Shopping : D’Addario Planet Waves American stage circuit breaker cable

Je suis comme ça, le genre de mec que même un nouveau câble excite au point de vous en parler.  Faut le dire vite sans respirer, c’est un « D’Addario Planet Waves American stage circuit breaker cable », c’est même un « D’Addario Planet Waves American stage circuit breaker cable with angled plug« . J’avoue que c’est en partie à cause du nom que j’ai renoncé à faire une vidéo.

Depuis longtemps, la plupart de mes câbles sont des câbles Planet Waves. Je les trouve solides, fiables et je n’ai rien à leur reprocher. Un jour je compte me payer un câble très haut de gamme. Ce serait amusant pour tester et frimer un peu, mais jusque là le rapport qualité prix l’emporte. Cela fait un moment que je zieute la série American stage. Malheureusement aucun de me câbles n’a besoin d’être remplacé. De toute façon il me fallait un câble avec une fiche à 90° pour pouvoir utiliser mon pied de guitare. Avec un Jack droit, le départ du câble était plié contre le sol. Cela exerçait une tension désagréable sur le connecteur et rendait ma guitare moins stable dans le pied.

D'Addario Planet Waves American stage circuit breaker cable

D’Addario Planet Waves American stage circuit breaker cable

Comme je l’expliquais dans mon article sur la technique, la longueur d’un câble Jack est un critère important. Pour la longueur, en général, 3 mètres c’est un peu court quand je n’utilise pas d’accordeur, 9 mètres c’est trop long. J’ai donc opté pour la demi-poire du milieu, le câble de 20 ft., soit 6 m.

Prise en main

AU premier abord, le câble American stage est un peu plus épais et plus lourd que les câbles custom dont je me sers d’habitude. Le câble est logiquement un peu moins souple, mais pas au point que ça soit gênant. Les fiches entièrement fabriquées en métal font très bonne impression. Les matériaux utilisés et le poids inspirent confiance. Le conducteur est composé de cuivre sans oxygène, ce qui permet paradoxalement de conserver de l’air dans le son en préservant les aigus et les hautes fréquences harmoniques, si j’en crois la fiche technique.. 

La pointe du connecteur a un profil particulier baptisé « geo-tip » … sa surface de contact large et l’angle de la pointe modifiée promettent une connexion ferme. Ça semble être confirmé par le claquement sec qu’on entend quand on enfonce le connecteur dans la guitare.

D'Addario Planet Waves American stage circuit breaker cable

D’Addario Planet Waves American stage circuit breaker cable

Comme c’est un Jack anglé, et qu’il connecte bien, on peut dire que c’est un Union Jack ? (huhu … pardon, ridicule, d’autant que ce câble est proudly made in USA).

Le circuit breaker

Sans surprise, sur le connecteur coudé, on trouve le « circuit breaker » qui permet de changer d’instrument sans générer de gros « pop » dans la sono. Il suffit d’enfoncer le bouton pour interrompre la connexion sans générer de gros parasite.

D'Addario Planet Waves American stage circuit breaker cable

D’Addario Planet Waves American stage circuit breaker cable

Conclusion, et un mot sur la garantie

A la prise en main, j’ai l’impression que ce câble est indestructible. Dans le cas contraire Il bénéficie même d’une garantie à vie.

Je dois préciser que le bénéfice de cette garantie semble un peu moins commode chez nous que chez nos amis anglo-saxons. Alors qu’ils bénéficient d’un échange « no-question asked ». Moi, le petit belge j’ai eu droit à un ping-pong à trois entre le marchand, le distributeur et l’importateur pour savoir qui allait me remplacer mon câble XLR dont le petit bouton est fatigué. Franchement, z’êtes lourds les gars. 

Le câble n’y est pour rien et écope d’un bon 9/10 sur mon échelle de piments !

Technique : les connaissances minimum pour un musicien !?

Certains musiciens me donnent l’impression de cultiver une sorte d’analphabétisme technique volontaire. On dirait que ça leur donne l’impression de se concentrer sur leur art en laissant les basses besognes aux autres. 

