Fév 20 2017

La vidéo live et les revenus des artistes

La vidéo live a le vent dans le dos. Les plateformes rivalisent pour pousser les créateurs de contenu à adopter ce format. Avec dix fois plus de commentaires et trois fois plus de durée de visionnage que les vidéos non-live, les chiffres de Facebook sont époustouflants. Sur Periscope et d’autres plateformes, le temps de visionnage explose, et le format permet de toucher les plus jeune. Il s’agit évidemment d’un outil magnifique pour ceux qui vivent de leurs revenus publicitaires. Les marques qui transforment l’adhésion en achats de produits sont fan. Pour les autres, la question de la dilution du revenu artistique se pose à nouveau.

Vidéo live - bienfaits ou méfaits ?

Vidéo live – bienfaits ou méfaits ?

Samedi soir, devant la vidéo live des copains

Le samedi soir, les vidéos live fleurissent sur mon journal. Je le reconnais, malgré le son à la ramasse et l’image brouillée (et verticale) c’est sympa de voir ce que font mes amis. Il m’est impossible d’aller les voir en concert de-ci de-là dans notre royaume.

De nos jours tout est filmé, enregistré, diffusé. Si certains diffusent un bref instant du concert pour dire « j’étais là », il m’arrive d’assister à des concerts entiers diffusés en live. J’avais déjà évoqué la question dans un billet à propos du magnifique concert rendu en 20 secondes de vidéo pourrie.

Bien sûr l’artiste bénéficie lui-même de l’effet de promotion de la vidéo live. Il peut décider de diffuser un bout de soundcheck, un aperçu de l’ambiance d’une soirée, ou une interview en backstage. Mais il n’a plus le contrôle du moment et de la qualité de ce qui est capté et diffusé. C’est parfois contrariant. On a tous sa petite blague ou sa petite phrase magique ou le petit morceau reprise-surprise du concert. On n’a pas forcément envie que tout le sel soit éventé en place publique en permanence. Sans parler d’un souci technique éventuel ou d’une salle pas tout à fait comble un soir de foot qu’on préfère oublier.

Les vidéastes improvises n’étant pas mal-intentionnés, il est quasiment impossible de s’opposer au fait de filmer sous peine de passer pour un je-ne-sais-quoi de pas très sympathique ou d’aigri. Ce que je peux comprendre.

Le label Acoustic Music Records avait même lancé un concept de concert payant en streaming. La qualité de la captation et sa diffusion éphémère et unique garantissaient une expérience proche d’un vrai concert en live, dans le confort de son salon. Actuellement ils travaillent sur les solutions techniques et les concerts sont à l’arrêt, mais l’initiative était intéressante.

Où va l’argent ?

Parfois dans une vidéo live j’aperçois une chaise vide. Je me dis qu’il y a là des personnes qui « assistent » au concert sans payer leur place. Si la maigre qualité de ce qui est diffusé ne justifie pas un prix d’entrée, on se demande à qui profiteront les retours de la vidéo dans ce cas ? Bien sûr, il y a l’effet promotionnel qui fera peut-être venir l’une ou l’autre personne à un concert prochain de l’artiste. Ou qui fera découvrir le lieu filmé. Bien sur, rien ne dit que la personne regardant la vidéo par hasard serait venue au concert. Mais à force de jouer aux entrées dans des salles à moitié remplies, même connecté au monde par la petite lorgnette de plusieurs smartphones, les musiciens et les organisateurs ont tout à perdre d’un point de vue financier.

En tant que compositeur je m’interroge également sur la question du respect de mes droits d’auteur. Facebook et Youtube ne manquent pas de me signaler en termes juridiques menaçants quand je me sers de la musique des autres. Fera-t-elle pareil pour ma musique ? La Sabam saura-t-elle harceler sur Facebook aussi bien qu’elle ne poursuit les petites salles de ses assiduités ?

Certains argueront que ce sont des cacahuètes. Mais tous ces marchands de cacahuètes ont l’art de faire leur beurre, surtout quand on les épluche à leur place.

Il faut « faire avec »

Il ne s’agit pas de rejoindre les rangs des pleureuses du joli temps d’avant. Tout simplement je constate qu’il y a des organisateurs qui prennent le risque de faire confiance à des artistes. Ces artistes ont créé du contenu pour qu’au final l’argent soit distribué via le web à d’autres acteurs. Tout cela affecte bien évidemment plus les gagne-petit et les petites structures.

Comme toujours, il y a à boire et à manger dans ces nouveaux outils de communication. A celui qui est filmé de s’en accommoder, et à celui qui filme de respecter le travail de l’artiste.

