Gaff’gun: le gadget ultime pour mettre de l’ordre dans vos câbles ?

GaffgunJ’adore les gadgets. Ma femme me surnomme même gadgetman. J’aimerais parfois pouvoir organiser et de gaffer mes câbles au sol pendant le montage, mais j’ai rarement le temps. Ce qui m’a déjà valu de finir un morceau, les pieds roulés dans le câble.

Je viens de tomber sur ce bijou. Un dérouleur qui lisse et colle les câbles au sol.
Facile, rapide, et propre.

Alors, d’après vous, indispensable pour les tourneurs ou pour toute salle et en studio musique/photo/vidéo ?

Dommage que le prix annoncé de 200$ soit tout de même assez violent. Le GaffGun sera disponible à partir de mi-décembre si j’en crois leur site.

 

MUSIC BEER LOVERS’ TOUR – Live – 15 novembre au El Senõr Duck Napo (Liège)

Je serai en concert au EL Senõr Duck Napo le 15 novembre à 20h dans le cadre du Music Beer Lovers’Tour.  Un groupe, un bar, une bière … pour ma part ce sera la Moinette blonde !

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Pourquoi les premiers CD avaient une durée de lecture de 74 minutes ?

le CD, et ses 74 minutes de son cristallin

le CD, et ses 74 minutes de son cristallin

Après « Pourquoi les chansons font trois minutes ? » voici une autre question intéressante : Pourquoi les CD étaient-ils initialement limités à 74 minutes ? Pas 60 minutes, pas 70, mais 74 minutes. 

Comme pour la durée des chansons, il y a de bien jolies histoires que les gens racontent … qui sont fausses.

Une de ces jolies histoires parle de l’amour inconditionnel que portait le président de Sony, Norio Ohga à la Neuvième Symphonie de Beethoven. Ancien chanteur d’opéra, audiophile et passionné de musique classique, il aurait exigé que le nouveau support puisse contenir la Symphonie n°9 en Re mineur Op. 125, oeuvre magistrale de Ludwig van Beethoven. D’autres prétendent que c’était pour répondre à cette même demande de la part de son épouse.

Ludwig van Beethoven

Ludwig van Beethoven (source : Wikipedia)

La plus longue version enregistrée de cette symphonie était une version lente de 74 minutes dirigée par Wilhelm Furtwängler Bayreuther Festspiele de 1951, ce qui aurait imposé le format final.

Une autre variante prétend que le chef d’orchestre autrichien, Herbert von Karajan aurait exigé la même chose, condition indispensable pour apporter le support de sa notoriété à ce nouveau format, initialement pensé pour répondre aux exigences sonores des amateurs de musique classique.

La vérité est moins romantique, plus triviale, plus économique et technique, comme souvent …

Lors de la création du format CD en 1980, Philips et Sony (et Hitachi) se sont partagé les brevets de cette nouvelle technologie. Selon le Red book, qui fixe les modalités techniques et suivant les conditions d’exploitation commerciales du CD définies par ses inventeurs, Philips se charge de la conception du CD et du mécanisme de lecture, tandis que Sony se charge de définir un format de numérisation et un procédé de correction des erreurs de lecture.

surface d'un CD (source : Wikipedia)

surface d’un CD (source : Wikipedia)

Selon les formats d’échantillonnages définis par Sony et Philips, un disque de 10 cm de diamètre, qui était le format initialement choisi par Sony, permettait de stocker 60 minutes de musique, suivant les contraintes de la lecture optique à l’époque. Le succès des cassettes audio avait démontré que cette capacité était commercialement suffisante.

Philips qui, dans les spécifications du Red Book, travaillait sur le support et les lentilles de lecture avait opté pour des prototypes de 11,5 cm permettant de stocker un peu plus d’une heure de musique.