Gnagnagna ....

Gnagnagna ….

Faire du son est un métier. Certains vont à l’école pour l’apprendre, d’autres apprennent sur le tas. Être sur scène pour y faire de la musique est aussi un métier. Pour faciliter la rencontre de ces deux métiers, il y a des aspects de la technique auxquels un musicien devrait s’intéresser. 

Même un musicien amateur devrait avoir une attitude professionnelle par rapport à la maitrîse de la scène et sa technique. Cela lui permet de mieux communiquer avec tous les intervenants. Il pourra comprendre et résoudre ou aider à résoudre certains problèmes.

Préambule

Pour que ce billet ne soit pas infiniment long, j’ai renvoyé pas mal de liens vers des sujets déjà abordés ou vers d’autres sources plus détaillées. Il est impossible de tout expliquer. J’ai surtout voulu dresser une liste de recommandations sur les choses auxquelles il serait bon de s’intéresser. Dans le futur je reprendrai peut-être certains points dans un billet dédié.

Un billet en mode Schtroumpf à lunettes (aka vieux con). Désolé, ça va sembler scolaire à certains. Évidemment ce sera incomplet et les puristes vont me détester pour les innombrables raccourcis. D’autres diront que j’enfonce des portes ouvertes.

Flagellez-moi dans les commentaires.

L’instrument

On va partir du principe qu’en tant que musicien, avoir un minimum de connaissance techniques sur l’instrument dont on joue est un acquis. Mais pour mémoire, je vais lister quelques points dont certains ont déjà été discutés sur ce site :

Les microphones de chant

Que ce soit pour chanter ou pour parler c’est très utile de comprendre la différence technique entre un microphone dynamique et un microphone statique. Le microphone statique sera plus sensible au son (mais aussi au Larsen) et nécessitera d’être alimenté en courant via son câble. C’est ce qu’on appelle l’alimentation fantôme (elle est de +48 Volts le plus souvent, plus rarement +24 Volts ou moins). Cette source de courant permet parfois d’alimenter d’autres appareils. On parlera souvent de micro ou d’appareil actif s’il nécessite une alimentation ou passif s’il peut s’en passer.

En général si vous ne vous êtes jamais posé la question sur scène, c’est que vous avez un microphone dynamique comme 99% des gens qui sont sur scène.

Note : Comme l’alimentation fantôme est un courant continu, il est important que l’alimentation soit coupée au moment de connecter ou de déconnecter le microphone. En effet si les deux broches du câble ne sont pas connectées en même temps, le microphone subira un bref pic de courant qui risque de l’endommager. On demande toujours, même d’un simple regard, si on peut brancher ou débrancher un câble.

L’ampli

La scène n’est pas le bon endroit pour changer d’instrument, de micro ou d’ampli. Et encore moins pour en tester tous les réglages. Vous devez connaître la fonction de tous les boutons de votre ampli. De même pour les entrées et sorties. Quelques exemple : si une sortie est PRE, elle sort avant les règlages et effets du pré-ampli, en POST, elle donnera le son modifié par le préampli. Les sorties send/return serviront à brancher des effets entre le préampli et l’ampli. Par contre une sortie speaker sera une sortie amplifiée qu’il ne faudra surtout pas faire brancher sur auytre chose qu’une enceinte sous peine de faire des dégats.

Même chose pour les boutons à l’arrière dont l’utilité vous a échappé jusque-là. A défaut d’en comprendre la finesse technique, sachez quel effet chaque réglage a sur votre son. Testez, jouez avec l’ampli en répétition, si possible avec un volume identique à celui utilisé sur scène. Ce n’est pas au soundcheck qu’on tâtonne pour chercher le son qu’on aime.Tout au plus on recherche le son qu’on connaît.

Si votre ampli possède des effets, ou que vous utilisez des pédales, vous devez également maîtriser et comprendre un minimum leur utilisation. Le réglage de répet ne sera pas forcément adapté à la scène. 

