Pourquoi aimons-nous les répétitions dans les morceaux de musique ?

Répétition et plaisirIl est difficile de nier que l’écoute de la musique, quand nous avons décidé de son moment et avons l’opportunité de la choisir, procure du plaisir à la plupart des gens.

Un plaisir intense pouvant aller jusqu’à des manifestations physiques de jouissance : rougeurs, dilatation des pupilles, réflexe pilo-moteur (chair de poule ou « ce morceau me fout les poils » comme on dit familièrement).

Certains morceaux de musiques sont associés à des moments particuliers de notre vie : premier baiser, premier rapport sexuel, rencontre d’un (ou plusieurs) êtres aimés, première danse, mariage, année particulière dans la vie, concert mémorable.

Nous recherchons parfois volontairement des sentiments négatifs comme une certaine nostalgie ou mélancolie qui ont ceci d’agréable qu’ils sont prévisibles et contrôlables. Qui n’a pas sa playlist « déprime » ou « chagrin d’amour » constituée de morceaux réservés à cet usage si particulier de se torturer avec une douleur exquise ?

Mais pourquoi aimons-nous la répétition de certains éléments dans un morceau de musique ?

Les morceaux regorgent de petites citations revenant à intervalles réguliers, le couplet et le refrain en sont les manifestations évidentes, mais également un thème d’introduction rappelé au milieu du morceau, une figure rythmique ou mélodique récurrente.

Les spécialistes du cerveau attribuent ceci à l’effet de simple exposition qui se caractérise par une augmentation de la probabilité d’avoir un sentiment positif envers quelque chose par la simple exposition répétée. Plus nous sommes exposés à un stimulus et plus il est probable que nous l’aimions. Cet effet se manifeste, que cette chose nous soit spontanément agréable ou non.

Mais si nous sommes exposés à une source de plaisir, nous souhaitons la voir perdurer. La répétition d’un élément musical qui nous procure du plaisir, au lieu de nous ennuyer, augmente donc ce plaisir par l’anticipation agréable que nous avons de sa répétition.

A cela s’ajoute que la constance répétitive des choses, comme notre battement cardiaque ou notre respiration sont des choses familièrement rassurantes.

Une musique sans répétition aucune serait donc moins plaisante, voire décevante.

Ce mécanisme du plaisir amplifié par une familière répétition explique tout à la fois le succès de chansons construites comme des ritournelles répétitives implacables, le succès des ventes de tubes rabâchés par la radio et la télé, l’obligation pour un groupe de rester identifiable avec une image sonore cohérente, et même le succès de ces groupes et morceaux vivant dans le sillage de gros tubes dont ils clonent les éléments marquants pour nous sembler familiers et donc aimables.

Heureusement que nous aimons également les petites surprises semées en embuscade dans tout le plaisir de répétition que nous nous infligeons. Mais elles nécessitent une écoute active pour être perçues.

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