Une petite excursion hors de mon répertoire habituel pour ce contes & guitare à Lierneux.
Test de cordes: Martin&Co Retro Custom Light

Martin & Co : Retro Custom-light
Quoi de mieux qu’un test de cordes pour faire passer un dimanche qui pue l’ennui ?
Martin a produit récemment quelques modèles de guitares méticuleusement recréées d’après d’illustres ancêtres. Il fallait des cordes pour chausser ces modèles. Martin a donc produit des cordes au son « rétro » basées sur un alliage nommé monel, à base de nickel et cuivre. La marque promet un son flattant les sonorités boisées et la « vraie voix de votre guitare ».
Quoi de mieux que ma guitare Bourgeois OM pour tester des cordes à la sonorité vintage ? Par ses choix de construction, elle a un timbre plus vintage que ma Martin, et puis c’est l’occasion de l’aérer un peu. Après un rapide entretien, je retrouve son équilibre parfait, mais les cordes qui sont montées dessus sont râpeuses et oxydées. Voilà qui tombe bien.
Je joue des cordes Martin depuis quelques mois, et le packaging n’a évidemment rien de déroutant. Pour une raison que j’ignore, ces cordes ne sont produites qu’en tirant Light et Custom-light. Il s’agit sans doute d’un souci de respect des références historiques. Et puis ça permettra peut-être d’annoncer prochainement que le tirant que « tout le monde attendait » rejoint enfin cette gamme. Bref ! Déballons !
La première surprise vient de la couleur des cordes : grâce au nickel, elles sont argentées, voilà qui me change de mes cordes dorées.
J’imagine qu’avec un alliage à base de nickel, elles doivent convenir à des micros tels qu’on les trouve sur les guitares électriques et certaines guitares hybrides équipées de micros magnétiques.
À la monte, la tension me semble légèrement moins forte que les custom light que j’avais l’habitude de jouer il y a quelques mois. Confirmation sur le site Martin, le tirant est un 11-52 avec une tension de 149.8 contre 151.7 pour les Martin SP Custom-light. Je ne prétends pas avoir remarqué cette différence, c’est sans doute l’élasticité des cordes qui donne une sensation différente.
Le toucher est plutôt confortable. Je joue quelques morceaux, et le timbre des cordes m’attire naturellement vers du picking à la Stefan Grossman en claquant mes basses, puis un peu de Atkins/Dadi en étouffant les basses avec la base du pouce. Je joue quelques suites d’accords façon jazz manouche également. Le résultat est assez plaisant. Je craignais un son froid, il n’en est rien. Ces cordes ont du caractère, l’attaque est bien présente, et elles répondent très bien dans les hammer-on et pulling-off, en partie aussi à cause du tirant.
Je suis plus mitigé concernant le sustain des basses et du bas médium. J’ai l’impression que le sustain du bas-médium est un peu plus prononcé que le sustain des basses, ce qui me déséquilibre dans les balades plus modernes où je me sers habituellement d’un tapis de basses. Il me semble qu’on a choisi de favoriser l’attaque par rapport au sustain dans la conception de ces cordes.

a guitare chaussée de neuf
Des brushes façon acoustic-rock font rapidement plafonner le son, et l’ensemble manque alors de définition à mon goût. Ces problèmes se marquent un peu moins dans le jeu aux doigts (je joue habituellement avec des onglets au pouce et aux doigts).
Je ne retrouve pas « mon » son, et je dois adapter mon jeu, ce que je ne souhaite évidemment pas.
Peut-être que ces cordes sont conçues pour donner un peu plus de présence et de punch à une guitare qui ne serait pas équilibrée à la base (et à la basse) ?
Un test de cordes reste éminemment subjectif.
Je n’ai absolument rien à reprocher à ces cordes d’un point de vue qualitatif. Je ne peux évidemment pas juger de leur tenue dans le temps au bout de quelques heures.
S on peut parfois reprocher aux fabricants de multiplier les références de cordes (au grand dam des magasins) sans qu’on perçoive des différences significatives, ce n’est pas le cas ici.
S j’avais une guitare archtop montée avec des micros, je leur donnerais sans doute une chance pour me convaincre. Je les testerais également sur une guitare manouche ou une parlor. Sur une guitare de facture plus moderne, elles me donnent un peu l’impression d’enfiler un gant de boxe à un écureuil. Les Martin Retro Custom-light ont un caractère propre et semblent tout à fait logiquement taillées pour certains instruments et certains styles.
Si vous n’êtes pas satisfaits du son de votre guitare, que votre style s’y prête et si vous aimez une sonorité flatteuse et boisée, essayez-les.
Ce samedi c’est mon dernier cabaret du CEC du CC Dison !
Je serai ce samedi sur scène avec mes élèves à la salle Luc Hommel pour le cabaret de fin de saison des ateliers CEC du CC Dison. Ce cabaret sera un moment un peu spécial pour moi. Ce sera mon dernier cabaret.
En effet, je ne reprends pas les cours à la rentrée. Avec une pointe de regret, mais avec la certitude de faire le bon choix, j’ai décidé de consacrer plus de temps à ma famille et particulièrement à mes enfants qui grandissent. Avec une femme qui est prise par son boulot en journée et deux soirées par semaine, et mes longues journées à Bruxelles l’organisation pratique devenait compliquée.
Cela va faire près de 6 ans déjà que j’ai reçu ce mail demandant si j’étais intéressé à dispenser les cours de picking au centre culturel de Dison. Cela fait 5 ans que je dis oui pour prolonger l’aventure. Une aventure musicale et humaine qui m’a obligé à développer et structurer mes connaissances musicales et techniques pour les transmettre à d’autres.
J’ai passé d’excellents moments au centre culturel et j’ai toujours apprécié la qualité de l’organisation et l’allant de toute l’équipe qui fournit un boulot de fou-furieux pour dompter le chantier des ateliers.
Je garde en mémoire des moments magiques, quand un élève passe le mur du trac et s’envole en solo devant une salle comble et conquise. Quand un autre reprend avec talent une de mes compositions. Quand une reprise d’un classique du rock jouée en groupe déclenche une salve d’applaudissements nourris. Je garde aussi en moi les joies plus discrètes, quand un élève accroche et décolle sur un morceau. Quand je trouve enfin l’exercice ou l’explication pour faire sauter un verrou. Quand je trouve l’arrangement qui emballe les élèves. Quand après un congé, un élève a fait un étonnant bond en avant.
Je ne renonce pas à l’idée d’enseigner le picking. Sous cette forme ou une autre, parce que j’aime ça et parce que cette technique absolument géniale et élégante doit être transmise au plus grand nombre, et plus particulièrement aux jeunes. Si nos horaires changent, qui sait.
J’ai un peu l’impression de laisser le chantier du « cours de picking parfait » à mon successeur, tout en étant conscient que ce cours parfait n’existe pas. Je ne m’inquiète pas pour ma succession, j’ai voulu annoncer mon départ suffisamment tôt pour ne pas causer trop d’embarras, mais personne n’est irremplaçable.
Merci à ceux qui m’ont donné l’opportunité de donner ces cours. Merci à ceux qui les ont suivis et qui m’ont récompensé par leur travail et leur progrès.
A bientôt.
Keep on picking !


