Olivier Poumay (harmonica) en guest au Senor Duck le 03/03/2012

Pour mon 3ème passage sur la scène du Senor Duck, j’ai décidé de me faire plaisir en invitant un ami musicien à partager ce moment musical.

Lors d’un concert que j’ai donné en 2010, il m’avait déjà fait le plaisir de venir m’accompagner en improvisant à l’harmonica sur mes compositions. Ce moment reste un excellent souvenir, et j’ai eu envie de lui faire une vraie place dans ma musique, car l’harmonica est un instrument qui se marie à merveille à la guitare acoustique que je pratique. Cette envie est d’autant plus présente qu’il joue très très bien de ses harmonicas et que sa connaissance de la musique en général et de l’harmonica en particulier en font un partenaire redoutable sur scène.

Il s’agit d’Olivier Poumay, harmoniciste diatonique et chromatique compositeur. Il est non seulement musicien, mais aussi un des professeurs d’harmonica recommandé par Toots Thielemans en Belgique.

Olivier Poumay (harmonica)

Olivier commence, à l’harmonica diatonique, par jouer de la musique country et du blues. Puis, il découvre l’harmonica chromatique, avec lequel il se consacre au jazz. C’est en 1997 qu’il obtient son Premier Prix d’harmonica jazz au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles.

Aujourd’hui, il a l’occasion de participer à des programmes de « world music » comme la musique mandingue (Paco Diatta), arabe (Abid El Bahri, Ghalia Benali), celtique (Colie Mullin), cubaine (Ana Martín, Jose Luis Beltrán), flamenco (Michel Gillain), népalaise (Sukarma)… mais aussi d’autres expériences comme avec le trio de luths « Luthomania ». Parallèlement, il continue à se produire en jazz (Vincent Romain). Ses qualités d’improvisateur l’ont amené à jouer internationalement (France, Pays-Bas, Irlande, Portugal, Suisse « festival de jazz de Montreux », Cuba…).

Après avoir été invité par le « Brussels Philharmonic Orchestra » pour interpréter la partie d’harmonica dans « Manhattan pour Piano et orchestre » (François Glorieux), Olivier s’est trouvé une nouvelle passion, celle de la musique « classique ». Il trouve en Lyuba Neva – pianiste russe – une accompagnatrice et une répétitrice idéale. Le répertoire va de Vivaldi à Arvo Pärt en passant par Tchaïkovski, Ravel, Chostakovitch…

Depuis plusieurs années, Olivier s’adonne à la composition. Il écrit pour son groupe « sheng », avec lequel il met en évidence toutes ses expériences dans une combinaison instrumentale originale — luth, percussions, harmonicas (+ clarinette basse et violoncelle sur le CD « derrière la façade »). Les techniques d’écritures classiques l’ont amené à écrire pour piano solo « Il n’y a qu’un 20 mars », dédié à L. Neva et une pièce pour violoncelle solo « Les pieds dans la neige » pour Sigrid Vandenbogaerde.

En solo, il expérimente toutes les facettes de son instrument. Ce développement personnel lui ouvre la porte à d’autres formes musicales inattendues, comme le duo avec le saxophoniste suédois Jonas Knutsson.

La question qui tue !

Abstraction faite de l’imposture du chômage, combien de titres à 0.90 €* un artiste doit il vendre en ligne TOUS LES MOIS pour (sur)vivre ?

-30% et moins les frais de production.

iKlip, iPad et autres trucs qui commencent par i

iKlip de IK Multimedia

Pour mon anniversaire, ma femme m’a offert un iPad. L’objet me faisait très  envie, mais je le trouvais 150 € trop cher à mon goût, mais le petit filet de bave au coin de ma bouche n’est pas passé inaperçu.

J’étais partagé entre une tablette plus ouverte sur le monde et l’excellente qualité de l’OS et des applications pour la tablette Apple. Le recevoir en cadeau règle les problèmes financiers et les états d’âmes, et j’en suis très content.

Puisque l’idée est de l’utiliser en configuration musique pour:

– lire mes tablatures et les emporter toutes dans un petit format,
– répéter avec un accompagnement,
– piloter des logiciels à distance,

… l’idée d’un support pour l’iPad a rapidement fait son chemin.

J’ai opté pour l’iKlip d’IK Multimédia pour diverses raison:

  • son prix
  • la réputation et les tests de l’iKlip
  • le fait qu’IK Multimedia se soit embarqué avec talent dans une gamme de produits spécifiques aux musiciens et dédiés à l’iPad et l’iPhone.

illustration IK-Multimedia

Le déballage confirme la réputation. La matière plastique est solide, usinée avec soin. L’assemblage est facile mais requiert un tournevis.

L’iKlip est compatible avec l’iPad et l’iPad2 grace à des petits patins adaptateurs. J’ai eu une petite déception en constatant que l’iKlip est vraiment uniquement destiné à un pied de micro. J’avais espéré pouvoir l’attacher à un lutrin, mais les tubes verticaux sont trop gros pour le système de fixation bien ajusté.

Par contre, j’ai lu un peu partout qu’on ne pouvait changer l’orientation de l’iPad entre portrait et paysage sans le démonter … c’est faux, mais il faut un peu savoir projeter sa vision dans l’espace. Avec une perche de micro qui pivote sur un axe et l’iKlip qui peut tourner autour de cet axe, les deux orientations sont possibles sans rien démonter !

en mode portrait ...

