10 moyens infaillibles pour (ne pas) user votre prof de guitare !

L'élève modèle ! (Oh ça va, on peut fantasmer un peu, non ?)

L’élève modèle ! (Oh ça va, on peut fantasmer un peu, non ? – puis de toute façon, je préfère les OM)

Bien qu’il possède le pouvoir fabuleux de jouer de la guitare, votre prof est un être humain avant tout. Avant la rentrée des divers ateliers et cours de guitare, voici un recueil des go-go et des no-no de la vie de prof de guitare.

Voici dix astuces pour que la relation avec votre prof soit durable et fruitive.

– Soyez ponctuel et prévenez en cas d’empêchement ! Si vous ne prévenez pas quand vous êtes absents, et que vous êtes régulièrement en retard, votre prof ne saura jamais si vous allez arriver ou pas. Cette impression d’être pendu à un clou en regardant l’horloge est une des sensations les plus irritantes qui soient.

– Ayez toujours votre matériel avec vous ! C’est parfois un peu pesant de commencer une leçon par une séance de prêt en tous genres : papier, accordeurs, bics ou crayons, voire jeux de cordes (ou guitare). Surtout si vous êtes déjà arrivés en retard.

– Prenez soin de vos partitions et tablatures ! Vous avez encore perdu votre partition ? (qui par ailleurs était un torchon). Mais vous avez également perdu les notes que vous aviez prises dessus, profitez-en pour redemander le déchiffrage complet main gauche et main droite, les gens adorent répéter ce genre d’informations.

– Prenez soin de votre guitare ! C’est toujours un plaisir quand on vous demande d’accorder une guitare poisseuse, avec des cordes ayant connu le camping de plusieurs festivals de l’été… de l’an passé. Votre guitare ne doit pas être un obstacle entre vous et la musique, elle doit être entretenue, réglée et accordée. Si vous ne savez pas comment faire, faites vous conseiller par votre prof.

– Prenez soin de vous ! Comme pour toute interaction humaine, les règles élémentaires de l’hygiène sont d’applications. Mains propres, vêtements n’ayant pas servi de sac de couchage, chaussures exemptes du mélange bière, boue, vomi de votre dernier festival. Être sobre (je parle de l’alcool, mais aussi du joint) et avoir les idées claires est un must ! Note : Le déodorant sert à prévenir les odeurs d’un corps propre, il ne sert pas à maquer les mauvaises odeurs.

– Répétez et travaillez ! Difficile de progresser avec un élève qui découvre sa partition à chaque cours. Essayez de programmer des petites séances de travail régulières plutôt qu’un marathon de rattrapage en une heure avant votre leçon. Si l’essentiel du déchiffrage a été fait, et qu’il ne reste pas de questions, la balle est dans votre camp. Votre prof ne pourra vous corriger et vous aider que si vous avez quelque chose à lui montrer.

– Jouez sans vous faire prier ! Comment vous aider à progresser si vous refusez de montrer l’avancement des travaux. Ce n’est qu’en vous écoutant que votre prof pourra vous aider. Il est tout à fait normal de ne pas jouer très bien, a fortiori devant un auditeur attentif, mais ça fait partie du processus d’apprentissage. Épargnez à votre prof la fastidieuse tâche de vous tirer les notes du nez une par une.

Bonne humeur et bonne volonté sont de mise ! Après tout c’est vous qui avez envie de jouer de la guitare ! Alors réservez vos soupirs pour le silence de durée équivalente. Les peines de cœur font de belles chansons et la gueule de bois est un sujet à plaisanteries entre adultes, pas un motif pour faire la tête.

– Respectez les choix de votre prof ! Quand il choisit un morceau, il a de bonnes raisons de le faire. Un morceau adapté à votre niveau et présentant les éléments techniques de ce moment précis de votre parcours d’apprentissage sera idéalement un morceau qui vous plaît, mais pas forcément ! N’oubliez pas que ce que vous apprenez pour un morceau vous servira pour tous les autres.

– Respectez les conseils de votre prof ! Essayez d’appliquer les conseils que vous recevez. Les indications pour les doigtés main gauche et droite sont exceptionnellement facultatives. La plupart du temps, il y a une et une seule manière de jouer quelque chose correctement, pour que le son, le rythme et l’intention musicale soient en accord avec le style du morceau abordé. Persévérer dans l’erreur, surtout de manière délibérée est une insulte à l’expérience de votre prof. « J’ai toujours fait comme ça » est une des raisons pour lesquelles vous ne progressez pas. Ce que vous apprenez à bien faire rejaillira sur tout votre répertoire… ce que vous faites mal aussi.

Bien sûr, toutes ces choses arrivent… mais n’en faites pas une (mauvaise) habitude.

