Le retour du Fishman SoloAmp SA220

Fishman Soloamp SA 220

Fishman Soloamp SA 220

Un petit « nouveau » vient de rejoindre l’écurie de mon matériel pour le live.

Il y a quelques années, j’avais testé un Fishman Soloamp (aka SA 220). J’aimais bien cet ampli pour la projection du son, sa puissance et sa maniabilité. Conçu pour un transport facile et un encombrement acceptable, c’est un bel outil destiné aux solistes chanteurs, et parfait pour un soliste instrumentiste. Avec son installation en colonne, il convient bien aux petites scènes où il projette son son à hauteur d’oreilles. Je lui trouve une certaine élégance également, mais c’est très subjectif.

À la suite de diverses péripéties liées à un transport et à un prêt, visiblement défectueux, il était resté en cale sèche chez un ami qui avait renoncé à s’en servir ou à la faire réparer. Pour ma part, je n’avais pas de place pour héberger un ampli cassé, d’après ma femme.

Dernièrement, je m’étais mis à la recherche d’une sono compacte (dans le style des Stagepass de Yamaha), pour certains scènes où les 100 Watts de mon Loudbox sont un peu courts pour des raisons de taille ou de disposition scénique, mais, j’avais renoncé faute d’argent.

Puis je me suis souvenu de cet ampli.

Je suis un adepte des 3R: réutiliser > réparer > recycler. Je ne suis pas du tout convaincu par l’idée que la destruction de biens matériels profite à l’activité économique et je pense à la charge environnementale des objets trop vite jetés.

Et si cet ampli, avec le prix d’une réparation, était à ma portée ? Tant que le prix, réparation comprise, restait sous la moitié du prix du neuf, c’était un pari à tenter. Et si cet ampli pouvait boucher le trou dans mon setup ?

Après un retour en atelier, le voilà donc apte au service.

Taillé pour la guitare acoustique, pouvant accueillir chant et parole sur un second canal, avec 220 Watts, et un mode « moniteur » permettant de l’utiliser en combinaison avec mon Loudbox, il a tout ce que je cherche. Plus de puissance, une projection en line-array qui couvre bien l’espace et la facilité d’emploi et de réglage d’un ampli Fishman. Son son est un peu plus coloré dans les médiums que mon Loudbox de première génération, mais me convient bien. (en fait, il se rapproche du son des nouveaux Loudbox couleur crème produits depuis la sortie de cet ovni qu’est le SoloAmp).

Je le teste actuellement en répétition pour m’assurer que la réparation « tient ». Il servira pour le Beerlovers Festival de Liège et le marché de Noël.

Concert annulé: pas de duo avec Olivier Poumay ce 25/10/2014

OLYMPUS DIGITAL CAMERAComme déjà mentionné sur Facebook hier,  le concert de ce samedi 25 est annulé pour des raisons administratives.

Tous les frais occasionnés étant à couvrir par la billetterie, le montant dû à la Sabam ne permettait pas de maintenir l’évènement. Si jouer gratuitement était éventuellement envisageable, payer pour jouer est contraire à nos principes.

La musique doit rester gratuite, surtout pour ceux qui la font.

Avec toutes nos excuses pour ceux qui comptaient venir.

Trio de potes, sauce guitare : Jacques Stotzem, Huang Chia-Wei et Dave Goodman

Quand dans la file à l’entrée j’ai entendu une dame dire « Mersè ! » je me suis dit, pas de doute … je suis à Verviers. Et si je suis là, c’est parce que c’est la soirée de la guitare acoustique du Festival de la guitare de Verviers. Un festival que Jacques Stotzem a initié il y a quelques année avec Francis Geron, le charismatique patron du légendaire Spirit of 66.

La trame de la soirée est connue. Calquée sur les « all star guitar nights » américaines, elle rassemble ce soir trois guitaristes, trois univers musicaux différents. Le concept est d’une simplicité redoutable: les musiciens partagent une scène sur laquelle ils passent la soirée, en alternant solos, duos, ou trios.

Ce soir, les artistes en scène sont (de gauche à droite):

Dave Goodman – l’Americano-allemand et ses atmosphères de chansons bluegrass-blues mêlées d’influences celtiques, avec un groove puissant.

Jacques Stotzem – l’Européen, le verviétois et son fingerpicking rock-mélodique puissant et imparable.

Huang Chia-Wei – le natif d’Indonésie, vivant en Chine et porte-étendard de la sobriété sonore et de l’élégance mélodique asiatique.

Festival de la guitare de Verviers (photo : G. Stotzem)

Festival de la guitare de Verviers (photo : G. Stotzem)

Jacques Stotzem qui a parcouru l’Europe, les Etats-Unis et l’Asie, est le trait d’union entre les deux autres guitaristes. Il les a rencontrés en tournée, et il les a conviés à cette soirée en Belgique. C’est donc en toute logique qu’il les présentera à tour de rôle.

Après l’inévitable mot d’introduction du responsable du centre culturel, qui bute un peu sur le nom de Huang Chia-Wei (je ne lui souhaite pas de devoir commenter un match de foot Serbie-Albanie), Jacques Stotzem débute la soirée par son morceau hommage à la Radio Classic21 et Marc Ysaye. Grâce au soutien de cette radio, emballée par ses albums de reprise Catch the Spirit I et Catch the Spirit II, Jacques a pu embrasser un succès amplement mérité en Belgique.

