Note: Je suis tombé sur ce monstre il y a quelques jours, j’ai sauvé l’image mais oublié de noter la source.
Pendant ce temps, au laboratoire de musique …
Je suis passé rendre visite à Olivier Poumay et Juan Campos. Ma caméra les a surpris en plein travail sur leur nouveau projet musical. J’ai eu l’impression de pénétrer dans un laboratoire … ou un atelier. Un endroit où la musique se façonne à la main, en taillant dans la matière sonore, en ponçant, en limant les aspérités, mais en gardant assez de rugosité dans le beau pour interroger nos sens.
De l’harmonica, des percussions, des effets … et une approche désinhibée de la musique qui les pousse à ouvrir toutes les portes qui se présentent. Derrière chacune de ces portes on trouve de tout, du classique, des airs populaires et de l’interaction avec des sons naturels.
Olivier partage régulièrement la scène avec moi pour notre projet de duo guitare-harmonica.
La grande claque et la grande classe: Jacques Stotzem aux Francos 2014

Jacques Stotzem @ Francofolies de Spa 2014
Après avoir assisté vendredi aux concerts de M, Julien Doré et Hooverphonic sur la grande scène Pierre Rapsat, me voilà en route pour Spa pour un autre concert : Jacques Stotzem en concert au théâtre des découvertes ce lundi 21, jour de la fête nationale.
Il pleut des cordes. En traversant la ville, je croise d’étranges créatures errantes ou assises de-ci de-là, réfugiées à deux ou trois sous des ponchos en plastique. Ces grands sacs à proximité des guinguettes parfois désertées me donnent vaguement l’impression que le ramassage des poubelles n’a pas encore eu lieu.
Il y a une indéniable ambiance de fin de festival… les gens ont l’air fatigués sous la drache. Je suis donc un peu surpris de voir autant de monde massé à l’entrée du théâtre de Spa pour l’un des derniers concerts de la dernière soirée du festival. Autre sujet d’étonnement, je ne connais personne. J’ai connu (attention : voici la minute du vieux fan) l’époque où je connaissais le prénom des deux tiers des personnes venues assister à un concert de Jacques. C’était le bon temps ? Non, c’était l’époque où ce grand maître de la guitare n’avait pas le succès qu’il méritait et ne touchait qu’un public étroit de guitaristes belges avertis. Le comble est qu’avec mes lunettes embuées et le contre-jour en entrant dans la salle, je manque ne pas reconnaître la seule connaissance qui me salue !
Après avoir patienté dans l’entrée pendant la rapide balance son, en regrettant qu’il n’y ait pas de bar pour une petite bière, direction le premier rang de la salle. J’aime bien voir et entendre l’élégant jeu de Jacques.
Dès les premiers mots, le ton enjoué de la voix ne trompe pas. Jacques est ravi d’être là, ce qu’il confirme avec les premières notes de guitare. Malgré une balance rapide, le son est bon, équilibré et pas trop fort. Les moindres nuances sont présentes, on l’entendrait presque respirer cette Martin OMC JS Signature. Quelle claque ! Quelle classe !
Le son est tellement magique que je regrette, pendant l’une ou l’autre balade, que mon voisin interrompe ma rêverie avec les bips-bips de son autofocus et les *SHLAFF* de son déclencheur. Ça fait un moment que je n’avais pas entendu un déclencheur aussi bruyant. Pourtant si j’en crois le nombre de prises de vues par minute, ça doit être du numérique. Les deux photographes qui officient sur le devant de la scène sont bien plus discrets.
Personnellement, je n’ai pris que mon smartphone pour prendre quelques images souvenir, et tant pis pour les absents.
Le programme de la soirée oscille entre les compositions qui ne quittent plus le répertoire de Jacques et des extraits des albums Catch the Spirit I et II. Catch the Spirit – capter l’âme – c’est exactement ce que Jacques parvient à faire avec son jeu à la fois diaboliquement efficace et divinement subtil. Le public est charmé et enthousiaste, et chaque morceau est salué d’une salve d’applaudissements mérités.

Jacques Stotzem @ Francofolies de Spa 2014
Assis dans la salle, je me dis que cet homme seul avec une guitare a enfin le succès qu’il mérite dans son pays d’origine. En restant lui-même, jusque dans la moindre note des morceaux de rock classique qu’il affectionne et s’approprie. Son plaisir et son envie de jouer sont palpables. Débordé de travail, entre la promotion, les tournées de concert et la composition, Jacques est debout sur une scène, devant un public enthousiaste. Il est content, heureux, presque ému et on sent que la vie qu’il aime est là, contenue dans cet instant précis.
Le concert se termine bien trop vite. Le public a encore faim … 3 rappels, 3 standing ovations méritées. Il nous offre même une nouvelle composition, une balade magique où chaque variation amène une nouvelle couleur, un nouveau ravissement.
Infatigable, Jacques replie son matos, puis court (littéralement) donner une interview à Classic21 pour y jouer encore, un morceau en direct … et une version bluesy de la Brabançonne, fête nationale oblige.