Les câbles et connecteurs courants

Vous allez rencontrer un nombre de connecteurs limité avec des utilisations spécifiques. Ils ont souvent une version mâle et une version femelle. Certains existent en mono ou stéréo. Choisir le bon câble est essentiel. 

Petit tour d’horizon:

savoir minimum technique : les connecteurs les plus courants

savoir technique minimum : les connecteurs les plus courants

  • (A) Jack mono, 6,3 mm, asymétrique ou unbalanced, c’est le câble classique avec lequel vous branchez votre guitare. Il est sujet aux parasites et aux pertes de signal. Ce câble n’est pas idéal pour transporter le son sur des longues distances. Au-delà de 6 à 9 m les soucis commencent à se faire entendre.
  • (B) Jack TRS, en 6,3 mm, symétrique ou balanced, c’est le Jack stéréo. il se distingue du mono par la présence de deux bagues au lieu d’une sur la fiche.
  • (C) XLR à trois broches, symétrique, c’est le câble avec lequel vous connectez habituellement votre micro. La construction de ce câble le rend apte a transporter le son sur de plus longues distances, sans trop de parasites et de pertes. 
  • (G) RCA cinch ou phono, ce sont souvent des câbles mâle-mâle. Les fiches sont codées en rouge/blanc ou noir/rouge pour éviter qu’on inverse la gauche et la droite lors du branchement. Les prises sur les appareils reprennent le même schéma de couleurs. En vidéo, on trouve des câbles avec 4 ou 5 ou plus de connecteurs de couleurs différentes. On les trouve dans le matériel de DJ ou pour connecter des lecteurs ou des enregistreurs à des tables de mixage.
  • Speakon : connecteur destiné à relier les amplificateurs aux enceintes. Il permet de transporter sans risque de surchauffe ou de court cirbuit les signauix puissants destinés aux enceintes. Il a l’avantage de résister à l’arrachage et ne peut être débranché qu’en appuyant sur une lamelle avant d’effectuer une rotation. 
  • Midi ou DIN 5 broches : ce câble permet de relier différents instruments électroniques entre eux pour les synchroniser et les contrôler.

Les « un peu moins courants » sur scène

Même si on les rencontre moins souvent dans la musique live, ils sont à connaître quand même pour ne pas les confondre.

  • (D) Mini-jack stéréo ou (E) mono en 3,5 mm, c’est le connecteur de votre casque audio nomade. Petit et fragile, il est à éviter sur scène, sauf cas de force majeure.
  • (F) Mini-jack pour smartphone en 3,5 mm il possède 3 anneaux sur la fiche et permet de transporter le signal d’un micro-casque avec télécommande 
  • câbles optiques ou numériques
  • les connecteurs propriétaires : une espèce en voie de disparition. Ce sont ces petites méchantes choses avec des connecteurs exotiques qu’un fabricant a inventées pour qu’on ne puisse brancher que « son » câble sur « son » appareil. Il ne faut jamais oublier ou perdre ce câble. Les chances que quelqu’un puisse vous dépanner sont quasi nulles. Les chances qu’il soit cher à remplacer sont très élevées.

Les adaptateurs

LES ADAPTATEURS C’EST LE MAL. Je répète : LES ADAPTATEURS C’EST LE MAL. Si vous utilisez un adaptateur quelque part c’est que vous n’avez pas assez réfléchi à un problème. Vous pouvez vous attendre à des soucis. Peut-être que vous branchez deux trucs qui ne devraient pas être reliés entre eux de cette façon, pour des tas de raisons. Ou alors vous n’utilisez pas le bon câble. C’est parfois un mal nécessaire, mais il est souvent évitable.

Petit défaut deviendra grand. Les bricolages qui fonctionnent au local seront sources d’emmerdes en live. Le petit souffle sera amplifié 100 fois, le faux contact craquera à un niveau épouvantable.

