Le profond ennui de la nouvelle guitare acoustique.

Mon millième dimanche pourri passé à parcourir des forums parlant de guitares acoustiques, à regarder des vidéos. La millième vidéo « sensationnal, amazing crazy performance » avec un gars qui a passé des centaines d’heures à répéter pour tapoter sa guitare dans un accordage modal avec un épatant sens du rythme et une coordination des deux mains qui force l’admiration, sur deux guitares ou une guitare à deux, voire trois manches, ou une « incroyable » guitare à 23 cordes.

L'ennui

L’ennui

Millième fois qu’au bout de 30 secondes je m’ennuie … millième fois que je le dis et qu’on me répond :

« Quand tu sauras en faire autant on en reparlera ! »

Cet argument n’est finalement pertinent dans AUCUNE situation de la vie, et surtout pas dans le domaine de l’art, où l’on est face à un public qui se fie avant toute chose à l’émotion, au questionnement et à la résonance que l’oeuvre crée en lui en tant que spectateur et auditeur. Je préfère souvent encore détester une oeuvre pour des critères objectivables que d’éprouver de l’ennui à son écoute.

Perso, si c’est pour le plaisir des yeux, je préfère quand plusieurs personnes jouent sur une guitare ou quand il se passe vraiment quelque chose d’un point de vue musical, comme dans cette vidéo de John Gomm … dont le morceau tient debout sans la vidéo, contrairement à pas mal de stars de YouTube.

La question étant : « Êtes vous impressionnés ? ». On pourra toujours légitimement répondre que « non, c’est d’un profond ennui ». Un artiste ne peut et ne doit pas plaire à tout le monde et si le travail de mise en place est effectivement impressionnant, au bout du compte, c’est toujours un peu la même soupe depuis 30 ans, depuis Michaël Hedges. Mais il est certain qu’il y a un public pour ça, et c’est tant mieux.

L’exercice est souvent si prétentieux. Si la prétention est de dépoussiérer la guitare (en tapant dessus ?) ou de nous foutre la claque (rythmique) dans la face que notre manque d’admiration mérite, c’est bien souvent raté. Et si ça fait 30 ans que ça dure, peut-être que ce style est autant une impasse jouxtant l’ennui que les autres, bien loin de l’univers infini de possibilités qu’on nous vante et de la soi-disant nouveauté de la chose rabâchée et rebattue.

Pourquoi je ne me lasse pas de la guitare acoustique « old-school » ? Sans doute parce que la technique est passée au second plan depuis longtemps, y compris dans mon écoute. Peut-être parce que « ça » je sais faire – bien moins bien que d’autres sans doute – mais suffisamment pour lire et comprendre ce que j’entends ce qui m’évite l’ennui.

Je l’ai retrouvée !!

Gollum_ring

Et soudain c’est le drame …

Wanted - Dear or Alive - la manivelle

Wanted – Dear or Alive

Un drame se joue en ce moment. J’ai égaré ma bonne vieille manivelle, celle dont je dis toujours à mes élèves qu’ell est l’outil indispensable de tout guitariste.

Celle qui permet de changer les cordes vite et bien en assurant un bobinage régulier. Celle qui permet de couper l’excès de corde dépassant de la mécanique. Celle-là même qui permet de retirer les chevilles récalcitrantes …

C’est comme le lave-vaisselle, le machin dont on peut se passer jusqu’au moment où on en a eu un.

Je râle …

Un peu de lubrifiant pour Martin ?

sillet

sillet

Ma « Picking Machine » souffre d’un petit souci. Quand je « bende » trop fort, mes cordes ont parfois tendance à se désaccorder. J’ai constaté qu’étrangement ma guitare se désaccorde vers le haut, ce qui peut sembler illogique puisque je tire sur la corde, ce qui devrait la détendre.

L’explication est simple, quand je tire sur la corde, elle s’avance dans le sillet, mais ne retourne pas toujours à sa position initiale. La fente est sans doute un peu trop étroite ou irrégulière ce qui exerce une friction excessive. Comme beaucoup de monde, j’utilisais le bon vieux truc de la mine de crayon râpée dans les fentes du sillet, à recommencer assez régulièrement, avec un succès finalement assez aléatoire.

Avant de me résoudre à attaquer le sillet à la lime, une opération délicate et irréversible, j’ai décidé de passer la vitesse intermédiaire avec le Lubrikit de Planet-Waves. Apparemment, les guitares électriques sont coutumières de ce problème, il n’est fait aucune mention de guitare acoustique dans la communication de Planet-Waves qui recommande l’usage du Lubrikit pour le sillet, le chevalet, le trémolo et les mécaniques. Mais visiblement il n’y a pas de souci à l’utiliser sur une « vraie » guitare (acoustique) ou d’autres instruments à cordes.

Un emballage cylindrique, une seringue contenant le lubrifiant et deux petits tampons applicateurs, un fin (bleu) et un plus large (rose) – je m’interroge encore sur ce choix de couleurs -, les petits applicateurs aident à bien aller au fond des choses sans en foutre partout.

Lubrikit-Planet-Waves

J’ai commencé par retirer les résidues de graphites, qui semblaient finalement devenir une cause de problèmes, plus qu’une solution, avant d’appliquer le lubrifiant.

L’effet sur mon sillet est tout simplement magique.

J’ai l’impression que mes mécaniques ont regagné en précision, fini la corde qui ne bouge pas quand je tourne la mécanique, avant de faire un saut brutal pour dépasser le point où elle était accordée correctement. J’ai toujours pensé que mes mécaniques étaient mauvaises, mais en couple avec l’accordeur Polytune, ma guitare n’a jamais été aussi juste et elle le reste.

Bref : Pour « bender » avant de me résoudre à limer cette fente trop étroite, il fallait du lubrifiant.