Au moment de lancer la production industrielle, Philips aurait eu un avantage grâce à une chaîne de production capable de fournir rapidement ces disques de 11,5 cm, ce qui ne faisait pas les affaires de Sony qui prenait du retard sur la fabrication des lecteurs. Philips ne souhaitait pas favoriser le format de 10 cm propre à Sony, pour les mêmes raisons.

Le compromis fut le disque de 12 cm qui ne donnait l’avantage à aucun des deux fabricants, tout en permettant d’utiliser tous les développements techniques et électroniques mis au point précédemment. Ces décisions ont été prises par le management et ont été imposées aux experts des équipes techniques. Un disque de 12 cm de diamètre avait donc un temps de lecture théorique de 74 minutes et 30 secondes. Tout comme pour la durée des chansons, c’est le support qui a imposé le temps de lecture.

Pour finir d’enterrer définitivement la légende romantique de la longue et lente Neuvième Symphonie de Ludwig van Beethoven, il faut considérer qu’à l’époque la durée maximale d’enregistrement plafonnait en pratique à 72 minutes car les premiers supports pour le mastering audionumériques étaient des cassettes vidéo au format U-matic, dont c’était la durée d’enregistrement maximale.

La version la plus longue de la symphonie de Beethoven n’aurait de toute manière pas pu trouver place en entier sur un CD avant 1988, date de l’introduction de nouveaux supports pour le mastering numérique.

Ceci a donc finalement conduit à la création d’un CD-ROM de 74 minutes et 30 secondes, de 120 mm de diamètre contenant 682 Mo de données.

Note: avec l’amélioration du guidage de la lecture optique et en jouant sur la densité des pistes, il a été possible de monter ensuite à 80 minutes, et même jusque 99 minutes.

La musique est un hobby de luxe, pourquoi faudrait-il payer les musiciens ?

La musique est une passion et un hobby, comme la pêche ou le vélo. Pourquoi faudrait-il payer des gens pour s’amuser ?

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Avant toutes choses, la musique est une discipline artistique. Si l’art en soi est impossible à définir, si ce n’est par sa reconnaissance en tant que tel au sein d’un groupe donné, en revanche, la notion d’artiste est un concept clair et net. Un artiste est un individu cultivant ou maîtrisant un art ou une technique source d’émotions, de sentiments, de réflexion. Une œuvre qu’il développe en s’adressant délibérément aux sens, aux émotions, aux intuitions et à l’intellect.

L’aspect délibéré retient ici toute mon attention, car c’est le pivot de la réponse à la question-lièvre levée par le titre.

La musique est-elle un hobby ou un métier ?

Si l’artiste décide délibérément de se faire rémunérer, c’est un métier. Cela résulte du choix de l’artiste, il n’y a pas de jugement, de débat ou de discussion à avoir. Que ce métier s’exerce à temps plein, à temps partiel ou comme activité complémentaire n’y change rien.

Comme me le faisait remarquer Charly (de Charly et sa drôle de dame), qu’un voisin cultive des tomates et les distribue dans le voisinage ne remet pas en question le fait que maraîcher soit un métier. Tout comme le fait qu’un ami fasse la vidange de sa voiture lui-même ne remet pas en cause le fait qu’être garagiste soit un métier. J’ajouterais que personne ne contestera qu’il existe des pêcheurs professionnels et des cyclistes professionnels.

Le corollaire difficile à digérer étant que personne ne vous doit logement et couvert au prétexte que vous êtes créatif. Comme on dit  » tu voulais un vélo, maintenant pédale ». Ce sont vos choix, à vous des les rendre possibles. mais cela nécessite en contrepartie une reconnaissance de la valeur monétaire de la création qui est singulièrement absente de notre société.

Quant aux bénéfices engendrés par la culture, je vous renvoie à l’excellente vidéo réalisée par le journal le monde pour expliquer les retombées positives de la culture.

Ce n’est que du divertissement ? Le foot ne sert qu’à nous divertir également et peu de monde conteste les montants astronomiques des salaires des joueurs dont les retombées positives comme la notoriété, l’identification au groupe, la réputation et les bénéfices dérivés ne diffèrent pas en nature de celles de la culture.

