Matériel : Yamaha Stagepass 400i, mes premières impressions.

Je collabore régulièrement avec d’autres artistes, il m’arrive de jouer dans des endroits sous-équipés, dans des chapiteaux, des salles qui font peu ou pas de concerts, ou en extérieur. Le besoin d’un petit système de sonorisation facile à transporter et installer se faisant régulièrement sentir, après une rapide étude de marché, j’ai investi dans le Yamaha Stagepass 400i. Pas besoin de grand chose, juste pour combler le trou entre les petits clubs où l’ampli de 100 Watts suffit et les plus grandes salles qui sont équipées.

Stagepass 400i - les boites

Stagepass 400i – les boites

J’ai passé mon chemin sur les occasions, acheter une paire de woofer fatigués intransportables et des tweeter qui n’ont plus que du souffle, recouverts de moquette sale (je suis allergique) ou de onze couches de peinture noire ne me tentait pas trop.

Je vous fais grâce d’une vidéo de « unboxing », on est en 2015, voir quelqu’un se débattre avec des cartons, même avec une pomme dessus, n’intéresse plus personne. La seule chose à retenir c’est qu’en 2015 les fabricants n’ont pas encore le réflexe environnemental et certains continuent à utiliser des inserts en polystyrène au lieu d’opter pour du carton recyclé-recyclable préformé.

J’ai commandé un kit composé du Stagepass 400i, d’une paire de pieds pour diffuseurs et d’un trolley pour ranger et protéger le tout.

Sur papier, le Yamaha Stagepass 400i affiche des caractéristiques intéressantes :yamaha-stagepas-400i-bundle

  • Puissance dynamique 400W (200W + 200W)
  • Enceintes de 8 pouces
  • Table de mixage amovible 8 canaux (4 mono mic/ligne + 4 mono/2 stéréo ligne)
  • Connectique iPod/iPhone (lecture et recharge)
  • Master EQ™ avec Bass-Boost
  • 4 types de réverbérations numériques SPX
  • Filtre anti-Larsen intégré
  • Égalisation 2 bandes par canal
  • Entrées commutables stéréo ou double mono
  • Entrée haute impédance (Hi-Z)
  • Alimentation fantôme
  • Protection par DSP
  • système de fixation 35mm pour trépied avec StageLok™
  • Sorties pour retours et caisson de graves

Soyons clairs, avec 200 watts et des 8 pouces, je ne vais pas « rock-the-casbah » la place. Mais je compte améliorer la diffusion d’un son propre pour mes duos contes et guitares ou les prestations en duo acoustique quand je collabore avec un chanteur ou une chanteuse. Je pense qu’un combo punk-rock ou un DJ ne trouvera pas forcément son bonheur avec ce type de matériel. Mais ils pourront se pencher sur le grand frère, le Stagepass 600i et lui adjoindre un subwoofer.

Une fois déballé et rapidement monté, j’avoue que j’apprécie l’apparence sobre et sérieuse de l’ensemble.

Stagepass 400i

Stagepass 400i

La petite table de mixage à 8 canaux se fixe à l’arrière d’un des moniteurs, avec un bouton à glissière solide doté d’un crochet en métal. La ventilation se faisant par la face avant, elle peut s’utiliser dans cette position. L’autre moniteur a une trappe pour ranger les câbles, qui présente des conseils de branchement des divers instruments, mais ici le loquet m’a l’air plus léger.

De manière générale, on sent le poids de ce qu’on prend en main et les plastiques ont l’air qualitatifs et solides. Ils sont construits pour pouvoir être posés sur le sol, et servir de retour.

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La table de mixage est bien dotée en entrées et possibilités de réglage …

  • 2 entrées micro/ligne, 2 entrées combo jack/micro, dont une entrée Hi-Z, une entrée splittée en Jack mono ou en RCA stéréo et une entrée splitée en jack mono stéréo ou mini-jack. On trouve également une entrée USB pour diffuser de la musique en provenance d’un iPhone, iPad, iPod (ce port permet l’alimentation et la recharge). Les deux premières entrées peuvent fournir une alimentation fantôme.
  • 2 sorties pour des retours avec un volume indépendant, une sortie pour un subwoofer et les sorties pour connecter les diffuseurs du stagepass

YAMAHA+STAGEPAS+400I-5Chaque canal a un EQ à deux bandes, un volume et les 4 premiers canaux ont un dosage de la reverb. A côté du volume de sortie, il y a un master EQ, avec un bouton unique qui définit une courbe d’égalisation optimisée pour la voix, la musique ou un bass boost. La réverbération fonctionne également avec un bouton unique, on sélectionne l’effet en se plaçant dans un des quadrants, et l’intensité de l’effet augmente avant de passer à l’effet suivant. Une pédale (optionnelle) permet de couper la réverb.