Festival de la guitare de Verviers (photo : G. Stotzem)

Festival de la guitare de Verviers (photo : G. Stotzem)

Il passe ensuite le flambeau à Dave Goodman, jouant et chantant, la casquette crânement posée sur la tête. Belle présence scénique avec un groove puissant et des traits diaboliquement rapides aux consonances bluegrass. Par moments, je lui trouve des syncopes à la Leo Kottke.

Festival de la guitare de Verviers (photo : G. Stotzem)

Festival de la guitare de Verviers (photo : G. Stotzem)

Jacques nous présente son ami Huang Chia-Wei, l’organisateur de ses concerts en Asie, PDG d’une fabrique de guitares (Naga guitars) et accessoirement capable de dégoter d’un coup de téléphone deux pneus de rechange pour une voiture échouée sur une route de col au fin fond des montagnes chinoises. Infatigable, incapable de tenir en place entre deux rendez-vous, il est l’auteur de l’impatiente interjection « move-move » rendue célèbre parce qu’elle a inspiré un morceau à Jacques. Pourtant musicalement, Huang Chia-Wei est tout en douceur, en toucher délicat, en succession de notes parfaites, dessinant des mélodies filigranes et faussement simples.

Le plaisir de jouer et la complicité de ces musiciens sont évidentes et font plaisir à voir et à entendre.

Festival de la guitare de Verviers (photo : G. Stotzem)

Festival de la guitare de Verviers (photo : G. Stotzem)

L’alternance des univers musicaux, la diversité des sonorités sont le garant de belles découvertes. Jouant un peu de guitare moi-même, j’observe comme les techniques de jeu de main droite et le matériel d’amplification et les onglets utilisés varient d’un musicien à l’autre, toujours au service du son qui convient à chacun. Encore une preuve qu’il n’existe pas de vérité universelle pour la guitare, chacun est porteur de sa vérité en termes de technique de jeu et de matériel.

Je profite de l’entracte pour boire une bière, saluer Jacques, son épouse Gaby, mais aussi d’autres têtes connues, élèves de Jacques, stagiaires, guitaristes. J’achète le CD de Huang Chia-Wei, qui ne reviendra sans doute pas souvent dans le coin. Mes finances ne suffisent pas pour acheter également le CD live de Dave Goodman. Tant pis, ce sera pour plus tard. Vu qu’il vit en Allemagne, ça doit être possible de se le procurer plus facilement.

La seconde partie de la soirée fait une belle place aux duos nés de la rencontre de ces grands musiciens. Ce sont de chouettes moments musicaux.

Festival de la guitare de Verviers (photo : G. Stotzem)

Festival de la guitare de Verviers (photo : G. Stotzem)

 

J’adore voir comment les styles de chacun se fondent dans un instant commun et les idées que chacun verse dans le solo et les accompagnements me fascine.

Je n’ai volontairement pris que quelques extraits en vidéo de ces moments, car pour moi ce sont des moments à vivre ( … et puis ça fout des crampes aux bras de tenir son smartphone comme ça). Les vidéos tremblotantes prises à bout de bras avec le son pourri d’un smartphone ne rendent pas toute l’émotion de l’instant. Il y a trop de ces vidéos sur le net et pas assez de monde pour vivre des moments en live. Si je les partage, coupable à mon tour, c’est en espérant vous donner envie de les vivre également. Pour une fois que ça s’est passé près de chez vous !

Festival de la guitare de Verviers (photo : G. Stotzem)

Festival de la guitare de Verviers (photo : G. Stotzem)

Venez voir la musique en live, sortez de votre boîte, éteignez la télé ! Ici des maîtres-artisans taillent la note à fleur de bois sous vos yeux ! 

Si certains musiciens vous donnent l’envie d’écouter de la musique, d’autres arrivent à vous donner l’envie d’en faire. Ces trois-là font partie de ces perles rares !

Ah oui, et je suis profondément désolé pour le jeu de mots pourri du titre … 

Première écoute : Stranded – Seesayle

StrandedOn s’écarte un petit peu des guitares acoustiques pour plonger dans l’univers de cette artiste subtile et attachante avec laquelle j’ai eu le plaisir (et l’honneur) de partager une scène.

Seesayle c’est une voix claire posée sur une musique faite d’un délicat entrelacs de notes tissé à coups de guitare, de basse, de claviers, de violon et de loopers. Des instruments que la talentueuse multi-instrumentiste joue et enregistre en personne.

En habillant ainsi chacune des notes de sa personnalité, elle parvient à ce que chaque élément de l’équation musicale participe à tracer un univers musical onirique aux contours d’une précision redoutable. Du brouillard noir mêlé de gris dans un flacon-bijou.

Pas une note, pas un brin d’herbe ne semble esclave du hasard dans ce jardin sombre et mélancolique où l’artiste nous prend par la main pour nous montrer une fleur, un papillon, un rien insignifiant ou une mouche.

Nul ne peut s’échapper, tout est – « Stranded » – échoué, la fuite ramène inexorablement au point de départ, comme une machination dont le dessein nous échappe et qu’il faut accepter avec cette grâce élégante que la musique nous glisse à l’oreille. Une danse lente et enivrée semble le meilleur parti à prendre.

Le son détaillé et le mastering précis mettent en valeur les incroyables nuances claires-obscures des morceaux, qui sont parfois graves, mais jamais pesants. J’écoute cet album depuis deux jours et je n’ai pas encore l’impression d’avoir fait le tour de tout ce qu’il a à me raconter.

Si la beauté sauvage des jardins oubliés ne vous fait pas peur et que vous aimez titiller votre fibre rêveuse et nostalgique, plongez dans cet album à l’implacable romantisme sombre.

Update: l’album est disponible sur le site de l’artiste www.seesayle.be.