Et si l’artiste, comme le joueur de foot, arrive à se faire rémunérer, c’est qu’un marché existe, et que des gens sont prêts à payer pour sa prestation. Si il n’est pas compétent dans son art, ou si ce qu’il offre ne semble pas une contrepartie décente à son paiement, le nombre de personnes prêtes à le payer fondra comme neige au soleil, c’est la loi du marché.

La valeur vient de la réussite, ou est-ce l’inverse ?

L’effet Veblen, ou effet de snobisme, a été mis en évidence par l’économiste et sociologue Thorstein Veblen. Dans le domaine des biens de luxe ou du moins ceux qui permettent une certaine distinction sociale, la baisse de prix de ces produits se traduit par une baisse de l’intérêt qu’ils représentent aux yeux de leurs acheteurs potentiels.

De manière inverse, la hausse du prix d’un produit peut le rendre davantage désirable et le faire entrer dans la catégorie des biens dont la possession traduit un rang social élevé.

La perte d’intérêt du public pour les activités artistiques pourrait donc résulter partiellement d’une perte de la valeur perçue. Alors qu’au contraire on tend à attribuer cette perte de valeur au désintérêt du public.

Existe-il des moyens de paiement alternatifs ?

A notre époque, l’argent se reproduit avec lui-même dans un tourbillon infernal et contre-nature. La culture notamment est vue comme une inutilité dispendieuse drainant des précieuses ressources financières qui pourraient servir à fabriquer plus de profit. Certains faux profits, sans doute les plus lucratifs, enflent en bulles qui éclatent, emportant quelques rares élus vers les cimes où l’argent devient autogame, tandis que les autres sont précipités à terre.

Dans la vision économique pure, le profit est de plus en plus souvent découplé du travail, qui ne vaut rien (pire, il est coûteux !). Il semble plus facile de lever des fonds pour d’hypothétiques projets en carton que d’être payé pour le travail concret qui n’est que prétexte à économies. La sueur des créateurs n’est que de l’eau vaguement salée qu’on ne peut plus vendre en bouteilles.

La visibilité comme paiement ? L’opportunité d’une promotion ?

Quels sont les métiers qui l’accepteraient en guise de paiement ?

– Docteur, me ferez vous une consultation gratuite si je dis que vous m’avez bien soigné ?

Dans le contexte actuel de l’offre et de la demande, vu le ratio signal-bruit, les algorithmes des pubards combinés au déficit d’attention des gens, la visibilité n’a plus de valeur.

C’est un piège pour un artiste.

Vous acceptez de jouer pour être vu, puis vous créez des choses destinées à être vues et remarquées. Vous créez pour répondre à une attente.

C’est aussi le motif d’une surenchère pas toujours qualitative. La pire reprise du monde à plus de visibilité Internet qu’un vrai talent. Une jolie paire de seins dans un débardeur noir sautillant sur l’éclisse d’une guitare sur une reprise-soupe à la louche cartonne au box-orifice de Youtube.

Autant se filmer en train de pisser dans une guitare en comptant sur les retombées publicitaires liées au nombre de vues plutôt que de composer un morceau. On sait combien coûtent 1000 vues sur Youtube, mais on ne sait pas dire combien elles rapportent aux auteurs. La réussite basée sur un nombre de likes ou de vues, c’est du vent. La notoriété des jeunes talents des télé-crochets rapporte des millions aux chaînes, mais leurs carrières post-coïtum ne se concrétisent que rarement. Parce que la célébrité c’est du vent.

Bien sur, certains se jouent de ce monde avec talent, et réussissent, parce qu’ils transforment leur succès en argent, et pas l’inverse.

L’argent a ceci de précieux qu’il a de la valeur dans notre société et que c’est la seule façon de transmettre un peu de cette valeur à la culture pour lui garantir l’intérêt du public.