Entretenir les câbles, la bonne technique pour les rouler, se brancher

Les câbles, comme le reste du matériel, ça s’entretient. Par exemple, on ne les enroule pas n’importe comment. On les inspecte et on les teste pour éliminer ou réparer ceux qui ne fonctionnent plus bien.

Comme le reste du matériel, c’est bien d’en avoir une maîtrise minimum et d’avoir une idée de son plan de branchement avant le soundcheck. Pourquoi ne pas rédiger une fiche technique une fois pour toutes pour ne rien oublier ? 

Malgré mon setup très simple, j’en ai fait une très visuelle pour que ma Lovely Roadie puisse m’aider pour le chargement (ne rien oublier) et les branchements.

La DI ou boîtier de direct

Comme expliqué plus haut, les câbles Jack ne peuvent pas être utilisés sur de trop grandes distances. Ils sont parfaits pour aller de la guitare au pédalier ou à l’ampli. Pour aller à la table de mixage, il faut passer par un boîtier de direct. Ce boîter va transformer le signal asymétrique transporté par deux conducteurs en signal symétrique transporté par trois conducteurs dans le même câble. Ce signal sera moins sujet aux pertes et aux parasites. L’entrée dans la DI se fera en Jack, la sortie le plus souvent en XLR. Certains amplis ou multieffets ont une sortie qui joue ce rôle de DI. Savoir laquelle c’est et à quoi elle sert nous renvoie à la case « connaître son ampli ».

Comme les microphones, les boîtiers de direct peuvent être passifs ou actifs. Dans ce cas ils vont nécessiter une alimentation fantôme ou une pile pour fonctionner. Ils ont également d’autres fonctions comme un égaliseur, des filtres. Ils offrent possibilité de couper la mise à la terre (ground lift). Cela permettra de supprimer un bruit parasite (aka ronflette) résultant de la mise à la terre simultanée de plusieurs appareils.

Les niveaux du signal

L’intensité du courant électrique est différente selon les sources. Le bon réglage permettra d’obtenir le meilleur son possible sans générer des artefacts, de la distorsion involontaire ou du souffle. Il est essentiel de choisir le bon réglage ou la bonne entrée. Habituellement les fabricants ont fait des efforts pour identifier clairement les entrées.

Le niveau ligne, line level en anglais est le niveau standardisé qui permet la liaison entre les appareils audio. Le signal émis par un microphone ou un instrument n’est pas au niveau ligne et doit passer par un préampli ou un amplificateur. Généralement, sur les entrées de différents appareils on trouvera des boutons ou des connecteurs identifiés comme Line, Microphone, instrument ou Hi-z. 

  • Microphone : les membranes des microphones produisent un signal dont le voltage est très faible, ce signal devra être amplifié.
  • Ligne ou line : un signal basé sur un courant plus intense qui pourra parcourir de bonnes distances. Logiquement, si vous disposez d’un appareil disposant d’un line-out, il ira dans le line-in.
  • Instrument : le signal émis par un instrument se situe en général entre le niveau line et le niveau microphone. Un boîtier de direct permettra d’amener le signal à un niveau ligne. Les entrées Hi-Z sont destinées spécifiquement aux guitares et basses. Même si votre guitare dispose d’un microphone actif (avec unE pile), le signal sortant restera plus faible que le niveau ligne et devra passer par cette entrée. Si le son sature, vous pouvez essayer de passer par l’entrée ligne.

L’interaction polie avec les gens utiles (et les autres)

C’est peut-être un aspect moins technique, mais il a son importance dans la gestion des relations entre artistes et techniciens. En fait, à part peut-être la petite amie de la chanteuse, toute personne traînant dans le backstage a son utilité. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on limite l’accès aux personnes concernées par le spectacle dans la mesure du possible.

La règle de base c’est d’être courtois avec tout le monde. La courtoisie c’est de jouer quand on vous le demande. Mais aussi de ne pas jouer quand on ne vous demande rien. C’est de jouer fort quand on vous dit de jouer fort, et de jouer moins fort si on vous le demande. Jouer moins fort donnera de la marge de manoeuvre à l’ingé son. Il pourra  placer chaque instrument dans le mix et ne pas balancer de la purée sonore vers le public. C’est savoir rester à sa place sans être dans le chemin.

