Merci maman …

Si j’aime les ambiances claires-obscures et la nature, si j’aime les villes en été et les forêts enneigées en hiver, je le dois à ma maman.  Et si je joue de la guitare en ayant eu la chance d’apprendre avec le(s) meilleur(s), c’est encore grâce à elle. C’est sa guitare qui fut la première entre mes mains. Elle nous conduisait à travers neige et pluie pour ne pas rater nos cours.

Madame Christiane van Lochem Noël

Madame Christiane van Lochem Noël

Elle nous a quitté sur la pointe des pieds, refusant d’être un fardeau. C’est triste, mais on ne se quitte pas fâchés comme tant de gens. J’ai pu la recevoir à Noël à ma table, j’ai pu lui jouer de la guitare une dernière fois en décembre au Village de Noël, elle souriait. Je l’ai vue dimanche, on a échangé quelques mots, j’ai entendu mon prénom dans sa bouche, elle savait encore qui j’étais malgré la confusion qui la hantait ces dernières années, … j’ai chéri ces moments sans savoir que c’était la dernière fois. Mais il arrive un age où tout peut-être une dernière fois.

Jusqu’au dernier moment, elle sera restée fière et forte. Nous nous quittons sans griefs et sans querelle. Dans une époque où tant de familles se déchirent, où le monde semble parfois sur le point d’imploser, c’est précieux. Hier, c’était mon anniversaire. Cette paix avec ma maman est mon cadeau, je la chéris, et je lui en suis reconnaissant.

Ce qui devait être fait a été fait, ce qui devait être dit, l’a été.

Ce matin, pour ses obsèques j’ai sans doute joué le moment musical le plus difficile de ma vie. Je lui ai joué un de ses morceaux préférés : Entre chien et loup. Bien ou mal joué, la question n’était pas là. J’ai pris plaisir à lui témoigner mon affection en musique, et tout le respect que j’ai pour elle.

Il aura fallu sa fin pour que je réalise les choses que je lui dois. Il y a tant de choses que j’aime qui me viennent d’elle. Je sens un peu de sa force en moi … à moi de tenir la barre et de garder le cap.

L’humilité nécessaire … note après note

C’est un peu compliqué d’évoquer le mot « humilité » sur un support public qui est le reflet de son parfait contraire. Par contre face à la tablature d’un morceau de Jacques Stotzem  c’est le concept qui m’a sauté aux yeux. Il y a quelques semaines, Jacques avait posté sur Facebook une vidéo de quelqu’un qui reprenait « The Way To Go« , la plage titulaire de son album de balades. Sur le ton taquin qu’on lui connait, il en a fait un petit challenge pour ses fans guitaristes et ex-élèves.

Chiche !

Ma première réaction, peut-être présomptueuse, a été : pourquoi faire ? Pourquoi bosser ce morceau ? Je ne le jouerai pas en concert. J’adore cet album. Mais en toute humilité, je préfère m’atteler à essayer de jouer mes compositions du mieux que je peux plutôt que de mal jouer des morceaux qu’il survole de son talent. Et lustrer mon manche et patiner mon morceau pour le rendre plus joli consomme déjà un temps appréciable. Mais sur mon épaule vit le petit diable qui adore qu’on lui dise « chiche ». Et puis sortir de sa zone de confort ne fait pas de mal.

J’ai replongé dans de vieux souvenirs … attacher les feuilles les unes aux autres pour ne pas devoir tourner les pages. C’est un truc qui m’a toujours agacé quand j’apprenais un morceau. Tourner la page casse le groove et finit toujours par créer une zone à problèmes à un endroit du morceau pas forcément technique. J’aime essayer de lier les parties très tôt quand j’apprends un morceau. Jouer des mesures isolées m’a toujours causé des problèmes au moment d’assembler le morceau, surtout dans un style où les changements d’accords et la durée des notes dépassent les barres de mesures.

L'humilité c'est de se mettre au boulot !

L’humilité c’est de se mettre au boulot !

