Alors ce live sur Facebook live ? Debriefing !

Voilà, c’est fait, grâce à Facebook live, j’ai diffusé ma musique en direct. En live depuis ma salle de bain dans les dents du « mon dentier ». Quelques amis m’ont suivi en live, j’ai eu des commentaires et des likes. Je suis content.

Facebook live - from my salle de bain

Facebook live – from my salle de bain

J’aime tester des choses, expérimenter du matériel ou des nouveautés. Et je suis prêt à payer de ma personne pour le faire. Alors cette idée de streamer une répet en live vers Facebook ne pouvait que me plaire. Quand je pense au matos de fou qu’il fallait il y a quelques années. De nos jours, un pied, un téléphone, un bon Wifi et on est parti pour une diffusion en live vers un public.

Mon but premier but était de valider l’expérience d’un point de vue technique, mais l’aspect humain et musical m’importent évidemment.

Debriefing

Mes impressions à chaud:

  • d’un point de vue technique, tout s’est bien passé, à part un petit souci de son au début.
  • je me suis senti un peu seul, peut-être à refaire en duo, face à un public restreint ou couplé à une « interview » avec quelqu’un qui me lit les commentaires
  • c’était tout à la fois intime et impudique
  • tout au long du live, je me suis demandé si il y avait du monde, si le son était bon, si je ne sortais pas du cadre, si il y avait des commentaires, difficile de rester concentrer
  • il m’était impossible de voir qui regarde ou de lire les commentaires pendant le Facebook live
  • j’aurais aimé prendre plus de temps pour papoter, mais parler dans le vide était trop étrange
  • le cadre était 100% authentique, c’est vraiment dans cette salle de bain que je répète le plus souvent, mais peut-être que je pourrais chercher un cadre plus joli et tant pis pour l’authenticité
  • c’est bizarre de répéter tout en donnant un concert, ce n’est finalement ni une répet, ni un vrai concert, je n’ai pas aussi bien travaillé que lors d’une répét et j’ai un peu moins bien joué que lors d’un concert
  • la mise en danger et le stress sont ceux du concert, mais le plaisir en retour est moins grand
  • la durée était bonne, un live plus long aurait été épuisant
  • il y avait peu de monde, ce samedi après-midi n’était pas la meilleure heure, mais je ne voulais pas qu’on confonde cette mise en bouche avec un vrai concert

Conclusion

De manière générale, je n’ai pas ressenti l’intensité et l’ascenseur émotionnel d’un vrai concert. Je ne voudrais pas que ce genre de procédé se substitue au vrai live. Le Facebook live doit rester un moment à part, pour diffuser un soundcheck ou faire un teasing. Aucune envie d’être comme ces groupes qui ne vivaient que sur MySpace à l’époque. Et qui n’existent que sur Soundcloud ou YouTube de nos jours.

Je pense que mon prochain live sera un peu plus court ou qu’il sera thématique. Peut-être que ce sera devant une tasse de café, la guitare sur les genoux pour vous parler d’un projet en cours ou d’un concert à venir.

Bientôt en direct avec ma guitare sur Facebook …

Depuis quelque temps, Facebook offre la possibilité de diffuser une vidéo en en direct vers une page. Plus j’y pense et plus je me dis que ce serait une bonne idée de partager un moment musical avec les adhérents de ma page musicale. Actuellement, faute d’un CD, ma musique n’existe qu’au moment où je la joue.

Live sur Facebook

Live sur Facebook

Le concept, déjà validé « en interne »

L’idée serait de partager un moment complètement spontané. Si l’instant se veut spontané, un peu de préparation est nécessaire. J’ai déjà réalisé un petit test de quelques morceaux réservé à des amis triés sur le volet pour avoir un petit retour d’expérience.

Conclusion: le son semble ok. L’image est bonne, le cadrage perfectible.

Dans la check-list j’ajoute:

  • téléphone relié au secteur (une panne de batterie serait la dernière des gaffes)
  • microphone additionnel pour améliorer la prise du son
  • téléphone sur un trépied avec un cadrage soigné en évitant le duo « bide double menton » en contre-plongée

Une grosse demi-heure de streaming me semble bien (le maximum est de 90 minutes). Ce que je n’ai pas vraiment testé c’est l’interaction de vive voix ou au clavier. Vu que je serai occupé à me filmer tout en jouant de la guitare, ma Lovely Roadie sera de corvée derrière l’ordinateur pour vérifier que tout fonctionne. Et elle me servira de backup pour suivre les commentaires.

