose des questions sur l’avenir du bois, la matière première utilisée pour fabriquer les guitares. 

Il s’interroge pour deux raisons.

– il est à la tête d’une entreprise familiale, qui en est à la sixième génération

On est bien loin du modèle des entreprises qui pratiquent la course en avant sur une terre brûlée. Il se demande de quoi vivra et que vendra la septième génération, si les stocks de bois sont épuisés et que le monde n’a pas exploré des alternatives.

–  il est depuis quelque temps père d’une petite fille

Il se demande quelle planète il lui laissera ? Et il ne veut pas que sa fille lui dise un jour que c’est lui qui a coupé le dernier arbre de la planète. Et le plus incroyable, c’est qu’il se pose cette question depuis les années 70, avec la raréfaction du palissandre et la recherche de solutions de substitution ! Depuis les années 90, ils se sont penchés sur la solution des bois certifiés FSC.

Je pense que la tradition n’est pas une raison suffisante pour continuer à arpenter impunément le cul de sac.

Ma question est jusqu’à quel point peut on accepter de faire un compromis sur le son pour une affirmation environnementale (vaste sujet, quelque part entre la philosophie, des choix personnels … et la musique). Sachant qu’a priori les modèles OM habituels modernisés pour la scène ne sont pas les pires en termes de bois rares (pin sitka et palissandre indien, et … ébène (un peu plus critique, je crois).

J’en tire deux conclusions, je dois absolument un jour visiter l’usine Martin et je souhaite me pencher sérieusement sur les modèles de la série SW (sustainable wood).

Martin OMCGTE Cherry

Note: Et pour ceux qui pensent que ces histoires de labels sont une fumisterie, je vous invite à lire les soucis que Gibson a eu pour avoir vendu des guitares soi-disant FSC avec du bois non FSC. Ils ont eu droit à une descente dans leurs entrepôts, et la saisie de stocks de bois.

Une autre vidéo sur le même sujet:

Dans la vie d’un guitariste, il y a toujours 3 guitares !

Qui est elle ?

Dans la vie d’un guitariste, il y a toujours 3 guitares: sa première guitare, celle qu’il a, et celle qu’il voudrait.

Ma première guitare était une Takeharu Dreadnought. Ma guitare actuelle est une OM Bourgeois. Celle que je voudrais, je ne la connais pas encore … mais par contre je connais ses caractéristiques idéales.

Je verrais bien ma future sous les traits suivants – désolé pour les néophytes, je vais jargonner un peu 🙂 :

  • un modèle OM (ou OMC, avec cuttaway)
  • 14 cases à la jonction caisse/manche
  • un « venetian cuttaway », donc une extrémité plutôt arrondie
  • une tête fermée, rectangulaire
  • des décorations sobres, idéalement pas de nacre
  • pas de binding au manche (facultatif)
  • un binding synthétique
  • une déco de rosace fine contrastée et élégante
  • un pickguard en cellulo « drop shaped », en forme de goutte d’eau, vierge de décorations
  • un manche stable (éventuellement composite, ou lamellé)
  • des bois récoltés durablement: une table massive en pin Sitka, les éclisses et les côtés en un bois durable proche de l’indian rosewood
  • un son sec et puissant sans absorption dans le bas médium, des basses rauques en attaque et rondes en sustain et des aigus propres et rond et un son très détaillé dans le haut médium
  • pas d’overtones sur certaines cordes ou fréquences
  • une teinte naturelle (pas de sunburst et autres folies)
  • un système d’amplification piezo + micro de rosace,  avec un préampli dans l’eclisse doté d’un accordeur et d’un EQ paramétrique et d’un Notch+Phase (pas de modelisation, pas de lampes)
  • un coffre composite ou fibre de verre doté d’un hygromètre

Ce serait peut-être une Martin, ou un des nombreux modèles d’OM à la construction similaire. J’avoue que ma Bourgeois reste plaisante, même si elle souffre.

En ce qui concerne les bois durables, je serais prêt à faire une véritablement affirmation pour l’environnement, mais je ne sais pas quel compromis j’accepterais sur le son. Il est dommage que bcp de tests de guitare se font avec des morceaux un peu new-age, en open-tuning à la DADGAD, et pas avec des choses un peu plus rugueuses, car mon son de référence est bien entendu celui de Jacques Stotzem.

Alors si vous connaissez l’heureuse élue, laissez un commentaire ci-dessous.

Faire du bruit … commencer la promo.

Avec quelques dates en vue, j’en profite pour (enfin) faire usage de mes affiches !

David van Lochem au village de Noël