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Zoom Q8 “Ca fait amateur …” – petite mise au point

Suite à ma vidéo de prise en main de l’enregistreur Zoom F1, certaines de mes vidéos plus anciennes ont refait surface. Hier, un commentateur commentait sur une vidéo consacrée à la Zoom Q8 “Ca fait amateur …”. Thank you, Captain obvious, c’est parfaitement exact. Et c’est loin d’être une insulte. Je pense qu’il faut une mise au point sur la philosophie du test de l’époque. Ca fait déjà plus de 3 ans et demi que je testais la caméra Zoom Q8 pour Bax Shop. Les vidéos de test et l’article ont eu leur petit succès et je peux dire sans me vanter que plusieurs personnes ont acheté cette caméra après avoir lu mes articles ou consulté mes vidéos. 

Seule ma vidéo avec la caméra Zoom Q8 “sur le terrain”, lors d’un concert de Seesayle s’était avérée plutôt décevante. Le petit capteur devait se débattre avec une lumière minimaliste, mal située (pile au dessus du visage) et un décor dans un camaieu de brun-rouge pas très photogénique (contrairement à Seesayle, qui l’est). Je n’aurais sans doute pas dû publier cette vidéo, et gratter plus avant dans les réglages. Mais au moins je mettais le doigt sur les limites du produit. En toute transparence, j’avais promis à l’époque de faire un retour sur mon expérience et d’autres tests après update du firmware en 2.0.

Comme me le rappelle, à juste titre, un abonné à ma chaîne YouTube,  je n’ai pas tenu cette promesse, … jusqu’à aujourd’hui.

La description du besoin … pour des amateurs

Il y a 3 ans, le cahier des charges du test était le suivant :

Qui sommes-nous ?

Des artistes qui souhaitons documenter notre travail, en répétition ou en live ou à des fins pédagogiques, avec des vidéos en autoproduction. Ces vidéos seront destinées à notre propre usage, à notre public et à des organisateurs. Des vidéos qui ont une qualité vidéo ET sonore satisfaisante, du matériel dont l’utilisation est facile et avec une post-production simple.

Que voulons-nous ?

Une caméra compacte, solide et versatile, pour un budget raisonnable, qui nous permette de filmer en HD avec une sensibilité suffisante pour les éclairages de concert. Une caméra qui permette de capter le son ambiant et le son direct des instruments de manière qualitative.

A cette époque, aucun smartphone ne donnait accès à la HD. Les vidéos de concert avec les déformations du grand angle typique des GoPro étaient la norme (même si certains ne s’y sont jamais habitués). Les appareils photo ne filmaient pas plus de 30 minutes, impossible de filmer tout un concert. De manière générale, le son était oublié dans l’équation. Or aujourd’hui, tout comme il y a 3 ans, le son devrait être très important pour une vidéo musicale.

L’offre de la Zoom Q8

Ce que la Zoom Q8 offrait à l’époque c’est :

  • un budget raisonnable aux alentours des ~350 €
  • une prise de vue en HD de plus de 30 minutes (les appareils photo ne filment pas plus de 30 minutes – une limite liée à une taxe européenne)
  • une taille compacte compatible avec une présence sur scène
  • des accessoires de fixation compatibles avec la scène
  • une prise de son stéréo multipiste de qualité, intégrée à la caméra
  • la possibilité de connecter des câbles XLR pour ajouter des microphones ou repiquer le son d’une console ou d’un ampli directement
  • une manipulation facile pour un artiste seul en “setup and forget
  • un mode d’emploi accessible

Elle faisait donc en quelques sorte jeu égal avec les GoPro de l’époque, l’ouverture à la connectique et la qualité du son en plus. Pour vous en convaincre je vous renvoie à la vidéo de test du son avec Jacques Stotzem ci-dessous. 

D’autres vidéos ?

Si pour le concert de Seesayle, l’image était décevante, j’ai depuis utilisé la caméra Zoom Q8 pour d’autres vidéos. Des vidéos tout à fait satisfaisantes comme la conférence “Fingerpicking Roots” de Jacques Stotzem où je m’en suis servi en alternance avec une GoPro. Par sécurité, j’avais également mis en place mon enregistreur H5 (avec un limiteur actif sur la caméra et moins de gain et pas de limiteur sur l’enregistreur).

Conférence "Fingerpicking Roots" - Jacques Stotzem

Conférence “Fingerpicking Roots” – Jacques Stotzem

Ou pour la présentation de l’enregistreur Zoom H5

La grande différence entre ces vidéos et celle prise en concert, c’est la lumière. En basse lumière, le miracle n’a pas eu lieu. Sur de bonnes scènes avec un éclairage pro, l’image sera bonne. Dans le type d’endroit plus sombres où je me produis c’est plus compliqué. En répet ou pour une démo, la caméra sera à l’aise, en concert moins, à moins de jouer dans un endroit bien éclairé. Je le disais déjà il y a trois ans, ce ne sera sans doute pas la caméra de votre premier clip !