Lien Permanent pour cet article : http://guitar.vanlochem.be/video-live-et-revenus/

Fév 09 2017

Vidéos faites maison : quelques conseils en vrac !

Making of vidéos concert au Spirit of 66

Le musicien de 2016 qui gère sa « petite entreprise » est amené à faire des vidéos régulièrement. C’est devenu un requis de base pour faire sa promo sur Internet. L’argent et le temps ne sont pas toujours disponibles pour confier à des professionnels ces petits moments de partage avec les fans. Mon test de la caméra vidéo Zoom Q8 me vaut quelques questions à propos de la réalisation de ces petites vidéos. Vu que j’ai parcouru ce chemin et commis TOUTES les erreurs que je vais lister ici, je n’ai aucun scrupule à vous en parler.

On n’a jamais trop de lumière pour les vidéos

En fait, toutes les caméras sont « mauvaises » si les conditions d’éclairage sont « mauvaises ». Les lentilles ont beau être lumineuses, il faut que la dynamique du capteur soit au rendez-vous. C’est n’est jamais le cas avec une caméra d’entrée de gamme et très rarement le cas avec un petit capteur. Je l’ai compris en assistant à la captation d’un concert par une télé locale. Malgré du matos de pro, ils ont tout simplement demandé de laisser les lumières de la salle allumées. Je me suis dit : « Forcément, avec des moyens pareils, moi aussi j’y arrive ! ». Habituellement, comme tout le monde, je me débats avec des « moyens légaux », comme disait Goldman et la lumière disponible.

Making of vidéos concert au Spirit of 66

Making of vidéos concert au Spirit of 66 (Zoom Q3HD)

En regardant certains clips « live » de groupes, on se rend compte que c’est un faux live et que la scène est en fait baignée de lumière. Après il suffit de corriger la lumière en post-production pour retrouver une belle lumière de concert live. Pour ce qui est des caméras d’action, un spot de surf ou une piste de ski baignés de lumière n’ont évidemment pas grand-chose à voir avec un backstage ou un garage/local de répet. Une grande scène sera également mieux éclairée qu’un petit club. Amenez plus de lumière !

Quelle lumière ?

Wishlist : éclairage de studio

Wishlist : éclairage de studio

Si vous regardez les vidéos de YouTubeurs connus en analysant les reflets, vous verrez que la plupart opèrent avec un éclairage additionnel de type softbox carrée. Ils les utilisent même en extérieur, combinés à des réflecteurs souples ! Investir dans un projecteur (on fait des projecteurs de bricolage sur pied) ou un petit kit d’éclairage de studio est vraiment une bonne idée. Soignez votre éclairage et faites attention aux ombres.

Attention aux leds de couleur. J’ai perdu une demi-journée de « tournage » en filmant avec des projecteurs leds RGB qui ne produisent que du rouge-vert-bleu sur des bandes très étroites. Même en les réglant pour produire du blanc, l’image reste granuleuse parce que les trois couleurs cyclent très rapidement, trop rapidement pour l’œil, mais pas pour le capteur. Ceci explique également pourquoi certaines photos de concert sont si moches. La couleur est possible mais il faut prévoir un apport de lumière blanche avec un spectre lumineux complet.

Attention aussi aux leds blanches bon marché provenant du marché asiatique. Elles sont souvent cadencées à 60 Hz au départ du transformateur au lieu du 50Hz de notre réseau électrique. Cela peut provoquer du grain ou des bandes d’interférence sur les vidéos.

Pour les caméras qui n’ont pas de balance des blancs ou de réglage de luminosité, j’ai lu qu’il faut impérativement avoir une zone blanche bien éclairée (presque surexposée) dans l’image. Sinon les noirs seront grisés, les blancs seront fades et l’image dans son ensemble sera granuleuse. Par exemple, mon fond noir pour les vidéos de présentation de la Zoom Q8 était une mauvaise idée.

Les erreurs évitables

Vérifiez que votre caméra est bien configurée en PAL et pas en NTSC. Le format NTSC américain est cadencé à 60 Hz et notre réseau électrique européen à 50 Hz. Il y a un décalage entre le scintillement rapide de la lumière et le balayage du capteur. Ce décalage va produire des bandes d’interférence et du clignotement et du scintillement dans l’image. Même un écran d’ordinateur allumé éclairant la pièce peut nuire à la qualité d’image. Cela reste valable pour les multiples de et les diviseurs de 60 comme le 30 images secondes ou le 120. En extérieur, aucun souci.