La courtoisie c’est aussi de faire confiance et de ne plus toucher à rien une fois que le son est réglé. Vous êtes le pro de la musique, ils sont les pros de la technique. Partez du principe qu’ils ont raison, ou qu’ils ont leurs raisons d’avoir tort. Et si vous pensez avoir raison, ayez les arguments convaincants en main.

Note: mon seul bémol sur ce point reste cette obstination sotte de vouloir repiquer mon ampli acoustique bi-amplifié avec un micro. Au lieu de prendre la sortie DI de l’ampli qui est propre, évite les soucis de phase et de repisse. Pour un ampli a lampes avec un son ou un grain ça se justifie, pour un ampli a transistors bi-amplifiés ce sera le plus souvent contreproductif. Parfois il faut savoir faire confiance aussi. Il faut savoir lâcher prise sur ses croyances personnelles, de part et d’autres.

Étoffez votre vocabulaire du son

J’avais déjà parlé de l’anatomie d’une scène de festival ainsi que des noms des métiers qu’on y croise. C’est essentiel de comprendre la différence entre la façade et les retours. Connaître les noms des différents effets que vous utilisez me semble un minimum. Par exemple, il peut être utile de connaître le nom des différentes reverbs et surtout de savoir laquelle vous préférez.

Apprenez à décrire le son que vous aimez avec des mots simples à défaut de connaître le terme technique exact. Dites aigus, basses, médiums … c’est le travail de l’ingé son de traduire cette information en fréquences. Pour un guitariste acoustique, savoir distinguer à l’oreille le haut médium (nasillard, métallique) du bas médium (sourd) est utile. C’est une zone à problèmes.

Attention, ne jugez pas le son avec vos yeux ! En effet nos oreilles ne percoivent pas le son de la même manière à différents volumes et dans différents espaces. La perception du medium varie fortement avec le volume. Ce qui était correct à la répétition ou sur une scène ne le sera pas sur une autre.

Évidemment, le son a quelque chose de subjectif et il n’est pas toujours simple de se faire comprendre. Pensez à étoffer votre vocabulaire. Dites un sifflement, du souffle, un buzz, une ronflette, un larsen, un délai et pas « un truc qui me gêne ». Dites « je peux avoir plus de guitare dans le retour » et pas « je ne m’entends pas ». 

A suivre ?

Je pense que ça suffira pour un premier tour d’horizon sur les notions élémentaires à connaître. J’ai pas mal défriché le sujet sans rien approfondir d’un point de vue technique. C’est un peu frustrant. Mais le matériel diffère énormément d’un musicien à un autre. Au-delà de quelques recommandations basiques, il est malaisé de dire autre chose que « apprend à connaître ton matos ». 

Si ça intéresse, je reviendrai plus en détail sur certains aspects de la technique. Mais pour moi un musicien passionné doit être quelqu’un de curieux qui ne devrait pas se contenter pas d’un « rien-à-foutre », ou « ce n’est pas mon métier ». 

Animation ? C’est quoi cette « animation » ? On avait dit quoi ?

Nuit de dimanche à lundi, 3h40 du matin, je devine le plafond de la chambre dans l’obscurité. Le souffle régulier de ma Lovely Roadie rythme mon insomnie (en réalité elle ronfle, mais ça se fait pas balancer la triste réalité de sa vie de couple à la face du monde) … je pense à l’animation musicale de demain … 

