Vidéos faites maison : quelques conseils en vrac !

Making of vidéos concert au Spirit of 66

Le musicien de 2016 qui gère sa « petite entreprise » est amené à faire des vidéos régulièrement. C’est devenu un requis de base pour faire sa promo sur Internet. L’argent et le temps ne sont pas toujours disponibles pour confier à des professionnels ces petits moments de partage avec les fans. Mon test de la caméra vidéo Zoom Q8 me vaut quelques questions à propos de la réalisation de ces petites vidéos. Vu que j’ai parcouru ce chemin et commis TOUTES les erreurs que je vais lister ici, je n’ai aucun scrupule à vous en parler.

On n’a jamais trop de lumière pour les vidéos

En fait, toutes les caméras sont « mauvaises » si les conditions d’éclairage sont « mauvaises ». Les lentilles ont beau être lumineuses, il faut que la dynamique du capteur soit au rendez-vous. C’est n’est jamais le cas avec une caméra d’entrée de gamme et très rarement le cas avec un petit capteur. Je l’ai compris en assistant à la captation d’un concert par une télé locale. Malgré du matos de pro, ils ont tout simplement demandé de laisser les lumières de la salle allumées. Je me suis dit : « Forcément, avec des moyens pareils, moi aussi j’y arrive ! ». Habituellement, comme tout le monde, je me débats avec des « moyens légaux », comme disait Goldman et la lumière disponible.

Making of vidéos concert au Spirit of 66

Making of vidéos concert au Spirit of 66 (Zoom Q3HD)

En regardant certains clips « live » de groupes, on se rend compte que c’est un faux live et que la scène est en fait baignée de lumière. Après il suffit de corriger la lumière en post-production pour retrouver une belle lumière de concert live. Pour ce qui est des caméras d’action, un spot de surf ou une piste de ski baignés de lumière n’ont évidemment pas grand-chose à voir avec un backstage ou un garage/local de répet. Une grande scène sera également mieux éclairée qu’un petit club. Amenez plus de lumière !

Quelle lumière ?

Wishlist : éclairage de studio

Wishlist : éclairage de studio

Si vous regardez les vidéos de YouTubeurs connus en analysant les reflets, vous verrez que la plupart opèrent avec un éclairage additionnel de type softbox carrée. Ils les utilisent même en extérieur, combinés à des réflecteurs souples ! Investir dans un projecteur (on fait des projecteurs de bricolage sur pied) ou un petit kit d’éclairage de studio est vraiment une bonne idée. Soignez votre éclairage et faites attention aux ombres.

Attention aux leds de couleur. J’ai perdu une demi-journée de « tournage » en filmant avec des projecteurs leds RGB qui ne produisent que du rouge-vert-bleu sur des bandes très étroites. Même en les réglant pour produire du blanc, l’image reste granuleuse parce que les trois couleurs cyclent très rapidement, trop rapidement pour l’œil, mais pas pour le capteur. Ceci explique également pourquoi certaines photos de concert sont si moches. La couleur est possible mais il faut prévoir un apport de lumière blanche avec un spectre lumineux complet.

Attention aussi aux leds blanches bon marché provenant du marché asiatique. Elles sont souvent cadencées à 60 Hz au départ du transformateur au lieu du 50Hz de notre réseau électrique. Cela peut provoquer du grain ou des bandes d’interférence sur les vidéos.

Pour les caméras qui n’ont pas de balance des blancs ou de réglage de luminosité, j’ai lu qu’il faut impérativement avoir une zone blanche bien éclairée (presque surexposée) dans l’image. Sinon les noirs seront grisés, les blancs seront fades et l’image dans son ensemble sera granuleuse. Par exemple, mon fond noir pour les vidéos de présentation de la Zoom Q8 était une mauvaise idée.

Les erreurs évitables

Vérifiez que votre caméra est bien configurée en PAL et pas en NTSC. Le format NTSC américain est cadencé à 60 Hz et notre réseau électrique européen à 50 Hz. Il y a un décalage entre le scintillement rapide de la lumière et le balayage du capteur. Ce décalage va produire des bandes d’interférence et du clignotement et du scintillement dans l’image. Même un écran d’ordinateur allumé éclairant la pièce peut nuire à la qualité d’image. Cela reste valable pour les multiples de et les diviseurs de 60 comme le 30 images secondes ou le 120. En extérieur, aucun souci.