Adaptez le format et la résolution dès la captation de la source au format de destination. Voici les recommandations de format pour YouTube. Il peut être tentant de pousser le 4K si votre caméra le permet. Mais si vous devez rétropédaler la résolution avant de mettre en ligne, hormis pour un recadrage, l’intérêt est limité. Cela risque de compliquer fortement le travail en post-production.

Maitriser le matériel avant de devoir vous en servir « sérieusement ». Une seule solution, faire des tests, encore et encore. Lire le mode d’emploi et des retours d’utilisateurs vous apprendra beaucoup de choses. Pensez aux détails et préparez vos tournages.

Soignez vos cadrages et la mise au point. Il n’y a rien de plus frustrant que de regretter un cadrage ou un placement de caméra. Soyez attentif aux reflets, aux objets dans le cadre. Comme en photo, cadrer dés la prise de vue vaut mieux qu’un recadrage, vos pixels sont précieux.
Soignez le décor, l’arrière-plan et les détails comme les vêtements que vous portez ou l’état de propreté de votre instrument (si vous avez des gros plans de vos mains, coupez et nettoyez vos ongles !).

Comparer ce qui est comparable

comparer des pommes et des poires

comparer des pommes et des poires

Je l’ai dit dans un article déjà. Comparer votre investissement en gardant le prix en tête. Comparez-vous avec des personnes disposant de moyens humains, techniques et financiers similaires. Une Instagrammeuse célèbre a dernièrement rompu le silence en avouant que ce « simple » cliché posé sur un bord de piscine a nécessité plus d’un demi-jour de travail avec styliste, accessoiriste, maquilleuse et coiffeuse. Sans parler du repérage, de la préparation physique (une journée de diète et d’abdos pour avoir le ventre plat et gainé) et la postproduction. il y a souvent plus de moyens qu’on ne l’imagine derrière des shootings simples en apparence.

La musique et donc le son restent l’essentiel

Test de la caméra Zoom Q8 en conditions réelles

Test de la caméra Zoom Q8 en conditions réelles

L’objectif final doit être visuellement « suffisant » mais convaincant d’un point de vue musical et sonore. Le parent pauvre des vidéos musicales est plus souvent le son que l’image. La prise de son est une des très grandes qualités de la caméra Zoom Q8 et c’est pour cette raison que beaucoup de gens – dont moi – passent l’éponge sur une qualité d’image sans doute perfectible en basse lumière. Une image propre et bien réalisée, un son aux petits oignons suffiront. N’hésitez pas à capter le son à part, avec un enregistreur si votre caméra n’est pas au top pour le son. Vous pourrez resynchroniser l’audio en postproduction.

Pour les smartphones il existe des microphones extérieurs qui améliorent sensiblement la prise de son.

Note : un peu de réalisme sonore ne fait pas tort. Personnellement ça me dérange un peu quand je vois un type jouer de la guitare acoustique adossé à un arbre alors que j’entends une réverbération de type cathédrale posée sur la guitare.

Confier le grand moment à un professionnel

Les caméras d’entrée de gamme sont parfaites pour les petites réalisations maison, mais elles ont forcément des limitations. Histoire de me contredire un peu, n’hésitez pas pour un grand shooting ou le clip vidéo de votre single à investir et à vous en remettre à un pro. Vos connaissances en matière de vidéo vous permettront de bien dialoguer avec lui pour obtenir le résultat que vous attendez, mais l’obligation de moyens et de résultat pèsera sur vos épaules. Là aussi, méfiance, on devient vite « vidéaste ». Regardez ses autres productions et définissez ce que vous attendez en termes d’objectifs, de résultats et de délais en étant réalistes par rapport à votre budget. Talent et débrouille font beaucoup, mais il y a une certaine corrélation entre les moyens investi de part et d’autre et le résultat à attendre.

J’ai sûrement oublié des erreurs que j’ai commises, tant le sujet est vaste. N’hésitez pas à commenter.

Lien Permanent pour cet article : http://guitar.vanlochem.be/videos-maison-conseils-ameliorer/

Jan 29 2017

Mes résolutions pour 2017

Résolutions pour l'année 2016

Résolutions pour l’année 2017

Consternation : je n’ai réalisé aucune de mes bonnes résolutions pour 2016. Je n’ai pas perdu quelques kilos pour être plus fit sur scène, et je n’ai pas progressé sur l’utilisation de mon looper.

Rayon bonnes nouvelles, le nombre de visiteurs du site est stable, voire en légère augmentation. Le nombre de fans de la page Facebook a bien progressé. J’ai également assemblé mon perdalboard qui a subi son baptême du feu.