Dialogue intérieur … 

  • Dis, c’est quoi cette date ?
  • Ah oui, c’est une petite animation musicale sympa pour une bonne cause … 
  • On avait dit quoi ?
  • Euh, qu’on arrêtait les « plans » pour se focaliser sur LE projet … mais …
  • … mais quoi ?
  • Bah, fallait juste prendre l’instrument, mon câble et un micro … il y avait tout sur place …
  • … mais …
  • Oh ça va … ils avaient une sono, mais pas de table de mixage, le pied de micro était cassé ou perdu, je sais plus … 
  • Finalement j’ai préféré emporter ma table de mixage …
  • et … ?
  • et ma sono, pour être sûr … ah oui, et un pied de micro … 
  • ensuite … ?
  • … quelques câbles, des adaptateurs et un micro de rechange, juste au cas où … mais je prends juste mon ukulélé …
  • Bon, ben viens pas pleurer si demain t’es fatigué, ou que tu as mal au dos … 
  • Ok, mais oublie pas que c’était pour lever des fonds pour les relais pour la vie … contre cette saloperie de cancer …

Oups, I did it again

Mes collègues sont des gens passionnés qui aiment embrasser des grandes causes. Depuis quelques semaines, ils multiplient les collectes de fonds. Vente de livres, vente de pâtisseries, mais aussi un petit concert. Mes collègues Mieke, Nicolas, Vincent et moi ont accepté de donner de la voix pour l’occasion. Pour ma part, j’ai volontairement limité mon répertoire au ukulélé pour cette fois.

Avec ma collègue Mieke, nous avons un duo occasionnel pour ce genre de dates. Nicolas joue dans un groupe de cover de rock dur et dans un duo folk-acoustique, Vincent est le poête-compositeur du lot avec des textes sucrés-amers. Quelques répétitions dans le charme discret des sous-sol nous ont permis d’élaborer un programme sur-mesure. Chacun joue environ une demi heure en solo, des duos rythment les changements de plateau et pour terminer nous avons prévu deux rappels en quatuor à cordes vocales.

La première difficulté consiste à assembler ce que j’ai surnommé le monstre … la table du Stagepass 400 ne dispose pas de suffisamment d’entrées pour 4 micros voix et trois instruments. Il faut donc insérer une autre table de mixage. Ensuite une dernière table de mixage (le stagepass de Nicolas) pour gérer les retours. A ce stade l’explication la moitié des ingé-son vient de tourner de l’oeil. Je sais, c’est sale.

le monstre : à concert exceptionnel mesures exceptionnelles

le monstre : à concert exceptionnel mesures exceptionnelles

Les trois instruments dans la table de mixage, puis le mix groupé est envoyé sur l’entrée stéréo de la table amplifiée du Stagepass qui prend les 4 micros voix au passage. La sortie monitoring va ensuite logiquement vers les retours. Au moins j’ai pris la peine de régler les niveaux de chacun pour un mix équilibré. J’ai même pensé à annoter pour pouvoir faire des retouches en cours de route. 

Mais on pourra faire le boulot.

Le concert, l’animation musicale

Note : je devrais jouer plus souvent avec des retours … c’est sympa. Mais bon, c’est encore un truc à transporter, je me contenterai de mes in-ear.

les retours ...

les retours …

Évidemment, comme je ne suis pas ingé-son (ou sondier comme on dit) j’ai omis de garder une petite marge de niveau pour chacun. Les niveaux sont au taquet, mais une fois dans le vif du sujet, tout le monde, moi y compris joue à 110 ou 120% et les enceintes sont au bord de la saturation sur le bas médium. Note pour la prochaine fois : mettre les niveaux, puis baisser de 5-10%.

Mais bon, l’un dans l’autre, pour une collaboration occasionnelle, avec le mix de matos des uns et des autres, ça a bien tenu la route … 

animation musicale : relais pour la vie

animation musicale : relais pour la vie – le bureau du jour 

Montage, balance son, quelques ajustements de dernière minute. Une cinquantaine d’employés ont répondu présent et ont pris leur temps de midi pour venir nous écouter. D’autres bénévoles ont prévu boissons et nourriture sucrée et salée pour les petits creux. 

animation musicale relais pour la vie : en duo

animation musicale relais pour la vie : en duo

Outre mes duos habituels, j’ai posé mon ukulélé sur I’m Yours de Jason Mraz, et j’ai chanté pour la première fois le Hey Hey de Big Bill Bronzee en public. Notre cover de Guaranteed m’a plutôt satisfait, ça roulait, et vu de la scène, ça m’a semblé juste et en place. Le final avec Boomerang de Gainsbourg suivi de notre version du Mercedes-Benz de Janis Joplin a eu l’air de plaire dans la salle. On l’a d’ailleurs refait en rappel.

animation relais pour la vie

animation relais pour la vie

Alors heureuse ?