Ensuite, il faut réfléchir et trouver un doigté pratique pour la main gauche. Et un doigté qui donne le bon son pour la main droite. Avant, lors des cours et des stages on passait beaucoup de temps avec Jacques à décortiquer cet aspect des choses. Il faut respecter la logique du rythme et certaines règles. Au final, sans autre indication c’est le son qui décide. Annoter, regretter et puis changer d’avis sur tel ou tel doigté. Avoir des moments « Mais bon sang, c’est bien sûr ! » pour certains passages et garder ses doutes pour d’autres. Mettre des P, I, et des M partout sur la feuille. Évidemment, dans ces conditions, il est impossible d’avoir des certitudes, mais l’objectif fixé est de chercher la bonne attaque et le bonne durée des notes.

Et puis vient le travail au métronome pour mettre la colle sous les pieds des notes.

La leçon d’humilité !

La vraie difficulté de ces morceaux c’est de trouver l’équilibre entre la technique et l’expression pour que tout sonne. Je n’ai pas toujours atteint les résultats escomptés. Certains passages ne sont pas encore corrects. L’exercice m’a amené à me focaliser sur le son, sans forcément l’atteindre. Du coup la leçon devient plus claire : travailler le son, l’attaque, la durée des notes et le tout en étant détendu. Beau challenge.

Après, puisqu’il y a challenge, il faut livrer le produit même si j’aurais pu encore passer une année à affiner de-ci-de-là. C’est aussi l’aveu humble que tout n’est pas parfait, sans se chercher d’excuses.

La partie en brush n’est pas correcte, et la variation en haut du manche est trop hachée. L’attaque des notes doit être plus maitrisée. Je dois encore vérifier si vraiment ce serait impossible de jouer avec cet autre doigt qui permet de garder la note un rien plus longtemps. Je dois également réécouter le morceau original dont je me suis sans doute éloigné en le travaillant.

La guitare est un merveilleux instrument qui force l’humilité à chaque note.

On ne triche pas, on ne compromet rien avec une guitare. Elle trahit tout, la bonne position se mesure en dixièmes de millimètre, la bonne pression en une quantité infime de Newton/cm². Dans le livre Zen guitar, il est dit que l’objectif n’est pas de jouer un morceau mais de faire une belle note, et puis une autre, et puis encore une autre … et c’est la leçon que je vais tenter d’approfondir, aussi longtemps que possible, note après note.

Articles du site : la longueur et la fréquence de publication

Me revoilà après une petite interruption consécutive à une grosse panne de PC.  Une alimentation qui crame ça n’arrive pas souvent. Pas de perte de données heureusement. J’en profite pour mener une petite analyse statistique des articles publiés sur le site. C’est sans doute typiquement le genre de billet qui sera plus intéressant pour moi que pour vous. Désolé.

Les statistiques des articles

Historique des articles

Historique des articles

Le site a ouvert en 2009 et le nombre d’articles a cru progressivement pour atteindre un maximum en 2012. Les commentaires des articles ont cru proportionnellement, mais ce chiffre est trompeur. Une fois que le site eut atteint une certaine notoriété, les commentaires ont été inondés de spam. A cette époque WordPress était victime d’un nombre impressionnant d’attaques de spams de commentaires. J’ai même failli abandonner la plateforme pour cette raison. Mais une fois les failles de sécurité bouchées et des solutions de filtrage comme Akismet mises en place, le nombre de commentaires s’est stabilisé, même si j’aimerais en avoir plus.

Avec le temps, le nombre total d’articles a diminué, mais les articles sont plus longs. D’une part les infos brèves et les « blagues » ont trouvé leur place sur Facebook ou Twitter. D’autre part les billets techniques et les tests de matos sont plus longs par nature. Mais au final, comme l’indique le dernier graphique, la somme totale de ce que j’écris reste assez constante, ce qui me réjouit.

Les compte-rendus de concert et les tests de matos restent les billets les plus lus. Je pourrais peut-être oser à nouveau des billets plus courts, plus légers et plus réguliers.

Évidemment ce genre d’analyse ne renvoie aucune information sur la qualité de ce que j’écris. Mais le nombre de visiteurs croit régulièrement depuis le début avec une constante journalière tout à fait satisfaisante pour un site de niche. C’est rassurant à défaut d’être concluant.

Mais je m’amuse toujours beaucoup à alimenter le site d’articles autour du monde de la guitare acoustique. Alors on ne change rien et on continue.