Il faut bien veiller à tourner l’iPad du coté où les patins le soutiennent, même si il est bien ajusté dans son support, je ne m’y fierais pas,  il pourrait glisser vers le bas, du coté où il n’est pas retenu.

en mode portrait

 

Ecouter de la musique n’est plus un luxe, en faire en devient un !

argent facile … ?

Lu, adapté, plagié, commenté et traduit après lecture d’un excellent billet anglophone. (même si je ne partage pas 100% des vues de l’auteur).

Les artistes n’ont pas besoin de réinventer le marché, c’est ce qu’il font depuis 10 ans. Le scénario veut qu’actuellement les artistes soient sur leur propre label et que les ventes passent par des distributeurs en ligne comme iTunes ou Amazon. En tant qu’indépendant, ils gagnent 60%  sur les ventes, car ils se passent de distributeur. Apple prend 30% pour héberger vos fichiers sur sa plateforme. Parfois d’autres intermédiaires jouent le rôle de facilitateur et prennent encore une part du gâteau pour distribuer vos fichiers sur plusieurs plateformes et bénéficier de la visibilité de ces mastodontes . Pourtant, l’essentiel de la musique vendue sur ces plateformes est la musique que nous avons déjà acheté sur d’autres supports et qui se vend en radio et en télé, le reste du catalogue est constitué de 90% d’invendus. A cela s’ajoute que le modèle favorise la vente en singles, alors que la production physique veut des albums,ce qui génère 90% d’invendus au sein d’une même production.

Et la vérité est qu’on est aussi invisible sur ces immenses plateformes qu’on ne l’est en faisant la tournée des cafés dans une campagne reculée. On vendra au public qu’on aura pu se faire par ailleurs, ni plus ni moins (à moins de jouer de la confusion de nom, de titres ou de reprises, une vilaine pratique qui commence à pointer son nez).

Toucher 60% des bénéfices, à première vue, cela semble un bon deal. Les anciens contrats prévoyaient dans le meilleur cas, 15-30% de part des bénéfices. Malheureusement dans le nouveau modèle, l’artiste est également responsable de TOUS les aspects de la production: enregistrement, production, pressage, packaging, graphisme, promotion, marketing, booking, distribution et droits de reproduction et de diffusion. L’artiste absorbe les frais de concerts, de tournée et parfois d’organisation. La matériel audio, vidéo, l’hébergement de sites, et j’en passe. Il faut développer toutes ces compétences et y consacrer du temps, parfois au détriment de la pratique musicale. Passer par un intermédiaire coûte vite cher.

L’artiste en devenir en 2012 est le gestionnaire d’une start-up, ni plus, ni moins.

Du coup certains bons artistes se vendent mal, et ce qui se vend bien n’est pas toujours d’un grand intérêt artistique.

NOTE: Ce dernier point fait l’objet d’un débat sans fin – mon avis: il n’y a pas de honte à être populaire, être impopulaire n’est pas un gage de qualité, et vouloir rentrer dans ses frais ou être rémunéré, ou augmenter ses ventes via un concert gratuit est une démarche commerciale qui n’est pas incompatible avec la notion de travail artistique.

Pour certains, la liberté artistique est à ce prix. Pourtant un peu de direction artistique ne ferait pas de mal aux artistes qui sont souvent en demande de cadrage.

Les concerts et les tournées ne servent souvent qu’à chercher augmenter les ventes et la visibilité, sans générer de revenus. Au mieux, les frais sont couverts et il reçoit un sandwich et des bières.

Dans l’ancien modèle, l’artiste était soutenu pour la tournée par son label qui investissait dans le but d’augmenter les ventes.

Actuellement l’artiste absorbe TOUS LES FRAIS et TOUS LES RISQUES de la production et des concerts. Les intermédiaires et distributeurs prennent 30% des bénéfices des ventes, sans le moindre investissement sur l’artiste et sans le moindre risque, une opération merveilleuse … pour eux ! Bien qu’on puisse penser que vu la masse d’invendus, il y a une part de mécénat dans leur métier également. 

Le paysage musical reste dominé par des artistes signés par des labels traditionnels – même si parfois on déguise leurs pensionnaires en « découverte des internautes ». Bien sur, quand les ventes explosent, les bénéfices sont confortables, mais combien d’artistes réussissent à vivre dans ce nouveau modèle. Assez peu.

Un modèle pourtant largement défendu par les adeptes de la culture subventionnée, du piratage et des défenseurs de la musique qui en tant que bien culturel « devrait être gratuite ». Un modèle qui plaît à la production amateur, aux musiciens qui (comme moi) en font un hobby, mais ont un boulot à côté (ou à ceux qui bénéficient du mécénat involontaire de la société via le chômage) et se réjouissent de la facilité apparente de la production et de la diffusion de leurs créations. Un modèle qui plait à ceux qui composent de la musique sur ordinateur et ne comptent pas « vraiment »  faire du live.

Mais le calcul de la viabilité économique est un casse-tête auquel le nouveau modèle répond encore plus mal que l’ancien.

Ce qui a changé ?

Ecouter de la musique n’est plus un luxe, distribuer sa musique n’est plus un luxe, en faire à moindres frais en est devenu un ! Mais je l’admets, ce luxe, c’est aussi du plaisir.