Adaptez le format et la résolution dès la captation de la source au format de destination. Voici les recommandations de format pour YouTube. Il peut être tentant de pousser le 4K si votre caméra le permet. Mais si vous devez rétropédaler la résolution avant de mettre en ligne, hormis pour un recadrage, l’intérêt est limité. Cela risque de compliquer fortement le travail en post-production.

Maitriser le matériel avant de devoir vous en servir « sérieusement ». Une seule solution, faire des tests, encore et encore. Lire le mode d’emploi et des retours d’utilisateurs vous apprendra beaucoup de choses. Pensez aux détails et préparez vos tournages.

Soignez vos cadrages et la mise au point. Il n’y a rien de plus frustrant que de regretter un cadrage ou un placement de caméra. Soyez attentif aux reflets, aux objets dans le cadre. Comme en photo, cadrer dés la prise de vue vaut mieux qu’un recadrage, vos pixels sont précieux.
Soignez le décor, l’arrière-plan et les détails comme les vêtements que vous portez ou l’état de propreté de votre instrument (si vous avez des gros plans de vos mains, coupez et nettoyez vos ongles !).

Comparer ce qui est comparable

comparer des pommes et des poires

comparer des pommes et des poires

Je l’ai dit dans un article déjà. Comparer votre investissement en gardant le prix en tête. Comparez-vous avec des personnes disposant de moyens humains, techniques et financiers similaires. Une Instagrammeuse célèbre a dernièrement rompu le silence en avouant que ce « simple » cliché posé sur un bord de piscine a nécessité plus d’un demi-jour de travail avec styliste, accessoiriste, maquilleuse et coiffeuse. Sans parler du repérage, de la préparation physique (une journée de diète et d’abdos pour avoir le ventre plat et gainé) et la postproduction. il y a souvent plus de moyens qu’on ne l’imagine derrière des shootings simples en apparence.

La musique et donc le son restent l’essentiel

Test de la caméra Zoom Q8 en conditions réelles

Test de la caméra Zoom Q8 en conditions réelles

L’objectif final doit être visuellement « suffisant » mais convaincant d’un point de vue musical et sonore. Le parent pauvre des vidéos musicales est plus souvent le son que l’image. La prise de son est une des très grandes qualités de la caméra Zoom Q8 et c’est pour cette raison que beaucoup de gens – dont moi – passent l’éponge sur une qualité d’image sans doute perfectible en basse lumière. Une image propre et bien réalisée, un son aux petits oignons suffiront. N’hésitez pas à capter le son à part, avec un enregistreur si votre caméra n’est pas au top pour le son. Vous pourrez resynchroniser l’audio en postproduction.

Pour les smartphones il existe des microphones extérieurs qui améliorent sensiblement la prise de son.

Note : un peu de réalisme sonore ne fait pas tort. Personnellement ça me dérange un peu quand je vois un type jouer de la guitare acoustique adossé à un arbre alors que j’entends une réverbération de type cathédrale posée sur la guitare.

Confier le grand moment à un professionnel

Les caméras d’entrée de gamme sont parfaites pour les petites réalisations maison, mais elles ont forcément des limitations. Histoire de me contredire un peu, n’hésitez pas pour un grand shooting ou le clip vidéo de votre single à investir et à vous en remettre à un pro. Vos connaissances en matière de vidéo vous permettront de bien dialoguer avec lui pour obtenir le résultat que vous attendez, mais l’obligation de moyens et de résultat pèsera sur vos épaules. Là aussi, méfiance, on devient vite « vidéaste ». Regardez ses autres productions et définissez ce que vous attendez en termes d’objectifs, de résultats et de délais en étant réalistes par rapport à votre budget. Talent et débrouille font beaucoup, mais il y a une certaine corrélation entre les moyens investi de part et d’autre et le résultat à attendre.

J’ai sûrement oublié des erreurs que j’ai commises, tant le sujet est vaste. N’hésitez pas à commenter.

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