Au plaisir de vous écrire …

David van Lochem

Au revoir les forums et l’un ou l’autre groupe Facebook …

Pour bien commencer l’année, j’ai quitté  l’un ou l’autre groupe Facebook et des forums où je traînais. Ouais je sais, quand on quitte un groupe Facebook ou un forum pas besoin de poster un message avant. Je me suis d’ailleurs abstenu de le faire. Au milieu des 10.832 utilisateurs du machin ma présence parfaitement dispensable passera complètement inaperçue.

Pourquoi en parler alors ?

Parce que c’est avant tout à moi que j’en veux de prendre parfois les choses trop à coeur. Je ne peux quand même pas laisser dire une horreur pareille ??? Ben en fait, si, je peux. Et je vais même m’abstenir de la lire dorénavant.

C'est pas un aéroport ici, pas besoin d'annoncer ton départ d'un groupe Facebook …

C’est pas un aéroport ici, pas besoin d’annoncer ton départ d’un groupe Facebook …

Pourquoi quitter le forum, pourquoi le groupe ? Parce que !

Pour les forums c’était simple, ils étaient moribonds. Dans les groupes Facebook c’est le bon sens et la convivialité qui sont mourants. Tout à coup, j’ai ressenti une énorme lassitude vis-à-vis de mon incapacité à ne pas répondre plus ou moins sérieusement à ces débats sans fins dans les groupes sur des thèmes aussi variés que :

  • « technique et vitesse » vs « émotion »
  • le meilleur … guitariste, ampli, matos, effet, concert, règlage, jeu de corde, câble … 

Finalement pas si variés, la liste tient en deux points.

Vieux con ? Affirmatif !

Je lisais consciencieusement ces longues suites de dialogues de sourds empreints de mauvaise foi et nourris de trolls. Je constatais les problèmes générationnels et le manque de recul de tous côtés sur des sujets subjectifs au possible. Et les trolls se dévorant entre eux, je n’étais pas en reste. Ca aurait pu être drôle si les gens avaient de l’humour et de la répartie, ou une conscience de leur mauvaise foi, mais ce n’est que lourd.

En colère ? Affirmatif !

Parfois j’ai osé vouloir m’intéresser à des genres que j’ai toujours ressentis comme mineurs ou anecdotiques pour m’ouvrir l’esprit. Mais on cultive un certain entre-soi moqueur qui ne permet pas la main ou l’oreille tendue.  S’ils ont remarqué mon absence, certains se diront qu’ils ont remporté une victoire. Personnellement, me réapproprier mon temps perdu, et un peu de paix intérieure me semble une victoire qu’aucun sursaut d’orgueil ne peut égaler.

Prétentieux ? No comment !

Je n’ai pas la prétention de croire que je détiens une quelconque vérité, ou que je n’ai pas trollé à mon tour ou usé de sophismes ou de mauvaise foi. Mais de temps à autre j’avais le plaisir de répondre sérieusement à une question, plaisir gâché par le déferlement d’âneries, de mythes à propos de la guitare ou de trolls purs et simples noyant quelques réponses sensées dans un océan de charabia. Un autre, sûrement plus savant que moi répondra dorénavant. Quant à poser une question soi-même, oublie.

Grammar-nazi ? Affirmatif ! 

Combien de fois je réfrenai, par respect pour les chartes, l’insulte face au manque le plus élémentaire de courtoisie dialectique. Le niveau d’orthographe ou de grammaire étaient déjà source de frustration quand il me fallut déchiffrer le sens d’une question ou d’une réponse, une ride pensive au front. 

Content ? Affirmatif !

Mais finalement, tout bien réfléchi, quelle est la valeur ajoutée de la participation à ces groupes pour moi. Ma participation m’a valu des visites bienvenues sur l’un ou l’autre billet de ce site. Pour le reste quelle perte d’énergie, quelle frustration. Ces groupes traitent à 95% de l’univers de la guitare électrique, les rares sujets qui m’intéressent vraiment y sont noyés. Je suis d’ailleurs resté membre de quelques groupes moins électriques dans tous les sens du terme.

C’est définitif ? No comment !

Je fais une pause. Comme l’enfant en colère, je m’envoie dans ma chambre et je reviendrai quand je serai calmé. Ou pas. On verra. On s’en fout. Vive 2018 !