Les objectifs

Avant tout, il s’agit de faire connaître ma musique, mon univers. Je voudrais arriver à convaincre les sceptiques de faire le saut pour venir me voir en live quand je joue. Faire connaître mon site et ma page, et qui sait, gagner des adhérents dans l’opération. Le dernier but, et non des moindres c’est de tester et de valider les outils et la faisabilité pour utiliser le procédé dans d’autres circonstances.

Certains soulèvent comme objection à ces moyens de diffusion que si tout est disponible sur le net les gens ne viendront plus au concert. Je reste persuadé qu’un concert est encore une expérience bien différente d’un moment passé devant un ordinateur surtout que ce sera une répétition interactive plus qu’un concert.

Pourquoi une répétition en live sur Facebook et pas un concert ?

J’ai déjà imaginé diffuser le streaming d’un concert (du moins le début ou le soundcheck), mais il faut une connexion Internet solide et un éclairage suffisant. Deux choses notablement absentes dans une salle de concert. Je veux à tout prix éviter de diffuser une vidéo sombre au son saturé. C’est tout juste suffisant quand on veut dire « j’étais au concert ».

Un concert complet serait sans doute un peu long pour moi et pour le public soumis aux distractions de Facebook. En effet, un concert reste un concert. Surtout que l’énergie se puise dans la fosse ou le parterre en face. J’aurais peur qu’un concert complet sans public soit un peu sans âme. Mais je changerai peut-être d’avis après ce premier essai. Et puis il y aurait un côté « simulé ». Et je suis incapable de faire semblant en ce qui concerne la musique.

Je donnerai un avant-goût de ma setlist pour le Village de Noël de Liège ce samedi 17 décembre. Je ne sais pas encore si la vidéo restera accessible après le live, tout dépendra des retours que j’aurai sur cette expérience. Il me reste à fixer une date et une heure, ce qui ne me laissera plus de possibilité de me défiler.

Rendez-vous ce samedi 19 novembre à 15 heures sur ma page Facebook: www.facebook.com/davidvanlochem.

Musiciens sur scène et superstition

Le monde du spectacle n’échappe pas aux petits rituels et à la superstition. Bon nombre d’entre elles nous viennent du monde du théâtre. En voici quelques unes…

Superstitions d'artistes

Superstitions d’artistes

Ne pas souhaiter « Bonne chance ».

Un grand classique: souhaiter « bonne chance » à un musicien ou à un membre de la production produit l’effet inverse ! Le « merde » ou « bonne merde » est de mise ! Cette expression daterait de l’époque où les spectateurs étaient déposés en calèche devant le théâtre. Durant cette courte halte, les chevaux ne manquaient pas de faire leurs besoin. Cette « garniture » était donc proportionnelle au nombre de spectateurs et par conséquent au succès de la pièce jouée.

Bon à savoir : au Royaume-Uni et en Amérique du Nord, le sort est conjuré par Break a leg (casse-toi une jambe !), en Allemagne par Hals und Beinbruch (Bris de cou, bris de jambe) ou Toï, toï, toï, répétition de la première syllabe de Teufel (diable).

Compter jusqu’à trois

Elle serait due aux nombreux accidents lors du levage et du déplacement du matériel pesant. Je me demande si la manie de ne compter que jusque deux lors des soundchecks pourrait venir de là.

Réussir parfaitement sa dernière répétition

Rien de pire que de faire un sans faute à la dernière répétition. On en déduit que la première se passera mal. Inversement, une répétition désastreuse annonce une grande soirée.

Annoncer une date ou une collaboration

Annoncer une date de représentation ou un concert à l’avance augmente les probabilités qu’un problème ne pousse à l’annulation. Avant signature d’un contrat ferme et définitif, il est préférable de ne rien dire.

Siffler sur scène, une superstition de marin

Siffler sur scène risque d’attirer les sifflets du public. Cette croyance viendrait également du fait que les régisseurs étaient d’anciens marins qui utilisaient des sifflements codés pour les changements de décors. Un sifflement d’acteur pouvait perturber le spectacle. Le fait de ne pas prononcer certains mots, comme « corde » aurait la même origine.

Le sifflement d’une fuite de gaz des lampes qui furent à l’origine de nombreuses explosions sont une autre explication plausible. 

