Digitech Polara vs Boss RV-6, le match des pédales – 2e mi-temps

Bon, je n’assume pas vraiment le visuel ci-dessous, mais il faut ce qu’il faut pour ce match au sommet. Alors si vous avez raté la 1re mi-temps du match entre pédales de réverb, je vous rappelle que niveau look et spécifications, la Digitech l’emporte d’une courte longueur sur la Boss RV-6. 

Boss RV-6 vs Digitech Polara

Boss RV-6 vs Digitech Polara

Entretemps, Digitech a confirmé sur sa page Facebook que les (moches) boutons gris étaient bien les nouveaux boutons officiels de la Polara. Ils assurent que ces nouveaux boutons ont résolu trois problèmes rencontrés par les utilisateurs. Des boutons difficiles à régler et trop facile à dérégler. Une lisibilité peu convaincante. Et enfin, le divorce occasionnel entre la partie centrale du bouton en plastique et son extérieur en métal.

Comme dit lors de la première mi-temps, je me suis surtout attaché aux reverbs naturelles « utiles » dans mon style musical. Le reste sonne vite trop kitsch.

Le son de la Digitech Polara

La Digitech Polara a retenu mon attention pour les modes « naturels » que j’ai trouvés superbes. Les algorithmes de Lexicon sont justes bluffants. Ils ont une vraie personnalité et beaucoup de fraîcheur. Peut-être un peu trop, car les réglages ne les affectent jamais de manière dramatique. L’avantage c’est qu’en tournant un bouton on passe d’un peu trop peu, à trop peu, à un peu trop puis à trop, sans avoir l’impression de dénaturer complètement l’effet … du coup on arrive rapidement à quelque chose de correct, mais parfois on ne trouve pas tout à fait  ce qu’on cherche.

Les modes de la Digitech Polara

  • Room :  vraiment une belle réverb courte, qui replace la guitare acoustique dans un espace réaliste (je pense à une classe de taille moyenne)
  • Plate : c’est ma réverb préférée sur la Polara, bien dosée, elle enjolive très bien les morceaux de picking dynamiques, c’est le son qu’on attend quand on se dit qu’on va mettre une plate sur un morceau
  • Reverse : cet effet enlève le son direct et le remplace par une réverb inversée, comme le nom l’indique. Personnellement, cet effet ne m’a pas inspiré, mais je m’en doutais
  • Modulated : une réverb avec une touche de chorus ou de flanger, elle colore un peu fort le son de la guitare à mon goût
  • Halo : des harmoniques viennent cascader derrière les notes de la guitare
  • Hall : magnifique, elle habille et réchauffe le son de la guitare avec des fins de notes très belles pour les ballades 
  • Spring : la classique réverb à ressort, dont je n’ai jamais été très fan. Sur quelques accords de Jazz elle m’a tout de même semblé plaisante.

Ce que je retiens de la Digitech Polara 

Digitech Polara

Digitech Polara

Les plus :

– un look ravageur
– une finition impeccable et solide
– un bouton souple et silencieux
– des réverbs naturelles aux algorithmes très séduisants
– un son frais et moderne
– un son facile à trouver 
– des possibilités de réglages subtiles
– un stomplock qui permet de figer les réglages
– le choix entre true-bypass et buffer

Les moins : 

– un look un peu moins ravageur avec les nouveaux boutons
– pas d’alimentation par piles et …
– … une pédale très gourmande en courant
– des réglages qui ne bouleversent pas le caractère du son
– du beau son un peu coloré
– des modes de réverbs « inutiles » pour moi

Je le donne un 6 sur mon échelle de piments.

 

Le son de la Boss RV-6

Ce qui me frappe avec la Boss RV-6 quand je la compare avec la Polara, c’est l’intensité des effets et des réglages. La Polara reste toujours « sage » même quand elle en fait trop, Un peu comme si on ne pouvait la régler qu’entre 40 et 60  pourcents. La Boss pousse le bouchon trop loin assez rapidement.  Du coup, on passe un peu plus de temps à l’apprivoiser. Tout comme elle est moins waow au premier regard, elle est moins bouleversante au premier accord. Comme pour la Polara, je me suis focalisé sur les réverbs naturelles, petit tour des modes proposés :