J’aurais aimé avoir un EQ à 3 bandes, et de préférence avec un médium paramétrique, mais pour cela, il faut investir plus. Je compte de toute façon passer mes instruments par une DI avec EQ paramétrique avant la table.

Je n’ai pas filmé ou enregistré le son, parce que tester une sono de 200 Watts dans une petite cuisine et vouloir faire un enregistrement représentatif des qualités sonores du système n’a évidemment pas beaucoup de sens. Le test ultime se fera lors de la prochaine sortie, la Pentecôte à Chokier, en duo avec Rumelin.

Mon tout premier test a consisté à brancher mon iPhone et écouter une série de morceaux que je connais. La restitution sonore est très agréable et détaillée. Le système ne produit pas de souffle notable à part un tout petit bruit de ventilateur à la console. Évidemment, si les fichiers numériques ne sont pas à la hauteur, cela s’entend, il n’y a pas de miracle. Mais avec une source de qualité, le rendu est très bon.

Note aux écoles, clubs de sports ou de danse et associations : prenez des fichiers de qualité pour vos spectacles et soirées, vous éviterez la bouillie sonore que vous nous imposez à chaque fois.

La voix parlée testée avec un micro Sennheiser et Shure SM 58 est une application sans souci et les réglages à disposition sont amplement suffisants, voire supérieurs à ce qu’il m’a été donné d’entendre pour des présentations.

Mon premier test avec la guitare a été très décevant. J’ai un peu tripoté les boutons en vain, sans trouver satisfaction. Je me suis ensuite décidé à opérer un vrai soundcheck en travaillant surtout sur l’ajustement de mes niveaux d’entrée, l’égalisation pré-console, puis le niveau de sortie, et enfin, j’ai trouvé le son que j’attendais. Il faut un signal bien dosé et bien taillé en amont. Apparemment la console a un limiteur intégré.

Une fois démonté, l’encombrement est réduit. Le trolley Yamaha est hyper bien fini, solide et bien rembourré, et semble très pratique. J’ai vu passer une nouvelle version du trolley, plus allongée, où les diffuseurs sont stockés l’un au dessus de l’autre.

C’est un détail qui n’a rien à voir avec le système en soi, mais le sac fourni dans le kit avec les pieds Millenium ne me satisfait pas, il est trop grand, trop mou et trop fin, la tirette coulisse mal, il n’est pas pratique. Je lui donne une durée de vie de quelques sorties au maximum.

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Je voulais : un système bien conçu, compact, facile à monter et à transporter et d’une puissance suffisante pour amplifier plusieurs instruments, dont la voix, avec une qualité satisfaisante, pour un budget raisonnable (environ 600 €).

J’ai trouvé : le Yamaha MoStagepass 400i

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Je vous raconterai ici la première utilisation en conditions réelles … ce sera le lundi 25 mai. 

Note: vous retrouverez sans doute bientôt ce test et d’autres republiés ailleurs … je vous laisse la surprise.

Matos : … et la lumière fut … rangée !

En vue des futurs spectacles Contes et Guitare qui se profilent à l’horizon, j’ai décidé de rationaliser un peu le transport de mes éclairages. 

Je voulais pouvoir embarquer « d’un geste et à une main » tout mon système de spots sans avoir ce tas de boites qui traînent en coulisse. Les boites en carton d’origine ont fait leur temps, la frigolite part en petites billes collantes et énervantes, et les câbles sont un vrai foutoir.

Adieu ceci :

cartons-spotsBonjour ceci … !

sacs-spots

 

RIP BB King …

Le phrasé reconnaissable entre tous … bon voyage, man of the blues et merci pour chaque note  !

Compte-rendu : soirée de tournage sur le concert de Jacques Stotzem à Arlon

Jacques Stotzem Maison de la Culture d'Arlon

Jacques Stotzem Maison de la Culture d’Arlon

Si j’ai acheté des nouveaux coffres à outils pour mes cameras, ce n’est pas sans arrière-pensée. Ce vendredi soir je suis chargé d’assurer le tournage de la vidéo live pour mon « senseï », mon maître es guitare, Jacques Stotzem

Arlon ce n’est pas exactement la porte à côté, mais entre une mini tournée en Allemagne et une tournée en Asie, il faut profiter des rares concerts en Belgique pour ramener de la vidéo pour alimenter le channel Youtube. (Note to Jacques : sinon, je veux bien aller filmer en Asie, l’avion ne me fait pas peur). La salle à Arlon est belle, avec une structure en amphithéâtre et un plateau large et un bon dégagement visuel, propice à l’installation des caméras.