Les rituels

La liste des rituels d’avant scène est interminable, chaque artiste a la sienne. on trouve de tout, de la sieste, aux objets, aliments ou vêtements fétiches et des rituels les plus tordus en coulisse. Par exemple : Céline Dion serre une reproduction en latex de la main de son mari défunt avant den monter sur scène.

Des études ont démontré que ces petits rituels participent à la concentration et à la confiance en soi. Deux composantes essentielles d’une bonne prestation. Mais la frontière est ténue entre les petits détails inoffensifs et la dépendance à une routine.

Et moi … ?

J’évite de croire aux superstitions, ça porte malheur !

Malgré tout, je n’aime pas parler d’une date ou d’une collaboration avant qu’elle soit bouclée de manière ferme et définitive. Tout ne se déroule pas toujours comme prévu, il vaut mieux garder pour soi les immanquables petites déceptions.

Avant tout, j’aime être rasé, propre et bien habillé dessus et dessous (un bon slip, c’est la moitié d’un bon concert). J’apprécie avoir des cordes neuves, du matériel propre et en bon état. En gros, je dois savoir que tout est à sa place et fonctionne.

Cela me semble relever autant du pragmatisme que de la superstition.

Le stage de Musique Acoustique à Virton… 31 ans après

Vingt-neuf octobre deux mille seize, sept heures du mat’, le brouillard dilue les contours de l’autoroute E25. Il n’y a pas que les feux arrière des voitures qui émergent du brouillard, pas mal de souvenirs aussi. Bon, on dirait l’entame d’un mauvais roman, mais c’est touchant de repenser à mon premier stage, il y a 31 ans.

Le passé émerge du brouillard

La E25 dans le brouillard…

La E25 dans le brouillard…

J’avais 15 ans, ces stages ont été des moments déterminants qui influencent encore l’adulte que je suis. Je repense à l’adolescent timide qui découvre ses premières émotions musicales avec Jacques Stotzem et les élèves de Thierry Crommen. J’ai toujours abordé ces stages avec la nonchalance d’un adolescent qui se satisfait de faire des notes ressemblant de loin aux exercices proposés. Si seulement je pouvais botter les fesses du moi d’y il a 30 ans pour m’obliger à mieux travailler… et je m’offrirais un métronome.

Je me souviens de l’ambiance chaleureuse unique dégagée d’un groupe de personnes animé par la même passion. Quand j’y repense, la musique soliste unit l’individu et le groupe dans un équilibre sans compétition qui me convient bien mieux que le sport.

Études, famille, boulot et pognon: une succession de choix raisonnables m’a éloigné des stages pendant des années. J’aurais aimé participer à l’édition des 30 ans, mais outre les raisons raisonnables mentionnées avant, la perspective d’être confronté au fait d’être perçu comme une sorte d’antiquité qui a participé aux premiers stages était intimidante.

Le retour au stage

Mais la raison impose également de sortir de sa zone de confort et de remettre sa ceinture blanche. Si les années de stages avec Jacques Stotzem m’ont appris énormément de choses, la somme des choses que j’ignore est toujours infinie. Je me suis inscrit au stage de Toussaint. L’idée est de me confronter à d’autres visions, d’autres univers. Mais en m’inscrivant au stage de Picking de Stéphane Wertz je limite quand même le grand écart. Après une formation classique, puis en tant qu’élève de Jacques Stotzem, son univers musical reste la porte à côté.

Le stage de Toussaint 2016 de l’asbl Musique Acoustique rassemble une septantaine de stagiaires. La guitare est bien représentée, en rythmique, jazz et fingerstyle. Parmi les autres instruments on trouve le ukulélé, la contrebasse, le cajon et la mandoline et le chant. Je craignais de me retrouver entouré de jeunes musiciens, mais à l’exception d’un petit groupe, le public des stages a eu le bon goût de vieillir gracieusement avec moi. Quelques anciens notamment Thierry Crommen me reconnaissent.

Accueil des stagiaires 2016

Accueil des stagiaires 2016

Premier contact

Rien ne change, après répartition des internes dans les chambres et l’inévitable discours des organisateurs, nous nous dirigeons vers les classes. Le programme de ce stage s’annonce passionnant. Je voulais sortir de ma zone de confort, je suis servi.

