Making-of du trailer vidéo « The Way to Go » pour Jacques Stotzem

Il est difficile en 2017 de se passer de la vidéo pour faire la promotion de son projet musical ou d’un album. C’est donc la raison pour laquelle j’ai investi dans un peu de matériel pour filmer. Après quelques vidéos de promotion pour ses albums précédents, et la captation de l’un ou l’autre concert, Jacques Stotzem m’a à nouveau demandé un coup de main pour filmer une petite vidéo de promo. L’objectif est de réaliser un trailer vidéo pour son nouvel album, un magnifique album dont j’ai déjà parlé dans ce billet

Les vidéos précédentes ont toutes été tournées avec des GoPro et surtout la Zoom Q8. La GoPro est la reine de l’accrochage dans les petits espaces où elle se fait oublier tout le temps d’un concert. Mais le son est inutilisable. La Zoom Q8 à des performances audio étonnantes, notammant grâce à sa connectique XLR, mais son objectif grand-angle et la qualité d’image limitent son champ d’application. L’utilisation de deux caméras aussi différentes donne des rushes difficiles à assembler. Pour mes tests de matos et mes vidéos musicales, je voulais une image plus belle, plus piquée, mieux contrastée et une focale maîtrisable.

Ce trailer vidéo c’est aussi l’occasion pour moi de valider mes derniers achats. En effet, c’est plus facile de filmer quelqu’un d’autre en se consacrant entièrement à la vidéo. Quand je me filme, je suis au four et au moulin.

Je vous livre déjà le résultat final avant de discuter de la réalisation.

Le matos

Heureusement pour mon portefeuille, de nos jours, on trouve tout le petit matériel à un prix abordable. Évidemment, tout est en alu peu épais ou en plastique, les vis sont parfois un peu juste. On sent que le matos ne survivrait donc pas à un usage intensif ou professionnel. Mais pour mon usage c’est parfait. La vidéo n’est jamais qu’un dégât collatéral de mon projet musical.

Avant tout, il me fallait de la lumière. En audio, le meilleur moyen d’améliorer le ratio signal bruit c’est d’avoir un signal fort. En vidéo ce n’est pas très différent. Pour un concert, c’est compliqué, même si j’ai vu une télé locale demander qu’on laisse la salle allumée pour une captation de concert. Pour un tournage hors du contexte du live, on fait ce qu’on veut en terme d’éclairage. Après avoir eu des problèmes avec du Led RGB,  je me suis équipé de deux bacs à lumière Neewer. La lumière intense et maîtrisée des ampoules à fluorescence de 5500 K me facilite la post-production.

Ma caméra Panasonic Lumix FZ300 dont je vous ai parlé dans des billets récents m’offre une série d’option que je cherchais. Un Zoom lumineux à la géométrie maîtrisée, la 4k, une prise de son interne décente grâce au Rode Videomic.

Outre mon trépied, j’avais également un shoulder rig Neewer qui facilite le shooting caméra à l’épaule. Tenir un petit boîtier en main ne donne pas un rendu très naturel. Avec un appui sur l’épaule et des contrepoids, ça tire sur les bras, mais les mouvements sont plus souples. La matte box, avec ses volets latéraux me permet de me placer à côté des lampes en évitant les reflets parasites. Et finalement pour quelques plans glissés, un slider Neewer qui consiste en un chariot qui coulisse sur deux rails. Ce matériel peut-être aperçu dans les photos du making-of plus loin dans ce billet.

Le briefing du trailer vidéo

The Way to Go est un album de ballades, intime, chaleureux, avec une pointe de nostalgie. Jacques Stotzem a une idée précise sur ce qu’il souhaite. Une vidéo intime, chaleureuse, un peu sombre, dans un décor au charme désuet. Quelques plans importants : saisir l’ambiance du lieu, capter l’utilisation (rare pour Stotzem) d’un capodastre. Une vidéo de quelques minutes, avec des extraits musicaux de moins d’une minute. Dernier défi de taille, pour Jacques, faire correspondre le récit de l’image avec ce qui se passe au niveau sonore et visuel sur la guitare est essentiel.