Malgré les petits soucis de transport et de logistique, j’ai passé un bon moment à jouer et à écouter les autres. C’était sympa de découvrir d’autres talents et d’autres univers musicaux au sein de ma boite. Évidemment, je garde dans un coin de ma tête les petites améliorations que je proposerais si c’était à refaire. Peut-être que rester tous sur scène et mélanger les sets donnerait plus de peps à l’ensemble.

Cerise sur le gâteau, la collecte de fonds a l’air d’avoir bien fonctionné. Mission accomplie ?

On parle réverbération ? La taille (du son) ça compte !

Que ce soit pour la voix ou des instruments, difficile de donner vie à un enregistrement sans réverbération. Tout comme les chauves-souris se localisent dans l’espace, notre cerveau utilise les réflexions du son pour analyser notre environnement. En effet, grâce à la réverbération, nous pouvons percevoir des informations comme la taille de la pièce, notre position dans celle-ci, le volume sonore, la distance et même la nature et la dureté des matériaux réfléchissant le son. En l’absence de ces informations, le son semble sec, froid et peu naturel. Il est donc difficile de véhiculer une intention ou une émotion musicale sans l’envelopper d’un espace sonore cohérent.

Perception de la réverbération du son

C’est un mécanisme fantastique dont nous oublions l’existence si nous n’y prêtons pas attention. Nous percevons en premier le son directement émis par la source. Les premières réflexions arrivent ensuite à nos oreilles avec un léger retard. Ce retard nous informe sur la taille de la pièce dans laquelle le son se produit. Le son décroît ensuite plus ou moins rapidement. Les réflexions qui nous parviennent pendant cette décroissance nous informent sur la complexité de la pièce et les matériaux rencontrés. La vitesse à laquelle le son décroît nous donne des informations sur la dureté des matériaux rencontrés et leur capacité d’absorption ou de réflexion.

Un problème historique

Dès les débuts des enregistrements, donner une image sonore naturelle et cohérente a été le souci des ingénieurs du son. Le moyen le plus simple était de placer les musiciens dans une pièce à l’acoustique et à la réverbération maîtrisée. Certains producteurs repassaient leur vinyle dans une salle pour réenregistrer le son avec de la réverbération. Pour pouvoir contrôler plus finement la réverbération, on a eu recours à des chambres de réverbération. Il s’agissait d’une salle annexe aux murs réfléchissants dans laquelle on plaçait des diffuseurs pour réenregistrer le son réverbéré. Certaines avaient des parois amovibles pour pouvoir être ajustées. Mais ces dispositifs occupaient une place énorme.

L’utilisation de grandes plaques de métal stimulées électriquement a permis de réduire légèrement la taille du dispositif. Au lieu d’utiliser toute une pièce, on pouvait en mettre 3 ou 4 dans une pièce. Mais le tout restait imposant, au point que les plaques de réverbération du studio Abbey Road sont situées dans un grenier. Une fois installées dans les années 1950, malgré les possibilités de réglage, le son était défini… définitivement.