Anecdote : un jour, j’ai vu débarquer un pro pour filmer un concert, qui a tout simplement exigé que la salle reste allumée pour avoir une meilleure qualité d’image, malgré son matériel pro. Évidemment, avec des moyens pareils … 

Le progrès technique et l’évolution des désirs en 3 ans

Trois ans plus tard, la plupart des smartphones filment en HD, voire en 4K, mais avec un son correct sans plus. Les caméra d’action et les smartphones sont stabilisés. Les capteurs ont progressé, repoussant un peu les limites en basse lumière. Les déformations des grand-angles ne sont plus systématiques (certains ne s’y sont jamais habitués). Comme avant, les performances en basse lumière et un son correct ont un prix.

 Par contre beaucoup de monde continue à poster des vidéos avec un son parfois limite. Je suis étonné de l’importance que prend l’image, à croire qu’on fait de la musique pour les yeux. Je souhaite toujours ajouter à la plupart de mes vidéos une bonne prise de son en post-production, si c’est possible.

Zoom continue à proposer des caméras (Q4n, Q2-4K) intégrant des images moins déformées, un son de qualité et même la 4K. Ce sont toujours de bons outils pour les artistes qui souhaitent documenter leur travail. Seule la Q8 donne accès aux modules de microphones interchangeables de la marque. Zoom fait d’ailleurs partie de ces constructeurs qui n’abusent pas du mot “PRO” dans leur noms de produits, à juste titre.

Tout comme il y a 3 ans, pour se filmer de manière idéale, il faut un très bon appareil, un très bon objectif, un bon enregistreur numérique, de l’éclairage et un vidéaste. Tout comme il y a 3 ans, la plupart des appareils photos ne filment pas plus de 30 minutes.  On arrive rapidement dans des montants à 4 chiffres pour chacun des postes à pourvoir.

Tout le monde n’a pas les moyens ou le besoin d’investir autant. Se filmer soi-même reste un défi quand on est responsable de tout, y compris la musique. Comme avant, comparer des caméras “prosumer” avec du matos de pro avec un budget à 4 chiffres ne fait pas sens. Comme avant, les moyens des amateurs sont limités. Documenter son travail et faire sa promo devra se faire avec un budget restreint.

Mon évolution personnelle

Personnellement, j’ai investi dans de l’éclairage et des caméras hybrides plus adaptées au format vlog. La postproduction est facilitée parce que je ne dois plus recadrer l’image pour faire disparaître les déformations des bords qui sont datées. Mais je continue à utiliser la Zoom Q8 pour les répets ou documenter des jams, même si le recours au smartphone est souvent plus pratique et “suffit” pour un usage interne. J’utilise une ou deux caméras Lumix et un enregistreur externe ou le micro VideoMicro de Rode. Je me suis également offert une caméra Osmo Pocket pour vloguer mais je m’en suis encore (trop) peu servi.

Entre les vidéos de l’époque, le trailer de The Way to Go et le trailer que j’ai réalisé pour le dernier album de Jacques Stotzem, Places we have been, le budget a sans doute été multiplié par 5 ou 6. 

Je suis, je suis … un amateur enthousiaste revendiqué

En matière de technologies, les bonnes affaires n’existent pas vraiment. Il ya des gammes de prix : débutant, amateur, amateur enthousiaste, vidéaste pro, cinéaste. Parfois on tombe sur un amateur fortuné qui dispose d’un matériel de fou pour faire des vidéos. Ca arrive.

La caméra Zoom Q8 a été une étape importante dans mon rapport à la vidéo et au son dans la vidéo. Et elle peut encore l’être pour d’autres. En terme d’investissement je classerais les solutions dans des gammes de prix :

  • 0 € : votre smartphone si vous en avez déjà un
  • 100-150 € : microphone externe pour smartphone, stabilisateur pour smartphone 
  • 400-500 € : Caméra Zoom, Osmo Pocket avec accessoires 
  • 500-600 € : Smartphones et caméra d’action avec enregistreur ou micro externe
  • 600-1000 € : Caméra hybride avec enregistreur (ou un bon micro)
  • 2000-3000 € : caméra réflex d’entrée de gamme avec un bon objectif et un micro externe (filmant 30 minute maximum) ou un caméscope. Un peu d’éclairage.
  • 3000-3500 € :  tout ce qui précède en y ajoutant plus d’éclairage
  • 3500-6000 € et au-delà : le matériel pro …

Le résultat sera généralement à la hauteur de l’investissement et de vos compétences. Certains font des merveilles avec du moyen de gamme, j’ai vu de la merde faite avec du très bon matériel.

Évidemment, tout au long de cette échelle de prix vous pourrez faire appel à quelqu’un pour vous filmer. Du pote qui vous filmera avec son smartphone gratuitement au pro qui vous fera un clip plus ou moins pro. C’est un bon choix si vous souhaitez rester focalisés sur votre musique, mais ce sera un one-shot.

C’est peut-être un de mes regrets, cette impression de me disperser dans le son et la vidéo au détriment de ma musique. 

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