Du coup ça rend la liste des résolutions pour 2017 plus facile à écrire:

  • avancer sur l’album
  • faire plus de concerts
  • composer d’autres titres (je suis plutôt content d’un de mes morceaux, et j’aimerais en avoir d’autres dont je suis aussi satisfait)
  • améliorer ma technique vocale
  • composer un titre instrumental au ukulele

Bref, comme en 2016, je continue la route, travailler, prendre du plaisir, aller de l’avant … Peu importe qu’on se noie, pourvu qu’on nage dans la bonne direction. (Farenheit 451, Ray Bradbury).

Lien Permanent pour cet article : http://guitar.vanlochem.be/bonnes-resolutions-2017/

Jan 16 2017

Déclaration volontaire de stock CITES : régularisation des (guitares) sans-papiers

Dalbergia latifolia

Dalbergia latifolia

Voici la suite du feuilleton à propos de l’enregistrement des guitares contenant du palissandre indien (Dalbergia latifolia). Pour être en ordre et (un peu) pour tester les démarches dont je vous parlais dans mon article j’ai entrepris de faire la déclaration volontaire de stock de ma guitare Bourgeois.

Mais comme je travaille à l’environnement, je suis collègue et voisin de bureau des responsables CITES. Sans intervention volontaire de ma part, je ne peux néanmoins pas garantir que mon dossier n’a pas été traité un peu plus rapidement, ou avec une amicale bienveillance. Ceci dit, dans ce genre de procédure administrative, à part du temps, il n’y a rien à gagner. Si ma déclaration n’était pas recevable sur le fond ou la forme, je suis persuadé que ma demande aurait été rejetée. On ne badine pas avec le commerce légal des espèces menacées et de leurs produits dérivés, d’autant que les pays signataires de la CITES s’observent entre eux.

Pour ma Martin OM21 Custom, je dispose d’une facture datée « en bonnet d’uniforme » attestant qu’elle est en ma possession et importée dans l’Union européenne avant le 02/01/2017.

En ce qui concerne mon autre instrument, une guitare Bourgois OM 140 Custom, c’est plus compliqué. D’après le numéro de série, elle a été fabriquée en 1997 et importée en Europe à la même époque. Je n’ai ni facture datée, ni document daté attestant du changement de propriétaire avant. Sur des sites d’autorités régionales, j’ai lu que tout document pouvant attester de l’antériorité de la guitare était recevable. Je me suis donc mis en quête d’une affiche ou d’une photo qu’on puisse dater.

Déclaration volontaire

Je voulais fournir les détails nécessaires et suffisants tout en restant précis et concis. J’ai été au plus simple, avec une photo prise lors d’un mariage qui pourrait être authentifiée à la fois par de nombreux témoins et éventuellement par des documents officiels. Vu qu’il s’agit avant tout d’une déclaration volontaire de bonne foi avant tout, j’espérais ne pas avoir à documenter plus avant la possession de mon instrument.

Déclaration volontaire de stock CITES pré-convention

Déclaration volontaire de stock CITES pré-convention

A cette lettre explicative j’ai joint le formulaire de déclaration volontaire de stock rempli. Ce document est complété avec des photos de l’instrument. Je me suis focalisé sur les parties de l’instrument caractéristiques. J’ai estimé la quantité de bois. Un luthier m’a parlé de 400 grammes pour le fond et environ 200 grammes de bois pour les éclisses. J’ai arrondi à environ 1 kilo.

Déclaration volontaire de stock CITES pré-convention

Déclaration volontaire de stock CITES pré-convention

Enregistrement officiel

Je viens de recevoir confirmation de l’enregistrement avec un document tamponné. Ce document est authentifié par la présence d’une copie auprès de l’autorité belge compétente pour la CITES. J’imagine qu’en cas de contrôle, la douane vérifiera l’existence du numéro dans le listing belge et la concordance de la description.

Déclaration volontaire de stock CITES pré-convention

Déclaration volontaire de stock CITES pré-convention

Déclaration volontaire de stock CITES pré-convention

Déclaration volontaire de stock CITES pré-convention

Le numéro m’est communiqué avec un rappel à la procédure. Dorénavant, je peux voyager avec ma guitare hors Union européenne. Je peux également la revendre en l’accompagnant des documents nécessaire pour prouver que le bois a été exporté, importé légalement, ainsi que l’instrument issu de ce bois.

Me voilà régularisé et soulagé.

Lien Permanent pour cet article : http://guitar.vanlochem.be/declaration-volontaire-de-stock-regularisation-des-guitares-sans-papiers/

Articles plus anciens «

« Articles plus récents

Voir plus d’éléments