Workshop avec Jacques Stotzem à Kreativa (23-24/08 – Amel – Belgique)

Demain, le samedi 23 et après-demain dimanche, c’est le retour sur les bancs de l’école de fingerpicking avec mon maître, Jacques Stotzem.

Je révise la liste des choses à ne pas oublier pour tirer le maximum d’un workshop ou d’une masterclass.

Comme disent les adeptes de la philosophie des arts martiaux, mentalement, je remets ma ceinture blanche, je me vide de ce que je crois savoir pour être ouvert à réapprendre chaque note comme si elle était nouvelle à mes oreilles.

Je me réjouis de me replonger entièrement dans la musique pour quelques heures d’affilées, chose qui n’est pas toujours évidente à la maison, sous le regard impitoyable d’un enseignant exigeant, chose qui est impossible à la maison.

Que ce soit par une approche thématique, une technique particulière ou l’approche d’un style musical, il y a toujours des choses à ramener dans sa valise. Des leçons dont l’effet se fait parfois sentir bien plus tard dans la vie d’un musicien.

Plaisir aussi de retrouver des amis avec lesquels je partage la même passion pour l’instrument et cette technique inépuisable.

J’ai un petit pincement au cœur, car Jacques m’a confié vouloir lever le pied sur les stages et les workshops, absorbé qu’il est par l’ampleur de sa carrière de concertiste, qui depuis Catch the Spirit prend un essor incroyable. Il suffit de voir son agenda de concerts. Ses tournées l’emmènent au quatre coins du monde et il reste peu de temps pour ces bulles d’échange avec les guitaristes amateurs de son style qui nous donnent autant d’énergie qu’elles lui en coûtent.

Ce seront les derniers de ces moments que j’ai adoré et qui ont façonné mon envie de jouer, mais qui m’ont aussi donné l’envie de donner cours de guitare comme je l’ai fait ces dernières années au Centre culturel de Dison.

A nous de continuer à « Catch the Spirit ».

Vivement demain !

Vidéo: documentaire sur l’autoproduction

autoproduction

La dernière vidéo de cette passionnante série, sur le thème de l’autoproduction.

 

Le solo le plus ennuyeux du monde (et en plus il est plutôt long).

speedIncroyable, à xxx ans seulement ce(tte) guitariste joue déjà – sonne déjà comme un pro – joue le solo le plus rapide du « mon dentier ». 

Régulièrement je vois passer ces vidéos dont les titres sont formatés de la même manière.

Bon, à la base, le shred adulte comme enfant, ce n’est pas mon truc. Si les capacités techniques sont en général impressionnantes, au bout de 40 secondes, je m’ennuie. Parfois je perçois même l’une ou l’autre erreur de timing (un comble pour une performance qui ne tient que par ça). Le plaisir de jouer et l’émotion à l’écoute sont généralement absents de cette succession (si possible très rapide) de notes.

Quand sonne la dernière note, que reste-t-il ? Quand sonne la dernière note du second morceau (quand il existe) que me vient-il à l’esprit, à part une vague envie de me gratter ou de bailler.

Bien entendu, dans le monde du buzz et de la surenchère, l’exercice de communication a du sens et des millions de vues le confirment. Le fait de mentionner l’âge ou la condition de la personne est une béquille pour susciter l’intérêt des internautes. Il est d’ailleurs amusant de relever la date de création de ces vidéos et de calculer l’âge qu’ils ont maintenant. Ils ont quelques années de plus, et que sait-on de leur production actuelle ? Leur talent prometteur misait sur leur jeune âge… et si on écoutait en faisant abstraction de cette donnée ?

Qu’a-t-on retenu de Doc Watson ou du Révérend Gary Davis ? Qu’ils jouaient incroyablement bien « pour des aveugles » ? Non, car la nature ou la condition du musicien doivent s’effacer devant l’œuvre et son interprétation. Ce n’est qu’après l’écoute que l’âge ou la condition devraient nous toucher ou nous étonner.

Si j’en crois les réponses aux commentaires critiques sous les vidéos, je suis jaloux,.. sans doute. Souvent les commentaires sont pris d’assaut par des guitaristes qui se disent découragés, voire dégoûtes et qui ont envie de jeter leur guitare. Comme si on décidait de ne plus prendre le volant de sa voiture parce qu’au grand prix de F1, on a vu un mec changer une roue en 1.98 secondes.

« On en reparle quand tu joueras comme lui » – OK, n’en parlons plus alors !

Dans le film « Les Barons« , une bande de jeunes s’invente une vie oisive basée sur un credo : dans sa vie un homme a droit à un certain nombre de pas, puis il meurt. Et si dans la vie d’un musicien on avait droit à un certain nombre de notes avant que la flamme ne meure ? Nous assistons là à un beau gaspillage, soyons plus économes 🙂

Un grand musicien classique dont le nom m’échappe, à qui on demandait l’avis sur un jeune prodige, a eu ce commentaire (un peu vache) qui me revient chaque fois à l’esprit : « Il ne joue pas mieux qu’un adulte ».

Vidéo: Stefan Grossman parle de son apprentissage auprès du Reverend Gary Davis

La vraie musique est aussi une question de filiation et de passage de témoin entre les générations.

Ce qui est fascinant, c’est à la fois le témoignage historique et cette flamme attendrie dans le regard de l’élève qui parle de son maître, celui qui a allumé la passion dévorante de la guitare chez lui.