Stage de Fingerpicking à Amel: une première pour la dernière

Amel2014 (20 sur 21)

Jacques Stotzem – Photo: Clau Niz

Ce stage à Amel était spécial : officiellement, c’est l’un des tout derniers stages donnés par Jacques Stotzem. Après de longues années, absorbé par sa carrière qui prend un essor formidable, il doit faire un choix, et ce sont les week-ends de stages et les workshops qui cèdent le pas pour plus de concerts et de rencontres musicales avec le public. Il termine les quelques masterclasses et workshop programmés et puis, fini.

Ces workshops ont une importance particulière dans ma vie. C’est lors de ces week-ends consacrés à la guitare (ou parfois semaines entières) que la musique a pris de l’importance dans ma vie, au point de me pousser à cette envie de composer, de donner des concerts et de donner cours de guitare. J’y ai rencontré des amis, l’un ou l’autre amour de jeunesse (Scoop : la guitare, ça marche pour pécho), j’y ai appris la guitare (!) et j’y ai découvert des styles de musiques et des pièces de répertoire à explorer. J’y ai aussi fait mes premiers pas sur scène lors des concerts de stagiaires.

C’est donc avec une joie déjà empreinte de nostalgie que je me rends à Amel.

Levé tôt et arrivé sur place, je suis dans les premiers… et je commence par prendre un café.

Les stagiaires arrivent peu à peu, des têtes connues, quelques nouvelles têtes. Le stage commence par un tour de table pour décider de la répartition selon le niveau de jeu. Devant le nombre élevé de participants, Jacques m’invite à le seconder pour donner cours aux débutants. Ce n’est pas tout à fait une surprise, nous avions évoqué cette possibilité. C’est un honneur de lui prêter main-forte, et je réalise un vieux fantasme. Ironie de la vie, ce sera donc une première pour moi et une dernière pour Jacques.

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

Au niveau du répertoire, j’ai quelques minutes pour plonger sur les tablatures du maître, je me fais aider par Gaby, son épouse, et je me constitue un ensemble cohérent de morceaux pour ces deux jours de cours. Heureusement, le programme est livré clé sur porte… quelques exercices de base consacrés au pouce, quelques exercices pour les doigts, puis FREIGHT TRAIN – un classique du picking que tout le monde « doit » jouer, puis STEP BY STEP, un morceau travaillant la sonorité et enfin ANOTHER BLUES IN E, parce que rien ne finit sans un blues. Je découvre certains morceaux en même temps que mes élèves… je les ai sans doute joués dans le temps, dans d’autres versions, mais là c’est de la lecture à vue. Heureusement que c’est le niveau débutant !

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel) – Photo : Gaby Stotzem

Pour mes stagiaires ce sera : séance de déchiffrage en groupe, un peu de travail individuel (souvent remplacé par une pause-café et/ou cigarette) puis écoute et corrections individuelles et enfin répétition collective. Le rythme semble lent, mais j’ai été assez longtemps assis en face pour savoir qu’il ne faut pas se hâter sur les bases ou assommer les gens sous une trop grande masse d’information. Il faut assimiler une étape (même sans savoir la jouer) avant de passer à la suivante, pour ne pas se fabriquer des fondations techniques bancales.

C’est l’heure de passer à table : soupe, petits pains fromage et charcuterie. Quand je retourne dans la région dont je suis originaire, je me réjouis toujours de manger des petits pains (ou pistolets) qui sont délicieux et me rappellent les dimanches matin de mon enfance. En allant acheter quelques bières en face je me dis qu’on y croise aussi parfois de jolies filles souriantes qui me rappellent mon adolescence, mais ce n’est pas un très bon souvenir pour le grand timide que je suis.

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

De temps à autre, je passe voir Jacques pour m’assurer de l’une ou l’autre position d’accords ou d’un doigté, histoire d’être cohérent avec ses exigences. J’en profite pour espionner ce que les groupes avancés apprennent comme morceau, avec une pointe d’envie.

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

La première journée se termine, et nous déplaçons nos quartiers vers l’auberge de jeunesse proche pour un long apéritif, suivi d’un bon repas. Toutes les conversations tournent autour de la guitare, allant de la carrière de Jacques aux attentes de chacun, pour en arriver au matériel.

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

Après le dessert, les chansonniers font leur apparition et les guitares et les voix plus ou moins assurées se lancent. Il y a même quelques bons moments vocaux et musicaux. Il n’y a peut-être pas de quoi passer en prime-time à la télé, mais le plaisir est bien présent. La soirée s’étire, la marée monte et descend dans les verres, le vin succède à la bière (dans le bon ordre, car « bière sur vin, venin, vin sur bière, belle manière » ou en allemand « Wein auf Bier, das rate ich dir ! – Bier auf Wein lass das sein ! »). Les bouchons étant tirés, il fallait boire, et quand tout le vin fut bu, nous avons sagement décidé d’aller dormir. La tentation était forte de liquider le stock de bières restant, mais ça sentait le piège, et je pense qu’il n’y aurait eu que moi et une autre stagiaire motivée pour finir cette soirée. J’étais à peu près aussi ivre de musique que de vin, autant en rester là. J’avais vu le meilleur de la fête, c’est ma mort qui venait après, comme faisait dire Shakespeare à un de ces héros.

