Chanter en tapant sur le Sol (et le Si)

Quand j’écoute des chanteurs qui s’accompagnent à la guitare, notamment dans les télé-crochets comme The Voice, je suis régulièrement frappé par la monotonie de l’accompagnement. Il est temps de nuancer tout cela.

Nuancer la main droite

Nuancer la main droite

Une intro sympa, premier couplet ok, ensuite à partir du premier refrain on est à fond jusqu’à  la fin de la chanson, avec parfois un outro un peu plus soft. Un seul rythme, à fond les ballons, toute la chanson, et parfois pire, pour toutes les chansons. Cela exprime sans doute la passion et l’engagement du chanteur, mais un peu de nuance ne fait pas de mal. Souvent, la guitare même est jouée aux limites de celle qu’elle peut encaisser, ça ferraille de partout sur les premiers temps des accords ouverts.

C’est le résultat d’une technique d’attaque particulière ou la main droite prend toutes les cordes mais sous un angle qui attaque particulièrement les cordes de Sol (G), de Si (B) et de Mi aigu (e). Manque de chance, dans les tonalités les plus courantes pour le chant, de nombreux accords en première position ont des notes en commun, et au lieu de percevoir la variété des accords, on entend ce continuum de notes: Mi, Sol, Si, Do. L’arpège, au lieu de donner de l’air, fait ressortir encore plus ces notes. Quand c’est un jeu aux doigts, l’index plus puissant que le majeur tend également à souligner toujours les mêmes notes.

C’est vite agaçant et l’écoute se fatigue d’autant plus vite. Pour tenter de rompre la monotonie, on joue avec un capo, mais la main droite continue son jeu obstiné ad nauseam, martelant les mêmes notes à travers le morceau.

Le matériel et l’amplification n’aident pas toujours, car pas mal de micros magnétiques sont plus sensibles à certaines notes en raison du rapport entre la masse de la corde et sa fréquence de vibration. Et le spectre médium est renforcé par les micros piézoélectriques, ce qui donne un son nasillard dans les fréquences les plus fatigantes pour l’oreille humaine.

Que faire ?

  • Admettre que ce n’est pas un « style de jeu » mais une faute de goût et une erreur technique (Hey, les ados, sst’à vous que je cause).
  • Convaincre par la beauté et l’émotion, plus que par la force.
  • Prendre des cordes moins dures.
  • Chercher d’autres rythmes de main droite, comme on cherche d’autres accords.
  • Se nourrir d’accords fermés et de renversements et ne surtout pas hésiter à changer de doigté pour un même accord dans un même morceau (si si, c’est permis !).
  • Repenser à sa setlist en fonction de la variété sonore de la guitare également, pas uniquement en fonction des thèmes abordés par les chansons.
  • Oser les hammer-on et les pulling-off qui aèrent le jeu.
  • Oser le silence et les syncopes.
  • Nuancer son attaque.
  • Jouer de l’égalisation, et de la compression pour mater les fréquences qui dépassent.
  • Travailler l’attaque de la main droite pour prendre toutes les cordes de manière égale.
  • Prendre conscience de son son en s’écoutant.

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