Le piffel, botte secrète du mixage live

PFL (piffel) - profiter de la course du fader

PFL (piffel) – profiter de la course entière du fader

Dans un monde parfait, la personne qui est en charge du son devrait connaître le son et le matériel. Mais je suis surpris par le peu de gens qui savent comment régler correctement le niveau d’entrée sur les petites et moyennes tables de mixage à l’aide de la fonction PFL – prononcez “piffel” – à ne pas confondre avec régler les niveaux “au pif”.

Pour un instrument acoustique comme la guitare acoustique solo, les niveaux de gain d’entrée sont une donnée essentielle. Trop peu de niveau et le ratio signal/bruit sera mauvais et il faudra pousser le volume pour … empirer la situation. Trop de niveau d’entrée et il y aura de la distorsion, même à faible volume. Un bon niveau d’entrée garantit un son propre, et une course de faders bien dosée. De cette manière vous profitez de toute la course de votre fader et ne vous retrouvez pas avec un fader poussé à fond sur un signal tout rikiki et un autre tout en bas pour dompter un signal trop puissant.

La plupart des tables de taille moyenne ont un bouton “PFL” à côté de chaque fader, ou à côté du Master Fader. Cette fonction est une bénédiction. Le “Pre Fader Listen” permet de router le signal directement de l’entrée du préampli vers le bus de monitoring. Ce bouton s’accapare également les indicateurs de niveaux. La position des faders, la balance et l’EQ n’auront dés ce moment aucune incidence sur le niveau indiqué. De cette manière, votre indicateur de niveau ne reflétera que le gain d’entrée, et en mono pour les entrées mono.

Grâce aux petits boutons permettant de régler le niveau d’entrée (input gain) de chaque tranche de votre table, vous allez pouvoir ajuster le niveau pour un niveau d’entrée optimal. Ces boutons sont volontairement petits, car ils sont faits pour être réglés “une fois pour toute” puis laissé en position, le mix se faisant aux faders.

PFL (piffel) - réèglage du niveau d'entrée (input gain)

PFL (piffel) – boutons de réglage du niveau d’entrée (input gain)

Ne riez pas trop fort des petites tables de mixage un peu fruste, on ne rencontre pas tous les jours des belles grandes tables analogiques ou numériques quand on écume les bars. De manière générale, c’est une bonne habitude de commencer par annuler EQ et effets, pour repartir d’une page blanche et ne pas traîner un mauvais réglage oublié dans un coin.

En jouant à votre volume définitif, coupez le master et les faders des tranches, pour éviter les accidents et engagez la fonction PFL. Ajustez le niveau (input gain) aux alentours du repère des 0 dB. Répétez l’opération pour chaque tranche en vous aidant de la fonction “Solo” si votre table n’a pas de bouton PFL sur chaque tranche.

Sur ma table Behringer, l’annotation indique que le bouton SOLO devient un PFL quand le bouton est enfoncé. Un petit trait relie la diode indiquant que le PFL est engagé avec la position à 0 dB, on ne peut être plus clair. Simple, rapide, efficace et propre. Note: le signal mono n’active qu’un côté de l’indicateur de niveau.

Vous pouvez ensuite muter les pistes traitées, ce qui permet de vérifier celles qui n’ont pas encore été réglées.

PFL (piffel) - règlage du niveau à 0dB

PFL (piffel) – réglage du niveau à 0dB

Note: certains recommandent de mettre le chant et les instruments solos à 0 dB et la section rythmique (basse et batterie) un cran en dessous, car les indicateurs de niveau ont une certaine latence et les pics de puissance rapides n’ont pas le temps de se marquer, ce qui fausse l’indication. Pour une guitare solo avec un jeu dynamique, je me placerais entre les deux options, en touchant occasionnellement le niveau de 0dB, sans y rester en permanence.

Après un bon réglage de vos niveaux, la course de vos faders devrait être proportionnelle pour chaque tranche et vous pourrez facilement ajuster votre mix. Avec les niveaux d’entrée ajustés au même niveau, vos faders de la table deviennent de vrais indicateurs des niveaux relatifs de chaque instrument et vous avez même de la marge pour pousser un peu la sortie, sans saturer trop vite.

Une fois les niveaux d’entrée réglés, le vrai travail du son commence. Il faut ajuster les niveaux de sortie, l’EQ, les effets et le niveau relatif de chacune des tranches en fonction de l’image sonore globale recherchée.

Mais ce travail sera grandement facilité avec un étalonnage correct des niveaux d’entrée.

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