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Debriefing : Workshop Fingerpicking au CC Dison

Ce vendredi, j’ai eu le plaisir d’animer un workshop autour du fingerpicking au Centre culturel de Dison. C’est dans ce même centre culturel que j’ai commencé à suivre les cours avec Jacques Stotzem il y a bien longtemps, avant de donner moi-même ce cours. Quand j’ai appris qu’il n’y avait plus de cours de picking organisés, j’étais attristé. Pour moi, ces cours font partie de l’histoire et de l’ADN du Centre culturel. Du moins des ateliers musicaux. Nous avons un représentant de classe internationale dans la région. Dès lors, la transmission de cette technique m’apparaît presque comme un devoir de préservation patrimoniale. En voyant que Lucky Dejardin avait donné avec succès un workshop autour du Blues, je me suis dit, et pourquoi pas faire un workshop sur le picking ?

Workshop "Fingerpicking"

Workshop “Fingerpicking” (photo Luc Dejardin)

A l’époque, j’ai dû interrompre les cours au Centre culturel pour des raisons familiales. Mes enfants en primaire ayant besoin d’un petit peu d’attention au niveau du suivi scolaire. Les enfants ayant bien remonté la pente entre-temps, je ne regrette pas ce choix. Mais je me sens un peu coupable par rapport au cours de picking, que j’aimais donner. 

Rendez-vous dans un an pour le workshop “Fingerpicking”

Le rendez-vous avait été près d’un an déjà. A l’époque je ne me doutais pas qu’en 2020 je serais en train de déménager pour une maison plus grande, plus calme. Une maison qui aura aussi ma tanière pour entasser matériel et instruments et pouvoir bosser un peu plus. Du coup, la période n’était pas idéale. Si vous voulez avoir les mains dures comme des parpaings, je vous recommande la peinture, le tapissage et surtout le détapissage à la spatule. Sans compter que le matos est dans des caisses et que le temps de répéter se fait rare. J’aurais aimé être encore plus affuté pour cette soirée. Je compte sur le confort de ma nouvelle maison pour réaffuter mon jeu de guitare, il en a besoin. Un moment j’ai même hésité à annuler, mais qui sait quand une telle occasion se présenterait à nouveau de parler du picking. Et il y avait de la demande. 

L’accueil au CC Dison est toujours sympathique et impeccable (ils devraient aussi donner des cours d’hospitalité !) avec Amandine aux commandes, pour succéder à l’inoxydable Jean-Paul.

Pour parler de quoi ?

Le challenge c’est de préparer un workshop qui puisse intéresser tout le monde, du débutant aux confirmés, en mélangeant un peu d’histoire, des concepts fondamentaux, les bases de la technique et un peu d’analyse. Tout en essayant de rester intéressant et en n’omettant pas de mettre la main à la guitare. 

Le déroulé sera assez classique finalement. Une (re)définition du concept, un petit historique illustré, puis la mise en pratique. Pour l’historique, je suis resté assez succinct, en renvoyant vers la vidéo de l’excellente conférence “Fingerpicking Roots” donnée par Jacques Stotzem. Procédé commode, j’en conviens, pour ne pas m’égarer dans un interminable historique et pouvoir passer à la pratique.

Conférence "Fingerpicking Roots" - Jacques Stotzem

Conférence “Fingerpicking Roots” – Jacques Stotzem

J’ai toutefois illustré mon propre (et bref) historique de quelques morceaux pour montrer l’évolution du style : blues à basse monotone, blues avec basse alternée, puis le chemin vers la modernité en conservant cette efficacité mécanique et cette économie de moyens propres au fingerpicking. Des pionniers du blues aux missionnaires européens de la guitare fingerpicking  en quelques morceaux, c’est osé.

Je me suis attardé à rappeler le rôle de Stefan Grossman dans la collecte et la préservation de la musique et de la technique du jeu de guitare originel. Tout comme le rôle de Marcel Dadi dans la promotion de la guitare picking, non seulement par ses albums, mais aussi par ses méthodes, qui permettaient de jouer des morceaux qui étaient facile à apprendre, et amusant à jouer quand on débutait. Le plaisir de découvrir ce picking enjoué avec Dadi est trop souvent oublié.

Je n’avais plus joué certains de ces morceaux depuis des dizaines d’années !

C’est dans ta tête

C’est troublant de jouer en pensant, non à ce qu’on va jouer après, mais à ce qu’on va dire. Sentiment un peu inhabituel pour moi. J’étais un peu plus tendu que j’aurais aimé l’être. Surtout que dans la salle, il y a quelques guitaristes aguerris qui pourraient parler tout aussi bien à ma place pendant que je les écoute assis à une table.

le picking en pratique

le picking en pratique (photo Luc Dejardin) 

Mais personne ne fera son “Klugscheisser” (un mot allemand pour désigner un emmerdeur-je-sais-tout, qu’on pourrait traduire par une personne “intellichiante”), même si les compléments d’informations venant de la salle auraient été les bienvenus, sans hésitation.

J’ai pris mon micro-casque, c’était sans doute un peu abusé vu la taille de la salle. Mais je ne l’avais jamais vraiment utilisé sur scène. Je l’avais acheté pour un spectacle qui n’aura pas vu le jour et ça m’avait frustré grandement. Voilà qui est réparé, et ça fonctionne pas mal pour ce genre de configuration ! Et puis on peut se la peter un peu de temps en temps, lol !

le fingerpicking en pratique

le fingerpicking en pratique

A vos guitares !

Tout en sachant qu’on n’apprend pas le picking en une soirée (et j’ai expliqué pourquoi c’est difficile), le moment est venu de s’essayer à quelques notes. Compliqué depuis la scène de savoir qui suit, qui est largué, on est loin du confort des cours pour guider la main des “élèves”, mais en avant la musique ! 

J’ai énuméré quelques concepts de base sur le jeu de la main … gauche. On a tendance à se focaliser sur le travail de la main droite. Venant de l’accompagnement on considère souvent le jeu en accords comme acquis et pourtant il y a un travail à faire là aussi pour avoir la bonne sonorité. Ensuite j’ai passé en revue l’organisation du jeu de la main droite, avec le pouce et les doigts qui permettent d’obtenir le bon phrasé. Quelques déchiffrages de mesure pour illustrer aussi comment articuler son jeu autour du choix des accords sur le manche.

Des dizaines d’heures de cours, résumées en quelques dizaines de minute.

On est aussi là pour bosser un peu !

On est aussi là pour bosser un peu !

Dans l’ensemble, les participants avaient l’air contents. De mon côté, j’ai des idées des choses à améliorer, et une envie de donner cours qui me revient. J’espère avoir planté des petites graines d’envie de se (re)mettre au picking dans la salle.

Et ensuite ?

Je n’ai pas filmé le workshop, mais il m’a donné une trame. Une structure que je pense exploiter pour une série de courtes vidéos. Je reprendrai en détail les concepts abordés lors du workshop.

Quand je serai installé dans mes nouveaux meubles, je m’y mets.

(1 commentaire)

    • Claude Wies on 9 février 2020 at 16 h 46 min
    • Répondre

    Te voir revenir au “professorat” est une super bonne nouvelle, ça me donnera sûrement envie de revenir à l’apprentissage. Bonne installation dans la nouvelle tanière avec son super studio.
    Amitiés,
    Claude

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