Stage virton 2016 - Stéphane Wertz

Stage virton 2016 – Stéphane Wertz

J’ai décidé de m’intéresser autant aux morceaux simples qu’aux morceaux plus complexes. Les premiers sont l’occasion de travailler le toucher et la musicalité. La beauté existe autant dans l’épure que dans la complexité. Une bossa et une samba, voilà des styles que j’ai peu pratiqués. Finalement, ce style compte deux types d’accords : les accords à trois notes qu’on fait à cinq doigts et les accords à cinq notes qu’on fait à trois doigt. Moi qui suis cantonné dans le blues-folk-rock depuis (trop ?) longtemps, voilà une belle occasion d’élargir mon vocabulaire.

Habituellement le latin-jazz m’ennuie avec ses accords fondus ton sur ton, mais les arrangements choisis mêlent habilement mélodie et tension harmonique. Les autres morceaux sont un morceau de Stevie Wonder et « My Valentine », superbe chanson de Paul McCartney.

 

Cours et repas…

L’organisation, forte de plus de 30 ans d’expérience est impeccable sans être pesante.

On ne va pas à ce genre de week-end pour la gastronomie. Mais il ne faut pas se mentir, manger fait partie du bien-être nécessaire à de bonnes conditions d’apprentissage. En plein processus de reprise de contrôle de mon alimentation, il y avait un challenge à relever. L’offre en fruits frais, légumes et protéines m’a grandement facilité la tâche. Je n’ai pas de soucis avec le gluten ou le lactose. J’ai juste ajouté une bière et une bière spéciale… pour les vitamines 🙂

Pour la soirée, un concert des stagiaires est prévu. J’hésite un peu à m’inscrire, la journée fut longue et éprouvante pour les doigts. Mais ce serait bête de rater une occasion de confronter ma musique avec un public. D’autant qu’il s’agit d’un public de musiciens acoustiques. Je jouerai « Have a beer » suivi de « Entre chien et loup » pour illustrer les deux faces de mon univers musical personnel. Comme pour l’éponge vaisselle, alterner le côté qui gratte et le côté doux.

Concert des stagiaires 2016

Concert des stagiaires 2016

… et puis concert

Le concert est varié, les stagiaires se produisent avec instruments et chanteurs, en solo, en duo, quintette ou quatuor ou carrément en ensemble, avec et sans le support des professeurs. Je ne peux échapper à ma condition de bibelot antique et la présentation mentionne immanquablement mon ancienneté. J’aurais sans doute préféré pouvoir faire valoir ma fidélité. Où en serai-je après 30 ans de stage ?

C’est compliqué de sonoriser autant de musiciens à la volée, le son sera ce qu’il sera. On fera « avec » comme on dit à Liège. Le plus dur reste de ne pas changer sa manière de jouer en fonction du son des retours très marqué dans le médium. Je demande un peu de reverb pour le second morceau. Je le regrette instantanément, car je me retrouve avec un delay en slap back plein de souffle, heureusement suffisamment long pour ne pas me perturber rythmiquement.

Après le concert, c’est l’inévitable jam qui prend la suite. Je m’attendais à un déluge de swing, mais nous jouons et chantons de tout, et entre jeu au culot, au pif, à l’oreille et au radar, on s’amuse bien. Il est deux heure trente environ quand je jette l’éponge (il ne reste plus que le côté qui gratte). 

Stage de Virton 2016 - la Jam

Stage de Virton 2016 – la Jam

Le (dur) lendemain matin

La nuit est courte, malgré le changement d’heure. Après le petit-déjeuner, nous reprenons les cours. Dure fin de la matinée, je suis fatigué et ma mémoire sature, plus moyen de me souvenir des positions d’accords plus jazz que je pratique peu. Il faudra que je revoie tout ça au calme chez moi. Mon tampon pour dessiner des accords a séché et j’ai oublié chez moi les feuilles vierges pour note les positions d’accords. Les partitions sont à moitié en tablature, à moitié en portées. Les accords sont mentionnés et les mélodies, mais l’arrangement est laissé à la discrétion de l’interprète. C’est à la fois déstabilisant et plein de potentiel.

Nous terminons la journée par un passage chez les joueurs de Cajon, pour un exercice collectif.

Stage de Virton - la classe de cajon

Stage de Virton – la classe de cajon

Ensuite c’est le retour, fatigué, mais content d’avoir pu remplir l’objectif que je m’étais fixé.

Finalement, j’ai pu sortir de ma zone de confort et m’ouvrir a de nouvelles façons de travailler. Il va me falloir un peu de temps pour digérer tout ça, mais peut-être que je pourrai m’approprier ce nouveau vocabulaire pour l’intégrer à mon univers musical.