Vidéo : Rolf Lislevand joue la guitare Stradivarius ‘Sabionari’, 1679

Antonio Giacomo Stradivari, (né en 1644 à Crémone, Italie, et mort le 18 décembre 1737 dans sa ville natale, à l’âge de 93 ans), est un luthier italien, fabricant de violons (600), de violoncelles (50), d’altos (12) et de quelques guitares, Il est le luthier le plus important de sa profession. La forme latine de son nom, « stradivarius » est par antonomase souvent utilisée pour se référer à ses instruments et par métaphore désigne l’excellence dans une matière.

Personnellement, je suis surpris par le volume sonore de cette guitare faite par Stradivarius, Il est réputé pour ses violons, que ses guitares aient atteint le même degré d’excellence fait débat; mais c’est une pièce historique.

Des cinq guitares construites par Stradivarius qui subsistent, la Sabionari est la seule jouable.

Mais cette guitare a subi des modifications et des restaurations successives qui divisent les experts. Pour plus d’info sur l’analyse des restaurations et sa restauration, c’est par là.

Le grand guitariste Segovia a qui elle fut présentée à Bologne en 1948 l’authentifia comme originale et signa à l’intérieur. Note : Quelle drôle d’idée ?!

Signature de Segovia

Signature de Segovia

Sur la photo ci-dessous, on peut voir le système de cinq cordes double, à l’exception de la corde aiguë, dont je parlais dans un billet concernant l’accordage et le nombre de cordes de la guitare moderne.

Guitare Stradivarius ‘Sabionari’  1679

Guitare Stradivarius ‘Sabionari’ 1679

Plus d’infos sur cette guitare.

Tablature ukulélé : Coquelicot

Coquelicot

Coquelicot

Ca fait un moment que je devais faire la tablature de ma petite composition bucolique et romantique au ukulélé.

J’ai saisi l’occasion, vu que quelqu’un me la demandait en commentaire pour enfin m’y mettre ! SI ça vous tente, je joue un ukulele Lanikai S-TEQ tenor, en accordage high-G avec des cordes Akila Nylgut.

Il faut garder à l’esprit que j’applique ce que m’a appris le fingerpicking à la guitare, c’est à dire l’utilisation d’accords complets si possible, j’anticipe parfois en frettant des cordes derrière certaines notes mélodiques plus aigues pour garder une constance dans le son et économiser les mouvements. J’utilise le pouce sur les temps forts le plus souvent, et j’utilise le pouce de ma main gauche par en haut du manche pour un accord.

Coquelicot, c’est un petit avant goût de printemps et d’été, avec ces petites fleurs rouges qui balancent au vent, si fragiles qu’on ne peut ni les cueillir, ni les garder. Un petit thème léger et fragile, juste en me laissant tomber du côté où l’instrument me poussait. Une fleur si petite, mais dont la couleur puissante égaie tout un paysage.

Je ne suis vraiment pas le maître de la transcription et si des petites erreurs de rythme subsistent, veuillez m’en excuser, utilisez vos oreilles !!

Si vous la jouez, faites moi un signe, un enregistrement, ça me ferait plaisir ! Et si vous payez la Sabam pour jouer en public, n’oubliez pas de déclarer mon morceau, que quelques éclats de pétales retombent de mon côté.

La tablature (pdf)  : Coquelicot – David van Lochem

 

10 000 heures de répétition pour être expert à la guitare

Selon une amusante (et controversée) théorie expliquée par Malcolm Gladwell dans le livre Outliers, il faudrait 10 000 heures de répétition dans un domaine pour devenir un expert aguerri, que ce soit en sport, en informatique ou en musique.

Augmenter son nombre d'heures de répétition

Augmenter son nombre d’heures de répétition

Le livre s’appuie notamment sur l’étude de classes de musiciens divisés en trois groupes. Après un concours de sélection strict, qui définit qu’ils ont les capacités minimales pour réussir, trois groupes se forment : ceux qui sont pressentis pour faire une grande carrière de soliste, ceux qui seront musiciens d’orchestre et ceux qui seront enseignants. La principale différence réside, selon l’auteur, dans le nombre d’heures de pratique engrangées sur les années de travail. Divers exemples de légendes vivantes dans le monde de l’informatique, comme Bill Gates ou Steve Jobs semblent confirmer que la précocité est surtout un moyen d’accumuler cet avantage en termes d’heures permettant la réussite, à talent et opportunités égales. Le chiffre magique tournerait aux alentours des 10 000 heures.

Ignorant toutes les critiques et les biais ayant conduit à cette analyse quelque peu simpliste, je me demandais combien d’heures j’ai pu répéter dans ma vie, moi qui suis très loin d’être un expert.

De 15 à 20 ans, je jouais environ 4 heures par semaine, soit 1 040 heures. De 20 à 30 ans, pendant mes études, j’ai joué environ 2 heures par semaine, soit 1 040 heures également.

Après mes études, j’ai repris la guitare sérieusement, à raison de 7 heures par semaine jusqu’à mes 40 ans, soit 3 640 heures environ. Cet effort supplémentaire m’a conduit à donner mes premiers concerts en solo à 40 ans après 5 720 heures de pratique.