Jacques a obtenu de pouvoir filmer au mystérieux théâtre du Peigné à Verviers (Encore merci aux frères Mourad). C’est un cabaret des années 20 redécouvert « dans son jus » après de longues années d’oubli. Nous y tournerons deux fois. La première fois, la captation ne donnera pas entière satisfaction, mais permettra de valider les plans, les idées et tous les détails de tournage, du passage de câbles jusqu’au tabouret. 

Le tournage

Je filme l’entrée dans la salle, puis l’accès à la scène. Il faut chaque fois jongler de longues minutes avec la position des bacs à lumière pour avoir assez de lumière indirecte. L’idée est d’éviter des reflets trop francs qui écraseraient l’ambiance. Petite vanité, j’adore le plan où une fois la porte refermée, le mot « scène » en lettres dorée se détache sur la petite vitre. The Way To Go pour un musicien passe par la scène, sans l’ombre d’un doute. Mais le musicien soliste y vit aussi une sorte de solitude que nous avons essayé de rendre dans les premiers plans du trailer.

Trailer vidéo : les angles de prise de vue

Trailer vidéo : les angles de prise de vue

Chaque scène est filmée sous plusieurs angles qu’il faudra équilibrer et synchroniser. Pour des questions de logistique, les scènes ne sont pas tournées dans l’ordre.

Musette pour Edith

En premier lieu, à l’entrée du théâtre, nous capturons la tourbillonnante Musette pour Edith. Son ancrage vervietois est important pour Jacques. Il aime mettre en valeur le patrimoine de sa ville et voir figurer le mot « Verviers » dans l’image ne doit rien au hasard.

Trailer vidéo : Musette pour Edith

Trailer vidéo : Musette pour Edith

It’s Gone Forever et The Way to Go

Ensuite, à côté du piano, nous filmons deux autres morceaux. Je répète les prises au slider pour être sûr de pouvoir capturer le déplacement des mains sur le manche dans un angle logique. Heureusement le timing parfait de Jacques Stotzem permet de synchroniser les différentes scènes. Une première prise pour observer où vont les mains, une seconde pour les suivre. Après il faudra retrouver chaque plan au montage. J’ai beau prendre des notes, il faut tout revoir sur l’ordinateur.

Trailer vidéo : les angles de prise de vue

Trailer vidéo : les angles de prise de vue

Dreaming of a Better World

Ensuite vient le plan le plus compliqué. Pour le début de la vidéo, Jacques sera sur la scène. Il place son capodastre dans une ambiance clair-obscur et commence à jouer une balade. Il faut trouver comment provoquer un contre-jour, avoir le bon plan, placer la netteté au bon endroit, avant même que la main ne s’y trouve.

Jacques me suggère de filmer depuis une petite loggia en hauteur. Bonne idée et très beau plan un peu en plongée.

Trailer vidéo : les angles de prise de vue

Trailer vidéo : les angles de prise de vue

Monter c’est renoncer

De retour à la maison, lors du montage, pour n’avoir que des extraits musicaux courts, je dois renoncer à de nombreux jolis plans. Par exemple quand, caméra à l’épaule, je tourne autour de Jacques ou bien un plan de slider un peu trop lent du chevalet à la tête. Mais couper dans un tel plan fonctionne encore moins bien que de s’en passer complètement. Il faut arriver à raconter ce qui se passe sur l’instrument et dans la musique par des plans de caméra. C’est la partie la plus complexe du travail. J’aurais aimé mettre plus d’images d’ambiance du lieu. Mais il est difficile d’intégrer des plans de coupe montrant des plans d’ensemble du lieu quand on essaye d’aller à l’essentiel en quelques minutes.  

Trailer vidéo : les angles de prise de vue

Trailer vidéo : les angles de prise de vue

Le mot de la fin

Maintenant que la vidéo est publique, elle vit sa vie. On ne peut plus revenir en arrière. Finalement, j’ai autant de grandes satisfactions que de petits regrets. Je ne peux que me contenter de guetter les commentaires positifs mais aussi les critiques à accepter. Mais pour conclure, ce tournage m’a permis de tester mon matériel en conditions réelles. J’ai aussi pu valider (ou renoncer à) certaines idées pour les vidéos. J’espère que le trailer vidéo remplira son objectif : donner envie d’en entendre plus, en concert ou en achetant un CD. 

Illustrer la merveilleuse musique de Jacques fut encore une fois un challenge, un plaisir et un honneur.

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