Réverbération à plaques chez Abbey Road (source Waves)

Réverbération à plaques chez Abbey Road (source : Waves)

Vers la miniaturisation… et les sons artificiels

La première réverbération artificielle construite a été créée par Laurens Hammond (celui des orgues du même nom) en 1939. Les gens qui achetaient un orgue étaient déçus de ne pas retrouver l’ampleur d’un orgue d’église dans leur salon rempli de meubles et de tapis. Hammond s’est intéressé à un dispositif utilisé par Bell. Ce dispositif, à base de ressorts amortis, était utilisé pour compenser la réverbération dans les transmissions téléphoniques à longue distance. Prenant le concept à contre-pied, il a eu l’idée d’utiliser des ressorts tendus entre deux bobines pour générer de la réverbération. L’effet pouvait être ajusté en jouant sur la longueur du ressort et son diamètre. Les premières reverbs de ce type étaient très imposantes. Au départ les orgues étaient fournies avec d’immenses diffuseurs, ça ne choquait pas que les réverbérations soient très grandes.

Vers 1961, Leo Fender réussit à en fabriquer une qui tenait dans un boîtier de la taille d’une tête d’ampli. Rapidement le son de ces reverbs à ressort envahit la musique pop américaine de l’époque. Dans les années septante, les premières pédales utilisant des réverbérations digitales font leur apparition. De nous jours les pédales offrent types de reverb et de vastes possibilités de réglage du son.

Pédale de réverberation (source : TC Electronic Hall of fame)

Pédale de réverberation (source : TC Electronic Hall of fame)

Actuellement, il existe des puissants plugins permettant sur un ordinateur de homestudio d’utiliser des algorithmes de réverbérations.

CSR – Classik Studio Reverb

Certains plugins à convolution vont recourir à une modélisation très complexe de l’image sonore. Pour créer cette image sonore, on enregistre et on analyse d’abord une impulsion sonore dans un environnement réel. L’analyse servira ensuite de négatif sur lequel le son final sera imprimé par calcul. Certaines réverbs sont suffisamment réalistes pour qu’une oreille exercée peine à les distinguer d’une réverbération naturelle.

Réverbération à convolution (source : Waves)

Réverbération à convolution (source : Waves)

Les types de réverbération

À l’époque de la naissance des amplis avec réverbération, certains fabricants intégraient déjà des échos à bande dans leurs amplis. Mais certaines reverbs étaient improprement baptisées « echo », terme plus familier pour les musiciens de l’époque. Pourtant ce sont deux choses distinctes. Théoriquement, une réverbération atteint votre oreille après 0,1 seconde et ne peut pas être distinguée du son initial, tandis qu’un écho sera perçu comme nettement distinct du son initial.

Les réverbérations artificielles, qu’elles soient à ressort (Spring) ou à plaques (Plate) ont des sons caractéristiques. On distingue aussi différents types de réverbération plus naturelles sur base de l’impression d’espace qu’elles nous procurent.

  • Room : une pièce de petite taille, avec des surfaces dures peu réfléchissantes
  • Studio : un espace réduit, avec des matériaux absorbants
  • Chamber : une pièce de taille moyenne, avec des surfaces réfléchissantes
  • Hall : une salle de concert, avec des réflexions plus tardives
  • Arena : un immense amphithéâtre avec un fond d’écho
  • Cave : une caverne 
  • Cathedral : des réflexions courtes et nombreuses sur des matériaux durs

Au niveau des réverbérations au rendu artificiel, on trouve des curiosités pour créatifs comme les modulated reverb, reverse, psychedelic shimmer, etc.

L’utilisation des reverbs

Il est possible de se passer de réverbération, par exemple pour la musique électronique aux sonorités purement et volontairement artificielles. Hors de ce contexte particulier, deux directions coexistent pour l’utilisation de la réverbération. D’une part on peut chercher à donner du réalisme et de la cohérence au son. D’autre part on peut souhaiter l’utiliser comme un effet pour colorer un son ou le décaler de son réalisme.

Depuis le début des enregistrements et le besoin de réalisme la réverbération a évolué. Je constate que sa popularité n’a pas diminué. Sa mise en œuvre est devenue bien plus facile, et plus variée allant du son de salle de bains au plus grand des canyons. Les effets digitaux ont ouvert le chemin à des réverbérations artificielles irréelles ou éthérées qui ne servent plus de béquille à la prise de son, mais sont une couleur supplémentaire dans le processus créatif.