Les types de compresseurs : le guide du guitariste acoustique fingerstyle
Dans le monde de l’audio, et plus particulièrement pour les guitaristes acoustiques adeptes du fingerpicking, le compresseur est un allié précieux. Il permet de maîtriser la dynamique du jeu et d’égaliser les notes trop fortes ou trop faibles tout en conservant l’expressivité naturelle de l’instrument. Mais, les effets sont comme les épices, ils doivent sublimer le plat, pas l’écraser.
Il existe plusieurs types de compresseurs, chacun avec ses caractéristiques propres. Voici un tour d’horizon pour choisir le bon outil. Je ne fais pas de différence entre le hardware et le software ici, le second ne faisant que reproduire (plus ou moins bien selon les avis) les caractéristiques des premiers. J’ai choisi quelques exemples et illustrations. Ce ne sont pas forcément les meilleurs dans leur catégorie, le choix est vaste et personnel.
Le compresseur VCA : précision et contrôle
- Pour : contrôler avec précision les attaques du jeu fingerstyle, notamment les basses un peu trop puissantes.
- Son : neutre, propre, sans coloration particulière.
- Utilisation : parfait en live pour stabiliser le signal.
Exemples célèbres : DBX 160, SSL Bus Compressor.

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Le compresseur FET : du punch et du caractère
- Pour : donner du mordant à un jeu percussif ou rythmique.
- Son : coloré, énergique, légèrement crunchy.
- Utilisation : en studio pour faire ressortir la guitare dans un mix.
Exemples célèbres : UREI 1176, Purple Audio MC77.

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Le compresseur à lampes : chaleur et musicalité
- Pour : les ballades fingerstyle, les morceaux expressifs ou mélodiques.
- Son : rond, chaud, vintage.
- Utilisation : pour donner une belle « couleur » sonore à la guitare acoustique.
Exemples célèbres : LA-2A, Manley Vari-Mu.

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Le compresseur optique : naturel et fluide
- Pour : une compression discrète qui suit la dynamique sans l’écraser.
- Son : transparent, musical, respectueux du toucher.
- Utilisation : parfait sur des guitares acoustiques enregistrées au micro.
Exemples célèbres : Teletronix LA-2A, Avalon VT-737.

Avalon VT-737.
Le compresseur à gain variable (Vari Mu) : douceur vintage et musicalité
Le compresseur à gain variable, aussi appelé Vari Mu, utilise également des lampes (tubes) pour contrôler la compression en modifiant le gain du signal de manière progressive. Ce type de compresseur est réputé pour sa réponse naturelle, sa rondeur, et son caractère vintage.
- Pour : un jeu expressif, mélodique, avec une compression discrète mais présente.
- Son : chaud, collant, musical, avec une belle coloration analogique.
- Utilisation : excellent pour ajouter de la densité sans sacrifier la dynamique naturelle du fingerpicking.
Exemple célèbre : Chandler Limited RS124 – un compresseur légendaire inspiré des unités utilisées à Abbey Road dans les années 60.

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En résumé : quel compresseur choisir ?
| Type de compresseur | Avantages | Idéal pour… |
|---|---|---|
| VCA | Précis, rapide | Live, contrôle serré |
| FET | Punchy, coloré | Jeu dynamique, mixs modernes |
| Lampes | Chaleureux, vintage | Ballades, sons ronds |
| Optique | Naturel, fluide | Jeu expressif, acoustique pure |
Conseils de réglage pour la guitare acoustique
- Ratio : 2:1 à 4:1, compression modérée et naturelle
- Attack : plutôt lent, pour laisser passer l’attaque des doigts
- Release : rapide ou auto, pour une compression fluide
- Threshold : à ajuster selon ton jeu, on commence bas et puis on remonte doucement
Évidemment ce sont des suggestions génériques qu’il faut ajuster en fonction de chaque morceau.
Attention au pumping
Le pompage (ou pumping) est un effet indésirable qui se produit lorsque la compression devient trop audible, provoquant des variations de volume perceptibles, comme si le son « respirait » de manière artificielle. Cela se manifeste souvent par une montée et une descente du volume qui peuvent gêner l’écoute, surtout en fingerpicking où la dynamique naturelle est essentielle.
Ce phénomène survient généralement lorsque l’attaque est trop rapide, le release trop lent, le ratio trop élevé ou le threshold trop bas, ce qui pousse le compresseur à agir de façon excessive. Pour l’éviter, il est recommandé de régler le compresseur avec une attaque plutôt lente, un release rapide ou automatique, un ratio modéré (2:1 à 4:1), et un seuil qui laisse respirer le jeu.
Bien maîtrisée, la compression doit rester discrète et soutenir le son sans que l’on perçoive son action. Idéalement, on doit à peine l’entendre.
Bref…
Le compresseur est bien plus qu’un simple outil technique : c’est un véritable allié pour sublimer le jeu en fingerpicking. Qu’il soit optique, à lampes, FET, VCA ou numérique, chaque type de compresseur apporte une couleur et une manière différente de sculpter le son. Bien utilisé, il permet de renforcer l’expressivité naturelle de la guitare acoustique, de lisser les imperfections sans gommer la personnalité du jeu, et d’offrir à l’auditeur une écoute plus claire, plus maîtrisée, et plus musicale. L’essentiel reste de tester et de choisir le bon compresseur en fonction de son style et de l’effet recherché.