Étrangement, je suis encore plus stressé que si c’est moi qui jouais. J’ai peur que les caméras me lâchent, ou que les cartes mémoires soient trop courtes.

Arrivé sur place, j’emboîte le pas à un mec avec une guitare sur le dos, ça semble une bonne piste. Mauvaise pioche, je suis entré par la porte de service, à ne pas confondre avec l’entrée des artistes. Aidé d’un aimable guide rencontré au détour d’une porte, je me faufile dans un dédale de couloirs pour trouver les loges et l’arrière de la scène, guidé par un son reconnaissable entre tous, le soundcheck de Jacques Stotzem et son morceau « Twenty-one ».

Je débarque par l’arrière de la scène, salue Jacques et commence de suite à placer allonges électriques et caméras aux trois endroits que je m’étais fixé. Une caméra en plan arrière, une vue latérale grand-angle qui prend l’avant-scène et une grande partie du public, et une dernière dans les gradins, avec un cadrage normal pour les images de 3/4 face. Avec ça, j’ai de quoi bien illustrer l’ambiance de ce concert. Je prends un peu de temps pour fixer les câbles au sol pour éviter les accidents. J’ai même prévu une petite lampe frontale au cas où je ferais tomber quelque chose dans l’obscurité du fond de scène.

Sound- et caméra-check Maison de la Culture Arlon

Sound- et caméra-check à la Maison de la Culture d’Arlon

Je lance et prépare le cadrage de toutes mes caméras. Le défi de ce soir est de démarrer les caméras le plus tard possible pour économiser les cartes mémoires, histoire de filmer tout le concert, rappels compris, à la demande expresse de Jacques.

Petit passage par les loges pour manger un bout en compagnie des artistes, et discuter du déroulement du concert. Pour pallier l’absence du responsable de la maison de la culture, me voilà bombardé « MC », c’est moi qui annoncerai les artistes, ce qui me permettra également de passer par le fond de la scène pour démarrer les enregistrements.

La salle se remplit, et immanquablement quelqu’un s’est pris les pieds dans mon trépied. Je réajuste le cadre en vitesse

Je suis tout de même amusé de monter sur scène pour souhaiter la bienvenue au public « au nom de la Maison de la Culture d’Arlon », une salle je n’ai jamais mis les pieds jusque là. Il doit y avoir des habitués dans la salle qui se posent des questions.

La première partie débute avec un sympathique guitariste du coin, Nicolas Gaul, belle sonorité, un groove impeccable dans un univers blues rock, entre compos personnelles et reprises, avec et sans looper. Belle énergie pour ce set. Un musicien qu’on croisera encore, j’en suis sûr.

Nicolas Gaul - Maison de la Culture d'Arlon

Nicolas Gaul – Maison de la Culture d’Arlon

A la fin de la première partie, je démarre la caméra dans la salle, me glisse par le côté du rideau et démarre les deux autres caméras, avant d’aller annoncer celui qui fait rayonner la guitare acoustique instrumentale partout dans le monde, Monsieur Jacques Stotzem.

Le concert est magique, mais j’ai les yeux rivés sur les petites lumières de mes caméras … Pourvu qu’elles tiennent jusqu’à la fin du concert. A chaque fois que la présentation d’un morceau s’éternise un peu, ou que les applaudissements (mérités) durent, j’ai un pincement au coeur.

Pendant la pause, je vais boire une petite bière dans les loges, puis réajuste les caméras et vérifie le temps restant sur chaque carte mémoire.

On me voit sur cette photo, debout à côté de la petite lumière presque au centre de l’image, tout au bord du public, cherchant des yeux ma petite caméra perdue au fond de la scène, guettant le clignotement de la led rouge qui me dit que tout va bien.

Jacques Stotzem Arlon

Jacques Stotzem Arlon

Le concert touche à sa fin, j’ai l’impression que Jacques parle de plus en plus longtemps. Tiendra, tiendra pas ? Les rappels arrivent, un morceau solo, puis un duo avec Nicolas Gaul. Tous les voyants sont au rouge, et pour une fois c’est une bonne nouvelle. Tout est dans la boite.

Verdict au dépouillement des prises et au montage, mais la matière brute est là. Je démonte et range tout le matériel pour être sûr de ne rien perdre, mais j’arrive quand même a perdre un transfo que l’équipe de la salle retrouvera heureusement. Boire un verre, et puis rentrer …

Ce soir, je retourne voir Jacques Stotzem non loin de chez moi, avec ma Lovely Roadie, sans caméra, sans matériel, les mains dans les poches, juste pour le plaisir de l’écouter … 

Le mot d’ordre du jour sera :

keep-calm-and-listen-to-jacques-stotzem