Le travail et la famille m’ont imposé un rythme moins intense ces dernières années, soit 5 heures par semaine, soit encore 1 820 heures. Cette période me fait quelque peu regretter mes jeunes années, où j’aurais pu facilement doubler mes heures de répétition.

J’en suis donc à un total très approximatif de 7 540 heures.

À raison de 7 heures semaine, j’en aurais encore pour 10 ans avant d’atteindre la limite fatidique des 10 000 heures.

Ce serait amusant de comparer avec d’autres musiciens amateurs ou pros et de savoir à quel moment de leur vie ils ont franchi le cap des 10 000 heures et si cela correspond à un instant important de leur carrière.

Mais cette théorie ne tenant guère la route, je peux me rassurer en considérant que le manque d’expertise à l’instrument est peut-être simplement dû … à un manque inné de talent.

Par la guitare acoustique commencer tu dois, jeune Padawan !

Beaucoup de gens croient qu’il est essentiel d’apprendre les bases de la technique de la guitare sur une guitare acoustique avant de jouer de la guitare électrique. C’est faux.

Commencer par la guitare acoustique tu devras, jeune Padawan!

Commencer par la guitare acoustique tu devras, jeune Padawan!

Ce serait une façon de développer la force et la coordination et une manière de durcir les doigts. C’est exact, mais ce n’est pas une raison pour commencer par jouer de la guitare acoustique avant de jouer de la guitare électrique. Bien que les deux instruments présentent des similitudes, ce sont des instruments différents, destinés à des styles de musiques différents.

Cette croyance peut avoir des conséquences négatives, surtout pour les enfants ou adolescents qui voudraient jouer de la guitare électrique pour aborder des styles de musique qu’ils aiment. Les parents aimeraient qu’ils « maîtrisent les bases », mais les guitares acoustiques sont plus encombrantes que les électriques, et les cordes sont plus dures à fretter.

Après quelques mois à faire semblant de reprendre des classiques de la guitare électrique sur une acoustique, avec la complicité d’un prof qui fait de son mieux, la désillusion puis la démotivation poindront le bout de leur nez.

Il y a quelque chose d’un peu vexant pour le passionné de la guitare acoustique que je suis de la considérer comme « plus basique » ou « simple » que l’électrique.

Voici ce qu’en pense Monte Montgomery, célèbre shredder acoustique : « Je ne joue plus d’électrique du tout. En fait, je ne devrais pas en jouer, car j’ai tendance à survoler tout le manche. Jouer de l’acoustique est si dur que quand je pose mes mains sur une guitare électrique, c’est facile et sans aucun effort, ça en devient trop facile de monter et descendre le manche. Je commence à sonner comme Steve Vai, et généralement ce n’est pas nécessaire. Pour la chanson, du moins ». (*)

Il existe quelques arguments qui pourraient justifier de commencer par une guitare acoustique:

  • le budget: puisque dans un premier temps, il ne faudra pas investir dans un ampli (bien que le matériel d’entrée de gamme soit relativement accessible, tant en acoustique qu’en électrique);
  • la transportabilité et l’encombrement: si il est vrai que la guitare est moins encombrante à tenir, transporter ampli, câbles et guitare est une autre histoire;
  • l’indécision sur l’orientation musicale : si on ne sait pas encore bien vers quel style de musique s’orienter, autant investir dans une bonne guitare acoustique qui fera un bon compagnon de voyage avant de s’offrir la guitare électrique de ses rêves;
  • elle est toujours prête, sur son pied, sur ou sous un lit, même à 100 m d’une prise électrique;
  • c’est plus pratique pour emballer les filles à la plage ou en camping (cf. la guitare pour pêcho, ça marche ?);

La guitare électrique a évidemment des arguments:

  • il est possible de jouer au casque dans le silence quasi-absolu;
  • les cordes sont généralement plus souples, ce qui facilite l’apprentissage, le jeu, les accords en barré;
  • les possibilités sonores sont infinies ce qui peut être un inconvénient, car la quête du bon son est également infinie et coûteuse;
  • si vous êtes attiré par le blues électrique, le rock ou le métal, elle sera incontournable;

Le premier conseil à suivre sera d’écouter beaucoup de musique pour définir ce que vous cherchez dans la musique. Votre budget jouera un rôle dans votre choix, mais de nos jours cet argument est sans doute moins déterminant, du matériel au minimum correct existe pour tous les budgets. A moins que ayez décidé d’apprendre par vos propres moyens, trouver un prof qui vous emmènera vers ce que vous souhaitez atteindre sera également un facteur à considérer.

Que vous choisissiez l’acoustique ou l’électrique, il faudra du temps et de la persévérance pour atteindre votre objectif.

(*) « I don’t play electric at all now. In fact, I shouldn’t, because I tend to fly all over the place. I play so hard on the acoustic that when I touch an electric and it’s so feathery and effortless, it’s just too easy to run up and down the neck. I start sounding like Steve Vai, and usually that’s unnecessary. For the song, at least. »