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

Mauvaise nuit après une journée pleine d’émotions, mais un réveil en forme malgré tout. Les idées claires, une bonne douche, et on repart pour le petit-déjeuner, et pour les cours. Il nous reste deux morceaux à voir, puis les enregistrements à faire pour offrir un support audio et vidéo à chacun, pour le travail à domicile.

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

Stage Fingerpicking Jacques Stotzem 23-24/08/2014 (Amel)

À la fin de la journée, avec la satisfaction du devoir accompli nous attaquons enfin (?) les bières restantes avant de replier nos bagages. Il y a assez de candidats pour les bières restantes, ce sera donc sans excès avant de reprendre la route.

Le retour à lui seul mériterait un compte-rendu à part.

Nous partons par un itinéraire alternatif via Eupen, pour éviter l’embouteillage de la fin au Grand-Prix de F1 de Francorchamps. Finalement le tuyau de l’itinéraire bis était crevé, et nous sommes pris dans un embouteillage. Depuis la voiture, j’envoie un petit SMS de remerciements à Jacques, pour toutes ces années de partage musical. Un peu plus loin il est arrêté au bord de la route, et nous décidons que tant qu’à faire d’être retardé, autant aller manger un bout quelque part.

Photo: David van Lochem

Photo : David van Lochem

Dans un sentier forestier défoncé qui nous sert de raccourci nous suivons une camionnette qui sème des planches derrière elle à chaque nid-de-poule. Nous contournons les paquets de planches qui dégringolent tous les 100 mètres. Excédé par nos appels de phares, croyant qu’on veut qu’il se range pour pouvoir le dépasser, le conducteur de la camionnette finit par s’arrêter pour nous engueuler. Mais en voyant ce qui reste de son stock de planches, il se prend la tête entre les mains, lance une bordée de jurons.. et nous le laissons au milieu des bois.

Arrivés à Eupen, nous cherchons un endroit pour manger un bout. On dégotte un petit resto indien… où je commande logiquement une pizza ! Une bonne pizza « à la diavola » pour finir ce week-end sur une note piquante. À table, nous évoquons une biographie narrant toutes les anecdotes de la carrière de Jacques… il est trop tôt pour l’écrire, mais en tout cas la matière y est, et elle serait passionnante (et plutôt amusante si on a le droit de tout raconter).

En tous les cas, libéré de la charge des cours, Jacques Stotzem s’apprête à en écrire un nouveau chapitre ! 

Amel2014 (1 sur 1)

Jacques Stotzem – Photo : Clau Niz

Workshop avec Jacques Stotzem à Kreativa (23-24/08 – Amel – Belgique)

Demain, le samedi 23 et après-demain dimanche, c’est le retour sur les bancs de l’école de fingerpicking avec mon maître, Jacques Stotzem.

Je révise la liste des choses à ne pas oublier pour tirer le maximum d’un workshop ou d’une masterclass.

Comme disent les adeptes de la philosophie des arts martiaux, mentalement, je remets ma ceinture blanche, je me vide de ce que je crois savoir pour être ouvert à réapprendre chaque note comme si elle était nouvelle à mes oreilles.

Je me réjouis de me replonger entièrement dans la musique pour quelques heures d’affilées, chose qui n’est pas toujours évidente à la maison, sous le regard impitoyable d’un enseignant exigeant, chose qui est impossible à la maison.

Que ce soit par une approche thématique, une technique particulière ou l’approche d’un style musical, il y a toujours des choses à ramener dans sa valise. Des leçons dont l’effet se fait parfois sentir bien plus tard dans la vie d’un musicien.

Plaisir aussi de retrouver des amis avec lesquels je partage la même passion pour l’instrument et cette technique inépuisable.

J’ai un petit pincement au cœur, car Jacques m’a confié vouloir lever le pied sur les stages et les workshops, absorbé qu’il est par l’ampleur de sa carrière de concertiste, qui depuis Catch the Spirit prend un essor incroyable. Il suffit de voir son agenda de concerts. Ses tournées l’emmènent au quatre coins du monde et il reste peu de temps pour ces bulles d’échange avec les guitaristes amateurs de son style qui nous donnent autant d’énergie qu’elles lui en coûtent.

Ce seront les derniers de ces moments que j’ai adoré et qui ont façonné mon envie de jouer, mais qui m’ont aussi donné l’envie de donner cours de guitare comme je l’ai fait ces dernières années au Centre culturel de Dison.

A nous de continuer à « Catch the Spirit ».

Vivement demain !

Vidéo: documentaire sur l’autoproduction

autoproduction

La dernière vidéo de cette passionnante série, sur le thème de l’autoproduction.