Le son de la Boss RV-6

  • Delay : pas exactement une réverb, un delay un peu basique, mais comme l’impression de réverb est présente, ça fait deux effets en un
  • Shimmer : encore un de ces effets « ambiant » qui me servira peu, mais qui est bien foutu, faut admettre
  • Dynamic : un effet très intéressant. Quand on joue des accords ou des traits rapides, on entend à peine la réverb, mais sur une respiration ou des notes plus espacées, elle revient à l’avant-plan. Je me suis beaucoup amusé avec la grille de Little Wing de Hendrix en alternant accords et notes mélodiques  c’était plaisant de jouer avec cet effet qui donne beaucoup d’expression aux notes.
  • Room : cette petite réverb de taille petite à moyenne m’a un peu moins convaincu que sur la Polara, elle est un peu plus brillante et froide à mes oreilles
  • Hall : un peu plus d’espace sonore, avec un rendu très classique dans la réalisation 
  • Plate : j’adore ces réverb pour le picking, ici aussi elle est très bien réalisée
  • Spring : LA bonne surprise. Je pensais ne pas aimer les modélisations de réverbs à ressort. et puis je me suis beaucoup amusé à jouer des traits jazzy et des walking bass avec cette réverb. L’espace sonore et le petit slap-back quand on attaque une note ou un accord plus fort donnent vraiment un rendu qui donne du plaisir à jouer
  • Modulate : un réverb chaude, qui colore trop le son à mon goût 

Ce que je retiens de la Boss RV-6

Boss RV-6

Boss RV-6

Les plus :

– 5 modes de réverbs qui me plaisent
– l’ordre « logique » des modes room, hall, plate, spring
– une finition classique, impeccable et solide
– alimentation par pile ou par transfo
– des réverbs naturelles qui délivrent le son attendu sans défaut et sans surprise
– un son facile à trouver 
– des possibilités de réglages larges permettant de vraiment de affiner l’effet

Les moins : 

– une prise en main qui nécessite plus de maîtrise des réglages
un look trop sage
– des boutons pas toujours lisibles

Elle a un 7 sur mon échelle de piments

Match nul !

Nous voilà devant un match nul au terme des deux mi-temps.

Alors j’ai joué les prolongations avec chacune des deux pédales. Je me suis plongé dans les réglages de la Boss pour trouver le son que je cherchais. J’ai écouté encore et encore. J’ai cherché pour chacune un son qui collait à mes morceaux.

Mon avis final sur la Digitech Polara

Je voulais aimer la Digitech Polara. Parce que niveau look, elle en jette.  Parce qu’elle est moins connue. Et parce que c’est un pied de nez à la tradition. Je voulais être différent des autres et dénicher la perle rare. Mais notre histoire a commencé sur un malentendu à propos de boutons. Peut-être que Digitech aurait pu glisser un feuillet dans la boîte pour expliquer le « pourquoi » de ces boutons au lieu de m’obliger à enquêter après un inutile aller-retour avec le SAV, qui n’était pas plus au courant que moi. Ce « mensonge » en cache-t-il d’autres ?

J’ai aimé les reverbs naturelles qui étaient faciles à mettre en place. J’ai aimé son switch silencieux et sa taille compacte. Et j’ai aimé pouvoir trouver très vite un son qui était beau, en tournant les boutons un peu au pif. Puis au bout de quelques jours, le son m’a donné l’impression d’être comme un filtre Instagram, ces filtres photos qu’on trouve sur les smartphones. Du beau « facile », pas toujours très fin, un peu passe-partout. Un effet avec un « je-ne-sais-quoi de trop frais tout-fait » dont on finit par se lasser.

Mon avis final sur la Boss RV-6

À l’inverse, la Boss RV-6 m’a déplu de prime abord. Elle est moche, et tout le monde l’utilise. Mais le look n’est pas si important. Et puis si tout le monde l’utilise, ce n’est sans doute pas sans raison. C’est un outil. Avoir la possibilité de l’alimenter facilement par pile ou transfo est un plus indéniable. Les réglages taillent dans le gras plus efficacement que ceux de la Polara, ce qui donne des changements de son très forts pour chacun des modes.

Elle est plus dure à apprivoiser, mais plus facile à nuancer. Sur l’ensemble des modes, un plus grand nombre m’est tombé dans l’oreille après avoir consacré un peu de temps aux réglages. Elle m’a même réconcilié avec les réverbs Spring.

Le choix final

Finalement, c’est la maturité et le professionnalisme de la Boss RV-6 qui l’emportent d’une courte longueur.  J’ai l’impression que la Polara n’est pas aussi mature. Mais j’ai comme une envie d’attendre de tester la Polara 2 (ou la 6 ?) pour trouver ce que je cherche. Le luxe serait de garder les deux, juste pour la Plate et la Hall de la Polara qui sont très beaux.

La gagnante : Boss RV-6

La gagnante : Boss RV-6

 

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